Le Québec, maillon faible de l’État impérialiste canadien

Par André Frappier.  Le Mardi 5 décembre 2017.  Sur  Presse-toi à gauche.

 

(Afin de contribuer au débat sur la question de l’indépendance du Québec, et quoi que cette question soit de moins en moins d’actualité au Québec comme dans le reste du monde, nous publions le texte d’un militant social-démocrate québécois partisan de « l’indépendance nationale » et de ce qu’il appelle la « Libération du peuple québécois » indiquant ainsi qu’une certaine gauche ne parvient pas à suivre le mouvement ouvrier – prolétarien dans ses évolutions politiques. Ne soyez pas surpris chers lecteurs de retrouver un petit goût suranné dans ces propos dépassés (1970-1980). La lecture en est tout de même intéressante car ce texte concentre l’ensemble de la mythologie « séparatiste » qui circule depuis les années 1960 au « pays du Québec ». Ce texte nous permettra de faire le ménage dans des concepts comme  impérialisme, classe capitaliste, État, peuple, classe sociale, lutte de classes, oppression nationale, nation, nationalisme, chauvinisme, indépendance et souveraineté, etc. Robert Bibeau.  http://www.les7duquebec.com)

 

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La nature de l’État canadien

Si on veut reprendre cette question par le bon bout de la lorgnette on doit définir d’abord quelle est la nature de l’État canadien afin de mieux comprendre quel type d’oppression peuvent subir les populations et les nations qui le composent et par conséquent comment organiser la riposte.

Ensuite puisque la question de l’Indépendance est centrale dans ce débat, on doit aussi définir les particularités de la nation québécoise par rapport au reste du Canada.

L’État canadien retient les fonctions les plus fondamentales d’un État bourgeois « souverain » : le contrôle militaire, le contrôle de la politique monétaire, le monopole de la représentation du capitalisme canadien vis-à-vis les autres États, le contrôle du Code criminel, et le contrôle sur une série de fonctions juridiques et régulatrices touchant l’économie. Il est absolument clair que l’État central est l’ultime instrument de défense des rapports de production contre toute menace qui pourrait remettre en question cette domination. Ce rapport de force et cette domination se sont construits en mettant au rencart les Métis et les nations autochtones, de même qu’en subordonnant la nation québécoise.

L’oppression nationale au Québec.

L’oppression nationale au Québec prend ainsi sa source dans la configuration du Canada comme État structurellement et politiquement organisé afin de maintenir la domination de la grande bourgeoisie canadienne et de l’establishment bancaire et financier. Ceci a eu deux conséquences importantes. Ce qui pourrait être appelé une classe capitaliste québécoise se divise en deux parties. D’une part, il y a un petit nombre d’individus complètement intégrés aux corporations transnationales canadiennes et de plus en plus aux compagnies étrangères. Ils ne sont que des membres francophones de la bourgeoisie canadienne (Desmarais, Bombardier etc.).

Comme l’écrivait Pierre Beaudet : le  « Québec inc est en partie une succursale de Canada inc ou de Amérique du Nord inc, c’est-à-dire une bourgeoisie qui agit essentiellement comme une composante ou un relai subalterne du capital canadien (et-ou états-unien)… Mais Québec inc, c’est aussi une bourgeoisie « régionale », dont les assises sont québécoises bien qu’elle aussi vise à se « nord-américaniser »… Québec inc, c’est aussi la couche supérieure de l’État et de ses nombreux appareils dont les grandes entreprises issues de la révolution tranquille (comme Hydro-Québec, la SAQ et surtout la Caisse de dépôts,) les grands gestionnaires du Mouvement Desjardins.

Cette « bourgeoisie » ne dispose pas, comme dans le secteur privé, de la propriété des moyens de production. Elle joue cependant un rôle important dans des dispositifs étatiques qui servent le capitalisme « collectif » dont elle partage bien sûr les valeurs. Pour autant, cette élite est également ambigüe. Le projet de Parizeau lui aurait donné un rôle central, mais cela n’a pas marché. De par sa position de classe, elle ne veut pas d’un Québec qui se mettrait à part dans l’ensemble capitaliste nord-américain (pas question d’aller par exemple dans de réformes qui remettraient en question les piliers du capitalisme financiarisé actuel). » (Pierre Beaudet, Québec inc dans la tourmente, 4 septembre 2012 PTAG).

