L’économie en une leçon (1ère partie)

Philippe David – Dossier Spécial: L’Économie en une leçon


Voilà que je prend le virage pédagogique. Ceci est le premier d’une série d’articles que je compte écrire dans les prochains mois qui seront basés sur le livre « Economics in One Lesson » de Henry Hazlitt. C’est un livre qui est si populaire aux États-Unis qu’il est encore en publication après plus de 60 ans. Et son message est tout aussi pertinent ici qu’à sa publication originale. Henry Hazlitt était un excellent vulgarisateur, ce qui me motive à prendre le contenu de son livre et en l’adaptant en français à ma manière. L’économie étant un sujet que beaucoup trouvent ennuyant, je vais tenter de le rendre un peu plus vivant ici.

Pourquoi? Parce que je constate que la connaissance d’économie est en grande partie déficiente au Québec et que beaucoup profitent de cette ignorance à des fins purement populistes et politiques. Si nous avions tous un peu de savoir en la matière, nous serions en bien plus grand nombres à protester contre le système actuel. Ne cherchez pas à trouver ces notions dans les médias, vous ne les trouverez pas car ils gagnent à vous traiter comme des champignons, c’est à dire de vous garder dans le noir et vous nourrir de fumier. Plusieurs contributeurs ici me donneront volontiers leur accord sur ce point.

Ceci n’est pas un cours d’économétrie. Je ne vous livrerai pas de formules savantes ni de graphiques. Ce sera beaucoup plus un exercice de logique économique qui vous fera voir certaines choses sous un angle complètement différent. Je commencerai donc par vous livrer quelle était cette seule et unique leçon que Hazlitt voulait livrer sur l’art de l’économie et ensuite comment cette leçon s’applique dans la réalité. Chaque article que je publierai dans cette série verra la leçon de Hazlitt appliquée dans une situation différente et si possible en la transposant dans le contexte québécois.

Sans plus tarder, je vous livre cette leçon:

« The art of economics consists in looking not merely at the immediate but at the longer effects of any act or policy; it consists in tracing the consequences of that policy not merely for one group but for all groups. »

« L’art de l’économie consiste non seulement à regarder les effets immédiats, mais les effets à plus long terme d’une politique; ça consiste à retracer les conséquences de cette politique non-seulement pour un groupe, mais sur tous les groupes. »

Ça pourrait sembler évident non? Pourtant non. Tous les jours on nous vend des politiques et des mesures en nous cachant les envers de médailles qui créent les effets pervers. C’est ce que nous allons constater lorsque nous allons appliquer cette leçon à des situations plus concrètes. Voici le premier exemple:

La vitre cassée.

Pour son premier exemple d’application, Hazlitt a choisi la parabole de la vitre cassée de Frédéric Bastiat. C’est un thème auquel j’ai déjà touché à plusieurs reprises mais qui vaut la peine d’être revisité de temps à autre. Ce sophisme est le pain et le beurre du complexe militaro-industriel car il est derrière la notion populaire que la guerre, les désastres et la destruction sont bons pour l’économie à cause de l’activité économique qu’ils génèrent pour la reconstruction. Comme vous pourrez le constater vous même, c’est complètement faux. Si vous êtes familiers avec l’histoire, je vous demande votre indulgence pour ceux qui ne l’auraient jamais entendue. Je vous livrerai donc une version légèrement adaptée au contexte actuel.

Un jeune voyou, subissant une initiation pour devenir membre d’un gang de rue, fracasse la vitrine de Jacques Bonhomme, patissier, ayant pignon sur rue sur le boulevard Henri-Bourassa à Montréal-Nord. (On ne rentrera pas dans les détails de la motivation du gang de rue ici.) Des passants s’attroupent devant la vitrine pour constater les dégâts. Les gens se mettent à discuter et quelqu’un en vient à conclure; « Il y a un bon côté à la chose. Au moins ça va donner du travail à unvitrier. » Tout le monde hoche de la tête pour signifier leur accord. Avec l’argent ainsi gagné, le vitrier pourra faire d’autres retombées comme s’acheter des souliers neufs ou un nouvel habit. Ainsi tourne la roue de l’économie. Alors au final, notre voyou est soudainement devenu un héro en donnant du travail à tous ces gens.

Où est l’erreur dans ce raisonnement? La réponse est qu’il s’arrête à ce qui est immédiatement apparent. Le travail donné au vitrier, c’est ce qu’on voit, mais qu’en est-il de ce qu’on ne voit pas. Si on suppose que remplacer la vitrine coûte $500, le remplacement de cette vitrine va générer pour $500 d’activité économique, mais que se serait-il produit si la vitrine n’avait pas été cassée? Jacques Bonhomme ayant économisé le $500 pour remplacer la vitrine n’aurait-il pas pu lui aussi le dépenser et générer également pour $500 d’activité économique, tout en jouissant encore de sa vitrine? Alors si on arrête notre raisonnement là, ce que Bastiat et Hazlitt ont fait; on conclue qu’en fait nous avons un effet négatif et un effet positif qui s’annulent et nous aboutissons en disant que c’est un jeu à somme nulle. Rien n’est gagné et rien n’est perdu.

Pas si vite! Qu’en est-il du vitrier si cette vitrine n’avait pas été cassée? Dans son essai, Bastiat pose cette question, mais la laisse en suspens. Alors tentons d’y répondre. Si le vitrier n’avais pas eu à réparer la vitrine, qu’aurait-il fait? Peut-être aurait-il pu être employé à installer des fenêtres dans une maison nouvellement construite, par exemple. Ou, s’il n’avait pas assez de travail pour le soutenir, peut-être aurait-il pu mettre ses autres talents au service d’une industrie qui en a plus besoin? Donc, en cassant cette vitrine, nous avons possiblement détourné notre vitrier d’un travail plus productif. Ça c’est véritablement ce qu’on ne vois pas. Non seulement la destruction ne paie pas, mais nous voyons rarement tout ce qui aurait pu être produit si elle n’avait jamais eu lieu.

Conclusion

Nous commençons à entrevoir l’importance de la leçon de Henry Hazlitt. Celle qu’il est important, pour analyser une politique ou un programme économique, de regarder plus loin que ce qui immédiatement apparent. L’histoire de la vitre cassée est une bonne illustration. Après tout, s’il était vrai que les désastres et la destruction sont bons pour l’économie et créent de la richesse, le peuple haïtien serait béni des dieux. Ce n’est visiblement pas le cas. Alors que ce soit pour justifier une guerre, ou vous vendre l’idée qu’on devrait payer les gens pour détruire leurs vieilles minounes et acheter une voiture neuve pour « sauver la planète » et relancer l’industrie automobile, il suffit simplement de gratter la surface pour s’apercevoir que ces prémisses sont sans fondement. Dans les prochains articles de dossier, j’appliquerai la leçon de Hazlitt à d’autres situations pour déboulonner d’autres mythe populaires colportés par les corporatistes de gauche ET de droite.

Philippe David

64 pensées sur “L’économie en une leçon (1ère partie)

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    21 janvier 2010 à 6 06 13 01131
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    Je vous serais gré si vous appliquiez le sophisme de la vitre cassée à l’idée de privatisation des soins de santé. Je reconnais qu’il ne s’agit pas, à première vue, de destruction, mais cette proposition cherche tout de même à défaire un service pour en créer un autre sous le prétexte de création de richesse et de liberté. Je crois donc que ça pourrait vous donner un bon fond de scène pour poursuivre ce raisonnement. Merci à l’avance!

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      21 janvier 2010 à 7 07 17 01171
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      @ Lutopium,

      Je vous serais gré si vous appliquiez le sophisme de la vitre cassée à l’idée de privatisation des soins de santé.

      Désolé, mais la vitre cassée ne s’applique pas dans ce sens. Mais je suis certain que je pourrai élaborer sur la santé dans un billet futur.

      mais cette proposition cherche tout de même à défaire un service pour en créer un autre sous le prétexte de création de richesse et de liberté.

      Non, sous prétexte que le présent système est inefficace, trop coûteux pour nos moyens et donne lieu à d’énormes gaspillages.

      En suivant votre lien vers wikipedia, on apprend que le livre, dans sa traduction française, est disponible « en ligne ».

      Effectivement, je me demandais si quelqu’un allait le remarquer. J’invite tout le monde à le lire. C’est un excellent ouvrage d’introduction.

      Petit extrait de la préface pour vous ouvrir l’appétit:

      Il y a toujours eu deux écoles en économie politique ; celle qui explique en termes simples des choses difficiles, et celle qui explique en termes difficiles des choses simples. La seconde donne aux ignorants une impression de profondeur. Mais l’avenir appartient à la première. C’est de celle-ci que se réclame M. Hazlitt.

      Il constate dans ce livre que dans tous les grands pays industriels s’est formée et largement répandue une doctrine économique qui consiste essentiellement à systématiser les exigences particulières des principaux groupes économiques plutôt qu’à élucider les intérêts généraux et permanents de la communauté. Syndicats patronaux, syndicats ouvriers, industriels et agriculteurs exposés à la concurrence étrangère, tous réclament successivement au nom de leurs intérêts limités l’intervention de l’État. L’État lui-même cherche à satisfaire les électeurs des partis momentanément au pouvoir plutôt que les besoins à long terme de la masse des citoyens. Cet état de choses s’observe dans presque toutes les nations. Il est peut-être inévitable politiquement. Et c’est là tout le drame. Toujours est-il que cette situation a suscité une étrange floraison de sophismes économiques qui s’expriment à peu près dans les mêmes termes dans les langues les plus diverses. Ils ont trouvé parfois pour les défendre des avocats de grand talent dont Maynard Keynes est de nos jours le plus universellement célèbre.

      Ce sont ces sophismes que dénonce M. Hazlitt.

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    21 janvier 2010 à 7 07 45 01451
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    Il est vrai que des gens de gauche comme de droite adhèrent à ce sophisme. Une militante syndicale me disait jeter ses déchets par terre dans les lieux publics pour donner plus d’emplois aux concierges et nettoyeurs.

    Je lui ai expliqué que ce travail ne produit aucun bien ni aucun service, bref ne procure aucun bien-être. Que l’argent consacré à un travail inutile est transféré aux consommateurs qui se retrouvent avec moins d’argent à consacrer à des achats plus utiles que de payer pour faire ramasser leurs cochonneries qu’ils pourraient sans effort mettre eux-mêmes dans les poubelles.

    On pourrait même ajouter qu’au bout du compte, on se retrouve avec des lieux sales et insalubres, ayant un impact négatif sur notre bien-être.

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      21 janvier 2010 à 8 08 08 01081
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      @ Darwin,

      Parfaitement d’accord et merci de contribuer un excellent exemple. Les sophismes que j’expose à travers les écrits de Hazlitt sont colportés par les corporatistes des deux cotés de l’échelle gauche-droite. C’est pourquoi ce paradigme est dépassé. Le paradigme actuel est bien plus corporatisme vs société libre.

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    21 janvier 2010 à 9 09 45 01451
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    PREMIÈRE ERREUR : mettre en bouche d’autrui des paroles facilement critiquables et discréditer cet autrui en dénonçant ces paroles (qu’il n’a pourtant jamais prononcées).

    C’est ce qu’a fait Bastiat dans cette parabole. Et c’est aussi ce que font généralement ceux qui citent cette parabole.

    Les économistes sérieux n’ont jamais considéré comme un héros, ce voyou casseur de vitre ni n’ont jamais prôné la destruction comme moteur économique.

    Ils ont cependant bien documenté que «les désastres et la destruction sont bons pour l’économie à cause de l’activité économique qu’ils génèrent pour la reconstruction», pas bons en soi mais bons parce qu’ils forcent habituellement une amélioration notable de l’emploi, première source de la richesse. Une société qui serait déjà en situation de plein emploi, quant à elle, n’y verrait presque rien que des désavantages, comme le pâtissier de Bastiat.

    DEUXIÈME ERREUR : confondre la micro-économie avec la macro-économie.

    Le raisonnement micro analyse en système ouvert, tandis que le raisonnement macro tente d’agir en système fermé. En système fermé, une «fuite» reste dans le système et a beaucoup moins d’impact que si elle avait lien en système ouvert, où la «fuite» devient une perte absolue.

