L’économie en une leçon (2e partie)

Philippe David – Dossier Spécial: L’Économie en une leçon

Bienvenue à mon deuxième cours basé sur le livre « Economics in One Lesson » de Henry Hazlitt. Dans le premier cours, nous avons énoncé la leçon d’économie de Hazlitt, à savoir:

« The art of economics consists in looking not merely at the immediate but at the longer effects of any act or policy; it consists in tracing the consequences of that policy not merely for one group but for all groups. »

« L’art de l’économie consiste non seulement à regarder les effets immédiats, mais les effets à plus long terme d’une politique; ça consiste à retracer les conséquences de cette politique non-seulement pour un groupe, mais sur tous les groupes. »

Et nous l’avons appliquée pour déboulonner le mythe populaire que la destruction a un effet positif sur l’économie avec la fable de la « vitre cassée » de Frédéric Bastiat. Dans ce second chapitre, nous l’appliquerons aux soi-disant bienfaits des travaux publics.

Travaux publics = taxes.

S’il y a une équation que je veux que vous reteniez à la fin c’est ceci: Les travaux publics sont ultimement toujours financés par nos taxes. Il n’existe pas de mythe plus persistant que celui qui dit que les dépenses gouvernementales sont une panacée pour l’économie (Bastiat en avait même fait un petit essai – plus ça change plus c’est pareil). Est-ce que l’industrie privée est stagnante? Pas de problème! Il n’y a qu’a la subventionner. Il y a trop de chômage? Pas de problème! On va inventer des projets pour remettre le monde au travail. Les personnes qui voudront vous faire croire ça, les politiciens et les économistes à leur solde, essaieront de vous faire croire que le gouvernement peut dépenser, dépenser, dépenser à l’infini sans nous taxer plus. Sans vouloir les offenser, tout ça n’est que des contes de fées. La réalité est que tous les états qui, dans l’histoire, ont essayé de le faire ont sombré dans l’insolvabilité et l’hyper-inflation. Suffise de dire pour les besoins de cette leçon que chaque dollar de dépense publique doit éventuellement être recueilli par les taxes, que de porter cette échéance à plus tard par l’emprunt ne fait qu’exacerber le problème et que l’inflation causée par l’impression d’argent pour financer les déficits, elle-même n’est qu’une forme insidieuse de taxation.

Maintenant, il arrive fréquemment que ces travaux soient justifiés et nécessaires. Si ces travaux sont exécutés dans le but d’alléger la circulation, de remplacer des infrastructures vétustes, etc., je n’ai rien à redire. Mais si ces travaux sont faits dans le but spécifique de créer de l’emploi ou de « relancer l’économie » ou de créer de la richesse qui n’aurait pas existé autrement, je m’objecte. Lorsque l’objectif principal devient la création d’emploi, ces travaux prennent une toute autre dimension. À ce point, les dépenseurs de l’état ne pensent plus à ou une infrastructure doit être construite et pensent plutôt à où une infrastructure pourrait être construite. Qu’on aie vraiment besoin de cette infrastructure n’est plus un critère et on va même jusqu’à inventer des projets. Et plus ces projets sont inefficaces en termes d’utilisation de main d’œuvre, plus ils sont appropriés si le but est de créer des emplois. Après ça, doit-on être surpris que les travaux publics ne respectent jamais les budgets?

Supposons qu’on construit un pont et qu’il coûte 100 million$ à construire. On voit très bien les ouvriers à l’œuvre pour le construire et à la fin, nous voyons très bien le pont construit. Alors les avocats de ces travaux pointeront ces choses et diront « Voyez les emplois et la richesse que nous avons créé! » Mais si vous vous êtes entrainés à regarder au-delà des apparences, un tableau très différent se dessine. Pour chaque dollar dépensé sur ce pont, un dollar a été prélevé des poches du contribuable. Ultimement, chaque dollar dépensé provient de nos poches et nous empêche de le dépenser à des fins qui concordent avec nos préférences personnelles. Au final, chacun de ses dollars aurait autrement été dépensé ou investi dans l’économie vers d’autres projets qui auraient répondu à la demande des consommateurs. Ils auraient étés dépensés en denrées alimentaires, en vêtements, en appareils ménagers, en automobiles, ce qui aurait en retour entrainé la création d’autres biens pour les remplacer et ainsi de suite. Ça prend un peu d’imagination pour voir tout ce qui aurait pu être créé à la place de ce pont, n’est-ce pas? Ça prend également beaucoup d’imagination pour voir les emplois qui auraient autrement été créés pour fabriquer tous ces biens. Alors si vous usez du gros bon sens dont je sais que vous êtes capables, vous imaginerez peut-être que la construction de ce pont n’ajoute en réalité rien à la richesse, mais que c’est plutôt seulement une ré-allocation de richesse. Simplement un transfert de 100 million$ d’un secteur à un autre. Et vous aurez parfaitement raison. La construction de ce pont aura créé plus d’emplois dans l’industrie de la construction qu’il y en aurait eu autrement, mais seulement au prix de la destruction d’emplois dans d’autres secteurs. Il y aura plus d’emplois dans la construction, mais moins dans l’industrie manufacturière, en informatique, etc. Non seulement est-ce que nous déshabillons Paul pour habiller Pierre, mais dans ce petit jeux les politiciens et leur clique vous montreront fièrement Pierre ainsi habillé et s’empresseront de vous faire oublier Paul.

Les taxes découragent la production

Il y a une autre raison pour laquelle il est improbable que les dépenses gouvernementales créent suffisamment de richesse pour compenser la richesse détruite par les taxes. Ce n’est pas tout à fait aussi simple que de prendre l’argent d’une poche et de la mettre dans une autre. La réalité est que nous ne sommes pas tous taxés au même taux et que le plus grande part des taxes collectées ne proviennent que d’un très faible pourcentage de la population. Ces impôt affectent les actions de ceux qui les paient. Lorsqu’une entreprise perd 100 cents pour chaque dollar qu’elle perd, mais qu’elle ne peut conserver que 60 cents de chaque dollar qu’elle gagne et qu’elle ne peut pas compenser les années de pertes avec les années de gains, ses politiques seront affectées. Elle ne fera pas d’expansion, ou ne le fera que si le risque est limité. Les entrepreneurs qui reconnaissent cette situation peuvent décider de ne pas lancer d’entreprise. Donc les employeurs existants ne créent pas autant d’emplois qu’ils le feraient autrement et d’autres décideront de ne pas devenir employeurs. Les usines prennent plus de temps avant de se ré-équiper avec de la nouvelle machinerie, etc.

L’effet est le même pour les particuliers. Si un particulier doit travailler 6, 7 ou 8 mois par année pour le gouvernement et seulement 4,5,6 mois pour sa famille, Il pourrait être découragé de produire plus, sachant que la plus grande part de ce supplément s’évaporera en impôts. Ils décideront aussi que ça ne vaut pas la peine de prendre de risques dans leurs investissements, ce qui limitera le capital disponible pour financer des entreprises.

Un certain montant d’impôt doit nécessairement être perçu pour assurer le fonctionnement de l’état, mais quand l’impôt devient excessif, il décourage l’investissement et la production de façon à causer le problème de chômage qu’on tente de résoudre.

Conclusion.

Si on regarde au-delà de ce qui est immédiatement apparent et qu’on examine les conséquences secondaires, on se rend vite compte que les dépenses gouvernementales ne sont pas aussi créatrices d’emploi et de richesse que certains voudraient nous faire croire. Il est certain que certaines de ces dépenses sont nécessaires, mais lorsque ces dépenses doivent servir à la création d’emploi ou à la relance de l’économie, ne vous laissez bas berner. D’ailleurs, c’est un secret de polichinelle que les gouvernement ont une culture de dilapidation qui fait que tout ce qu’ils font nous coûte plus cher.

46 pensées sur “L’économie en une leçon (2e partie)

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    4 février 2010 à 8 08 42 02422
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    Je suis parfaitement d’accord avec vous dans le sens ou la classe moyenne est étouffé par les taxes et impôts. C’est absurde de travailler 6 mois par années pour le gouvernement. Nous payons autant car les multinationales ne paye pas leur juste part.

    Les corporations ont pris le contrôle de l’état. Leurs profits ne sont pas utiliser pour les services octroyés à la population. Par contre, les profits de Loto-québec, Hydro, la SAQ etc… vont garnir les coffres de l’état et servir pour les services sociaux.

    Dans un monde idéal, le gouvernement devrait être notre chien de garde, celui qui veille à nos intérêts sans avoir de compte à rendre à ceux qui pillent nos ressources pour en porter le fruit dans des paradis fiscaux

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    4 février 2010 à 8 08 19 02192
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    @Philippe

    Très élémentaire et clairement expliqué!

    Maintenant, la réponse du keynesien typique sera le sophisme suivant:

    Si l’argent est dans tes poches et que achètes un gadget fabriqué en Chine, l’argent sort du pays et créée moins d’emplois localement que si l’argent est investi dans une infrastructure locale.

