Libre-Marché 101: Les prix

Ceci continue ma série sur le libre-marché, dans l’introduction nous avons eu, grâce au texte «Moi, le Crayon», un bref aperçu des processus très complexes que le marché accomplit sans aucune autorité planificatrice pour coordonner le tout. Nous avons vu que pour fabriquer un simple crayon, une grande quantité d’outils et d’infrastructures doivent déjà avoir été construites afin d’extraire la matière première, d’acheminer ces matières vers diverses usines qui, à leur tour fabriqueront les diverses composantes qui serviront à l’assemblage final. S’il n’y a aucun chef d’orchestre qui dirige le tout, ce que beaucoup croient nécessaire, comment alors arrive-t-on à fabriquer ce crayon?

Bien des gens s’imaginent que le marché est incapable d’une telle coordination. Pourtant, c’est ce que le marché fait à chaque minute de chaque jour. Chaque jour, d’innombrables individus participent à la fabrication de crayons, de produits alimentaires, d’automobiles, et des nombreux gadgets qui rendent notre vie plus agréable, sans même se connaitre l’un l’autre, sans même savoir comment les autres contribuent au produit qu’ils fabriquent. La coordination de tous ces processus de production de l’économie mondiale est si complexe qu’il n’existe aucun ordinateur au monde qui soit suffisamment puissant pour le faire, encore moins une personne ou un groupe de personnes. Le volume de cette information est tout simplement trop grand. C’est pourquoi Hayek disait que la planification centrale d’une économie est une «présomption fatale». Si le totalitarisme se définit par un contrôle complet par une autorité centrale, le marché est au contraire «anarchique». Son contrôle est assuré de bas en haut et non de haut en bas.

Malgré cela, certains apprentis-sorciers persistent à croire qu’à l’aide de certaines données agrégées comme le taux de chômage, le PIB, l’IPC ou la demande agrégée, ils peuvent savoir tout ce qu’ils ont à savoir pour «diriger» l’économie. Leur présomption fatale ne fait que verser du sable dans les engrenages du marché et lorsque les choses tournent mal, ils blâment le marché car c’est tellement plus facile de blâmer la cupidité des acteurs du marché que de reconnaitre qu’ils n’ont en réalité aucun contrôle sur l’économie et qu’ils la dirigent avec toute la finesse d’un taureau dans une boutique de porcelaine. Ils ne sauraient admettre que ce qu’ils appellent des «défaillances ce marché» sont en réalité le résultat de leurs interventions arbitraires. Nous allons donc commencer à bâtir les bases d’une réfutation complète de leurs prétentions.

Les premiers pionniers de l’étude de l’économie, à partir des scholastiques espagnols de l’Université de Salamanque au moyen âge, étudiaient l’économie en étudiant ce qui ce passait sur le terrain. Ils observaient comment les biens étaient produits et échangés et formulaient des axiomes basés sur ces observations. C’est ainsi qu’ils furent les premiers à observer que les acteurs du marché se servent de certains signaux afin d’obtenir de l’information sur ce qui doit être produit, en quelles quantités, etc. Le premier de ces signaux est le prix.

Le mot « prix » est dans la famille du verbe « priser » qui signifie apprécier ou évaluer. En d’autres mots, attribuer une valeur à quelque chose. Donc avant d’expliquer comment les prix sont formés sur le marché, il conviendrait de définir le concept de valeur. Pendant longtemps, nous nous sommes questionnés à savoir pourquoi les diamants ont une plus grande valeur que du pain, alors que le pain, est beaucoup plus utile à l’homme que le sont les diamants? Le concept de valeur a été chaudement débattu pendant de nombreuses années, aussi je ne vous étalerai pas toutes les différentes théories qui ont été étayées, mais je me limiterai seulement à celle que je considère la plus juste et la plus sensée.

La réponse au paradoxe du pain et des diamants est bien entendu la rareté relative des diamants comparativement au pain. Cependant, la valeur d’un bien peut-être hautement subjective et varier grandement. L’eau, pourtant essentielle à la vie, a peu de valeur dans un endroit où elle est abondante, mais elle deviendra très précieuse au milieu d’un désert. Une bouteille de sable saharien serait très rare au Canada, mais serait tout de même sans valeur parce qu’il est difficile d’y trouver une quelconque utilité. La valeur d’un bien peut très bien varier d’une personne à l’autre, selon ses goûts personnels. Je peux adorer les pommes, mais détester les bananes, je serais donc prêt à payer plus pour obtenir des pommes que pour la même quantité de bananes. Ou je serais disposé à donner plus de bananes en échange d’une certaine quantité de pommes. On dit souvent que la beauté est dans l’œil de celui qui la regarde, alors la valeur d’un bien est dans l’œil de celui qui le convoite. De plus, la valeur peut également être sujette aux choses alternatives qui pourraient être obtenues. Ainsi, dans l’échelle des valeurs de la plupart des gens, il est plus important d’obtenir les choses essentielles comme la nourriture, des vêtements et un toit au-dessus de nos têtes que des objets de luxe. Ces objets de luxe n’auront de valeur pour nous que si nous avons les moyens de nous les offrir sans sacrifier l’essentiel.

