Le véritable scandale des Panama Papers

#2

PHILIPPE DAVID :

C’est un peu drôle de voir tant de moutons s’exciter pour les Panama Papers. «On les tient, ces canailles qui nous volent!» entend-on un peu partout. Et pour sûr il y a définitivement de véritables canailles dans le lot. Cependant, les plus grosses fripouilles, à mon humble avis, ce ne sont pas les entrepreneurs qui gagnent leur fric légitimement en offrant des biens et services que les gens veulent et payent volontairement. Ni les amuseurs comme Jackie Chan qui amassent une fortune en divertissant les masses qui payent avec plaisir le prix de leur entrée au cinéma, à la salle de spectacle ou les DVD et CD qu’ils vendent. Ceux-là j’en ai rien à cirer! Ils gagnent leur blé honnêtement et légitimement et la plupart en cèdent bien plus que leur part en impôt. Je ne pourrais pas les blâmer de vouloir limiter le pillage dont ils sont l’objet. D’ailleurs, si vous êtes de ceux qui croient que les riches ne paient pas leur part, je vous offre ce petit graphique pour vous détromper.

#1

Répartition impôt par tranche de revenu QC 2012
Je n’ai rien aussi à cirer des entreprises qui ont vachement mieux à faire de leurs profit que les donner à des gouvernements trop souvent corrompus et gaspilleurs. Figurez-vous qu’ils savent drôlement mieux faire fructifier la richesse que les politiciens et les fonctionnaires. Ce sont elles qui s’appliquent tous les jours à vous fournir les choses qui rendent votre vie plus facile et ce sont elles qui vous fournissent les emplois qui vous permettent d’en avoir les moyens. Les profits qu’elles font sont cent fois mieux utilisés quand ils sont réinvestis dans la production de ces biens, dans leurs ressources humaines ou à faire fructifier les caisses de retraite (souvent un pourcentage très élevé de leurs actionnaires); qu’ils peuvent l’être dans les coffres d’un état qui se fout éperdument de payer tout trois fois trop cher.

Tout ça, c’est un écran de fumée pour vous empêcher de voir le vrai problème. Et le vrai problème, c’est l’idée saugrenue qu’on doit forcer les gens à consommer un service ou un autre ou pis encore, forcer les gens à payer pour la consommation des autres. L’idée que la seule et unique façon qu’on puisse avoir un réseau routier, des infrastructures, des soins de santé, des écoles et aider les pauvres est d’exiger aux gens de céder une part toujours plus élevée de leurs revenus, sous la menace d’être mis en cage. Sommes-nous vraiment, collectivement, aussi dépourvus d’imagination?

Sans compter en plus que la plupart, sinon tous ces biens et services que nous procurent cette confiscation sont foncièrement médiocres. Pas convaincus? Allez donc visiter une salle d’urgence au Québec et voir pourquoi on utilise le terme «patients» pour désigner la clientèle. Ou allez visiter le palais de justice le plus proche pour voir dans combien d’années (pas jours, semaine ou mois, années!!!) sera votre date de procès si vous poursuivez quelqu’un. Il y a une bonne raison pourquoi personne ne peut réprimer un sourire en visionnant la scène de la maison qui rend fou dans le film «Les douze travaux d’Astérix» ou encore la scène du bureau d’immatriculation des véhicules de «Zootopia», c’est qu’elles sont criantes de vérité.

Au Canada, de 1961 à 2014, le fardeau fiscal de la famille moyenne a augmenté de 1,886%!!! C’est presque trois fois plus que l’indice des prix à la consommation (697%) et ces familles dépensent maintenant plus en taxes, tarifs et impôts de toutes sortes que pour leurs nécessitées de base (42,3% en moyenne au Canada – Et le Québec est la province la plus taxée, donc forcément au-dessus de cette moyenne). Et on s’étonne que certains choisissent de faire de l’évitement fiscal? Non! Sans blague Sherlock! Et on leur reproche en plus?!? Êtes-vous malades??? Devant des états toujours plus gourmands, l’évitement fiscal est probablement la chose la plus sensée qu’on puisse faire. Si l’art de la taxation, c’est de plumer l’oie sans la faire crier (selon Colbert), figurez-vous que quand l’oie en a marre, elle peut bien s’envoler pour des cieux plus cléments et adieu les œufs d’or! Il y a des limites à accepter passivement de se faire plumer.

#2

Tout nu au ministère du revenu
Non! Les seuls vrais escrocs qu’on a découvert dans les documents de Mossack Fonseca, sont ceux qui vivent de cette spoliation légale qu’est l’impôt et qui par une hypocrisie incommensurable cherchent à se soustraire personnellement du pillage dont ils sont les responsables. Ces pillards à cravate devraient se voir offrir une autre sorte de cravate nouée serrée s’il y avait vraiment justice dans ce monde.

#3Frederic Bastiat, spoliation

 

2 pensées sur “Le véritable scandale des Panama Papers

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    12 avril 2016 à 9 09 35 04354
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     » L’idée que la seule et unique façon qu’on puisse avoir un réseau routier, des infrastructures, des soins de santé, des écoles et aider les pauvres est d’exiger aux gens de céder une part toujours plus élevée de leurs revenus,… »

    Je pense que c’est là, la seule raison valable de vivre en société. Autrement, personne n’a besoin de personne.

    « et ces familles dépensent maintenant plus en taxes, tarifs et impôts de toutes sortes que pour leurs nécessitées de base …Et on s’étonne que certains choisissent de faire de l’évitement fiscal?  »

    L’argument est peut-être valable; mais derrière cet argument, il y a toujours ce désir d’augmenter les profits; et cette considération est présente à l’esprit bien avant celle du « coût » des impôts. Elle est donc une cause bien avant d’être une conséquence, comme certains veulent la présenter.