    De plus, une partie du salaire des employés locaux et des profits de l’entrepreneur local reviendront à l’État sous forme d’impôt alors que l’argent parti en Chine est perdu à jamais…

    Finalement, les disciples de Keynes vous parleront du divin « multiplicateur » qui fait en sorte que les dépenses gouvernementales sont décuplées. C’est logique: l’argent dépensé par l’État devient le salaire de l’ouvrier, qui lui dépense l’argent chez le commerçant, qui lui dépense l’argent ailleurs, etc. Et comme l’État prend de l’impôt à chacun d’eux, la dépense fini par se rembourser d’elle-même; c’est presque magique!!

    Bonne réfutation!!

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    4 février 2010 à 9 09 36 02362
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    « Dans un monde idéal, le gouvernement devrait être notre chien de garde, celui qui veille à nos intérêts sans avoir de compte à rendre à ceux qui pillent nos ressources pour en porter le fruit dans des paradis fiscaux »

    Pourquoi ne pas changer de stratégie et devenir, nous aussi, un paradis fiscal?

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    5 février 2010 à 0 12 31 02312
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    @ waried

    Que veux tu dire? Pourquoi ne pas profiter du gouvernement avant qu’il profite de nous. Comme dans Lucky Luke, tu tires avant l’autre le fasse!

    Bien sûr, un paradis, c’est attirant, c’est sexy. Mais j’ai du mal avec les parasites, ceux qui siphonne sans rien donner en retour.

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    5 février 2010 à 6 06 37 02372
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    @Philippe, y’a de drôles de trucs dans ce billet…

    La réalité est que nous ne sommes pas tous taxés au même taux et que le plus grande part des taxes collectées ne proviennent que d’un très faible pourcentage de la population.

    Au Québec, 60% des citoyens paient de l’impôt. Il n’y a plus que trois paliers d’imposition et les pourcentages ne sont pas si différents (16%, 20% et 24% je crois…).

    L’effet est le même pour les particuliers. Si un particulier doit travailler 6, 7 ou 8 mois par année pour le gouvernement et seulement 4,5,6 mois pour sa famille, Il pourrait être découragé de produire plus, sachant que la plus grande part de ce supplément s’évaporera en impôts.

    À ma connaissance, personne ici ne paie 75% de ses revenus en impôt. Ne pas oublier que les contribuables reçoive des services: santé, services sociaux, éducation, infrastructures, etc… Je sais que tu préfèrerais une société sans gouvernement et un libre-marché mais il faudrait que les citoyens dépensent de l’argent pour ces services! Serait-ce moins? Serait-ce plus? Serait-ce à peu près la même chose? On ne le sait pas vraiment. Chose certaine, les gens devraient prendre une partie de leurs gains pour avoir accès à ces services, même privés!

    En terminant, je ne vois pas pourquoi un gouvernement déciderait de construire un pont de 100 millions si c’était inutile! Ce pont permettrait sans doute aux gens d’échanger plus et de façon plus efficace! Dans un monde libertarien, serait-ce une entreprise privée qui déciderait de construire ce pont? Comment serait-il financé? Et j’imagine que le remboursement du prêt et le profit seraient supportés par un péage… Qu’arriverait-il au pont si les revenus ne suffiraient pas à rembourser le prêt?

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      5 février 2010 à 8 08 11 02112
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      @ Lutopium

      Au Québec, 60% des citoyens paient de l’impôt. Il n’y a plus que trois paliers d’imposition et les pourcentages ne sont pas si différents (16%, 20% et 24% je crois…).

      Environ 80% des impôts sont payés par le 10% le plus productif de la population. Ce sont généralement ceux dont les investissements créent l’emploi et la richesse. Je ne veux pas débattre le côté moral de la chose, mais d’un point de vue strictement économique, ce sont les décisions de ces payeurs de taxes qui affectent la génération de richesse future.

      À ma connaissance, personne ici ne paie 75% de ses revenus en impôt. Ne pas oublier que les contribuables reçoive des services: santé, services sociaux, éducation, infrastructures, etc… Je sais que tu préfèrerais une société sans gouvernement et un libre-marché mais il faudrait que les citoyens dépensent de l’argent pour ces services! Serait-ce moins? Serait-ce plus? Serait-ce à peu près la même chose? On ne le sait pas vraiment. Chose certaine, les gens devraient prendre une partie de leurs gains pour avoir accès à ces services, même privés!

      La journée d’affranchissement d’impôt l’an dernier était le 12 juin. Cette journée est déterminée en se basant sur la moyenne des impôts payés à tous les niveaux de gouvernements. Si la moyenne travaille 6 mois de l’année pour payer toutes ses taxe, il est évident qu’il y en a qui doivent travailler plus que 6 mois pour payer les leurs. Balancez ça avec le fait que 40% de la population ne paie aucun impôt. Il y a une grande différence entre payer pour un service directement à une compagnie privée et et payer un montant x de taxes et d’impôts pour ce même service au gouvernement. Au gouvernement on en a rarement pour son argent. Lis l’article que j’ai mis en lien à la fin du billet.

      En terminant, je ne vois pas pourquoi un gouvernement déciderait de construire un pont de 100 millions si c’était inutile! Ce pont permettrait sans doute aux gens d’échanger plus et de façon plus efficace! Dans un monde libertarien, serait-ce une entreprise privée qui déciderait de construire ce pont? Comment serait-il financé? Et j’imagine que le remboursement du prêt et le profit seraient supportés par un péage… Qu’arriverait-il au pont si les revenus ne suffiraient pas à rembourser le prêt?

      Le pont n’est qu’un exemple. Quand le gouvernement se met en tête qu’il doit créer des emplois, il n’a généralement pas assez de projets nécessaires pour suffire, alors il doit en inventer. Ça fait maintenant presque 20 ans qu’ils font ça au Japon pour relancer l’économie et leur économie continue de stagner et ils ont une dette qui dépasse 200% de leur PIB. Dans un monde libertarien, ce genre de travaux inutile ne se produirait jamais parce que le privé ne fait jamais rien dans le seul but de créer de l’emploi.

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    5 février 2010 à 6 06 49 02492
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    Bonjour Philippe

    Je me sens presque coupable de ne pas avoir la paire de cornes qui me permettrait de jouer le rôle du Diable – sans doute la crainte inconsciente d’être cocu – mais je vous avais prévenu que vous alliez prêcher ici à des quasi-convertis.

    Personne ne pense ici à défendre la destruction comme procédé de relance de l’économie, ni à produire de l’inutile pour créer des emplois: j’ai noirci moi-même des pages entières à dénoncer ces aberrations.

    Pour ne pas vous donner un nihil obstat total, je souligne tout de même que l’État PEUT jouer un rôle utile, s’il permet de mettre à la disposition du facteur travail le facteur capital sans lequel le premier est inefficace, si ce capital est thésaurisé… Mais nous sommes dans des discussions de détail.

    Je crois que le point crucial est que, suite à la trahison de l’État dont la crise financière actuelle est l’expression et le magouillage Paulson l’épisode le plus inacceptable, la Gauche, est aujourd’hui à devenir minarchiste. Certains le savent déja, d’autres non… il y a beaucoup à dire et à faire sur ce point.

    Je crois qu’il serait utile de préciser, non pas au niveau du dogme, mais à celui de la réalité, le contenu exact de gouvernance qu’accepteraient des minarchistes pragmatiques… et de le comparer avec ce que proposent des gauchistes tout aussi pragmatiques du type « Nouvelle Société » par exemple.

    Il y a une certaine urgence, car le système actuel est à se désintégrer et il n’y a pas de solution politique sérieuse de rechange.

    Pierre JC Allard

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      5 février 2010 à 15 03 22 02222
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      @ PJCA

      Je me sens presque coupable de ne pas avoir la paire de cornes qui me permettrait de jouer le rôle du Diable – sans doute a crainte inconsciente d’être cocu – mais je vous avais prévenu que vous alliez prêcher ici à des quasi-convertis.

      Personne ne pense ici à défendre la destruction comme procédé de relance de l’économie, ni à produire de l’inutile pour créer des emplois: j’ai noirci moi-même des pages entières à dénoncer ces aberrations.

      J’ai été agréablement surpris de la réceptivité, mais je suis aussi conscient que beaucoup lisent ce blogue qui n’ont pas nécessairement le même niveau de connaissance que nous. C’est plus à eux que je pensais. Tant que nos gouvernements continueront de se servir de ces sophismes pour accroitre son pouvoir, il vaut la peine de les dénoncer.

      Pour ne pas vous donner un nihil obstat total, je souligne tout de même que l’État PEUT jouer un rôle utile, s’il permet de mettre à la disposition du facteur travail le facteur capital sans lequel le premier est inefficace, si ce capital est thésaurisé… Mais nous sommes dans des discussions de détail.