La subjectivité de la valeur joue un grand rôle dans la formation des prix sur le marché. Le prix que vous payez au supermarché pour les différentes denrées n’est pas fixé arbitrairement. Il est le résultat de plusieurs facteurs. Il est influencé par l’abondance ou la rareté, par une demande particulière pour un certain produit, etc. Le prix livre certaines informations aux acteurs du marché. Ainsi par exemple, si une période de sécheresse causait de très mauvaises récoltes dans l’ouest canadien, il y a fort à parier que la rareté relative du blé qui serait causée en ferait hausser les prix, amenant les consommateurs à diminuer leur consommation de cette céréale. Le consommateur n’a pas vraiment besoin de savoir qu’il y a eu sècheresse pour agir dans ce sens, la hausse du prix transmet le besoin de rationner cette denrée. De la même façon, l’effondrement de la voute d’une mine de cuivre signifierait une diminution de l’extraction de ce minerai qui aurait un impact sur la disponibilité de cuivre sur le marché pendant un certain temps, ce qui en ferait hausser le prix. Par conséquent, ceux qui utilisent le cuivre dans la fabrication de leur produit devront agir en conséquent et diminuer leur production ou utiliser un matériau différent. Nous pouvons donc affirmer que le prix a une influence inverse à la demande d’un produit, quoique cette influence ne soit pas nécessairement proportionnelle. Si le prix d’un produit double, ce ne sera pas nécessairement vrai que la demande diminuera de moitié.

Sachant que les prix ainsi formés par les conditions variables du marché, communiquent des informations aux divers acteurs du marché, qu’arrivera-t-il si nous tentions de les contrôler arbitrairement? Ce serait effectivement comme un brouillage radio. Les prix fixés arbitrairement ne transmettraient plus d’information sur les conditions du marché. Dans l’exemple plus haut des récoltes détruites par la sécheresse, si on plafonne le prix pour éviter qu’il ne monte trop haut, les consommateurs, ne voyant pas le prix augmenter, continueraient de consommer du blé au même rythme qu’avant, alors qu’il y a beaucoup moins de stock disponible. Le résultat est prévisible, il y aurait vite une pénurie. Si par contre, on fixait les prix trop hauts, on se retrouverait avec un surplus de blé qui pourrirait dans les silos. Dans tous les cas où des contrôles de prix ont été appliqués par des gouvernements, nous avons constatés les même effets, tant pour l’essence aux États-Unis en 1973, que le lait au Venezuela plus récemment. Ce ne sont pas des défaillances du marché, mais bien au contraire les conséquences de l’intrusion des gouvernements sur le marché.

20 pensées sur “Libre-Marché 101: Les prix

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    25 février 2011 à 6 06 00 02002
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    On dirait une pompe funèbre. Le capitalisme se meurt, monsieur David, lui, nous l’explique, bien que le système adoré de monsieur soit sur le point de disparaître.

    À chacun son trip. Les ratées du capitalisme ont causé sa perte, sa tombe est creusée depuis belle lurette par les «Karl Marx» de ce monde. Les seuls à ne pas avoir pris compte du contre-argumentaire détruisant les mythes du capitalisme, les ultra-capitalistes, les libertariens, et les aliénés qui ne suivent pas la situation d’autre part que dans les torchons de la bourgeoisie, de l’ordre établi bref.

    «C’est plate» comme dirait Homer Simpson.

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      26 février 2011 à 7 07 01 02012
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      @ Sylvain Guillemette

      On dirait une pompe funèbre. Le capitalisme se meurt, monsieur David, lui, nous l’explique, bien que le système adoré de monsieur soit sur le point de disparaître.

      Encore une fois, vous confondez corporatisme et libre-marché.

      @ Denis Gélinas

      Résumé de votre texte: plus c’est rare plus c’est cher.

      Lecture sélective, je vois. Relisez le texte. Un sac de sable du Sahara serait très rare ici, mais n’aurait aucune valeur puisqu’il n’aurait pas plus d’utilité que le sable qu’on trouve ici. J’ai mis cet exemple spécifiquement pour montrer que la rareté n’est pas le seul facteur.

      Par contre, c’est vrai qu’on peut changer la donne en créant de la rareté. Les diamants sont un bon exemple. Ils vaudraient moins si ce n’était que pour le quasi-monopole de DeBeers. Mais ce monopole ne pourrait pas exister sans la connivance des gouvernements.

      @Tankonalasanté

      Seulement vous ne parlez pas de la spéculation, des monopoles , des multinationales qui vivent dessus et des décideurs du monopoly .