    Lorsque Bastiat parle de la perte du pâtissier et de l’argument selon lequel «nous avons un effet négatif et un effet positif qui s’annulent», il a un pied dans un système ouvert et un pied dans un système fermé. Évidemment, les contradictions ne sont pas difficiles à trouver dans ces circonstances. C’est la même difficulté qui se pose si vous analysez l’automobile, liberté individuellement, cauchemar collectivement. Ou les impôts : cauchemar individuellement, liberté collectivement.

    Pour qu’une analyse tienne la route, il faut définir son domaine d’observation, est-ce un système ouvert ou fermé?

    À la prochaine!

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      21 janvier 2010 à 10 10 47 01471
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      @ Bertrand

      Les économistes sérieux n’ont jamais considéré comme un héros, ce voyou casseur de vitre ni n’ont jamais prôné la destruction comme moteur économique.

      Dans ce cas, on peut discréditer Paul Krugman comme économiste sérieux:

      The fact is that war is, in general, expansionary for the economy, at least in the short run. World War II, remember, ended the Great Depression.

      Le programme « Cash for clunkers » aux É-U est une autre exemple de ce sophisme dans le vrai monde.

      Ils ont cependant bien documenté que «les désastres et la destruction sont bons pour l’économie à cause de l’activité économique qu’ils génèrent pour la reconstruction», pas bons en soi mais bons parce qu’ils forcent habituellement une amélioration notable de l’emploi, première source de la richesse. Une société qui serait déjà en situation de plein emploi, quant à elle, n’y verrait presque rien que des désavantages, comme le pâtissier de Bastiat.

      Il est facile de documenter « ce qu’on voit », il est cependant impossible de documenter « ce qu’on ne voit pas », c’est à dire ce qui aurait pu être accompli autrement. Et l’incovénient c’est qu’on ne le saura jamais. C’est pourquoi ces sophismes existent encore. La vitre cassée n’est qu’un exercice de raisonnement qui pousse le lecteur à imaginer ce qui ne se voit pas. Exercice auquel je vois que vous ne vous êtes pas prêté.

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        21 janvier 2010 à 11 11 58 01581
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        pas bons en soi mais bons parce qu’ils forcent habituellement une amélioration notable de l’emploi, première source de la richesse

        Créer de l’emploi n’est pas la même chose que de créer de la richesse. On crée de la richesse en produisant une plus-value. Réparer des dégâts n’ajoute rien à la richesse. C’est le même sophisme qui dit que si on engage des hommes pou creuser un trou un jour et le remplir le jour suivant, ça crée de la richesse. ces hommes ont travaillé, certes, mais ils n’ont rien produit.

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    21 janvier 2010 à 12 12 19 01191
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    @ Philippe David

    TROISIÈME ERREUR : attaques personnelles. Lorsque vous écrivez «La vitre cassée n’est qu’un exercice de raisonnement qui pousse le lecteur à imaginer ce qui ne se voit pas. Exercice auquel je vois que vous ne vous êtes pas prêté.» en parlant de moi, vous n’argumentez pas, vous supposez, vous faites une hypothèse sur moi. Vous tombez dans l’attaque personnelle. Pas bien méchante mais c’est un dérapage. Si vous publiez, il faut vous attendre à ce qu’on soit critique de vos affirmations.

    QUATRIÈME ERREUR : l’extrait de Paul Krugman que vous citez pour me contredire, appuie plutôt ce que je dis. Il ne PRÔNE pas la destruction comme moteur économique ; il DOCUMENTE son effet (lors de la guerre d’Irak et la 2e guerre mondiale). Il y a d’ailleurs pratiquement unanimité sur le lien entre cette dernière et la fin de la grande dépression et les Trente glorieuses.

    Le programme «Cash for clunkers» était loin de faire l’unanimité, du reste. Mais quelles étaient les alternatives ?
    1) Ne rien faire è donc spirale du chômage, perte de clients et de revenus, mais usure normale du parc de véhicule et économies des déboursés publics : lequel est le plus avantageux à terme ? Sais pas, le temps chômé ne se rattrape jamais, c’est une richesse perdue à jamais (ça aussi, c’est une chose qu’on ne voit pas !)
    2) Utiliser le même niveau de déboursés publics pour construire au lieu de détruire è mais dans quels domaines ? Si les dépenses vont en consommation, il y a de fortes chances que ce soit une perte vers l’étranger ; si c’est en infrastructure, c’est déjà la recette utilisée et on est limiter par la capacité des effectifs qualifiés; si c’est pour innover dans l’économie, irréaliste à court terme sauf pour des kiosques à T-shirts ;
    3) former et instruire les chômeurs, c’est une recette utilisée mais difficile à rendre accessible à une vague de chômeurs simultanés en temps de crise subite et à déterminer les formations durables. Peut-être avez-vous d’autres suggestions ?

    CINQUIÈME ERREUR : quand vous dites : «Créer de l’emploi n’est pas la même chose que de créer de la richesse. On crée de la richesse en produisant une plus-value», vous omettez le fait que la plus-value du chômeur est nulle. L’emploi est la première source de richesse. La productivité est la seconde. La plus-value est un concept beaucoup plus lié à la productivité. C’est pourquoi on souhaite des industries de deuxième et de troisième transformation, dont la plus value est bien supérieure à la simple exploitation des ressources naturelles.

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      21 janvier 2010 à 14 02 11 01111
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      @ Bertrand

      TROISIÈME ERREUR : attaques personnelles. Lorsque vous écrivez «La vitre cassée n’est qu’un exercice de raisonnement qui pousse le lecteur à imaginer ce qui ne se voit pas. Exercice auquel je vois que vous ne vous êtes pas prêté.» en parlant de moi, vous n’argumentez pas, vous supposez, vous faites une hypothèse sur moi. Vous tombez dans l’attaque personnelle. Pas bien méchante mais c’est un dérapage. Si vous publiez, il faut vous attendre à ce qu’on soit critique de vos affirmations.

      Pas une attaque personnelle, une simple constatation. Votre critique démontre que soit vous ignorez sciemment la leçon de la vitre brisée et vous refusez de voir « ce qui ne se voit pas » et donc vous en venez à une conclusion typiquement keynésienne; ou vous ne comprenez vraiment pas ce que Bastiat voulais dire.

      QUATRIÈME ERREUR : l’extrait de Paul Krugman que vous citez pour me contredire, appuie plutôt ce que je dis. Il ne PRÔNE pas la destruction comme moteur économique ; il DOCUMENTE son effet (lors de la guerre d’Irak et la 2e guerre mondiale). Il y a d’ailleurs pratiquement unanimité sur le lien entre cette dernière et la fin de la grande dépression et les Trente glorieuses.

      La deuxième guerre mondiale n’a rien réglé à l’économie à part envoyer les surplus de main d’oeuvre se faire liquider au front et détourner la production de pays entiers vers la fabrication de tanks et bombes. Pendant tout ce temps, tout le reste était rationné. Merci de prouver que j’ai raison.

      Le programme «Cash for clunkers» était loin de faire l’unanimité, du reste. Mais quelles étaient les alternatives ?
      1) Ne rien faire è donc spirale du chômage, perte de clients et de revenus, mais usure normale du parc de véhicule et économies des déboursés publics : lequel est le plus avantageux à terme ? Sais pas, le temps chômé ne se rattrape jamais, c’est une richesse perdue à jamais (ça aussi, c’est une chose qu’on ne voit pas !)
      2) Utiliser le même niveau de déboursés publics pour construire au lieu de détruire è mais dans quels domaines ? Si les dépenses vont en consommation, il y a de fortes chances que ce soit une perte vers l’étranger ; si c’est en infrastructure, c’est déjà la recette utilisée et on est limiter par la capacité des effectifs qualifiés; si c’est pour innover dans l’économie, irréaliste à court terme sauf pour des kiosques à T-shirts ;
      3) former et instruire les chômeurs, c’est une recette utilisée mais difficile à rendre accessible à une vague de chômeurs simultanés en temps de crise subite et à déterminer les formations durables. Peut-être avez-vous d’autres suggestions ?

      La réponse est effectivement de laisser le marché déterminer les priorités de production. C’est ce qu’est supposé faire le capitalisme. Mais c’est vrai, vous préférez le corporatisme qui consiste à lancer l’argent des contribuables sur des projets douteux juste pour créer des emplois improductifs et garder des industries moribondes, mais bien connectées politiquement, sur le respirateur.

      CINQUIÈME ERREUR : quand vous dites : «Créer de l’emploi n’est pas la même chose que de créer de la richesse. On crée de la richesse en produisant une plus-value», vous omettez le fait que la plus-value du chômeur est nulle. L’emploi est la première source de richesse. La productivité est la seconde. La plus-value est un concept beaucoup plus lié à la productivité. C’est pourquoi on souhaite des industries de deuxième et de troisième transformation, dont la plus value est bien supérieure à la simple exploitation des ressources naturelles.

      Le travail ne produit de la richesse que s’il crée des biens ou services utiles. Le travail inutile ne crée aucune richesse. C’est le genre de sophisme qui était derrière la WPA (aka We Piddle Around) pendant la grande dépression.

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    21 janvier 2010 à 18 06 39 01391
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    @ P.D

    Je note que personne sur ce site – ni Krugman – ne prétend qu’il faille produire de l’inutile ni travailler pour rien. J’ai moi même pris pour leit-motiv d’un livre publié il y a plus de 20 ans : « Work to produce, do not produce to work ».

    Cela dit, faire travailler pour rien peut servir de prétexte a une nécessaire (voir demande effective) distribution de revenu, sans enfreindre les regles de la justice commutative et donc sans choquer les gens. Je ne crois pas que même les idiots qui nous gouvernent le fassent pour une autre raison, et c’est dont une absence d’imagination plutôt que de simple logique. Tout le monde est d’accord que ça reste une bêtise.

    Pour la guerre, on est en pleine libre-entreprise. Halliburton, Cheney et la main invisible ont travaillé ensemble pour créer un magnifique marché en Irak. Ceux qui ont le pouvoir ne cherchent pas prioritairement à produire quoi que ce soit, mais à prendre une plus large part de ce qui est là, ce qui est plus facile et donc, pour l’individu, la décision rationelle à choisir.

    Ne peuvent les en empêcher qu’un pouvoir plus grand présumé altruiste. On a eu Dieu, puis l’État, mais Dieu est mort de ses contradictions et l’État a prouvé qu’il est soluble dans la corruption. D’ou l’intérêt de la minarchie. Mais si on remplace l’État, ça ne peut être par « rien ». Il faut un ordre, mais aussi une solidarité pour qu’existe une société. C’est le défi des hommes de bonne volonté de trouver par quoi.

    Il ne s’agit pas de réfuter Bastiat, mais de dire que ce point est admis et qu’il faut passer au suivant.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/09/14/letat-producteur/

    Pierre JC Allard

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    21 janvier 2010 à 18 06 50 01501
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    « Mais si on remplace l’État, ça ne peut être par « rien ». Il faut un ordre, mais aussi une solidarité pour qu’existe une société. C’est le défi des hommes de bonne volonté de trouver par quoi. »

    La solidarité est une chose naturelle et l’homme y est naturellement porté (la preuve, on a toujours voulu vivre en société). Inutile de l’imposer…

    L’état est nécessaire, mais seulement pour préserver notre liberté (donc notre vie, notre intégrité et notre propriété) à tous.

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    21 janvier 2010 à 19 07 10 01101
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    @ Waried

    « La solidarité est une chose naturelle et l’homme y est naturellement porté ».

    Je suis à Manille. Il est 8h01. Aujourd’hui il fait beau. Les 50 000 enfants qui vivent de la prostitution infantile prennent ce matin quelques heures de repos. Depuis 5h30, les 60 000 qui vivent de trouver quelque chose à vendre dans le plus grand dépotoir de la ville sont en plein travail.

    Je suis en mesure d’apprécier pleinement l’humour de votre remarque. Vous n’êtes pas sérieux, n’est-ce pas ? Qu’en pensez-vous, Philippe ?