      Peut-être, mais ce rôle doit être réduit et bien défini.

      Je crois que le point crucial est que, suite à la trahison de l’État dont la financière actuelle est l’expression et le magouillage Paulson l’épisode le plus inacceptable, la Gauche, est aujourd’hui à devenir minarchiste. Certains le savent déja, d’autres non… il y a beaucoup à dire et à faire sur ce point.

      C’est pour ceux qui ne le savent pas que ce que j’enseigne est important. On nous martèle depuis deux générations que l’état doit s’occuper de nous du berceau au tombeau. Il y a beaucoup de déprogrammation à faire.

      @ Lutopium

      nous sommes donc d’accord: personne ici ne paie 75% d’impôt, n’est-ce pas? Sur quoi te bases-tu pour dire « …au gouvernement on en a rarement pour son argent »? Pour les services les plus importants (santé et éducation), il est clair que ça coûte généralement moins cher lorsque les établissements sont publics. Si tu prétends qu’il en coûterait moins cher, stp fournis les chiffres, pas les principes.

      Parce que justement, dans tous les ministères, il y a des histoires comme dans la chronique de M Samson. Au gouvernement, sit tu ne dépense pas tout ton budget, il sera réduit l’année suivante. Pour éviter ça, ils dépenseront l’argent sur tout et n’importe quoi. Ce n’est pas juste un évènement isolé, ça fait partie intégrale de la culture de la fonction publique dans n’importe quel gouvernement.

      Et les histoires de M. Samson… on les retrouve aussi du côté de l’entreprise privée: les services de consultants de tout accabit, des retraites dorées, des « stock options » démesurés, etc… Je suis cependant d’accord avec lui sur un point: les dépenses inutiles pour justifier un budget devraient être interdites. Autant du côté du public que du côté de l’entreprise privée.

      J’ai bien hâte de voir le jour où les gauchiste vont arrêter de me sortir cet argument. Si une compagnie privée dilapide son capital, et qu’elle n’est pas soutenue par le gouvernement, elle fait faillite. Ce n’est pas le problème du contribuable tant que le gouvernement ne s’en mêle pas. Par contre, lorsque le gouvernement gaspille de l’argent. c’est notre argent qu’il gaspille. Je ne comprend pas pourquoi vous avez de la difficulté à faire cette simple distinction. Et je ne compte même pas la corruption pour laquelle on réclâme une commission d’enquête que Jean Charest n’a pas les couilles de créer.

      Tu ne réponds pas à ma question: « Dans un monde libertarien, serait-ce une entreprise privée qui déciderait de construire ce pont? Comment serait-il financé? Et j’imagine que le remboursement du prêt et le profit seraient supportés par un péage… Qu’arriverait-il au pont si les revenus ne suffiraient pas à rembourser le prêt? »

      Dans un monde libertarien un pont pourrait être construit par des intérêts privés, il pourrait aussi utiliser le péage comme méthode de percevoir des revenus. Il serait financé comme tout les autres projets de construction privés. Si les revenus étaient insuffisants, je suppose que le propriétaire devra trouver le moyen d’augmenter sa profitabilité ou faire faillite, dans lequel cas le pont serait probablement vendu aux enchères. Et votre point?

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    5 février 2010 à 6 06 57 02572
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    @ Minarchiste:

    Allons, allons… seul le travail(production) crée de la richesse. Une dépense n’est jamais une création de richesse. C’est le clap d’une seule main, comme dirait le koan zen bien connu….

    PJCA

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    5 février 2010 à 9 09 29 02292
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    @Philippe, nous sommes donc d’accord: personne ici ne paie 75% d’impôt, n’est-ce pas? Sur quoi te bases-tu pour dire « …au gouvernement on en a rarement pour son argent »? Pour les services les plus importants (santé et éducation), il est clair que ça coûte généralement moins cher lorsque les établissements sont publics. Si tu prétends qu’il en coûterait moins cher, stp fournis les chiffres, pas les principes.

    Tu ne réponds pas à ma question: « Dans un monde libertarien, serait-ce une entreprise privée qui déciderait de construire ce pont? Comment serait-il financé? Et j’imagine que le remboursement du prêt et le profit seraient supportés par un péage… Qu’arriverait-il au pont si les revenus ne suffiraient pas à rembourser le prêt? »

    Et les histoires de M. Samson… on les retrouve aussi du côté de l’entreprise privée: les services de consultants de tout accabit, des retraites dorées, des « stock options » démesurés, etc… Je suis cependant d’accord avec lui sur un point: les dépenses inutiles pour justifier un budget devraient être interdites. Autant du côté du public que du côté de l’entreprise privée.

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    5 février 2010 à 9 09 40 02402
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    @Lutopium

    Si j’additionne mon impôt sur le revenu, TPS, TVQ et taxes foncières, je ne suis pas loin de 75% de mon revenu.

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    5 février 2010 à 12 12 15 02152
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    @minarchiste,

    Disons que vous gagnez $80,000 par année (vous ne devez pas être loin…), vous êtes imposé à 24% par l’impôt québécois et 18% par l’impôt canadien; pour un total de 42%. Sans prendre en considération vos déductions fiscales (qui doivent être maximales…), vous versez donc $33,600 en impôt.

    Si vous prétendez payer 75% en impôts et taxes, je dois vous dire que vous consommez énormément!

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    5 février 2010 à 19 07 51 02512
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    @ P.D:

    « Tant que nos gouvernements continueront de se servir de ces sophismes pour accroitre son pouvoir, il vaut la peine de les dénoncer »

    Il reste qu’on s’acharne sur une porte ouverte et qu’on détourne pudiquement la yeux de la muraille qui est bien là. Si on cessait de le dénoncer et qu’on l’abattait ?

    « Peut-être, mais ce rôle doit être réduit et bien défini. »
    Bien d’accord. En attendant, j’ai mille textes qui définissent une Nouvelle Société. Si vous me donnez 1 000 mots sur un projet CONCRET de minarchie, je serai peut-être dans votre camp… et quand on tirera sur la foule, je serai sur les toits.

    « Il y a beaucoup de déprogrammation à faire »

    «  » La meilleure façon de lutter contre le mal, c’est un progrès énergique dans le bien«  » ( I Ching)

    Pierre JC Allard

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    5 février 2010 à 22 10 56 02562
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    @ Philippe

    Mon premier réflexe quand j’ai lu votre billet était de parler de la trappe de liquidité et des moyens pour s’en sortir, dont les programmes de relance (dans des biens et services utiles, là nous sommes d’accord). Mais comme je suis certain que vous nieriez le concept de trappe, j’épargnerai ce débat aux lecteurs de ce blogue…

    Je m’attarderai plutôt aux avantages de la répartition des richesses grâce à l’impôt progressif et à l’universalité des services offerts grâce aux impôts et aux taxes.

    Tous les modèles économiques qui prétendent que l’économie de marché est le meilleur système pour maximiser l’utilité reposent sur la prémisse que l’utilité marginale de la monnaie est constante, c’est-à-dire qu’un dollar apporte la même utilité à tous, qu’ils soient milliardaires ou pauvres. Or rien n’est plus ridicule.

    Les sommes retirées aux plus riches par l’impôt leur apporteraient bien moins de bien-être que les mêmes sommes réparties aux les plus pauvres. Par exemple, pour avoir un gros frisson, certains riches ont besoin de dépenser jusqu’à 35 millions $ (je ne nomme personne !), somme qui aurait pu permettre des frissons tout aussi gros à au moins mille, voire dix mille et même cent mille, personnes moins nanties ! Et quand on parle des biens et services de première nécessité, comme la nourriture et le logement, l’avantage de la répartition sur la maximisation de l’utilité est encore plus flagrant.

    De même, les services de santé et d’éducation qui sont offerts sans tarification (ou presque) permettent d’offrir ces services aussi bien aux plus riches qu’aux plus pauvres. L’argent qu’auraient épargné les plus riches si ces services n’étaient pas offerts à tous n’aurait jamais pu leur offrir autant de bien-être que celui retiré par les plus pauvres qui n’auraient pas les moyens de se faire soigner ou d’envoyer leurs enfants à l’école. Et le fait d’avoir une population en meilleure santé et mieux éduquée est une richesse qui permet à la population d’être plus productive. Au bout du compte, tous y gagnent.

    Bref, la répartition des revenus par l’impôt progressif n’est pas qu’une question de compassion et de justice, ce qui serait déjà une bonne raison de l’adopter, mais permet de maximiser l’utilité retirée des richesses disponibles dans une société.

    Le seul danger serait d’enlever, comme vous le dites, des taux trop élevés, comme 75 % des revenus. Or, les dépenses de l’État au Québec (par les paliers fédéral, provincial et municipal) tournaient en 2008 autour de 38 % du PIB, soit bien moins qu’en Suède (autour de 50 %). Donc, non seulement le seuil des effets pervers d’un taux d’imposition ou de taxation n’est pas atteint au Québec, mais il reste un très grande marge de manoeuvre avant de l’atteindre.