 

L’autre groupe est constitué des PME québécoises qui représentent surtout l’industrie légère des biens de consommation.

L’oppression nationale du Québec n’est donc pas une question conjoncturelle. Les exigences politiques et idéologiques de la Confédération ont exclu toute reconnaissance constitutionnelle du caractère national distinct du Québec qui représente une force menaçant la cohésion et l’intégrité de l’appareil d’État central.

Cette oppression se manifeste par une domination économique, mais aussi politique, culturelle et idéologique. Elle se combine par des campagnes de désinformation, sinon carrément par un « Québec bashing » auquel on assiste régulièrement de la part des différents médias sinon par des personnalités politiques du Reste du Canada. La corruption serait pire au Québec, le Québec plus raciste…

Plus récemment le traité de libre-échange Canada-Europe a encore démontré la préséance accordée par l’État canadien à l’économie de l’ouest au détriment de celle du Québec, en cédant les protections concernant le fromage québécois au bénéfice de la libéralisation pour l’exportation du bœuf de l’ouest. À cet égard il faut souligner la naïveté voire l’adhésion aux mêmes paramètres financiers de la part des directions politiques québécoises du BQ et du PQ.

Au niveau culturel la préservation de nos acquis demeure une lutte de tous les instants comme l’a démontré les décisions de la société CBC- RC d’effectuer des coupes sévères dans les programmes culturels surtout au Québec tout en produisant une série historique de l’histoire du Canada à saveur néo coloniale.

Toute modification constitutionnelle doit recevoir l’aval du parlement fédéral et d’au moins 7 provinces représentant 50% de la population totale du Canada. En fait, cette constitution a été imposée sans l’aval d’aucune formation politique du Québec. Plus, cette constitution permet des réformes sans que le consentement du Québec soit requis. Pour l’État canadien, les référendums tenus au Québec ne sont que des exercices consultatifs et il n’est pas lié juridiquement par ces derniers. Il a même précisé dans la loi C-20 que la Chambre des communes pouvait, avant toute négociation, se prononcer sur la validité de la question référendaire et sur le niveau de soutien populaire nécessaire avant d’ouvrir d’éventuelles négociations avec le Québec.

La lutte pour l’indépendance

Parler d’indépendance, c’est refuser la domination économique et le pillage de nos ressources naturelles par les multinationales étrangères. C’est imposer le contrôle populaire sur nos richesses naturelles, nos milieux de travail, sur la nature durable de notre développement économique et sur le développement de nos régions. C’est refuser de se plier aux diktats du libre-échange qui permet que le développement se fasse au service des plus puissantes entreprises et au mépris des besoins de la majorité de la population. C’est avoir la pleine maîtrise de toutes nos politiques économiques : budgétaire, fiscale, commerciale, monétaire et douanière…

Parler d’indépendance, c’est également exiger les pleins pouvoirs sur nos choix politiques, sur les institutions politiques que nous voulons mettre en place pour favoriser la démocratie la plus inclusive et la plus participative. C’est avoir les pleins pouvoirs sur notre politique internationale et sur les principes qui la fondent.

Parler d’indépendance, c’est également avoir le pouvoir de légiférer sur la langue française en toute autonomie sans craindre que cette loi soit invalidée par la Cour suprême. C’est avoir le pouvoir des politiques culturelles que nous voulons développer en ayant à notre disposition l’essentiel des moyens de communication pour élargir l’accessibilité aux biens culturels et de soutenir une culture porteuse des volontés de transformation sociale, de justice et de solidarité.

L’indépendance ainsi conçue passe par sa réappropriation par la gauche populaire et les mouvements sociaux. C’est le contraire de la souveraineté-association péquiste qui soutient le libre-échange.