    Par contre les informations au sujet de la « valeur » de l’administration gouvernementale est exacte. La raison est assez simple à comprendre. Les membres du gouvernement veulent exactement la même chose que les dirigeants d’entreprises, mais prennent une orientation différente pour atteindre leur but. Ce but est la richesse suivie du pouvoir. L’équilibre économique vient loin derrière une volonté de « capitalisation » et l’équilibre social n’est même pas envisagé sauf pour produire, non pas une bonne qualité de viel mais bien une main d’oeuvre la moins dispendieuse possible.

    « l’évitement fiscal est probablement la chose la plus sensée qu’on puisse faire. »

    L’évitement fiscal est une chose; l’évasionj fiscale en est une autre. Ce n’est pas parce que certaines lois furent promulguée pour déguiser « l’évasion » en  » évitement », que la moralité est changée.

    « figurez-vous que quand l’oie en a marre, »

    Le problème qui surgit est que l’oie vient de changer d’identité; elle est passée du $100 000 et plus à celle du $50 000 à 100 000. Autrement dit, de 5% de la population à 21% de la population (selon votre tableau). Reste à prouver que les Panama Papers s’adressent à ce 21% de la population.

    Merci pour votre article que j’apprécie toujours..

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    12 avril 2016 à 11 11 58 04584
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    Deux remarques à propos de ce texte de colère d’un contribuable LAMBDA

    1) Il est écrit ceci dans ce texte « Ce sont elles qui s’appliquent tous les jours à vous fournir les choses qui rendent votre vie plus facile et ce sont elles qui vous fournissent les emplois qui vous permettent d’en avoir les moyens. Les profits qu’elles font sont cent fois mieux utilisés quand ils sont réinvestis dans la production de ces biens, dans leurs ressources humaines ou à faire fructifier les caisses de retraite (souvent un pourcentage très élevé de leurs actionnaires); qu’ils peuvent l’être dans les coffres d’un état qui se fout éperdument de payer tout trois fois trop cher. »

    Il faut vivre dans le monde que l’on analyse et que l’on critique. Justement, si des alertes comme les PANAMAS PAPERS ont un tel retentissement c’est que les 15% de chômeurs – les 15% à 20% d’assistés sociaux, les 30% de travailleurs précaires et les autres (ceux qui travaillent et ne parviennent pas à éviter l’endettement – préparant leur faillite éventuel) et des millions de rentiers qui justement vivent chichement avec leur pension non indexé – Tous ces gens ne voient pas du tout ce que vous décrivez d’investissement – de placement fructifiant – intelligent au milieu de la Crise économique systémique qui s’approfondit même si vous personnellement vous ne le voyez pas.

    Notez que je ne dénonce pas ces entreprises – ces banques – ces corporations – ces milliardaires d’affaires de ne pas savoir faire fructifier leur capital (et ne me répliquez pas que les milliardaires encaissent des profits énormes – DE L’ARGENT DE MONPOPOLY – DE PACOTILLE SANS VALEUR QUI S’ÉVAPORERA INSTANTANÉMENT LORS DU PROCHAIN GRAND KRASH BOURSIER) Bref je ne dénonce pas ces capitalistes – capitalisant du rêve en forme de zéro dans un bilan frauduleux. La crise de leur système économique ne leur permet pas de produire du profit en abondance autrement que fallacieux – de la fumée pour banquiers étourdis.

    2) Votre deuxième remarque est à l’effet que l’État des riches est un voleur qui ne rend pas les services attendus et vous vous étendez longuement pour décrire toutes les misères que la population subit entre les mains des fonctionnaires et employés des services publics. VOUS AVEZ TOTALEMENT RAISON DE DÉCRIRE ET DE DÉNONCER CES MISÈRES ET CE MANQUE DE SERVICE.

    3) Mais vous vous trompez totalement de cible en dénonçant les fonctionnaires et agents de l’État bourgeois. Ca fait des années que les mêmes milliardaires – corporations qui ne parviennent plus à valoriser leur capital (autrement que par la spéculation boursière – les ventes réelles de biens et de services = moins l’inflation et moins le crédit à la consommation = s’affaissant sans cesse malgré les apparences) Bref ça fait des années que les capitalistes exigent et obtiennent de leur ÉTAT qu’il coupe dans les services publics et augmentent ses aides et subventions aux entreprises. Ce qui est fait. Ca laisse moins d’argent pour assurer la reproduction de la force de travail (ce qui s’appel les services publics) et tout cela s’observe en visitant les centres de services publics.

    4) J’avoue que l’on ne peut maintenir les subventions aux entreprises et les services publics quand l’économie s’effondrant donne de moins bons rendement et donc moins de revenus à l’État qui doit faire des choix. Et L’État ne peut choisir de laisser tomber ses patrons les capitalistes qui fournissent les derniers emplois lucratifs (fournisseurs de plus-value) DONC les choix de l’État sont justifiés et la mort des prolétaires est nécessaire

    5) Le bout du drame c’est que le capitalisme sans prolétaires c’est impossible. Alors c’est donc le capitalisme qu’il faut abolir et construire d nouveaux rapports de production – de nouvelles forces productives – une nouvelle société.

    6) Les Panamas papers ne serviront qu’a légaliser les pratiques d’évitement fiscal INÉVITABLES pour les riches. Les pauvres et les moyens eux bientôt n’auront plus assez de revenu pour payer de l’impôt.

    DEMAIN LES PANAMAS PAPERS LA FRAUDE, FRAUDULEUSE.

    Robert Bibeau Producteur Les7duQuebec.com

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