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      7 février 2010 à 9 09 55 02552
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      @ Darwin

      Mon premier réflexe quand j’ai lu votre billet était de parler de la trappe de liquidité et des moyens pour s’en sortir, dont les programmes de relance (dans des biens et services utiles, là nous sommes d’accord). Mais comme je suis certain que vous nieriez le concept de trappe, j’épargnerai ce débat aux lecteurs de ce blogue…

      Vous avez raison, ce sera un débat pour un autre jour.

      Les sommes retirées aux plus riches par l’impôt leur apporteraient bien moins de bien-être que les mêmes sommes réparties aux les plus pauvres. Par exemple, pour avoir un gros frisson, certains riches ont besoin de dépenser jusqu’à 35 millions $ (je ne nomme personne !), somme qui aurait pu permettre des frissons tout aussi gros à au moins mille, voire dix mille et même cent mille, personnes moins nanties ! Et quand on parle des biens et services de première nécessité, comme la nourriture et le logement, l’avantage de la répartition sur la maximisation de l’utilité est encore plus flagrant.

      Vous connaissez beaucoup de personnes au Québec capables de telles extravagances? Allez deviner pourquoi.
      Au Québec, on est considérés comme riche si nous faisons plus de 78 000$ par an.

      Bref, la répartition des revenus par l’impôt progressif n’est pas qu’une question de compassion et de justice, ce qui serait déjà une bonne raison de l’adopter, mais permet de maximiser l’utilité retirée des richesses disponibles dans une société.

      La justice et la compassion ne se font pas à la pointe du fusil. Permettez-moi donc de questionner votre sens de la moralité. La fin ne justifie pas les moyens.

      Quant à l’idée de maximiser l’utilité des richesses, extravagances de milliardaires mises à part, la création de nouveau capital provient du réinvestissement des revenus par l’épargne. Ce qui distingue les riches des masses (je parle ici de ceux qui ont bâti leur propre fortune), c’est qu’ils reportent leur consommation à plus tard afin de réinvestir la plus grande part de leur revenus. Ces épargnes servent alors à la création de nouveau capital. La plupart des gens consomment la plus grande partie de leurs revenus immédiatement et épargnent peu (faut dire que le système ne fait rien pour les encourager à le faire). De prendre une partie des revenus de ceux qui l’investissent et de le redistribuer à ceux qui ne feront que le consommer, sacrifie le futur au profit de la consommation présente.

      Pour ceux qui n’ont pas de connaissances avancées, je vais vous donner un exemple simple.
      Supposons que vous faites partie d’une classe à l’école. Un jour, le prof vous arrive et dit qu’à partir de maintenant, à tous ceux qui ont une note de plus de 90%, il va retrancher 15% et le donner aux étudiants les plus faibles de la classe. Croyez vous que les premiers de classe vont se forcer pour taper au-dessus de 90% pour qu’une partie de leur note aide les étudiants le plus faibles?. Croyez-vous que la moyenne de la classe va augmenter ou diminuer? Si vous dites qu’elle va diminuer, vous avez raison. Non seulement est-ce que les premiers de classe seront découragés de performer à la hauteur de leur talent, mais les plus faibles pourraient aussi relâcher leurs efforts, sachant qu’ils peuvent compter sur une prime de 15%. Le même phénomène se reproduit en économie, la redistribution de la richesse mène à un appauvrissement général et à la consommation présente de la richesse future.

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    7 février 2010 à 16 04 58 02582
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    @ Philippe

    Vous connaissez beaucoup de personnes au Québec capables de telles extravagances.

    Mon anecdote ne touchait qu’un personne. Je ne l’ai pas nommée, mais son identité est assez évidente.

    Allez deviner pourquoi.

    Parce que l’argent ne pousse pas dans les arbres, peut-être… Et mon exemple n’existerait même pas s’il n’avait pas été subventionné largement au début des activités de son entreprise qui l’a rendu si riche.

    La justice et la compassion ne se font pas à la pointe du fusil.

    Dois-je comprendre que vous dénoncez les lois qui protègent la propriété privée ? Intéressant.

    Permettez-moi donc de questionner votre sens de la moralité. 

    Je pourrais aussi questionner la vôtre. Mais, j’accepte de participer à ces échanges en me refusant de discuter de nos valeurs. Vous avez les vôtres, j’ai les miennes. Il est évident que selon chacun de nos points de vues, nos valeurs sont plus honorables que celles de l’autre, sinon, nous ne les aurions pas. Mais, ce genre d’accusation n’apporte rien.

     la création de nouveau capital provient du réinvestissement des revenus par l’épargne

    Je vous parle de maximisation d’utilité et vous répondez par la maximisation du capital. Si le capital croît uniquement pour les plus riches, l’utilité n’augmente que très peu. En la répartissant, elle augmente bien davantage et elle entraîne moins d’externalités.

     Ce qui distingue les riches des masses (je parle ici de ceux qui ont bâti leur propre fortune), c’est qu’ils reportent leur consommation à plus tard afin de réinvestir la plus grande part de leur revenus. 

    À partir d’une certaine «richesse», l’accumulation de capital n’est absolument lié à un désir de consommation. J’aimerais savoir quelle consommation Bill Gates a retardée depuis au moins 20 ans… La seule utilité que ces «riches des masses» retirent de leur enrichissement est le plaisir de l’enrichissement. Il n’a rien à voir avec une anticipation de consommation.

     De prendre une partie des revenus de ceux qui l’investissent et de le redistribuer à ceux qui ne feront que le consommer, sacrifie le futur au profit de la consommation présente.

    Pour que cela vaille la peine d’investir, cela prend quelqu’un pour consommer. Sinon, on crée des bulles, comme on l’a vu récemment et on le reverra si rien ne change.

    Quant à votre analogie, tout comme celle du gentil riche qui paye la bière aux pauvres ingrats, je les connais et sont un exemple parfait de démagogie et de sophisme. Pour l’instant, les écarts de revenus (Gini) continuent à augmenter principalement en raison de l’enrichissement des plus riches et de la stagnation des revenus des plus pauvres. Cela démontre que la ponction au niveau actuel des taxes et des impôts n’a pas d’effet désincitatif notable sur la volonté des riches de s’enrichir. Les faits sont plus éloquents que les analogies oiseuses.

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      8 février 2010 à 21 09 52 02522
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      @Darwin

      Parce que l’argent ne pousse pas dans les arbres, peut-être… Et mon exemple n’existerait même pas s’il n’avait pas été subventionné largement au début des activités de son entreprise qui l’a rendu si riche.

      Non, parce que les riches qui ont leur truck de payer de l’impôt vont ailleurs, donc nous avons très peu de milliardaires ici. De plus, notre système étouffe pas mal le petit entrepreneur qui tente de faire sa fortune.

      Dois-je comprendre que vous dénoncez les lois qui protègent la propriété privée ? Intéressant.

      Dois-je comprendre que vous avez de la difficulté à distinguer entre défense et agression? Un des droit naturels que l’état est supposé défendre est le droit de garder et jouir des fruits de son travail, pas de les voler.

      Je vous parle de maximisation d’utilité et vous répondez par la maximisation du capital. Si le capital croît uniquement pour les plus riches, l’utilité n’augmente que très peu. En la répartissant, elle augmente bien davantage et elle entraîne moins d’externalités.

      Regardez la différence entre les pauvres d’ici et les pauvres du tiers-monde. Ici être pauvre, c’est se priver de certaine possessions matérielles. Là-bas c’est littéralement crever de faim. Ne venez pas me dire que la croissance du capital ne profite qu’au riches. Elle profite à tout le monde en augmentant la productivité et les salaires. Si ce n’avait été de la maximisation du capital, nous serions encore ici des pays du tiers-monde comme nous l’étions il y a 200 ans.

      À partir d’une certaine «richesse», l’accumulation de capital n’est absolument lié à un désir de consommation. J’aimerais savoir quelle consommation Bill Gates a retardée depuis au moins 20 ans… La seule utilité que ces «riches des masses» retirent de leur enrichissement est le plaisir de l’enrichissement. Il n’a rien à voir avec une anticipation de consommation.

      L’accumulation de richesse est comme une bonne vieille pompe à eau. Au début il faut forcer fort pour que l’eau commence à couler et ensuite, plus on pompe et plus c’est facile de faire couler l’eau. Il vient un temps ou on a plus vraiment besoin de force. On dit toujours que c’est le premier million qui est le plus difficile à gagner. C’est peut-être vrai que certains en font trop, mais à mon sens, ça ne justifie pas d’utiliser la force contre eux ou contre quiconque.

      Pour que cela vaille la peine d’investir, cela prend quelqu’un pour consommer. Sinon, on crée des bulles, comme on l’a vu récemment et on le reverra si rien ne change.