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/09/14/systemes-et-societes-2/

    Pierre JC Allard

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      22 janvier 2010 à 7 07 42 01421
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      @ PJCA

      Je note que personne sur ce site – ni Krugman – ne prétend qu’il faille produire de l’inutile ni travailler pour rien.

      Ce ne sera pas la première fois que l’école autrichienne et l’école keynésienne s’affrontent sur ce sujet, et ce ne sera certainement pas la dernière.

      Cela dit, faire travailler pour rien peut servir de prétexte a une nécessaire (voir demande effective) distribution de revenu, sans enfreindre les regles de la justice commutative et donc sans choquer les gens. Je ne crois pas que même les idiots qui nous gouvernent le fassent pour une autre raison, et c’est dont une absence d’imagination plutôt que de simple logique. Tout le monde est d’accord que ça reste une bêtise.

      Il y a un peu plus que ça. Certains économistes utilisent la notion qu’il faut créer de l’emploi pour faire rouler l’économie pour instituer des programmes qui à première vue, semblent bien intentionnées, mais qui sont néfastes dans la réalité. Par exemple, dans l’obsession de faire travailler les gens à tout prix avec des programmes comme le WPA pendant la grande dépression, on accapare ces ressources à faire du travail improductif et on les empêche de se trouver du travail plus productif. Je reconnais que l’exemple est simpliste et qu’il y a d’autres facteurs en jeu. J’aurai certainement une occasion d’approfondir et d’élaborer là-dessus plus tard.

      Pour la guerre, on est en pleine libre-entreprise. Halliburton, Cheney et la main invisible ont travaillé ensemble pour créer un magnifique marché en Irak. Ceux qui ont le pouvoir ne cherchent pas prioritairement à produire quoi que ce soit, mais à prendre une plus large part de ce qui est là, ce qui est plus facile et donc, pour l’individu, la décision rationelle à choisir.

      La guerre ne profite en réalité qu’à une poignée de gens, elle n’est d’aucun bénéfice pour l’économie en général.

      Je suis en mesure d’apprécier pleinement l’humour de votre remarque. Vous n’êtes pas sérieux, n’est-ce pas ? Qu’en pensez-vous, Philippe ?

      Je crois que ces gens bénéficieraient d’une libéralisation de l’économie locale pour encourager l’entrepreneuriat. C’est en en créant l’environnement pour une économie prospère que nous allons plus aider ces enfants et leurs enfants à long-terme. Quant à Waried, je crois qu’il est sérieux dans le sens que les libertariens tentent de voir plus ce qui est bon dans l’humanité que ce qui est mauvais. Et aussi que les hommes qui vivent en société en tirent certains bénéfices et avantages, il est dans leur intérêt rationnel d’entretenir cette société pour la perpétuer. Vu sous cet angle, c’est dans notre intérêt à tous d’aider notre prochain volontairement. Par contre, il y en a qui malheureusement, ne reconnaissent pas cet intérêt.

      Je ne crois pas qu’il soit vertueux de forcer ces gens à la charité par le biais de l’état et des impôts. On ne peut être charitable avec l’argent pris par la force. Il ne nous appartient pas. Il est plus vertueux de les convaincre que c’est dans leur intérêt. Beaucoup de gens riches sont philanthropes. Les impôts oppressifs découragent la philanthropie. Je ne voudrais pas taper sur ce clou, mais les américains sont beaucoup plus généreux que nous dans les dons de charité, justement parce qu’ils savent que ce n’est pas le rôle de l’état de le faire, et les américains les plus généreux sont ceux dits « conservateurs ». Il y a de l’humanisme chez les conservateurs et les libertariens mais il est très mal compris des « progressistes ».

      @ Darwin

      Bertrand et vous n’avez simplement pas la même définition de la richesse. Je me réjouis de pas avoir utilisé ce terme dans mon exemple. J’ai parlé de biens, de services et de bien-être, ce qui porte moins à confusion. Je ne cherche pas la confrontation, mais vous semblez y trouver un certain bien-être. Ce n’est pas mon cas.

      Il ne doit pourtant pas avoir 56 définitions du mot richesse. Et surtout de comment la créer.

      Quand Krugman parle de la guerre, tout comme quand Keynes en parlait, il prend toujours bien soin de clarifier qu’il déteste la guerre et ne recommande nullement cette horreur comme solution aux problèmes économiques. Dans le billet dont vous avez donné une référence, il dit avant l’extrait que vous avez retenu : «Just to be clear: I yield to nobody in my outrage over the way we were lied into a disastrous, unnecessary war. » (Juste pour être clair : personne ne peut être plus indigné que moi devant la façon dont on nous a menti pour nous embarquer dans une guerre désastreuse et inutile. ).

      Comme le dit Bertrand, il ne fait qu’observer (Bertrand parle de documenter) les effets des dépenses de guerre sur l’emploi et les indicateurs économiques. Il ajoute peu après, ce qui montre qu’il partage notre opinion sur les dépenses qui ne produisent pas de bien-être : «Yes, there would be infinitely better ways to spend the money. » (Oui, il y aurait des moyens infiniment plus judicieux de dépenser de l’argent. ).

      Je suis très conscient des sentiments de M. Krugman et ils sont admirables, mais ses observations sont fausses. C’est le point de Bastiat. La guerre n’est d’aucun bienfait pour l’économie en général, peu importe ce que les indicateurs en disent. C’est de là que provient le sophisme. Je ne vous prête pas nécessairement de mauvaises intentions dans sa perpétration, mais je tente de vous expliquer que c’est une fausse croyance. Oui, la guerre tend à augmenter l’emploi dans certains secteurs, mais la destruction de capital qu’elle cause vient plus qu’annuler ces bienfaits, de sorte qu’à la fin nous subissons une perte. N’observer que le côté création d’emploi et production, c’est négliger complètement l’autre côté de l’équation. Donc, même de « documenter » les supposés bienfaits de la guerre est d’entretenir un mythe qui par ailleurs est utilisé pour perpétrer d’autres guerres et profiter au complex militaro-industriel. J’espère que ça clarifie ma position.

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    21 janvier 2010 à 19 07 38 01381
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    @ M. Allard

    Même avec un système étatique ces choses existent. Pour la prostitution juvénile, une police forte peut améliorer le tout. La minarchie prône une forte justice.

    Pour les jeunes qui fouillent les dépotoirs, je suis profondément convaincu que c’est le libre-marché qui peut leur apporter le meilleur coup de main. Notre système a depuis longtemps montré qu’il ne peut pas régler ce problème…

    Prenons l’exemple de la Chine. La mondialisation et donc un plus grand accès au marché mondial leur a permis d’augmenter leur niveau de vie.

    Quand je parle de la solidarité, je parle beaucoup plus de la solidarité à petite échelle. Tout le monde (ou presque, il y a toujours des exceptions) aide ses proches et les gens de sa communauté quand ils ont besoins d’aide.

    En plus, nous n’avons pas besoin de passer par l’état pour faire une différence dans le monde. Il existe déjà une panoplie d’organisme à qui je peux donner comme bon me semble. Inutile de passer par l’état pour faire ma part…

    De plus, quelqu’un qui décide de s’isoler de la communauté et ne s’occuper que de son petit nombril, devra, un jour ou l’autre, en payer le prix (dans un monde libre, bien entendu).

    Je crois aussi qu’une partie du problème réside dans la déresponsabilisation qui s’accentue de plus en plus. De moins en moins de gens sont portés vers la solidarité parce que de toute façon l’état s’en occupe… Pourquoi je nourrirais un sans-abris? Il y a les soupes populaires…

    Mais bon, je peux me tromper, je suis humain, mais je suis convaincu que ça fonctionnerait très bien! Peu importe le système, il y a toujours des gagnants et des perdants. C’est triste, mais la nature est ainsi. J’aide ceux que je peux, ceux dont je pense qu’ils font un minimum d’efforts pour s’aider eux-mêmes. Personne ne peut porter la terre sur ses épaules. Arrêtons de nous fier sur l’état ou toute autre entité pour régler les problèmes de l’humanité. Faisons-le nous même de la façon qui nous convient tous et chacun.

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    21 janvier 2010 à 20 08 27 01271
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    Le problème n’est pas que des jeunes veuillent se prostituer ou fouiller dans les ordure, mais qu’ils n’aient pas d’autre revenu et soient donc forcés de le faire. La pauvret est la plus grave contrainte à la liberté.

    Il existe déjà une panoplie d’organisme à qui je peux donner comme bon me semble. Inutile de passer par l’état pour faire ma part…

    Le faites vous ? Si l’impôt n’existait pas, donneriez-vous aux pauvres ce que vous exige le fisc ? Vous ne devez une réponse qu’à vous-même, mais, si vous vous mentez, ne vous étonnez pas un jour de ne plus vous faire confiance…

    De plus, quelqu’un qui décide de s’isoler de la communauté et de ne s’occuper que de son petit nombril, devra, un jour ou l’autre, en payer le prix (dans un monde libre, bien entendu).

    C’est un acte de foi, mais la réalité nous montre tous les jours que la réalité refuse obstinément de se conformer à notre éthique.

    Je crois aussi qu’une partie du problème réside dans la déresponsabilisation qui s’accentue de plus en plus.

    Je suis bien d’accord, d’ou le modèle entrepreneurial de société que je propose.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/03/21/capitalisme-ou-entrepreneuriat/

    Peu importe le système, il y a toujours des gagnants et des perdants.

    OUI. On fait seulement pour le mieux et il y a des choses qu’on peut faire mieux collectivement. C’est le défi des hommes de bonne volonté de les identifier et d’en tirer les conséquences pour déterminer un modèle de gouvernance

    Pierre JC Allard

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    21 janvier 2010 à 21 09 48 01481
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    @ Lutopium

    «Je vous serais gré si vous appliquiez le sophisme de la vitre cassée à l’idée de privatisation des soins de santé. »

    Je n’avais pas le temps ce matin de répondre adéquatement à ton commentaire, boulot oblige…

    Je ne suis pas d’accord avec certains éléments de la réponse de Philippe, mais il a raison de dire que l’analogie entre la parabole de la vitre cassée et la privatisation n’est pas directe.

    Si on parlait des États-Unis, où les frais d’administration des compagnies d’assurance sont proportionnellement trois à quatre fois plus élevés qu’ici (environ 11 % par rapport à 3 % des dépenses de santé), même si nous dénonçons la bureaucratisation de notre système, l’analogie tiendrait. En effet, leurs frais d’administration sont plus élevés car les compagnies d’assurance enquêtent sur l’état de santé de chaque personne avant de l’accepter (ce que la réforme d’Obama veut interdire) et dépensent des sommes effarantes dans le but de refuser des remboursements. Dans mon optique, ces frais et ces emplois n’apportent absolument rien en biens et services, et aucun bien-être (sauf aux actionnaires des compagnies, pourrait-on rétorquer, mais à ce titre, on pourrait dire que le vitrier qui répare la vitre cassée reçoit aussi un certain bien-être). L’analogie ne serait pas parfaite, mais tout de même sensée.

    La privatisation des soins de santé au Québec ferait en sorte qu’une partie des dépenses de santé se transformerait en profits. On peut aussi prévoir que le revenu des médecins seraient plus élevés et que le coût des services médicaux augmenteraient. Je ne suis pas du tout d’accord, mais personne ne travaillerait comme tel inutilement, sans produire de bien ou de services qui apportent du bien-être. Philippe prétendrait sûrement que les coûts baisseraient, mais sur le sujet de l’analogie avec la parabole de la vitre cassée, nous avons probablement la même position.

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    21 janvier 2010 à 21 09 56 01561
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    @ Philippe

    Je n’en reviens pas de la façon dont vous avez transformé une discussion sur des principes relativement simples en diatribes malhonnêtes contre ceux avec qui vous ne partagez pas les mêmes valeurs.

    La richesse

    Bertrand et vous n’avez simplement pas la même définition de la richesse. Je me réjouis de pas avoir utilisé ce terme dans mon exemple. J’ai parlé de biens, de services et de bien-être, ce qui porte moins à confusion. Je ne cherche pas la confrontation, mais vous semblez y trouver un certain bien-être. Ce n’est pas mon cas.