 

La lutte de libération nationale et la stratégie d’alliance pancanadienne contre l’État fédéral

Aujourd’hui la lutte de libération nationale au Québec pose toute la question du changement de société et par voie de conséquence des rapports avec la population du Reste du Canada. La population québécoise et les forces sociales syndicales et populaires ne pourront trouver une issue viable, qu’en dépassant le cadre uniquement québécois de sa lutte et en construisant des alliances stratégiques avec les Premières nations et avec la classe ouvrière du Reste du Canada. Cela permettra aussi d’asseoir concrètement la lutte de libération nationale de la population du Québec sur des bases de changement social du Québec, mais aussi du reste du Canada.

Mais cette alliance ne pourra se réaliser sans que les forces vives du Reste du Canada rompent avec le fédéralisme et le nationalisme canadien, et appuient le droit du Québec à l’indépendance.

 

La lutte pour l’indépendance n’est donc pas une lutte dirigée envers le seul État québécois ou une lutte confinée au territoire du Québec qui aurait à résister à une invasion étrangère. Elle s’insère dans une lutte contre l’État fédéral central et elle pose objectivement le problème du pouvoir à l’échelle de tout l’État canadien.

 

À cet égard il est nécessaire de considérer les défis posés à la classe ouvrière du Reste du Canada, mais également du Québec. Au premier chef, il est illusoire et anti historique de penser développer une lutte simultanée et au même rythme au Québec et dans le Reste du Canada. Les organisations ML se sont d’ailleurs brisées sur cette question au début des années 1980 en niant la spécificité du Québec pour promouvoir l’unité de la classe ouvrière canadienne.

La lutte de libération nationale au Québec est d’abord l’expression d’un refus de l’intervention étrangère ce qui comprend la bourgeoisie canadienne et ses institutions. En ce sens la vision politique de changement de société n’est pas la même au Québec et ne passe pas par les mêmes chemins que les mouvements sociaux et progressistes du Reste du Canada.

Au surplus ce qui fait le plus défaut ce n’est pas tant le manque d’ouverture de la population ou des forces sociales du Québec envers le Reste du Canada, mais bien le sentiment nationaliste canadien et le chauvinisme maintes fois exprimé par les organisations politiques, ouvrières et populaires envers le Québec. C’est un obstacle déterminant qui les amène à s’allier avec leur propre establishment, lequel véhicule les mêmes sentiments anti-Québec.

Cette incompréhension doit être surmontée si on veut faire des alliances sociales de lutte. J’ai milité toute ma vie dans le mouvement syndical canadien, et ce n’est pas la nécessité du travail en commun qui faisait défaut, mais l’incompréhension sinon la négation de la réalité distincte du Québec. Le CTC, la plus grande organisation syndicale canadienne commence ses congrès, même à Montréal, en entonnant l’hymne national. Tous les discours sont en anglais, les francophones, s’ils veulent être entendus doivent s’exprimer en anglais, pourtant il y a un service d’interprétation, mais seuls les francophones l’utilisent, les anglophones ne l’utilisent pas à quelques exceptions près. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

 

La dynamique des luttes.

Par contre, ils et elles envient notre capacité de mobilisation et le fait que nous ayons réussi à construire Québec solidaire, une alternative politique de gauche d’une grande ampleur. Mais c’est justement parce que la réalité sociale et distincte du Québec permet cette possibilité. Comme elle a permis le déploiement de la lutte étudiante en 2012 en plus grand mouvement social de masse jamais connu au Québec. Une situation difficile à imaginer dans le Reste du Canada.

En effet, plusieurs leviers de pouvoirs appartiennent aux provinces, notamment l’éducation et l’administration des services de santé. Il n’existe donc pas de lutte spécifiquement canadienne (en dehors du Québec) comme il peut en exister au Québec. Les principaux secteurs de lutte sont provinciaux. Au mieux ce sont des luttes binationales ou pan canadiennes comme c’est le cas avec le secteur postal. Le mouvement ouvrier et populaire du Reste du Canada est par conséquent fragmenté, et confiné régionalement en termes de perspectives et de mobilisation.