      Faut vraiment pas savoir comment se créent les bulles pour faire de telles affirmations. Et il y aura toujours de la consommation. Il faut bien que les gens mangent, se logent, se vêtissent. Le bon entrepreneur est celui qui anticipe la consommation future, pas celui qui la suit.

      Quant à votre analogie, tout comme celle du gentil riche qui paye la bière aux pauvres ingrats, je les connais et sont un exemple parfait de démagogie et de sophisme. Pour l’instant, les écarts de revenus (Gini) continuent à augmenter principalement en raison de l’enrichissement des plus riches et de la stagnation des revenus des plus pauvres. Cela démontre que la ponction au niveau actuel des taxes et des impôts n’a pas d’effet désincitatif notable sur la volonté des riches de s’enrichir. Les faits sont plus éloquents que les analogies oiseuses.

      Absolument pas et l’effet est observable dans tous les pays socialistes. Tout le monde y est universellement pauvre parce que la distribution de la richesse est un nivellement vers le bas. Pour ce qui est de la stagnation des revenus des plus pauvres, demandez-vous plutôt qui est responsable et profite de l’inflation et vous tiendrez votre coupable.

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    7 février 2010 à 17 05 00 02002
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    @ Minarchiste

    «Tu fais encore l’erreur des keynesiens, i.e. de croire que l’épargne est tout bonnement enfouie sous un matelas.»

    Quelle partie de mes commentaires vous amène à cette étrange conclusion ?

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    7 février 2010 à 19 07 06 02062
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    @Darwin

    Plusieurs parties:

    « À partir d’une certaine «richesse», l’accumulation de capital n’est absolument lié à un désir de consommation. J’aimerais savoir quelle consommation Bill Gates a retardée depuis au moins 20 ans… » (…) « Pour que cela vaille la peine d’investir, cela prend quelqu’un pour consommer.  »

    Avant de consommer il faut produire. C’est plutôt élémentaire. Et pour produire il faut du capital. Ce capital provient de l’épargne, dont celle de Bill Gates.

    Les marchés financiers libres (ce qui n’existe pas en ce moment) alloue cette épargne de façon à ce qu’elle procure le meilleur rendement en fonction du risque. Ainsi, on évite autant que possible que l’argent serve à des projets inutiles et mal ficelés, comme ceux gérés par l’État. Le profit signale au marché que l’investissement est profitable (ou non), et le marché s’ajuste à ce signal pour que le capital soit alloué le plus efficacement possible.

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    7 février 2010 à 19 07 42 02422
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    @Darwin

    J’ajouterais que la raison pour laquelle je ne peux approuver le système que vous décrivez est qu’il implique d’utiliser la force pour subtiliser de la richesse à des individus qui (pour la plupart) l’ont produite légitimement, et ce sans compensation.

    C’est cette injustice que Philippe dénonçait (je présume); l’État qui brîme la propriété privée à la pointe d’un fusil.

    Un État central qui soutire la richesse pour la distribuer « supposémment » de façon plus efficace; c’est en plein le genre d’utopie qui a mené au communisme. Même si vous ne proposez pas d’y aller à 100% (je présume), plus on s’approche de ce système, plus ses effets pervers et inévitables apparaissent.

    Nous sommes l’être le mieux placé pour savoir quoi faire de notre argent, que ce soit pour l’investir, la dépenser ou la donner. D’ailleurs, nous seuls avons légitimement le droit d’en disposer comme bon nous semble.

    En passant, tant Guy Laliberté que Bill Gates sont devenus multi-milliardaires grâce à la participation de l’État et de son pouvoir coercitif. Les écarts de revenus sont tout aussi attribuables aux injustices créées par l’État, qui accordent des privilèges à certains au détriment des autres. Pensez aux oligarques Russes ou au boligarques de Chavez.

    Concernant l’impôt, il est dommageable bien en-deça de 38%:

    http://minarchiste.wordpress.com/2009/10/26/la-courbe-de-laffer-revisitee/

    Finalement, ce qui mène aux bulles n’est pas l’épargne réelle, mais la création de monnaie fiduciaire et le système bancaire à réserves fractionnaires:

    http://minarchiste.wordpress.com/2010/01/24/la-bulle-des-tulipes-confirme-la-regle/

    http://minarchiste.wordpress.com/2010/01/06/letalon-or-et-le-crash-de-1929/

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    7 février 2010 à 20 08 21 02212
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    @ Minarchoste

    «Plusieurs parties:»

    Étrange, vous citez des choses que j’ai écrites APRÈS votre remarque. Elle ne peuvent donc pas l’expliquer.

    «Avant de consommer il faut produire. »

    Avant de produire, il faut s’assurer qu’il y a une demande. C’est tout à fait élémentaire. Cela s’appelle une étude de marché et cela sert aussi à trouver du financement.

    «l’État qui brîme la propriété privée à la pointe d’un fusil.»

    L’État protège aussi la propriété privée à la pointe du fusil (et là, ce n’est pas une figure de style, c’est au premier niveau).

    Lorsque nous vous parlons de personnes qui se plaignent de leurs conditions de travail, vous rétorquez souvent qu’ils n’ont qu’à changer d’emploi s’ils ne sont pas contents. Je vous répondrez de la même façon : si vous n’aimez pas les lois adoptées démocratiquement au Québec, vous pouvez toujours quitter ce lieu qui compromet autant votre liberté. Vous en avez d’ailleurs déjà manifesté l’intention. Si le Québec est un lieu si horrible où vous sentez la pointe d’un fusil quotidiennement pointée sur votre nuque, je ne comprends pas que vous enduriez cela.

    « c’est en plein le genre d’utopie qui a mené au communisme.»

    Comme le libertarianisme n’a jamais été mis en pratique, le communisme ne l’a pas été non plus. Et vous savez très bien que je n’appuie nullement cette utopie, pas plus que la vôtre.

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    7 février 2010 à 21 09 43 02432
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    @Darwin

    Évidemment que la demande guide la production (dans une économie libre). Et cette demande vient de la portion de nos revenus qui n’est pas épargnée. Même Bill Gates n’épargne pas 100% de ses revenus!

    Entre un système qui utilise la force pour protéger les individus des agressions et un système qui utilise la force pour prendre, le choix est facile.

    Je n’ai pas dit que vous proniez le communisme, mais c’est tout de même dans cette direction que vous pointez. Et à chaque fois qu’un État a voulu implanter ce système, il est par la suite tombé dans le totalitarisme…cette disgression est inévitable (comme le décrivait Hayek dans Road to serfdom). C’est d’ailleurs dans cette direction que le Vénézuela s’est engagé sous Chavez.

    Bien sûr que je pourrais partir du Québec et c’est bien triste; mais ne nous donnons-nous pas la peine d’avoir ces débats pour améliorer les choses ici?

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    7 février 2010 à 23 11 02 02022
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    @ Minarchiste

    «Je n’ai pas dit que vous proniez le communisme, mais c’est tout de même dans cette direction que vous pointez.»

    Affirmation gratuite. Je suis essentiellement un réformiste. Je crois que le libre marché repose sur des chimères (information parfaite, rationnalité, utilité marginale constante de la monnaie, mobilité des facteurs de production, etc.) et que l’État doit pallier les lacunes de ces imperfections. Je crois aussi à une meilleure répartition des revenus, ce qui ne veut pas dire, et loin de là, une répatition totalement égalitaire. Il n’y a rien d’utopique dans ce que je recherche, contrairement au communisme (chacun produit selon ses capacités et chacun consomme selon ses besoins) ou au libertarianisme.

    «mais ne nous donnons-nous pas la peine d’avoir ces débats pour améliorer les choses ici?»

    L’amélioration ne pointe manifestement dans la même direction selon nos options. J’essaie de discuter de façon posée, mais quand on questionne ma moralité pour le simple fait que je n’ai pas les mêmes valeurs que mon interlocuteur et quand on assimile des décisions démocratiques à une attaque à la pointe d’un fusil, je trouve difficile de débattre de façon civilisée.

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    8 février 2010 à 9 09 20 02202
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    @Darwin

    Ce n’est pas moi qui ai questionné votre moralité.

    Il n’en demeure pas moins que si vous refusez de payer vos impôts, vous verrez ce que nous voulons dire par « attaque à la pointe d’un fusil ».

    Au niveau de la démocratie, elle est bien peu efficace présentement et nécessite des réformes majeures.

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    8 février 2010 à 19 07 42 02422
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    Revenons à notre pont…
    Je n’ai rien contre les ponts de 100$ millions de temps en temps.
    Le problème est que cette forme de « retroussage » est répandue jusque dans les petites affaires de l’État.
    Le dernier des petits fonctionnaire y croit… Alors il l’applique à sa petite cellule. Et il croit bien faire. Sauf que c’est là que cette intervention est mal comprise.
    Le provisoire et l’artificiel.
    Appliquée à grands coups dans les parties les plus infimes de l’appareil étatique, c’est une gangrène. Ajouté à cela la petite fripouille qui trouve normal de se lécher les pattes avec l’argent du peuple, puisqu’en haut on le fait, c’est comme la cent du 1% délestée par le fédéral. Au bout des milliards…

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    8 février 2010 à 22 10 27 02272
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    @ Philippe

    la distribution de la richesse est un nivellement vers le bas.