    Krugman

    Je ne vous reprocherai jamais de ne pas être d’accord avec lui ou avec moi, comme je ne le suis pas avec les libertariens comme vous ou avec Friedman. Nous ne partageons simplement les mêmes valeurs. Il est donc normal que nous n’analysions pas les questions économiques de la même façon et que nous de proposions pas les mêmes solutions.

    Ce que je ne comprends pas est que, pour faire valoir votre point, vous sentiez le besoin de dénaturer ce que nous disons. Si vous croyez en vos valeurs, et c’est ce que je pense, vous n’avez aucune raison d’agir ainsi. Les faits réels devraient vous suffire, vous ne devriez pas avoir besoin d’en inventer.

    Quand Krugman parle de la guerre, tout comme quand Keynes en parlait, il prend toujours bien soin de clarifier qu’il déteste la guerre et ne recommande nullement cette horreur comme solution aux problèmes économiques. Dans le billet dont vous avez donné une référence, il dit avant l’extrait que vous avez retenu : «Just to be clear: I yield to nobody in my outrage over the way we were lied into a disastrous, unnecessary war. » (Juste pour être clair : personne ne peut être plus indigné que moi devant la façon dont on nous a menti pour nous embarquer dans une guerre désastreuse et inutile. ).

    Comme le dit Bertrand, il ne fait qu’observer (Bertrand parle de documenter) les effets des dépenses de guerre sur l’emploi et les indicateurs économiques. Il ajoute peu après, ce qui montre qu’il partage notre opinion sur les dépenses qui ne produisent pas de bien-être : «Yes, there would be infinitely better ways to spend the money. » (Oui, il y aurait des moyens infiniment plus judicieux de dépenser de l’argent. ).

    Bref, vous transformez un texte où il est d’accord avec nous en une interprétation où il ne l’est pas. C’est de la malhonnêteté intellectuelle.

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    21 janvier 2010 à 22 10 34 01341
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    @ Philippe

    Sur le fond du sujet, un des grands problèmes est qu’on confond la production de biens et services utiles qui apportent du bien-être avec la comptabilisation de l’activité économique. Quand j’ai préparé le souper ce soir, c’était une activité économique, une production de services qui procurent du bien-être (de la richesse, diriez-vous peut-être), mais une activité non comptabilisée. Un embouteillage ne crée pas vraiment de bien-être (il en détruit, même, directement par le mal-être que les automobilistes ressentent et indirectement par les externalités que représente la pollution), mais il génère de l’activité économique comptabilisée (vente d’essence, plus de réparations à l’automobile, etc.).

    Le PIB est donc pour cela (et bien d’autres raisons) un indicateur bien criticable et limité. Malheureusement, bien des économistes confondent l’indicateur de ce que tente d’évaluer l’indicateur. C’est pourquoi Amartya Sen et d’autres économistes ont développé l’indice de développement humain et que Stiglitz est responsable d’un groupe (entre autres avec Sen) qui tente aussi de créer des indicateurs pour compléter le PIB en Europe (à la demande de Sarkozy !).

    Cela dit, même si je suis d’accord que la guerre a en effet envoyé «des surplus de main-d’oeuvre se faire liquider au front » les ouvriers qui étaient payés pour produire des armes (autre activité très casseuse de vitres, quant à moi) ont pu s’acheter des maisons, dépenser davantage et participer à la relance. Comme Krugman, je crois qu’il y a des façons infiniment meilleures pour initier une relance, mais force est de constater ces effets bien réels. C’est triste, mais les gouvernements qui hésitent à concocter des plans de relance efficaces en temps de paix ne regardent pas à la dépense quand c’est le temps de guerroyer et de détruire.

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      22 janvier 2010 à 8 08 02 01021
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      @ Darwin

      Cela dit, même si je suis d’accord que la guerre a en effet envoyé «des surplus de main-d’oeuvre se faire liquider au front » les ouvriers qui étaient payés pour produire des armes (autre activité très casseuse de vitres, quant à moi) ont pu s’acheter des maisons, dépenser davantage et participer à la relance. Comme Krugman, je crois qu’il y a des façons infiniment meilleures pour initier une relance, mais force est de constater ces effets bien réels. C’est triste, mais les gouvernements qui hésitent à concocter des plans de relance efficaces en temps de paix ne regardent pas à la dépense quand c’est le temps de guerroyer et de détruire.

      Beaucoup d’autres facteurs ont influencé la relance d’après-guerre, entre autres, l’abolition d’un grand nombre de mesures instituées par le New Deal et la libération par l’état de toutes les ressources utilisées pour la guerre. Pendant la guerre, toutes les ressources étaient accaparées par l’état afin de produire les armes nécessaires pour gagner la guerre et les biens pour la consommations étaient rationnés. On peut difficilement parler de relance et de prospérité pendant cette période. N’observer qu’après la guerre les gens avaient gagné de l’argent pour se construire des maisons et négliger tous les coûts économiques de la dévastation qui a amené cet état de fait, c’est ne regarder qu’un côté de l’équation. Maintenant, relisez la « leçon » de Hazlitt et dites-moi qu’il n’y a pas de faille dans le raisonnement qui vous porte à ne regarder qu’un côté de cette équation.

      C’est ça que j’essaie d’enseigner ici. Prenez le temps d’y réfléchir, je vous en prie.

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    22 janvier 2010 à 6 06 25 01251
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    Je reconnais qu’il est tiré par les cheveux que d’utiliser le sophisme de la vitre cassée avec l’idée de privatiser le réseau de santé québécois. Toutefois, et c’est là où je voulais en venir, démanteler le système hospitalier afin de créer de la concurrence nécessite de « briser » un acquis car on doit vendre les actifs (hôpitaux, équipements, etc…) afin de permettre au privé de s’installer. Même chose du côté du financement des services, il faudrait faire disparaître la RAMQ afin de laisser la place aux assureurs privés. L’idée est donc là: briser (inutilement à mon avis) quelque chose qui existe déjà pour créer (apparemment) de la richesse.

    Évidemment, M. Bastiat n’aurait jamais analysé cette analogie car, à son époque, l’état n’était pas encore impliqué dans la prestation des soins de santé. De plus, comme il faisait partie de la petite bourgeoisie française, les inégalités sociales ne le préoccupaient pas beaucoup. Du moins, c’est ce que je comprends de l’existence de Bastiat…

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      22 janvier 2010 à 7 07 50 01501
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      @ Lutopium

      Je reconnais qu’il est tiré par les cheveux que d’utiliser le sophisme de la vitre cassée avec l’idée de privatiser le réseau de santé québécois. Toutefois, et c’est là où je voulais en venir, démanteler le système hospitalier afin de créer de la concurrence nécessite de « briser » un acquis car on doit vendre les actifs (hôpitaux, équipements, etc…) afin de permettre au privé de s’installer. Même chose du côté du financement des services, il faudrait faire disparaître la RAMQ afin de laisser la place aux assureurs privés. L’idée est donc là: briser (inutilement à mon avis) quelque chose qui existe déjà pour créer (apparemment) de la richesse.

      À ce chapitre, je vous suggèrerait plutôt de réviser le concept de destruction créatrice de Schumpeter. De toute façon, j’ai déjà une idée de billet pour démontrer comment réformer notre système de santé par la privatisation ne se solderait pas nécessairement par la catastrophe que vous appréhendez. Je crois que vous serez surpris.

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    22 janvier 2010 à 8 08 04 01041
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    @ Philippe David

    Merci pour avoir éclairer mon commentaire… C’est exactement ce que je voulais, malhabilement, exprimer!

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    22 janvier 2010 à 19 07 07 01071
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    Bonjour Philippe,
    Bonne idée, ce « cours ».
    Je suis un néophyte.
    Étant enseignant, j’ai vu dès le début de mon entrée, qu’il ne fallait jamais donner les cuillères trop grosses.
    C’est parfait ce petit exemple.
    Ne changez pas votre approche et allez y à petites doses.
    Il faut que les gens sachent, c’est une nécessité pour comprendre ce monde embrumé dans lequel on vit, et la peur de n’être pas assez « savant » pour comprendre.
    __________
    Voici une question pour ignorant. Je vais délaisser le vocabulaire de l’économie que je connais peu, mais parler « d’intervention keynésienne » c’est déja trop pour un ignorant.
    1- Le gouvernement a investi des milliards pour les travaux d’infrastructure au Québec l’été dernier.
    À l’entrée de mon village (3,500h), il y a une pancante: le coût de l’investissement et le chiffre des emplois « créés », 200.
    Pour refaire 1 à 1.5 kilomètres d’aqueduc … caduc.
    Premièrement, cet argent sert à refaire ce qui aurait dû être refait de toute manière. On accélere un peu pour créer une sorte de mouvement qui fait « bouger » l’argent dans les communautés, et le Québec.
    Cet argent, c’est l’argent des impôts, des taxes,etc, de toutes les perceptions.
    C’est d’une certaine manière aussi factice que le type qui brise la vitre… Sauf qu’on construit ce qui aurait été construit.
    Où est la production dans ce genre d’exercice?
    C,est la question de l’ignorant.
    Ce n’est pas parce qu’on jette une brassée de vêtements dans la laveuse que l’on produit des vêtements…
    Si je joue à l’économiste, je constate que mon village va se frotter les mains pour les « retombées » économiques.
    Resto, alimentation, petits commerces, etc. Hôtels…
    On déplace les fonds, de la richesse, point.

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      22 janvier 2010 à 20 08 34 01341
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      @ Gaetan Pelletier

      Bonne idée, ce « cours ».
      Je suis un néophyte.
      Étant enseignant, j’ai vu dès le début de mon entrée, qu’il ne fallait jamais donner les cuillères trop grosses.
      C’est parfait ce petit exemple.
      Ne changez pas votre approche et allez y à petites doses.
      Il faut que les gens sachent, c’est une nécessité pour comprendre ce monde embrumé dans lequel on vit, et la peur de n’être pas assez « savant » pour comprendre.

      Merci. Je suis très content d’avoir l’avis d’un enseignant justement. Merci des conseils, c’était justement ce que j’avais en tête. Je voulais démontrer que l’économie c’est en réalité plus une question de gros bon sens et ce qui est bon dans la gestion de vos propres affaires est effectivement tout aussi bon à l’échelle d’une province ou un gouvernement national. J’avais effectivement l’intention d’enseigner des petits concepts simples et poursuivre avec des exemples plus élaborés. D’après la tournure de la discussion sur ce billet, je crois que j’ai visé juste avec mon idée. Je suis très encouragé. J’espère que ça profitera à nos lecteurs.

      Voici une question pour ignorant. Je vais délaisser le vocabulaire de l’économie que je connais peu, mais parler « d’intervention keynésienne » c’est déja trop pour un ignorant.
      1- Le gouvernement a investi des milliards pour les travaux d’infrastructure au Québec l’été dernier.
      À l’entrée de mon village (3,500h), il y a une pancante: le coût de l’investissement et le chiffre des emplois « créés », 200.
      Pour refaire 1 à 1.5 kilomètres d’aqueduc … caduc.
      Premièrement, cet argent sert à refaire ce qui aurait dû être refait de toute manière. On accélere un peu pour créer une sorte de mouvement qui fait « bouger » l’argent dans les communautés, et le Québec.
      Cet argent, c’est l’argent des impôts, des taxes,etc, de toutes les perceptions.
      C’est d’une certaine manière aussi factice que le type qui brise la vitre… Sauf qu’on construit ce qui aurait été construit.
      Où est la production dans ce genre d’exercice?
      C,est la question de l’ignorant.
      Ce n’est pas parce qu’on jette une brassée de vêtements dans la laveuse que l’on produit des vêtements…
      Si je joue à l’économiste, je constate que mon village va se frotter les mains pour les « retombées » économiques.
      Resto, alimentation, petits commerces, etc. Hôtels…
      On déplace les fonds, de la richesse, point.

      Pour un néophyte, vous êtes très perspicace. Vous me verrez fréquemment critiquer les doctrines de John Maynard Keynes parce que pour la plupart, elles sont basées sur des demi-vérités. Le débat avec Bertrand et Darwin est un exemple typique. La plupart du temps, les keynésiens ne font que regarder un aspect du problème. Ils concentrent sue les effets à cour terme et sur un groupe en particulier, sans égard au effets à long terme et aux autres groupes.