La seule issue se trouve dans une perspective d’alliance avec les forces vives du Québec. Mais pour y arriver elle doit comprendre sa dynamique et appuyer le droit à l’indépendance du Québec. Tant qu’elle demeurera en appui au fédéralisme elle sera confinée à appuyer l’institution qui sert la grande bourgeoisie à son propre détriment. Une défaite de la lutte de la population du Québec pour son indépendance serait aussi une défaite pour le mouvement ouvrier du Reste du Canada.

Les conséquences politiques d’une telle victoire sont immenses. La réalisation de l’indépendance ne peut être que la conséquence d’une mobilisation large pour le contrôle populaire de nos institutions et de nos ressources. Amener cette lutte à sa conclusion et à la victoire ne pourra se faire que sur une base d’une nouvelle société égalitaire.

Imaginons l’impact d’une telle lutte sociale, 1000 fois plus intense que le printemps étudiant, sur la population du Reste du Canada. Mais imaginons aussi la réaction de l’establishment canadien, des banques et agences de notation. Eux le savent bien, la lutte de la population du Québec pour son indépendance représente un danger réel envers leurs privilèges et l’institution qui les maintient, l’État canadien. Dans cette perspective la lutte pour l’indépendance, pour accéder à sa réalisation sociale complète, ne pourra que s’étendre aux populations et nations du reste du Canada en alimentant et inspirant leurs propres dynamiques de luttes pour un changement de société.

NB : Cet article comprend des passages provenant de la revue Révolution permanente, édité en 1978 par la Ligue ouvrière révolutionnaire. Il a aussi intégré des contributions récentes de Bernard Rioux.

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétaire depuis 40 années.

4 pensées sur “Le Québec, maillon faible de l’État impérialiste canadien

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    9 décembre 2017 à 2 02 42 124212
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    @ M. Frappier

    1) Vous faussez dès la première note de votre cantique « indépendantiste ». La nature de l’État canadien = la vraie nature de cet État bourgeois = est d’être l’État-major – l’organisation des fonctionnaires parlementaires et administratifs – du Grand capital canadien (y inclut les sections ontarienne, western et québécoise oui – oui québécoise aussi qui était représenté lors des sommets de Charlottetown et de Québec) …

    2) Ensuite, vous avez raison L’État canadien contrôle, pour le bénéfice de cette classe du Grand capital (de chaque partie du Canada Y INCLUS le Québec), les fonctions que vous énumérez — et d’autres — que vous mentionnez plus loin dans votre texte — admettant que L’ÉTAT CANADIEN EST DIVISÉ EN DEUX instances UNE FÉDÉRALE-CENTRALE ET DIX AUTRES PROVINCIALES ayant elles aussi leurs prérogatives certaines se chevauchant. L’ensemble forme l’ÉTAT CANADIEN comprenant l’assemblée « Nationaliste chauvine » québécoise… que les séparatistes voudraient séparer afin de constituer leur fief bourgeois à eux. QUEL INTÉRÊT POUR LA CLASSE OUVRIÈRE QUÉBÉCOISE ET CANADIENNE ??

    3) ENSUITE VOUS ÉCRIVEZ : « Il est absolument clair que l’État central est l’ultime instrument de défense des rapports de production contre toute menace qui pourrait remettre en question cette domination. » Vous avez raison mais à condition de tenir compte de ce qui précède (1 et 2) que l’État canadien comprend un palier provincial qui se charge de défendre les rapports de production capitaliste – bourgeois dans ses sphères de compétences. Faites enquête sur les activités de la Sureté du Québec et sur les polices des municipalités voir leur dévouement pour la cause des prolétaires québécois – section du grand prolétariat canadien

    4) Évidemment M. Frappier vous comprendrez que je ne vous suis pas quand vous assimilez l’organisation du mouvement prolétarien révolutionnaire canadien (y inclus québécois) à la CTC, la CSN, la FTQ, CSQ, le NPD et Québec Solidaire social-démocrate, ou même aux ML et à la Ligue trotskiste des années 1980 vite sabordée (le plus grand service qu’ils pouvaient rendre à notre classe sociale internationale). Vous prenez acte et avec raison de la veulerie raciste, chauvine, communaliste de toutes ces organisations d’intégration du mouvement ouvrier aux activités politiques bourgeoises. N’en prenez pas prétexte pour mousser vos ambitions politiques régionalistes chauvines.