    Allez à http://www.statistiques-mondiales.com/gini.htm

    Voici les cinq pays dont le Gini est le plus faible (il y a une fonction de tri dans la marge de gauche de la page ) :

    Danemark, Japon, Suède, Tchéquie et Norvège

    Où sont les socialistes ? Et tous ces pays ont des PIB/habitant parmi les plus élevés, sauf la République tchèque qui est quand même un des plus riches des anciens pays d’Europe de l’Est.

    Voici maintenant les cinq pays dont le Gini est le plus élevé :

    Namibie, Lesotho, Sierra Leone, Centrafrique et Botswana.

    Une bonne répartition des richesses me semble à première vue préférable à la moins bonne…

    Cela se dégrade pour les pays qui se classent du 6ème au 10ème rang des plus bas Gini (sauf la Finlande), mais demeure malgré tout bien meilleur que pour les pays qui se classent du 6ème au 10ème rang des plus hauts Gini.

    Où est le nivellement par le bas ?

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      9 février 2010 à 13 01 00 02002
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      @ Darwin

      Très intéressant. Voici le PIB par habitant (PPA) de quelques autres pays qui ne sont pas si égalitaires (en ordre croissant de leur GINI):
      Canada: $39 300
      France: $33 200
      Suisse : $40 900
      Australie: $38 100
      Royaume-Uni: $36 600
      États-Unis: $47 000
      Singapour: $52 000

      Ce que je note, c’est qu’il y a très peu de corrélation entre le GINI et le PIB par habitant.

      Ce qui est aussi intéressant est que les pays soi-disant socialistes n’ont pas le coefficient GINI aussi bas qu’on pourrait imaginer. Mais où donc est Cuba dans cette liste? Sa fiche indique un coefficient GINI de 0,41 mais il n’est pas dans la liste. Étrange.

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    9 février 2010 à 20 08 53 02532
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    @ Philppe

    Sur les 7 pays que vous mentionnez, 5 sont dans la colonne où se retrouvent les pays avec le Gini le plus faible et seulement 2 dans la colonne où se retrouvent les pays avec le Gini le plus élevé, et encore dans la partie supérieure du tableau.

    Aucune corrélation n’est parfaite, mais il y en a une. Et elle va à l’encontre de votre affirmation comme quoi la redistribution des richesses est un nivelage par le bas.

     Regardez la différence entre les pauvres d’ici et les pauvres du tiers-monde. 

    La différence ne provient pas en premier lieu de la présence de capital. Pour que le capital produise, cela prend du travail. La valeur provient en premier lieu du travail, pas du capital. Un travailleur sans capital peut partir une entreprise (donner des cours de musique, par exemple), mais un capital sans travail ne produit aucune richesse véritable.

    Pour que ce travail soit productif, cela prend surtout des compétences. Pour avoir une société où les compétences sont élevées, l’éducation est essentielle (c’est d’ailleurs pourquoi je vous disais que l’éducation et les compétences humaines sont une richesse dans un commentaire sur un billet précédent). Or, c’est en grande partie grâce à la redistribution des revenus et aux dépenses gouvernementales en éducation que la main-d’oeuvre peut être productive. Les dépenses en santé permettent aussi à la société d’être plus productive, car en meilleure santé.

    Et surtout, si nos pauvres sont moins pauvres, c’est grâce aux programmes sociaux. Je les trouve encore insuffisants, mais tout de même à un niveau incomparable avec ceux des pays du tiers monde, où les dépenses gouvernementales servent surtout à protéger les possessions des riches et davantage à réprimer les pauvres qu’à les aider.

    Eux nivellent par le bas, pas les pays qui ont un bon niveau de redistribution des richesses.

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    10 février 2010 à 8 08 54 02542
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    @Darwin et Philippe

    Tout d’abord, le R-carré de la relation entre PIB per capita et coefficient Gini est de 16% et le coefficient n’est pas statistiquement différent de 0.

    Par contre, n’oubliez pas une chose:

    Un coefficient de Gini bas ne signifie pas nécessairement que la distribution de richesse est assurée par l’État.

    Le capitalisme (le vrai) est un excellent mécanisme de redistribution de richesse, beaucoup plus efficient économiquement que l’État.

    D’ailleurs, l’État est la source principale d’inégalités dans la société:

    – Subventions
    – Protectionnisme
    – Inflation (avantage les banquiers)
    – Brevets (crée des monopoles)
    – Favoritisme dans l’octroi de contrats gouvernementaux
    – Politiques visant à protéger la richesse de l’élite (comme Darwin le mentionne)

    Dans une économie libre, la richesse circule plus facilement.

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    10 février 2010 à 19 07 03 02032
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    @ Darwin et minarchiste

    Je suggère de ne pas confondre les principes et leurs applications. C’est une chose de vouloir que la collectivité, répondant à la solidarité qui est essentielle à notion même de société, protège ceux que le fonctionnement du systéme défavorise. C’en est une autre de penser que l’État – qui devrait être mandataire de la collectivité pour exprimer notre solidarité – accomplit correctement sa mission !

    Si on peut échapper au dogmatisme qui pousse à refuser tout rôle de « péréquation » compensatoire à l’État – alors que l’entrepreneuriat qui optimise le rendement global ne peut que créer des distorsions inacceptables et contreproductives au palier des individus – on pourra s’interroger utilement sur la taille de l’État et son fonctionnement.

    Pierre JC Allard

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    10 février 2010 à 20 08 10 02102
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    @ Minarchiste

    Le capitalisme (le vrai) est un excellent mécanisme de redistribution de richesse

    Je trouve toujours étrange que des gens comme vous qui prétendent que le vrai capitalisme n’existe nulle part sur Terre prennent des exemples réels (donc d’un capitalisme mal appliqué, selon vous) pour tenter de démontrer que le capitalisme inexistant puisse avoir les effets que vous lui attribuez…

    Un coefficient de Gini bas ne signifie pas nécessairement que la distribution de richesse est assurée par l’État.

    C’est vrai. Mais disons que pour les cinq pays qui ont le Gini le plus faible, il est clair que le gouvernement a joué un rôle important de redistribution pour atteindre ce résultat.

    Le gouvernement a aussi joué un rôle important sur les pays dont le Gini est élevé en protégeant les richesses des possédants.

    l’État est la source principale d’inégalités dans la société

    Là, c’est plus une déclamation du parfait minarchiste qu’une conclusion logique ! Remplacez « est» par «peut être» et on sera d’accord, surtout si vous ajoutez «l’État peut à l’inverse être la source principale de l’égalité dans la société».

    L’État est un outil. Comme tout outil, il peut faire le mieux comme le pire, dépendant de la façon dont il est utilisé et par qui il est contrôlé.

    Même si je dénoncerai toujours les lobbys des possédants, les magouilles et la corruption, globalement, nos gouvernements aident nettement plus qu’ils ne nuisent à cet égard.

    Si on regarde la Terre entière, et surtout sur les gouvernements ayant existé historiquement, je suis entièrement d’accord qu’ils ont plus nui qu’aidé, étant très majoritairement contrôlé par des petites cliques : familles, nobles, riches, etc.

    Dans une économie libre, la richesse circule plus facilement.

    Le principal problème est que ça n’existe pas et ne peut pas exister, pas plus qu’un monde où règnerait le communisme intégral. On peut donc leur attribuer toutes les qualités et tous les défauts !

    @ PJCA

    C’en est une autre de penser que l’État – qui devrait être mandataire de la collectivité pour exprimer notre solidarité – accomplit correctement sa mission !

    J’aimerais aussi qu’il l’accomplisse mieux. Mais il est clair que votre mieux n’est pas celui de Minarchiste et pas le mien non plus ! Là, on revient à discuter de nos valeurs, et cela ne peut mener nulle part. Le mieux qu’on peut faire de ce côté est d’accepter les valeurs des autres et surtout d’accepter qu’ils en aient des différentes des nôtres.

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    10 février 2010 à 21 09 14 02142
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    @Darwin

    Vous dîtes:

    « Je trouve toujours étrange que des gens comme vous qui prétendent que le vrai capitalisme n’existe nulle part sur Terre prennent des exemples réels (donc d’un capitalisme mal appliqué, selon vous) pour tenter de démontrer que le capitalisme inexistant puisse avoir les effets que vous lui attribuez… »

    À quoi faîtes vous référence exactement?

    Ce que mon blogue vise à démontrer en utilisant des exemples réels est que chaque fois que l’État tente de « corriger » le marché (et il le fait à profusion), il génère des conséquences inattendues qui, au final, sont pire que ce qu’on voulait corriger au départ.

    Comme de nos jours l’État est partout, il n’y a par conséquent aucun vrai libre-marché.