      L’exemple que vous donnez dit tout. Le gouvernement ne crée aucune richesse. Tout ce qu’il a, il l’obtient par les diverse formes de taxation. Donc, les travaux publics sont effectivement un transfert de richesse. Il n’y a pas vraiment de problème que le gouvernement dépense cet argent si les travaux sont nécessaires. Ce n’est par contre pas une idée de faire des travaux publics qui ne sont pas nécessaires, juste pour créer de l’emploi. En faisant ça, le gouvernement vole des ressources qui pourraient être utilisées ailleurs à des fins plus productives. Mais attendez-vous à ce que les keynésiens contestent ça bec et ongle… D’ailleurs, ce sera effectivement le sujet d’une prochaine leçon dans cette série.

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    22 janvier 2010 à 19 07 17 01171
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    J’ai oublié de mentionner qu’il y avait – dans les années 60 – des petits cours d’économie dans les écoles. Même très bien…
    En 1990, le ministère de l’éducation nous a envoyé un cours sous forme de feuillets brochés: « Comment faire fructifier votre argent!  »
    Ça fait 20 ans… J’ai dû, pendant des années modifier certaines choses du « livre » ( pas même foutu de faire un livre). On comprend qu’il y a des choses qui ont changé.
    Au moins l’approche des années 60 était une explication des secteurs primaire, secondaire, tertiaire, et un peu plus.
    Là! Plus rien…

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    22 janvier 2010 à 22 10 01 01011
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    @Philippe,
    Merci de votre réponse. Si j’ai le temps, je vais utiliser votre « petit cours » pour le transmettre sur mon site.
    Avec votre permission, bien sûr.
    L’autre aspect que je n’a pas mentionné: cette dépense soudaine, qui fait une sorte de feu de paille, ou encore mieux, feux d’artifices, est une dépense qui reporte le problème plus loin en un sens.
    En ignorant dont je suis, je comprends bien l’exercice, mais comme le citoyen c’en est un dont il ne faut pas abuser. Sorte de soin palliatif… Mais on ne peut pas faire vivre une société de ce seul moyen, bien entendu.
    Mais pour la prochaine élection, c’est bon 🙂
    Avec les méthodes de corruption actuelles, on perd aisément un bon 10%. On vit en campagne, ici.
    Si à Montréal, on a trouvé une « bulle » de 30%, la perte sur les milliards investis et à investir sur 3 ou 4 ans est énorme.
    On a évalué cela à 7 ou 8 milliards.
    À la semaine prochaine…

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      24 janvier 2010 à 9 09 23 01231
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      @ Gaetan Pelletier

      Merci de votre réponse. Si j’ai le temps, je vais utiliser votre « petit cours » pour le transmettre sur mon site.
      Avec votre permission, bien sûr.

      Sentez-vous libre d’utiliser n’importe lequel de mes textes que vous croyez utile, tant que vous mentionnez la source.

      L’autre aspect que je n’a pas mentionné: cette dépense soudaine, qui fait une sorte de feu de paille, ou encore mieux, feux d’artifices, est une dépense qui reporte le problème plus loin en un sens.
      En ignorant dont je suis, je comprends bien l’exercice, mais comme le citoyen c’en est un dont il ne faut pas abuser. Sorte de soin palliatif… Mais on ne peut pas faire vivre une société de ce seul moyen, bien entendu.
      Mais pour la prochaine élection, c’est bon 🙂

      Les politiciens adorent utiliser ce genre de truc pour passer pour des héros. C’est justement l’utilité de la pancarte avec le nombre d’emplois créés. Et puisque les buts sont politiques, il n’est pas étonnant que ça mène souvent à de la corruption et de l’abus

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    22 janvier 2010 à 21 09 58 01581
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    @ Philippe

    Il ne doit pourtant pas avoir 56 définitions du mot richesse. Et surtout de comment la créer.

    C’est bien sûr que pour vous il n’y en a qu’une, la vôtre. Mais dans le monde il y en a plein. L’éducation est-elle une richesse ? Pour moi oui. L’air en est-elle une ? Pourtant, on peut la détruire sans qu’aucun indicateur économique ne le perçoive.

    J’ai d’ailleurs toujours trouvé curieux qu’on se serve du revenu des gens pour évaluer leur richesse ou leur pauvreté, sans tenir compte de leurs possessions (ou capital). Pourtant, une richesse est un stock, pas un flux…

    La guerre n’est d’aucun bienfait pour l’économie en général, peu importe ce que les indicateurs en disent.

    Je ne comprends pas pourquoi vous m’écrivez cela. Je suis bien sûr d’accord, comme je l’ai écrit dans le commentaire suivant, qui portait justement sur le fait qu’on ne doit pas confondre les indicateurs avec l’économie. Et j’ai aussi écrit que non seulement la guerre, mais même l’industrie de guerre est casseuse de vitres. Je pensais que c’était clair…

    Prenez le temps d’y réfléchir, je vous en prie.

    J’ai bien expliqué que j’étais d’accord que la guerre ne produit rien, qu’elle détruit. Prenez le temps de me lire, je vous prie…

    Le seul désaccord, et il est de poids, est sur les effets d’une relance, à l’époque comme maintenant, et sur cela on ne s’entendra jamais, même si on se lit et on réfléchit !

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      23 janvier 2010 à 10 10 00 01001
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      @ Darwin

      C’est bien sûr que pour vous il n’y en a qu’une, la vôtre. Mais dans le monde il y en a plein. L’éducation est-elle une richesse ? Pour moi oui. L’air en est-elle une ? Pourtant, on peut la détruire sans qu’aucun indicateur économique ne le perçoive.

      C’est drôle, je croyais qu’on discutait d’économie.

      J’ai d’ailleurs toujours trouvé curieux qu’on se serve du revenu des gens pour évaluer leur richesse ou leur pauvreté, sans tenir compte de leurs possessions (ou capital). Pourtant, une richesse est un stock, pas un flux…

      Pourtant un bilan bien dressé va inclure le capital comme une maison et une auto. Mais certains biens déprécient trop rapidement pour être comptabilisés avec précision.

      Je ne comprends pas pourquoi vous m’écrivez cela. Je suis bien sûr d’accord, comme je l’ai écrit dans le commentaire suivant, qui portait justement sur le fait qu’on ne doit pas confondre les indicateurs avec l’économie. Et j’ai aussi écrit que non seulement la guerre, mais même l’industrie de guerre est casseuse de vitres. Je pensais que c’était clair…

      Mais vous défendiez aussi la position de Bertrand et Krugman. Leur analyse consiste à évoquer les retombées économiques et la relance sans balancer l’équation avec les effets négatifs. Et les voeux pieux ne comptent pas. Déplorer le fait qu’il y ait des guerres et dire qu’il y aurait de meilleures façons de dépenser l’argent n’équivaut pas à la même chose que de tout simplement conclure que la guerre est un jeu à somme négative. Leur analyse peut facilement être interprétée comme voulant dire que la guerre est une jeu à somme positive.

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    22 janvier 2010 à 22 10 53 01531
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    @ Philippe David

    Vous écrivez à M. Pelletier:

    «Il n’y a pas vraiment de problème que le gouvernement dépense cet argent si les travaux sont nécessaires. Ce n’est par contre pas une idée de faire des travaux publics qui ne sont pas nécessaires, JUSTE POUR CRÉER DE L’EMPLOI. En faisant ça, le gouvernement vole des ressources qui pourraient être utilisées ailleurs à des fins plus productives. Mais attendez-vous à ce que les keynésiens contestent ça bec et ongle…»

    Vous commettez exactement ce que j’ai appelé la première erreur (voir mon premier commentaire). Vous prêtez aux «keynésiens» une intention crétine (prioriser des travaux NON nécessaires à d’autres dépenses plus productives, juste pour créer de l’emploi) et vous les traiter ensuite de crétins… Votre réponse qui mène au «vol» de ressources par le gouvernement est purement idéologique (clairement libertarienne).

    De combien de temps croyez-vous qu’on ait devancé la réfection d’un «aqueduc caduc»?

    (D’ailleurs au Québec, on reproche bien plus le fait de dépasser la durée de vie utile des infrastructures que de faire des réfections précipitées!!!)

    À ma connaissance, quand on devance à cause d’un plan d’intervention économique, on priorise les travaux dont les plans sont déjà disponibles. Et s’ils sont disponibles, c’est que l’infrastructure a déjà atteint sa durée de vie utile.

    Le problème de M. Pelletier est bien plus de nature politique (auto-promotion du gouvernement sur la pancarte) que de nature économique.

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      24 janvier 2010 à 9 09 13 01131
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      @Bertrand

      Vous commettez exactement ce que j’ai appelé la première erreur (voir mon premier commentaire). Vous prêtez aux «keynésiens» une intention crétine (prioriser des travaux NON nécessaires à d’autres dépenses plus productives, juste pour créer de l’emploi) et vous les traiter ensuite de crétins… Votre réponse qui mène au «vol» de ressources par le gouvernement est purement idéologique (clairement libertarienne).

      Je n’ai pas utilisé des termes comme « crétin », mais maintenant que vous le mentionnez… Que dire des routes et ponts vers nulle part qui ont été bâtis au Japon, suite à des recommandations des disciples de M. Keynes? Ça leur a donné quoi? 20 ans de stagnation et une dette qui touchera bientôt 200% de son PIB. Où le WPA que M. Krugman mentionne dans son édito, qui faisait que des gens étaient employés à faire des travaux ô combien générateurs de richesse comme cataloguer les diverses façons d’apprêter les épinards. Je suis certain que le marin Popeye leur est reconnaissant, mais…

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    23 janvier 2010 à 2 02 00 01001
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    @ Bertrand,

    « À ma connaissance, quand on devance à cause d’un plan d’intervention économique, on priorise les travaux dont les plans sont déjà disponibles. Et s’ils sont disponibles, c’est que l’infrastructure a déjà atteint sa durée de vie utile.

    Le problème de M. Pelletier est bien plus de nature politique (auto-promotion du gouvernement sur la pancarte) que de nature économique. »
    C’est beaucoup trop évident que c’est de la promotion politique…
    Ce n’est pas la pancarte qui m’intéresse, ce sont les travaux et tous ce qu’ils « rapportent ». Je ne dis pas d’ailleurs que c’est complètement nul. Mais c’est un patient sur un grabat…
    Il y a une certaine utilité, mais elle a ses limites.
    Le problème n’est pas la durée de vie, c’est de « booster » l’intervention en la triplant. On aurait pu reporter certaines choses, mais sur un plan strictement froid et économique, c’est une partie style bouée de sauvetage en attendant le bateau…
    C’est un leurre…
    Une fausse monnaie…
    En 1850, aux États-Unis, la moitié de la monnaie était contrefaite.
    Ce qui n’empêche pas d’échanger des biens…
    Mais dans un système aussi scalpelisé, combien y-a-t-il de biens réels liés aux « faux billets » des bulles et du reste.?

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    23 janvier 2010 à 14 02 18 01181
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    @ Philippe David

    Vous écrivez à Darwin :

    «Leur analyse [la position de Bertrand et Krugman] peut facilement être INTERPRÉTÉE comme voulant dire que la guerre est une jeu à somme positive.»

    1) Vous attribuez (pour une troisième fois ici) des paroles jamais prononcées;
    2) Mais vous convenez enfin qu’il s’agit de VOTRE interprétation.

    Nous évoquons «les retombées économiques [de la guerre] et la relance sans balancer l’équation avec les effets négatifs», dites-vous. Vrai, partiellement. On constate qu’un des effets des certaines guerres, notamment celle de 1939-45, a été de chauffer l’activité économique qui fonctionnait au ralenti. Mais c’est votre interprétation de nous faire dire qu’au final, le monde a été avantagé par ces guerres.

    Le choix n’est pas entre une activité constructive versus une activité destructive (la guerre, la vitre). Le choix est entre une activité (production, investissements, travail) versus l’absence d’activité (dépression, récession, chômage, sous-emploi). Quant au CHOIX du genre de production, d’investissements ou de travail, personne ne privilégie la guerre ni la destruction, je ne comprends pas votre fixation sur ce point.