    5) Nous aurions apprécié que vous expliquiez L’OPPRESSION NATIONALE que subit la classe prolétarienne québécoise – et en quoi la classe prolétarienne canadienne participe et bénéficie de cette oppression nationale ???

    6) Vous écrivez ceci : « Parler d’indépendance, c’est refuser la domination économique et le pillage de nos ressources naturelles par les multinationales étrangères.  » NON monsieur Frappier, vous vous trompez. Pour la classe ouvrière canadienne = y inclut = comprenant la section québécoise, parler d’indépendance c’est refuser la domination – l’oppression – l’exploitation et l’extraction de la plus-value ouvrière par la bourgeoisie québécoise, canadienne, ontarienne etc. et aussi par la bourgeoisie multinationale dont les intérêts en cette époque impérialiste sont intimement imbriqués avec ceux du Grand capital canadien (y inclut sa section québécoise vorace).

    7) L’absorption récente de Bombardier par AIRBUS après celle de RONA et de Alcan etc. devrait vous faire comprendre que les affaires économiques d’importances se gèrent à l’international. Rouvrir la Bourse de Montréal n’aura AUCUN EFFET ni sur les fusions d’entreprises, le chômage au Canada-Québec, ou l’inclusion du capital québécois et canadien aux capitaux internationaux, source de toutes les dominations pour le prolétariat canadien et québécois.

    8) Vous ne faites pas très original M. Frappier avec votre FROMAGE QUÉBÉCOIS contre LE BOEUF DE L’OUEST. L’ALENA ET LE TRAITÉ UNION EUROPÉENNE-Canada concerne quelques milliers de milliards de dollars d’échanges commerciaux transatlantique sur lequel le fromage québécois compte pour quelques millions de dollars annuellement. Par ces traités ce sont des milliers d’emplois biens payés – stables – qui sont menacés y inclut sur de la foresterie, des alumineries, de l’automobile et matériels de transport et des milliards de dollars qui sont en jeux pour le grand capital mondial. C’est pour cette raison que ces traités doivent être dénoncés mondialement en concertation avec les ouvriers européens, américains, mexicains et canadiens, y inclut les ouvriers des abattoirs de l’ouest canadien et les prolétaires des fromageries québécoises. VOTRE jupon de chauviniste petit bourgeois dépasse de votre robe séparatiste monsieur Frappier.

    9) Nous terminons même s’il y aurait encore des pages à écrire à propos de votre manifeste nationaliste chauvin. Il n’y a aucune indépendance nationale politique sans indépendance économique et la fin de l’oppression de classe est la condition de la fin de l’oppression nationale. Seule l’abolition du mode de production capitaliste pourra amener l’abolition des rapports de production capitalistes oppressifs – fondés non pas sur l’exploitation d’une nation par une autre mais basé sur l’exploitation de la classe bourgeoise (canadienne et québécoise) sur la classe ouvrière (canadienne et québécoise). Ce n’est pas le nationalisme chauvin qui nous unira au prolétariat mondial mais notre résistance de classe ici et maintenant – chaque section nationale du prolétariat mondial apportant sa pierre aux barricades de notre libération internationale.

    robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    11 décembre 2017 à 2 02 15 121512
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    @ tous