    Ce que je démontre aussi est que plus la liberté économique est favorisée, plus l’économie est prospère.

    @PJCA

    « on pourra s’interroger utilement sur la taille de l’État et son fonctionnement. »

    En effet, elle est là la grande question.

    Et s’il y a une chose que l’État fait mal (pour revenir au sujet du billet) c’est relancer l’économie.

    http://les7duquebec.wordpress.com/2010/02/10/paul-versus-sarah/comment-page-1/#comment-12209

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    10 février 2010 à 21 09 43 02432
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    @ Minarchiste

     À quoi faîtes vous référence exactement?

    Au fait que vous dites souvent que le vrai capitalisme ou le vrai marché libre n’existe pas. Ce n’est que de la logique : si ils n’existent pas, on ne peut pas prendre en exemple quelque chose qui n’existe pas.

    Par ailleurs, je vous l’ai dit fréquemment, le capitalisme véritable et les marchés libres sont une utopie. Il y a au moins six conditions qui sont impossibles à respecter. Comme je vous ai écrit souvent là-dessus, je ne vais élaborer que sur un seul ce soir.

    Pour fonctionner de façon minimalement efficace, les agents économiques doivent disposer d’une information fiable et complète. Comment agir rationnellement dans un choix économique quand l’information n’est pas disponible ou est trop difficile à trouver ?

    Or, le capitalisme actuel prospère justement grâce au secret, surtout lorsqu’il n’y a pas d’intervention étatique qui les force à donner de l’information. Toute l’industrie de la publicité repose sur le manque d’information des consommateurs et souvent sur la circulation de fausses informations (ce serait pire si l’État ne réglementait pas leur fonctionnement !). On leur fait croire qu’une marque d’eau de javel est meilleure qu’une autre, même si elles sont toutes composées du même produit chimique (seule la concentration n’est pas identique).

    Les représentants des entreprises regimbent dès que l’État veut les forcer à donner de l’information, même si l’économie de marché repose, je le répète, justement sur l’information fiable et complète ! Les restaurateurs ne veulent pas afficher le nombre de calories de leurs plats, les sociétés alimentaires refuse d’afficher si leurs produits contiennent des OGM, etc. Si l’État ne les forçait pas, ils n’afficheraient même pas les aliments contenus dans leurs produits. Bref, dans ce cas, l’État permet justement au marché imparfait de s’approcher d’un marché vraiment libre.

    Et s’il y a une chose que l’État fait mal (pour revenir au sujet du billet) c’est relancer l’économie.

    Et s’il y a quelque chose que le secteur privé fait bien sans l’aide de l’État, c’est bien de créer des crises et de partir à brailler dans la jupe de l’État pour qu’il répare ses gaffes !

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      10 février 2010 à 22 10 21 02212
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      @ Darwin

      Pour fonctionner de façon minimalement efficace, les agents économiques doivent disposer d’une information fiable et complète. Comment agir rationnellement dans un choix économique quand l’information n’est pas disponible ou est trop difficile à trouver ?

      Le système de prix offre toute l’information nécessaire dans un marché libre, y compris la volonté des consommateurs d’avoir certaines informations dans l’étiquettage. À quoi croyez-vous, servent les études de marché. L’objectif de tout entrepreneur est de répondre aux demandes du consommateur.

      On leur fait croire qu’une marque d’eau de javel est meilleure qu’une autre, même si elles sont toutes composées du même produit chimique (seule la concentration n’est pas identique).

      Et vous croyez que les politiciens et fonctionnaires ne font jamais preuve de déception?

      Et s’il y a quelque chose que le secteur privé fait bien sans l’aide de l’État, c’est bien de créer des crises et de partir à brailler dans la jupe de l’État pour qu’il répare ses gaffes !

      S’il y a une chose que l’état fait particulièrement bien, c’est de générer des crises et de les blâmer sur les méchants capitalistes et le libre-marché.

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    10 février 2010 à 21 09 51 02512
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    « Là, on revient à discuter de nos valeurs »…. Oui, C’est justice commutative vs distributive et je crois que vous avez le bon mot de la fin.

    Mais l’enrichissement de la société est tel que la pauvreté n’est plus qu’un mauvais choix et la richesse une construction mentale. On devrait pouvoir s’entendre sur un meilleur partage sans qu’il y ait du sang dans les rues….

    PJCA

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    10 février 2010 à 22 10 54 02542
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    @ Philippe

    Le système de prix offre toute l’information nécessaire dans un marché libre

    Pardon, le prix et le contenu d’une étiquette (imposée par réglementation étatique) sont pour vous les seules informations nécessaires pour qu’un marché fonctionne correctement !!! C’est comme cela que plein d’institutions financières se sont fait flouer en achetant des papiers commerciaux dont ils ne connaissaient pas le contenu ! C’est la base de tous les schémas de Ponzi !

    Combien de produits les consommateurs achètent-ils en faisant confiance à un vendeur ou à une marque, sans rien connaître de la qualité d’un produit par rapport à un autre ? Dans la notion du rapport qualité-prix, il y a le prix, bien sûr, mais aussi la qualité. C’est elle qui est trop souvent impossible (ou très difficile) à évaluer.

    L’objectif de tout entrepreneur est de répondre aux demandes du consommateur.

    Enlevez «tout» et remplacez le par «la majorité des» et on sera plus près d’un accord. En plus, considérez-vous les grosses sociétés administrées par des dirigeants salariés dont la principale rémunération est formée d’options d’achat comme des entrepreneurs ? Ce type de sociétés forme quand même une partie non négligeable de notre économie…

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      11 février 2010 à 6 06 50 02502
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      @ Darwin

      C’est comme cela que plein d’institutions financières se sont fait flouer en achetant des papiers commerciaux dont ils ne connaissaient pas le contenu ! C’est la base de tous les schémas de Ponzi !

      Et c’est la responsabilité de qui d’enquêter avant d’investir? Et un des plus grand schémas de Ponzi du monde est notre régie des rentes.

      Combien de produits les consommateurs achètent-ils en faisant confiance à un vendeur ou à une marque, sans rien connaître de la qualité d’un produit par rapport à un autre ? Dans la notion du rapport qualité-prix, il y a le prix, bien sûr, mais aussi la qualité. C’est elle qui est trop souvent impossible (ou très difficile) à évaluer.

      Si une compagnie offre un produit de qualité inférieur, ça finit par se savoir. Sans intervention du gouvernement, il y aurait des magazines comme Protégez-Vous et des compagnies privées comme la CSA qui se font un plaisir pour évaluer des produits et rapporter ce qu’ils trouvent aux consommateurs.

      Enlevez «tout» et remplacez le par «la majorité des» et on sera plus près d’un accord.

      Aucun entrepreneur n’a intérêt à ignorer la demande des clients. S’ils le font, ils méritent de faire faillite. Qui a inventé le concept du « too big to fail »? Certainement pas les défenseurs du marché libre.

      En plus, considérez-vous les grosses sociétés administrées par des dirigeants salariés dont la principale rémunération est formée d’options d’achat comme des entrepreneurs ? Ce type de sociétés forme quand même une partie non négligeable de notre économie…

      Ce genre d’entreprise aurait la vie dure sans les subventions, le protectionnisme, les brevets et toutes les autres protections que les gouvernements leur accordent dans notre petit monde corporatiste, vous ne trouvez pas?

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    10 février 2010 à 22 10 57 02572
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    @ PJCA

    On devrait pouvoir s’entendre sur un meilleur partage sans qu’il y ait du sang dans les rues….

    Cela aussi dépend des valeurs…

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    11 février 2010 à 8 08 36 02362
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    @Darwin

    Quand je vais au restaurant, je veux bien manger; les calories je m’en balance. Si l’information fournie par un restaurant ne me convient pas, je peux ne pas y aller. Si plusieurs font comme moi, le restaurant s’ajustera et fournira l’information, mais ce n’est pas le cas!

    S’il y a une certaine demande pour l’information, l’entreprise la rendra disponible (certains restaurants le font).

    Même chose pour l’étiquettage; s’il y avait un avantage compétitif à mettre davantage d’informations sur les étiquettes des produits, les entreprises sauteraient dessus et en donneraient plus que le client en demande; pas besoin de l’État pour ça.
    La réalité (et vous semblez le nier) est que les gens s’en balancent! La belle-soeur qui a essayé une marque d’eau de javel et ne l’a pas trouvée efficace est suffisant pour savoir que le rapport qualité / prix de cette marque n’est pas bon. Pas besoin d’un doctorat en chimie et que l’État oblige l’entreprise à placarder l’étiquette de jargon chimique inutile.

    La transparence absolue de l’information est une condition pour une concurrence pure et parfaite, mais n’est pas nécessaire à ce que le marché fonctionne bien.