    @ Gaètan Pelletier

    Vous dites : «Le problème n’est pas la durée de vie, c’est de « booster » l’intervention en la triplant. On aurait pu reporter certaines choses, mais sur un plan strictement froid et économique, c’est une partie style bouée de sauvetage en attendant le bateau…
    C’est un leurre…»

    L’investissement que vous avez soumis a-t-il été triplé réellement ou si c’est une figure de style?

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      24 janvier 2010 à 10 10 21 01211
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      @ Bertrand

      Vous écrivez à Darwin :

      «Leur analyse [la position de Bertrand et Krugman] peut facilement être INTERPRÉTÉE comme voulant dire que la guerre est une jeu à somme positive.»

      1) Vous attribuez (pour une troisième fois ici) des paroles jamais prononcées;
      2) Mais vous convenez enfin qu’il s’agit de VOTRE interprétation.

      Nous évoquons «les retombées économiques [de la guerre] et la relance sans balancer l’équation avec les effets négatifs», dites-vous. Vrai, partiellement. On constate qu’un des effets des certaines guerres, notamment celle de 1939-45, a été de chauffer l’activité économique qui fonctionnait au ralenti. Mais c’est votre interprétation de nous faire dire qu’au final, le monde a été avantagé par ces guerres.

      Voyons un peu l’argument de Krugman que vous défendez:

      Just to be clear: I yield to nobody in my outrage over the way we were lied into a disastrous, unnecessary war. But economics isn’t a morality play, in which evil deeds are always punished and good deeds rewarded.

      The fact is that war is, in general, expansionary for the economy, at least in the short run. World War II, remember, ended the Great Depression. The $10 billion or so we’re spending each month in Iraq mainly goes to US-produced goods and services, which means that the war is actually supporting demand. Yes, there would be infinitely better ways to spend the money. But at a time when a shortfall of demand is the problem, the Iraq war nonetheless acts as a sort of WPA, supporting employment directly and indirectly.

      Dans le premier paragraphe, il exprime son outrage moral contre la façon que les américains on été entrainés dans la guerre en Irak par le mensonge. Il ne se sent pas spécialement outragé qu’il y ait une guerre, juste que celle-ci soit fondée sur le mensonge.

      Dans le paragraphe suivant il exprime en toutes lettres qu’il croit que la guerre est bonne pour l’économie à court terme. « The fact is that war is, in general, expansionary for the economy, at least in the short run. World War II, remember, ended the Great Depression. » Il poursuit même son argument en soulignant que les 10 mia dépensés à chaque mois pour la guerre en Irak sert à acheter des produits américains et servent ainsi à soutenir la demande. Il tempère en disant que c’est certain que l’argent pourrait être mieux dépensé ailleurs, mais qu’à un temps ou le manque de demande est un problème, la guerre agit un peu comme la WPA pour soutenir l’emploi.

      Je ne sais pas à propos de vous, mais n’importe qui avec une once de logique va le résumer ainsi: « C’est bien plate qu’on nous ait menti afin de nous lancer en guerre en Irak, mais d’un autre côté, ça va nous permettre de combattre notre récession en soutenant la demande et l’emploi ».

      Alors dites-moi où dans ce texte Krugman fait mention du fait que ce qui est produit pour soutenir la guerre en Irak, la majeure partie étant des bombes et autre munitions de toute sorte, va tout simplement être détruit dans son utilisation? Et parle-il de la destructions de biens, habitations, etc. qui seront détruits en Irak résultant des actions militaires en Irak (sans parler des pertes de vies humaines, irremplaçables), qui devront être reconstruits ou remplacés? En fait où dans se texte fait-il miroiter qu’il n’y a autre chose qu’une panacée économique pour les américains dans cette guerre, à part de dire que l’argent pourrait être mieux dépensé ailleurs?

      Le choix n’est pas entre une activité constructive versus une activité destructive (la guerre, la vitre). Le choix est entre une activité (production, investissements, travail) versus l’absence d’activité (dépression, récession, chômage, sous-emploi). Quant au CHOIX du genre de production, d’investissements ou de travail, personne ne privilégie la guerre ni la destruction, je ne comprends pas votre fixation sur ce point.

      Le point de la leçon ici n’est pas entre l’action ou l’inaction. Le but de l’exercice était d’expliquer que dans l’évaluation de la solution à un problème, il faut examiner tous les angles du problème et tous les effets de la solution. Le point final est que la destruction, peu importe sous quelle forme ne paie pas. Il n’y a pas ici de proposition à savoir si nous devrions choisir entre activité et inactivité. Je ne vois pas vraiment où vous allez piger ça dans mon billet.

      De mon côté, je viens de démontrer comment vous défendez une position que suggère que la guerre est une solution viable à certains problèmes économiques en n’exposant qu’un seul côté de l’argument. On a suggéré (pas nécessairement vous directement) que je faisais preuve de malhonnêté intellectuelle en exposant cette faille dans votre logique. Mais qu’est-ce qui est malhonnête, de pointer une faille de logique ou de persister à faire un argument basé sur une demi-vérité?

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    24 janvier 2010 à 0 12 48 01481
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    @ Philippe

    C’est drôle, je croyais qu’on discutait d’économie.

    Très intéressant et révélateur comme remarque… Non seulement on ne s’entend pas sur le concept de richesse, mais aussi sur celui de l’économie !

    Leur analyse peut facilement être interprétée comme voulant dire que la guerre est une jeu à somme positive.

    Quand on fait preuve de mauvaise foi, rien n’est impossible, en effet…

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    24 janvier 2010 à 10 10 39 01391
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    Reality check…

    Marc frappe dans le mille avec l’article de Kitco.

     »According to the Federal Reserve’s most recent report on wealth, America’s private net worth was $53.4 trillion as of September, 2009. But at the same time, America’s debt and unfunded liabilities totaled at least $120,000,000,000,000.00 ($120 trillion), or 225% of the citizens’ net worth. Even if the government expropriated every dollar of private wealth in the nation, it would still have a deficit of $66,600,000,000,000.00 ($66.6 trillion), equal to $214,286.00 for every man, woman and child in America and roughly 500% of GDP. »

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    24 janvier 2010 à 11 11 16 01161
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    Quel que soit l’argumentation que je lis ici, les faits sont que l’économie américaine est en faillite, reste à savoir comment ils vont gérer la chute, et les conséquences qui en retomberont sur notre vie quotidienne, vu que de toute façon nous n’avons aucune prise sur leur réalité, que les gens ne sont pas solidaires, qu’il n’y aura jamais des millions de gens qui vont soudainement défiler et remettre en cause la multitude de lois oppressantes qu’ils sont en train de se dépécher de passer…. on s’en va à la vitesse de la lumière vers un truc totalitaire, c’est clair, c’est juste que la majorité des gens « non éduqués » associent fascisme avec une image d’Épinal d’Hitler, sans réaliser que la game a évolué …..

    Un débat intellectuel que je trouverai intéressant à lire ici, je serai curieux de savoir quelles sont vos projections pour le Québec en cas de faillite/dévaluation américaine ?

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    24 janvier 2010 à 11 11 53 01531
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    @ Philippe

    On a suggéré (pas nécessairement vous directement) que je faisais preuve de malhonnêté intellectuelle en exposant cette faille dans votre logique.

    Je suis le «on» de cette phrase, et je persiste à affirmer que vous dénaturez les paroles de vos adversaires pour démolir leurs arguments, comme l’exemple qui suit le démontre encore.

    En fait où dans se texte fait-il miroiter qu’il n’y a autre chose qu’une panacée économique pour les américains dans cette guerre, à part de dire que l’argent pourrait être mieux dépensé ailleurs?

    Où dans ce texte, Krugman dit-il que la guerre est le remède à tous les maux (panacée ?) ? On se répète, mais il ne fait qu’observer les effets indirects sur la création d’emplois et la croissance du PIB.

    Il ne dit pas que « l’argent pourrait être mieux dépensé ailleurs», mais que « l’argent pourrait être INFINIMENT mieux dépensé ailleurs». Avez-vous l’idée de ce qu’est l’infini ? Le corollaire de cette phrase est que de dépenser pour la guerre est INFINIMENT moins justifié que de dépenser ailleurs. Quand on divise par l’infini, on obtient zéro. Bref, la guerre est une façon nulle de dépenser, pour obtenir une croissance. Et vous arrivez à la conclusion que Krugman considère que quelque chose qu’il trouve nul en matière de dépense est pour lui le remède à tous les maux…

    Je vous accorde qu’il aurait pu dire que la guerre n’est pas seulement une façon nulle de dépenser, mais une façon négative de le faire, car la guerre n’apporte que des effets directs négatifs, en détruisant la richesse et surtout des vies. Mais il n’en demeure pas moins que vous dénaturez encore une fois ses paroles et lui prêtez des intentions qui ne sont absolument pas les siennes.

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      24 janvier 2010 à 13 01 50 01501
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      @ Darwin

      Il ne dit pas que « l’argent pourrait être mieux dépensé ailleurs», mais que « l’argent pourrait être INFINIMENT mieux dépensé ailleurs». Avez-vous l’idée de ce qu’est l’infini ? Le corollaire de cette phrase est que de dépenser pour la guerre est INFINIMENT moins justifié que de dépenser ailleurs. Quand on divise par l’infini, on obtient zéro. Bref, la guerre est une façon nulle de dépenser, pour obtenir une croissance. Et vous arrivez à la conclusion que Krugman considère que quelque chose qu’il trouve nul en matière de dépense est pour lui le remède à tous les maux…

      Je vous accorde qu’il aurait pu dire que la guerre n’est pas seulement une façon nulle de dépenser, mais une façon négative de le faire, car la guerre n’apporte que des effets directs négatifs, en détruisant la richesse et surtout des vies. Mais il n’en demeure pas moins que vous dénaturez encore une fois ses paroles et lui prêtez des intentions qui ne sont absolument pas les siennes.

      Si je prête des intentions à Krugman et qu’il croit réellement l’opposé, c’est à dire que la guerre est une somme nulle ou négative, pourquoi même faire l’observation que la guerre est expansionniste pour l’économie puisqu’il sait que c’est faux? Pourquoi même aller dire que c’est utile pour soutenir la demande et l’emploi s’il croit vraiment qu’il y a un autre côté qui annule tous ces soi-disant bienfaits? Il n’y a pas là une incohérence? Pour moi, simplement dire que l’argent pourrait infiniment être mieux dépensé ailleurs, n’équivaut pas à la même chose. Surtout quand il promeut auparavant que « war is generally expansionnary for the economy ». Si on croit véritablement que la guerre ne sert strictement à rien, on ne tient même pas de tels propos.

      Alors, est-ce de la malhonnêteté ou de l’inconscience?

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    24 janvier 2010 à 14 02 18 01181
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    @Philippe :
    je serai curieux de savoir quelles sont vos projections pour le Québec en cas de faillite/dévaluation américaine ?

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    24 janvier 2010 à 17 05 00 01001
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    @ Philippe David

    Vous écrivez : «Surtout quand il promeut auparavant que « war is generally expansionnary for the economy ». Si on croit véritablement que la guerre ne sert strictement à rien, on ne tient même pas de tels propos. Alors, est-ce de la malhonnêteté ou de l’inconscience?»

    Ce n’est ni de la malhonnêteté ni de la mauvaise conscience de Krugman. C’est simplement une lecture partiale que vous faites, en coupant la citation juste avant «at least in the short run».

    Vous écrivez : «Il n’y a pas ici de proposition à savoir si nous devrions choisir entre activité et inactivité. Je ne vois pas vraiment où vous allez piger ça dans mon billet.»

    Pas dans votre billet mais dans vos commentaires :
    – Krugman (amené par vous) parle d’interventionnisme «à un temps ou le manque de demande est un problème, la guerre agit un peu comme la WPA pour soutenir l’emploi». – Vous avez amené le programme «Cash for clunkers»

    Vous écrivez : «De mon côté, je viens de démontrer comment vous défendez une position que suggère que la guerre est une solution viable à certains problèmes économiques en n’exposant qu’un seul côté de l’argument.»