    Au milieu du XIXe siècle, Karl Marx avait défini le nationalisme dont s’affublait la bourgeoisie comme la solidarité de classe des exploiteurs qui se tournait « en dedans des frontières contre le prolétariat » et « au dehors des frontières contre la bourgeoisie des autres pays ». Marx ajoutait que « la fraternité » engendrée par les rapports de production capitalistes entre les différentes nations bourgeoises ne serait guère plus fraternelle que celle engendrée parmi les différentes classes d’une même nation. Pour Marx, les phénomènes destructeurs induits par le capitalisme dans un pays se reproduisent dans des proportions gigantesques à l’échelle internationale.18 S’en tenant à cette analyse présentée par Marx au tout début du capitalisme industriel, les gauches européennes en conclurent que ces contradictions entre les différentes bourgeoisies nationales poussaient les hobereaux dans le camp prolétarien, particulièrement ceux des pays coloniaux. Lénine, dans ses textes présente une synthèse de cette position adoptée par les bolchéviques. Malheureusement, la gauche n’a pas complété ses devoirs. D’abord, la paysannerie est un grand ennemi du mode de production communiste et une fanatique défenderesse du petit capitalisme agricole. Le capital connait ces choses et avant d’exproprier le hobereau pour regrouper les parcelles, mécaniser et industrialiser l’agriculture, il commence par l’affamer avant de le prolétariser. Les bolchéviques d’Union soviétique n’ont pas su faire autrement. Le développement des moyens de production et conséquemment des besoins en matières premières, et en force productives et la nécessaire expansion des marchés a poussé le capital à s’affranchir des barrières douanières – des frontières nationales – bref, à s’extirper du cocon national qui devint une prison contre l’expansion capitaliste en phase impérialiste. Le développement du mode de production capitaliste a eu pour conséquence que toutes les bourgeoisies nationales ont été forcées de se regrouper en de vastes alliances capitalistes se répartissant le fruit de l’expropriation de la plus-value en fonction de l’investissement et de la prise de risque. Ce qui détermine l’appartenance d’une économie nationale à une alliance impérialiste ou à une autre est toujours le niveau d’interdépendance entre les économies constituant cette
    alliance. La classe prolétarienne n’a aucune emprise sur ces alliances et ne doit jamais soutenir une alliance contre une autre.

    Ainsi, les États-Unis ont été les plus grands preneurs de risques économiques et militaires, et ils ont été les premiers bénéficiaires de l’expansion impérialiste du mode de production capitaliste. C’est ce que n’a pas compris Staline quand il affirme « Le capitalisme n’a à offrir aux peuples des pays dépendants coloniaux et semi-coloniaux que dépendance et arriération économique, exploitation forcenée, massacres interethniques, guerres et misère. Il va de soi qu’aucun pays impérialiste n’a intérêt à aider d’autres pays bourgeois à se doter d’une industrie et d’une agriculture autonomes de peur de contribuer à forger un concurrent. Toute aide au développement contient ainsi en germe son antithèse et vise à entraver un développement économique national véritablement indépendant ».19

    Aujourd’hui, en référence aux vagues de délocalisation industrielle il est facile de contredire Staline et de démontrer que le capital n’a pas de patrie et qu’il migre d’un pays à un autre selon le taux de profit escompté. La comptabilité capitaliste ne s’établit plus en fonction des pays, mais en fonction des grands trusts internationaux. Ils s’épandent partout où ils peuvent s’investir pour extirper le précieux profit qui leur donne vie.

    Si les bolchéviques et les partis communistes de la IIIe Internationale ont soutenu les luttes politiques de soi-disant « libération nationale et pour le droit à l’autodétermination des peuples » ce fut parce que ces partis étaient sous l’emprise de la petite bourgeoisie nationaliste qui voulait s’emparer de la direction des luttes des masses paysannes disposées à sacrifier leur vie pour s’approprier leurs moyens de production (la terre), ce qu’ils ont réussi dans plusieurs pays avec les conséquences que l’on connait. Sans émancipation économique, pas d’émancipation politique, ni idéologique. Aujourd’hui, tout est à reprendre depuis le début avec d’un côté une riche expérience accumulée à l’occasion de ces révolutions « prolétariennes » manquées (qui n’en étaient pas en réalité) et de l’autre une confusion décuplée dans les rangs de la classe prolétarienne.

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    12 décembre 2017 à 23 11 46 124612
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    Ca commence a ressembler a JBL .

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  • Ping :ON NE PEUT-ÊTRE ANTI-IMPÉRIALISTE SI ON EST PAS ANTICAPITALISTE – les 7 du quebec

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