    Vous dîtes:
    « Et s’il y a quelque chose que le secteur privé fait bien sans l’aide de l’État, c’est bien de créer des crises et de partir à brailler dans la jupe de l’État pour qu’il répare ses gaffes ! »

    Justement! Dans un vrai libre-marché capitaliste, l’État ne ferait rien! Le problème est justement que tout le monde sait que l’État fera quelque chose pour sauver ses petits amis banquiers (qui financent bien les campagnes électorales) et en profite pour prendre plus de risque.

    http://minarchiste.wordpress.com/2009/08/03/faillite-versus-bailout/

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      11 février 2010 à 9 09 56 02562
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      La transparence absolue de l’information est une condition pour une concurrence pure et parfaite, mais n’est pas nécessaire à ce que le marché fonctionne bien.

      J’ajouterais que le concept de concurrence pure et parfaite est un concept néo-classique et non autrichien. La concurrence parfaite n’est pas nécessaire à un marché libre.

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    11 février 2010 à 21 09 11 02112
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    @ Minarchiste

    Tout d’abord, le R-carré de la relation entre PIB per capita et coefficient Gini est de 16% et le coefficient n’est pas statistiquement différent de 0.

    Bref, vous confirmez la raison pour laquelle j’ai parlé du coefficient de Gini : l’affirmation de Philippe comme quoi «la distribution de la richesse est un nivellement vers le bas » est inexacte, puisqu’il n’y a aucune corrélation (disons que .16 n’est pas zéro, mais que ce n’est pas fort), selon vos calculs.

    @ Philippe

    c’est la responsabilité de qui d’enquêter avant d’investir?
    Sans intervention du gouvernement, il y aurait des magazines comme Protégez-Vous et des compagnies privées comme la CSA

    Pour les investisseurs, il y a des agences de notation privée qui évaluent les produits financiers. Et ils ont noté les papiers commerciaux AAA. Très fiables, ces agences privées. Si je poursuis avec votre analogie, les consommateurs devraient enquêter eux-mêmes et ne pas se fier ni à Protégez-vous, ni à l’ACNOR (non français de ce que vous appelez la CSA).

    Si une compagnie offre un produit de qualité inférieur, ça finit par se savoir. 

    Ça s’est su que les papiers commerciaux étaient toxiques… après que des investisseurs aient perdu des milliards $. Ça s’est su que la Corvair risquait d’exploser après une collision… mais après quelques morts. Comme les Toyota… Bref, l’absence d’information en temps opportun coûte cher et peut parfois tuer.

    @ Minarchiste

    La réalité (et vous semblez le nier) est que les gens s’en balancent! 

    Oh, je ne le nie pas, au contraire ! C’est d’ailleurs ce que je tente de démontrer. En effet, un consommateur ne peut pas faire un choix qui maximise son utilité s’ils ne possède pas toute l’information nécessaire. Mais, non seulement il ne la possède pas, mais il s’en fout !

    Une autre condition pour le fonctionnement des marchés est la rationalité des agents économiques. Vous démontrez clairement par vos exemples que les consommateurs ne sont pas rationnel ! Comment maximiser son utilité si on se fout de l’information et si on n’est pas rationnel ?

    @ Philippe

    La concurrence parfaite n’est pas nécessaire à un marché libre.

    Chose certaine, moins la concurrence est parfaite, moins le marché est libre. N’est-ce pas justement ce que vous reprochez en premier à l’État, de rendre les marchés moins concurrentiels en raison de leurs interventions ? Faudrait savoir…

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      12 février 2010 à 7 07 15 02152
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      @ Darwin

      Pour les investisseurs, il y a des agences de notation privée qui évaluent les produits financiers. Et ils ont noté les papiers commerciaux AAA. Très fiables, ces agences privées. Si je poursuis avec votre analogie, les consommateurs devraient enquêter eux-mêmes et ne pas se fier ni à Protégez-vous, ni à l’ACNOR (non français de ce que vous appelez la CSA).

      Les papiers commerciaux, venant pour la plupart de Fannie et Freddie, étaient cotés AAA grâce à l’attente implicite que le gouvernement ne laisserait pas ces compagnies faire faillite et donc que le risque était minime. Il y aurait effectivement lieu d’enquêter sur ces agences, mais je peux vous dire qu’elles sont probablement dans la poche de la Fed. Chose qui ne se produirait pas dans un marché libre.

      Ça s’est su que les papiers commerciaux étaient toxiques… après que des investisseurs aient perdu des milliards $. Ça s’est su que la Corvair risquait d’exploser après une collision… mais après quelques morts. Comme les Toyota… Bref, l’absence d’information en temps opportun coûte cher et peut parfois tuer.

      L’information existait et était disponible pour les papiers commerciaux adossés aux hypothèques, du moins. Pour ce qui est des défauts de fabrications, ils se produisent encore même avec mille et un contrôles du gouvernement, et chaque fois, le gouvernement en profite pour règlementer un peu plus, et la plupart du temps ces règlements favorisent les plus gros au dépens des plus petits.

      Une autre condition pour le fonctionnement des marchés est la rationalité des agents économiques. Vous démontrez clairement par vos exemples que les consommateurs ne sont pas rationnel ! Comment maximiser son utilité si on se fout de l’information et si on n’est pas rationnel ?

      L’information parfaite n’existe pas, mais généralement les gens vont agir selon leur intérêt avec l’information disponible. Le comportement dans certaines conditions est facilement prévisible et explicable. Un excellent exemple est l’exubérance qui règne pendant un boum causé par l’expansion excessive du crédit. Si on fait un party avec un bar ouvert, c’est prévisible qu’on va se ramasser avec des saoulons et c’est encore très prévisible ce qui se produira quand le bar sera fermé.

      Chose certaine, moins la concurrence est parfaite, moins le marché est libre. N’est-ce pas justement ce que vous reprochez en premier à l’État, de rendre les marchés moins concurrentiels en raison de leurs interventions ? Faudrait savoir…

      La compétition parfaite est une utopie, nous ne nous attendons pas à une concurrence parfaite, juste à ne pas avoir de barrières à la compétition. C’est la sur-règlementation qui produit ces barrières. C’est pourquoi on voit souvent des corporations adopter des positions qui semblent contradictoires comme Philip Morris qui soutient les campagnes anti-tabac par exemple.

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    12 février 2010 à 7 07 55 02552
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    @Darwin

     » il y a des agences de notation privée qui évaluent les produits financiers. Et ils ont noté les papiers commerciaux AAA.  »

    Les agences de notation ont de graves conflits d’intérêts (elles sont rémunérées par l’émetteur) et bénéficie d’avantages compétitifs qui lui ont été fournis par le gouvernement américain lui-même (le saviez-vous?). Bien qu’il soit judicieux de suivre leurs analyses, tout le monde sait que c’est du matériel discutable.

    Je travaille dans cette industrie et je peux vous dire que notre firme emploie des professionnels de l’investissement fort bien payés pour analyser ces titres. Nous n’avons pas touché au PCAA parce que nos analyses révélaient de graves problèmes avec ces titres qui étaient plutôt évidents.

    Ceux qui se sont fiés à ces notations sans plus d’analyse pour acheter ces titres sont des incompétents qui ne méritent pas leur salaire (comme plusieurs employés de la Caisse de Dépôt) ou simplement des gens qui ne devraient pas gérer leur portefeuille eux-mêmes par manque de compétence.

    « Une autre condition pour le fonctionnement des marchés est la rationalité des agents économiques.  »

    Justement! Ce que vous percevez comme irrationnel ne l’est pas nécessairement pour quelqu’un d’autre. C’est subjectif et il n’y a aucune raison pour que vous imposiez votre vue à tous, nous obligeant par le fait même à payer une prime pour que nos biens soient étiquettés avec plus de détails dont nous n’avons pas besoin et dony nous ne voulons pas. L’acquisition d’information a un coût et souvent, le bénéfice potentiel à en acquérir plus (surtout lorsqu’il est question d’eau de javel) n’en vaut pas la peine. Un marché libre serait plus efficace pour déterminer la quantité optimale d’information, selon les désirs et les besoins des consommateurs.

    « moins la concurrence est parfaite, moins le marché est libre.  »

    Non, nous n’avons pas la même définition de liberté. Un marché libre est un marché sans entrave coercitive de l’État. Si le gouvernement intervient pour « corriger » le marché et crée encore plus de distorsions que ce qu’il voulait modifier (ce qui est toujours le cas), le marché est forcément moins libre et moins optimal.

    Même si nous pouvions déterminer avec certitude que le résultat d’un libre-marché est sous-optimal, tout ce que nous ferions pour tenter de corriger la situation auraient des conséquences inattendues qui feraient en sorte de le rendre encore moins optimal. Le libre-marché est par conséquent le meilleur résultat que nous puissions atteindre, même si imparfait.

    C’est pourquoi il est inutile que l’État intervienne pour amener le marché vers la concurrence pure et parfaite. Vous pouvez brandire cet épouvantail tant que vous le voulez, il me fait bien moins peur que l’intervention de l’État.

    Répondre

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