    Pour la nième fois, vous attribuez des paroles jamais tenues. Cette fixation d’associer Guerre et Interventionnisme semble vous conforter. Pour vous rassurer, je me cite moi-même :
    – Les économistes sérieux n’ont jamais considéré comme un héros, ce voyou casseur de vitre ni n’ont jamais prôné la destruction comme moteur économique. Ils ont cependant bien documenté que «les désastres et la destruction sont bons pour l’économie à cause de l’activité économique qu’ils génèrent pour la reconstruction», pas bons en soi mais bons parce qu’ils forcent habituellement une amélioration notable de l’emploi, première source de la richesse. Une société qui serait déjà en situation de plein emploi, quant à elle, n’y verrait presque rien que des désavantages, comme le pâtissier de Bastiat.
    – Vous prêtez aux «keynésiens» une intention crétine (prioriser des travaux NON nécessaires à d’autres dépenses plus productives, juste pour créer de l’emploi) et vous les traiter ensuite de crétins…
    – On constate qu’un des effets des certaines guerres, notamment celle de 1939-45, a été de chauffer l’activité économique qui fonctionnait au ralenti. Mais c’est votre interprétation de nous faire dire qu’au final, le monde a été avantagé par ces guerres.
    – Quant au CHOIX du genre de production, d’investissements ou de travail, personne ne privilégie la guerre ni la destruction, je ne comprends pas votre fixation sur ce point.

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      24 janvier 2010 à 20 08 57 01571
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      @ Bertrand

      Vous écrivez : «Surtout quand il promeut auparavant que « war is generally expansionnary for the economy ». Si on croit véritablement que la guerre ne sert strictement à rien, on ne tient même pas de tels propos. Alors, est-ce de la malhonnêteté ou de l’inconscience?»

      Ce n’est ni de la malhonnêteté ni de la mauvaise conscience de Krugman. C’est simplement une lecture partiale que vous faites, en coupant la citation juste avant «at least in the short run».

      Comme si court-terme ou long-terme faisait une différence. La guerre n’est d’aucun bénéfice à l’économie.

      Vous écrivez : «Il n’y a pas ici de proposition à savoir si nous devrions choisir entre activité et inactivité. Je ne vois pas vraiment où vous allez piger ça dans mon billet.»

      Pas dans votre billet mais dans vos commentaires :
      – Krugman (amené par vous) parle d’interventionnisme «à un temps ou le manque de demande est un problème, la guerre agit un peu comme la WPA pour soutenir l’emploi». – Vous avez amené le programme «Cash for clunkers»

      Effectivement, le programme Cash for clunkers est un autre exemple d’un programme bêta qui consiste a donner $4000 des poches des contribuables à des gens pour les inciter à « scrapper » leurs minounes qui n’ont pas atteint la fin de leur vie utile (car elles doivent être rendues inutilisables), pour qu’ensuite ils s’endettent en achetant une voiture neuve à un temps où il serait plus sage qu’ils remboursent leurs dettes et économisent. On s’entend aussi pour dire que les gens visés pour la plupart sont pauvres et n’ont pas vraiment les moyens de se payer une auto neuve. C’est un autre exemple de la vitre cassée, sauf que là on propose de payer Jacques Bonhomme pour casser sa propre vitrine pour donner du travail au vitrier. Tant qu’à implémenter un programme aussi nigaud, il aurait mieux valu ne rien faire.

      – Les économistes sérieux n’ont jamais considéré comme un héros, ce voyou casseur de vitre ni n’ont jamais prôné la destruction comme moteur économique. Ils ont cependant bien documenté que «les désastres et la destruction sont bons pour l’économie à cause de l’activité économique qu’ils génèrent pour la reconstruction», pas bons en soi mais bons parce qu’ils forcent habituellement une amélioration notable de l’emploi, première source de la richesse. Une société qui serait déjà en situation de plein emploi, quant à elle, n’y verrait presque rien que des désavantages, comme le pâtissier de Bastiat. (Caractères gras ajoutés)

      Vous êtes drôle. Vous me dites en même temps que la guerre n’est pas un moteur économique, mais qu’elle est bonne pour l’économie. Vous parlez tellement des deux côtés de la bouche en même temps que pour prendre un verre, vous devez avoir besoin d’une bavette. Bastiat dit que toute richesse qui peut être créé par la réparation de la destruction a déjà été absorbée par la destruction. En plus je faisait aussi le point que le vitrier lui aussi trouverait autre chose de plus productif à faire s’il n’avait pas eu la vitrine de M. Bonhomme à réparer. C’est donc de dire que vous ne comprenez absolument rien de la parabole de Bastiat puisque vous persistez à « documenter » (commes vous dites) que la guerre est bonne pour l’économie. Cette affirmation est tout simplement fausse.

      – Vous prêtez aux «keynésiens» une intention crétine (prioriser des travaux NON nécessaires à d’autres dépenses plus productives, juste pour créer de l’emploi) et vous les traiter ensuite de crétins…

      Je ne prête pas d’intentions à personne, j’ai « documenté » le fait que les doctrines de Lord Keynes ont déjà donné lieu à des programmes économique crétins (et « crétin » est votre choix de mots, pas le mien) tel que des ponts et des routes vers nulle part, ou de payer quelqu’un pour cataloguer des recettes d’épinards. Et je n’ai aucun doute qu’il y aura récidive dans le futur.

      – On constate qu’un des effets des certaines guerres, notamment celle de 1939-45, a été de chauffer l’activité économique qui fonctionnait au ralenti. Mais c’est votre interprétation de nous faire dire qu’au final, le monde a été avantagé par ces guerres.

      Il ne vous est certainement pas venu à l’esprit que la dépression aurait pu se terminer sans la guerre. Ni que sans le New Deal de Roosevelt, la dépression se serait terminée 7 ans plus tôt. Alors vous persistez dans le sophisme.

      – Quant au CHOIX du genre de production, d’investissements ou de travail, personne ne privilégie la guerre ni la destruction, je ne comprends pas votre fixation sur ce point.

      Primo, mon argument ne portait pas sur le choix du type de production, il portait sur le fait que la destruction, sur la balance, ne produit aucune richesse et que certaines personnes colportent le sophisme qu’elle (la destruction) est profitable. Je n’ai pas dit que quiconque privilégiait la guerre comme moteur économique, simplement que certains croient qu’elle est profitable. La leçon de Hazlitt dit:

      « L’art de l’économie consiste non seulement à regarder les effets immédiats, mais les effets à plus long terme d’une politique; ça consiste à retracer les conséquences de cette politique non-seulement pour un groupe, mais sur tous les groupes. »

      Pour affirmer, pardon, « documenter » que la guerre ou la destruction est profitable, même à court-terme, nécessite de ne considérer que les effets à court-terme et que les effets sur des groupes en particulier. C’est pourtant un concept très clair. Par votre argumentation, vous avez prouvé mon point.

      @ Marc

      Votre première question est un peu hors sujet, mais la réponse courte est que les temps seront durs pour toutes les entreprises qui exportent aux É-U. De plus, une crise monétaire au sud de la frontière pourrait sévèrement nous affecter par une poussée d’inflation si la Banque du Canada tente de maintenir l’écart entre la valeur du dollar US et du dollar CDN pour protéger les exportateurs. Si le É-U basculent dans une spirale inflationniste parce qu’ils n’ont pas d’autre choix que de monétiser leur dette pour ne pas être pris en défaut de paiement, ils pourraient nous entrainer avec eux.

      Effectivement, le débat s’étire.

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    24 janvier 2010 à 17 05 21 01211
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    ( Baillements ) … si tous les économistes font comme vous quand ils jasent, m’étonnes pas qu’on va nulle part avec tous ces débats sur la place de la virgule dans le discours …

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    25 janvier 2010 à 8 08 48 01481
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    Désolé pour le hors sujet … mais je suis le public cible que vous éduquez avec cette chronique hahahaha …… Mon point de vue est que rien ne vaut un exemple concret plutôt que parcourir vos échanges un peu creux sur qui a dit quoi dans ses théories…..
    Ils monétisent déjà leur dette non si la Fed rachéte 80% ?? donc… C’est quoi la politique du gros Harper par rapport à la différence vu qu’on est presque à parité ? le $ cdn deviendrait plus fort ou moins fort ? conséquences au niveau québécois à part les exportations ?
    J’aimerai bien une vulgarisation sur ce théme là, vu que je ne truste pas les économistes médiatisés et leurs projections bidons …pour une fois que j’ai quelqu’un qui pourrait me donner une projection valable sur ce qui risque d’arriver dans les prochains mois je serai interessé …

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    25 janvier 2010 à 15 03 33 01331
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    Merci , vais aller lire ça, bien gentil de répondre !

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    26 janvier 2010 à 8 08 27 01271
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    « La guerre ne profite en réalité qu’à une poignée de gens, elle n’est d’aucun bénéfice pour l’économie en général. »

    Wep et curieux hasard c’est la meme poignee de gens qui dirige le pays.

    Nimporte quoi…tu veut tellement qu’on embarque dans ta vision que tu deforme les choses pour que ca marche avec ton ideologie

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      26 janvier 2010 à 9 09 35 01351
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      @ Stephane.G

      Wep et curieux hasard c’est la meme poignee de gens qui dirige le pays.

      Nimporte quoi…tu veut tellement qu’on embarque dans ta vision que tu deforme les choses pour que ca marche avec ton ideologie

      Stéphane, tu va souvent sur mon blogue. Quand est-ce que tu me vois soutenir cette même poignée de gens? Je suis bien des choses, mais je ne suis pas un fan du corporatisme et du complexe militaro-industriel. Tu devrais savoir ça depuis le temps.

      Quant à mon exposé de la vitre cassée, il montre plutôt les choses telles qu’elles sont. Ce sont ceux qui veulent faire croire que la guerre aide l’économie qui déforment les choses.

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    29 janvier 2010 à 17 05 59 01591
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    Très heureux de voir que vous êtes contre la guerre!

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    30 janvier 2010 à 9 09 27 01271
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    @ Philippe David:

    Bravo pour cette excellente initiative.

    Et bravo à Darwin et aux autres qui discutent… de façon vraiment étonnante. Je suis réellement agréablement surpris. J’ai même eu -pour la première fois- l’idée de vous inviter à discuter autour d’une bière ! 😉

    Pas contre, j’aimerais dire à Philippe, que je crois percevoir 3 petites faiblesses chez lui;

    1) Vous n’avez pas besoin d’être ‘confrontationnel’, lorsque des gens démontrent une telle ouverture -ma foi- aussi incroyable. A travers mes échanges virtuels, j’ai appris que ces occasions sont assez rares (mais elles sont en augmentation), et qu’il faut donc se mettre en « mode » respect/ouverture aux idées des autres, si nous voulons qu’ils voient ce que nous croyons ‘voir’. Personne ‘voit’ tout et la gauche ‘voit’ une partie de la réalité, tout comme la droite, les libertariens et les « athées/agnostiques » (par rapport aux philosophies politiques).

    2) Dans toutes vos analyses/SOLUTIONS, vous oubliez trop souvent -et ça, je trouve ça impardonnable pour quelqu’un qui se dit libertarien- l’impact -négatif- incroyable de la fausse monnaie étatique. Tout PART DE LÀ et toute solution doit passer par LÀ. Imaginez un monde sans cette monnaie… bon, imaginez alors comment cela serait facile d’expliquer les bienfaits du libertariannisme. Un exemple (tant dénoncé par la gauche et avec raison selon moi)? Les inégalités de revenus entre ceux du salarié moyen et ceux des patrons les mieux payés… qui ne cessent d’augmenter.

    http://www.policyalternatives.ca/publications/reports/soft-landing

    Elle (cette inégalité) était d’environ 1 pour 4 à la fin du 19e siècle, et elle est rendue à environ 174 fois plus grande. D’où provient cette croissance incroyable, si ce n’est de l’existence de la fausse monnaie et des autres interventions « corporatistes » de l’état? Les « keynésiens » ne parlent jamais des ‘effets cachés » de la présence de ces éléments… mais dénoncent uniquement leurs symptômes. Mais vous, êtes vous mieux, si vous ne reconnaissez pas cette réalité (par rapport à cette inégalité, pour ne nommer que cet exemple)

    3) La ‘gauche’ a raison de considérer l’éducation, l’air, etc, comme une ‘richesse’… A savoir si cette ‘richesse’ est mieux ‘gérée’/préservée/encouragée/etc, de façon collective ou individuelle, c’est une toute autre histoire. Vous devriez -au moins- reconnaitre à ceux qui se disent de gauche, qu’ils ont souvent le coeur à la bonne place (comme presque tout l’monde, y compris les libertariens/conservateurs d’ailleurs), mais que seules les analyses (par rapport à la nature humaine, à l’économie, etc) et donc les différentes solutions qui en découle… diffèrent les unes et des autres .

    Ce ne sont que mes idées toutes personnelles, et je reconnais d’avance que je peux exagérer ou même me tromper carrément. J’invite tout l’monde à me montrer mes erreurs, si erreurs il y a…
    😉

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    30 janvier 2010 à 9 09 45 01451
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    p.s.
    Autre chose:
    Un libertarien qui isole l’économie des autres facteurs qui affectent négativement les nobles principes que défendent les libertariens justement, c’est un peu comme un autiste qui connait la distance exacte entre la lune et la terre, le temps exact pour s’y rendre (si nous y allons à X vitesse), mais qui est incapable de ‘voir’ les ‘toutes simples’ réalités autour de lui. Comme par exemple, le fait qu’il soit présentement au beau milieu de la rue et qu’un autobus s’en vient vers lui et risque de l’écraser ou alors qu’un personne a côté de lui est en train de s’étouffer dans ses cornflakes.
    😉

    Ok, c’est une analogie plutôt boiteuse, mais elle illustre assez bien les carence que je perçois chez certains libertariens. Et je ne pense pas que vous (*Philippe) soyez un autiste… au contraire… vous êtes très humain (je le sens), mais votre côté très rationnel, vous fait parfois oublier certains « détails’ très importants…

    J’écris uniquement tout ça dans un seul but: pour que votre pédagogie et votre cheminement personnel, soient encore plus efficaces…

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    30 janvier 2010 à 10 10 11 01111
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    @ Philippe David (encore):

    Dans un monde où tous les principes libertariens -non-minarchistes(*)- seraient radicalement appliqués:

    Est-ce que les Helliburton/Walmart/Blackwater/etc de ce monde pourraient exister ? Est-ce que les terres ‘de la couronne’ (‘donnée’ trop souvent à des multinationales qui s’en foutent trop souvent) pourraient exister? Est-ce que la pollution -à grandes échelle- pourrait exister? Est-ce que les guerres offensives, pourraient exister? Est-ce les fmi, banque mondiale, omc, onu, etc, de ce monde, pourraient exsiter? Est-ce que le phénomène de la suppression des nouvelles technologies propres et innovatrices, pourrait exister? Etc.

    Voilà, même si ce monde n’existe pas encore, mais que vous répondez quand même à ces questions, vous allez aussi pouvoir démontrer toute la ‘force’ de nos principes et toutes les ‘erreurs’ des arguments des étatiques (de gauche OU de droite)

    (*)
    Donc une constitution vraiment libertarienne où l’armée ‘offensive’/police répressive/justice oppressante, étatiques n’existent pas… où un état ‘central fort’ n’existe pas non-plus…

    Plus précisément, une milice du ‘peuple’ non offensive et non obligatoire mais encouragée; police et justice du ‘peuple’, gérées au niveau le plus local possible et ce, par référendums (pour décider si nous défendons ou non le territoire, dans le cas de la milice), police très locale (très peu répressive, car la responsabilisation individuelle ‘libertarienne’ donne tous ces ‘fruits’ et la justice -rendue aussi très peu oppressante pour les mêmes raisos- par jury ‘du peuple’ seulement.

    Qu’en pensez-vous ?

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      30 janvier 2010 à 14 02 23 01231
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      @ Sebas

      1) Vous n’avez pas besoin d’être ‘confrontationnel’, lorsque des gens démontrent une telle ouverture -ma foi- aussi incroyable. A travers mes échanges virtuels, j’ai appris que ces occasions sont assez rares (mais elles sont en augmentation), et qu’il faut donc se mettre en « mode » respect/ouverture aux idées des autres, si nous voulons qu’ils voient ce que nous croyons ‘voir’. Personne ‘voit’ tout et la gauche ‘voit’ une partie de la réalité, tout comme la droite, les libertariens et les « athées/agnostiques » (par rapport aux philosophies politiques).

      Disons, que lorsque dès le départ on m’adresse dans le style « Première erreur », « Deuxième erreur », ça donne un certain ton à la discussion. De plus, je suis un de ceux qui croient que la leçon de Hazlitt est extrêmement importante: qu’un économiste digne de ce nom se doit d’examiner les répercussions à long terme comme à court terme, sur tous les groupes et non un groupe en particulier d’une politique ou un évènement économique. Vous conviendrez que le sophisme de la vitre cassée tient du fait de ne regarser que l’impact à court terme et seulement sur un groupe. D’où le fait de ne documenter les bienfaits seulement pour le vitrier est une démonstration du sophisme, même si on est désolé pour M. Bonhomme. Je tenais à bien faire comprendre ce point aux néophytes qui pourraient me lire. Mais je suis brutalement honnête et je ne mâche pas mes mots. Je reconnais cette faille de mon caractère.

      Dans toutes vos analyses/SOLUTIONS, vous oubliez trop souvent -et ça, je trouve ça impardonnable pour quelqu’un qui se dit libertarien- l’impact -négatif- incroyable de la fausse monnaie étatique. Tout PART DE LÀ et toute solution doit passer par LÀ.

      J’ai écrit, et vous n’avez qu’à rechercher dans mon blogue pour en trouver des exemples, plusieurs fois au sujet de la perversité de notre système bancaire et monétaire. Vous savez donc que j’en suis conscient. Mais ce cours que j’essaie de donner s’adresse plus aux néophytes qu’aux initiés. Je ne désire pas brûler trop d’étapes dans ma dénonciation du système actuel. Il faut donc que le lecteur puisse apprendre à ramper avant de marcher ou courir. D’ici la fin de ce cours, nous aurons discuté et déboulonné la monnaie et les banques, n’ayez crainte.

      La ‘gauche’ a raison de considérer l’éducation, l’air, etc, comme une ‘richesse’… A savoir si cette ‘richesse’ est mieux ‘gérée’/préservée/encouragée/etc, de façon collective ou individuelle, c’est une toute autre histoire. Vous devriez -au moins- reconnaitre à ceux qui se disent de gauche, qu’ils ont souvent le coeur à la bonne place (comme presque tout l’monde, y compris les libertariens/conservateurs d’ailleurs), mais que seules les analyses (par rapport à la nature humaine, à l’économie, etc) et donc les différentes solutions qui en découle… diffèrent les unes et des autre

      La gauche a le cœur à la bonne place, c’est vrai. Malheureusement, c’est au niveau de la raison qu’ils ont besoin d’un peu d’aide. L’éducation et l’air peuvent être considérés comme une richesse, mais pas le genre qui se crée dans la production. Parler de ce genre de richesse dans cette discussion me semblait l’éloigner du vrai sujet du débat.

      Un libertarien qui isole l’économie des autres facteurs qui affectent négativement les nobles principes que défendent les libertariens justement, c’est un peu comme un autiste qui connait la distance exacte entre la lune et la terre, le temps exact pour s’y rendre (si nous y allons à X vitesse), mais qui est incapable de ‘voir’ les ‘toutes simples’ réalités autour de lui. Comme par exemple, le fait qu’il soit présentement au beau milieu de la rue et qu’un autobus s’en vient vers lui et risque de l’écraser ou alors qu’un personne a côté de lui est en train de s’étouffer dans ses cornflakes.
      😉

      C’est vrai que l’économie n’est pas tout. Cependant mon but ici est d’éduquer les gens sur un sujet qui est généralement considéré comme ennuyeux alors que l’économie a un impact véritable sur leur vie de tous les jours et que ce qui est rapporté dans les médias sur le sujet est généralement des balivernes. Mon but est de rehausser la conscience collective de ces principes. Si les gens avaient une meilleure connaissance du sujet, il comprendraient vite que ce que nous prêchons est en réalité du gros bon sens. Vous savez comme moi que beaucoup de gens ignorent justement que la plupart des choses que nous faisons au nom de la justice sociale sont en réalité néfastes, il ne faut pas seulement leur dire que ça l’est, mais être capable d’expliquer aussi pourquoi ça l’est. Ceci étant dit, j’essaierai de tenir compte un peu plus du facteur humain dans mes prochaines leçons.

      Dans un monde où tous les principes libertariens -non-minarchistes(*)- seraient radicalement appliqués:

      Est-ce que les Helliburton/Walmart/Blackwater/etc de ce monde pourraient exister ? Est-ce que les terres ‘de la couronne’ (‘donnée’ trop souvent à des multinationales qui s’en foutent trop souvent) pourraient exister? Est-ce que la pollution -à grandes échelle- pourrait exister? Est-ce que les guerres offensives, pourraient exister? Est-ce les fmi, banque mondiale, omc, onu, etc, de ce monde, pourraient exsiter? Est-ce que le phénomène de la suppression des nouvelles technologies propres et innovatrices, pourrait exister? Etc.

      Voilà, même si ce monde n’existe pas encore, mais que vous répondez quand même à ces questions, vous allez aussi pouvoir démontrer toute la ‘force’ de nos principes et toutes les ‘erreurs’ des arguments des étatiques (de gauche OU de droite)

      Effectivement, ce genre de chose ne pourraient exister dans un monde libertarien. J’ai déjà commencé à parler philosophie dans ce forum aussi, mais je voulais ici me concentrer ici à livrer une simple leçon d’économie. C’est pourquoi j’ai voulu me concentrer sur cet aspect en particulier. Les prochaines leçons dévoileront d’autres sophismes qui sont la fondation du corporatisme, jusqu’à ce que le masque tombe. Je ne peux malheureusement pas livrer toute la matière à une nouvelle audience en seulement 3 ou 4 billets.

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    30 janvier 2010 à 10 10 35 01351
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    Sébas…

    Tu mets le doigt direct sur le bobo. La base du problème est le système monétaire fictif, qui est en fait un système de création perpétuel de dettes.

    Pensez à un jeu truqué. Impossible de gagner.

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    30 janvier 2010 à 12 12 24 01241
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    Notre bon ami JP Morgan…

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    30 janvier 2010 à 12 12 50 01501
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    Ouais, passez GO et récoltez 200$
    😉

    Qui veut connaître le truc pour gagner à ce « jeu » (qui est aussi NOTRE triste réalité économique) ?

    Autre chose, ce jeu a maintenant une version « argent électronique »… oui, oui, pas d’farces, est-ce un ‘prélude’ à ce qui s’en vient ?
    http://www.ciao.fr/Parker_Monopoly_avec_carte_bancaire_et_banque_electronique__866634

    ***

    Selon moi, RIEN au monde est pire que la fausse monnaie étatique « à la J.P. Morgan »… à part la fausse monnaie ÉLECTRONIQUE à la J.P. Morgan.

    Fait:
    Tous ceux qui veulent que la fausse monnaie devienne uniquement électronique, travaillent consciemment ou non, pour « Babylone »…

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    30 janvier 2010 à 22 10 36 01361
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    @ Philippe David

    Merci pour ces réponses complètes. J’avoue que malgré toutes mes petites critiques, je vous trouve pas mal bon de toute façon. 😉

    Et j’ai bien hâte de lire la suite.

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    30 janvier 2010 à 22 10 38 01381
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    Oh et pour ça:
    « Vous savez comme moi que beaucoup de gens ignorent justement que la plupart des choses que nous faisons au nom de la justice sociale sont en réalité néfastes, il ne faut pas seulement leur dire que ça l’est, mais être capable d’expliquer aussi pourquoi ça l’est »
    Je ne peux être plus en accord avec vous. L’enfer est effectivement pavé de très bonnes intentions.

    a+

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