      Chaque chose en son temps. Je peine à me limiter à 1200 mots juste pour expliquer les prix. La spéculation, les monopoles, etc vont être abordés plus tard. Promis!

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        26 février 2011 à 8 08 00 02002
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        «Encore une fois, vous confondez corporatisme et libre-marché. »

        Mais le corporatisme n’est que le fruit de la lutte des classes. Les bourgeois auront toujours ce réflexe de se lier pour faire avancer leur cause commune, soit l’exploitation des besoins des prolétaires, du labeur de ces derniers, et de leurs maux désormais, avec la privatisation de la santé.

        Et à l’opposé, les prolétaires s’uniront toujours pour se défendre de l’oppression de cette classe parasitaire qu’est la bourgeoisie, dont aucun méritomètre ne peut prétendre qu’elle est méritante de ses droits divins de vivre sur les besoins et la misère de la majorité laborieuse, ces prolétaires.

        Le corporatisme devient donc inévitable, dans le contexte où deux classes s’affrontent et encore. Le corporatisme existera toujours entre certains bourgeois et les élus, parce que le capital corrompt. Dans un contexte où le capital est mal partagé, il est tout à fait normal que les moins nantis trouvent des manières d’accéder au sommet de la pyramide, via des raccourcis de toutes sortes. Le corporatisme devient alors, la solution, et nous ne pouvons que le constater. Ça fait l’affaire des privilégiés qui se conjuguent à cette solution, la bourgeoisie ne peut qu’en tirer profit également.

        Le monde dont vous rêvez est impossible, puisqu’il fait fi du facteur humain dont vous accusez les socialistes d’ignorer eux-mêmes. Le capitalisme est mort et enterré, nous verrons réapparaître une suite de dictatures dans ce siècle-ci, ils remettront les prolétaires au pas, parce qu’ils ne «croient» plus en votre modèle, qui n’a d’ailleurs jamais su faire ses preuves. Et au contraire du socialisme, le capitalisme n’a pas souffert de l’impérialisme des socialistes. Il n’a pas d’excuse, sauf la corruptibilité potentielle issue du mauvais partage des richesses sous le capitalisme qui, comme Karl Marx l’avançait il y a de cela près de 200 ans, concentre la richesse au sein d’une minorité, en l’occurrence, celle qui possède les moyens de production, inévitablement et indéniablement.

        «Lecture sélective, je vois. Relisez le texte. Un sac de sable du Sahara serait très rare ici, mais n’aurait aucune valeur puisqu’il n’aurait pas plus d’utilité que le sable qu’on trouve ici. J’ai mis cet exemple spécifiquement pour montrer que la rareté n’est pas le seul facteur.»

        Un diamant, ça ne sert pas à grand-chose, et là, vos lois tombent… Dommage, mais c’est pareil pour l’or. Ils sont tellement utiles les lingots, empoussiérés, et gardés inutilement par des agents armés, sous la terre… Valeur refuge mon cul, je ne ferais rien du tout d’un lingot d’or ou d’argent, sauf assommer celui qui possède l’eau et la nourriture. Totalement inutiles dans l’immédiat, ces babioles brillantes.

        La valeur dépend donc aussi du contexte et de la conjoncture, et le capitalisme en a toujours fait fi, parce qu’il avait besoin de donner des valeurs refuges, pour protéger la minorité parasitaire inutile à notre émancipation à nous, les travailleurs créateurs de richesses, celles que l’on quémande ironiquement.

        «Par contre, c’est vrai qu’on peut changer la donne en créant de la rareté. Les diamants sont un bon exemple. Ils vaudraient moins si ce n’était que pour le quasi-monopole de DeBeers. Mais ce monopole ne pourrait pas exister sans la connivance des gouvernements.»

        Maladroit que ce commentaire. La connivence existera toujours, tant que des classes existeront, puisqu’elles créent d’elles-mêmes, la contradiction et inévitablement donc, la confrontation des classes. Et tant qu’il y aura confrontation des classes, la bourgeoisie tentera par tous les moyens, y compris par la corruption et la collusion, de s’avantager. Et inévitablement par conséquent, les prolétaires réagiront à ce fait.

        Le capitalisme est un mythe, il ne fonctionnera jamais, puisqu’il tient une majorité humaine en esclavage au capital qui lui, ne peut que véritablement servir les intérêts d’une classe à part, la minorité parasitaire bourgeoise, inutile à notre humanité et à l’émancipation des humains.

        Il est mort, et vous ne le verrez pas apparaître en mode extrême, tel que vous le souhaitez. Les prolétaires, rendus là, prendront les armes pour écraser la minorité qui l’opprime.

        «Chaque chose en son temps. Je peine à me limiter à 1200 mots juste pour expliquer les prix. La spéculation, les monopoles, etc vont être abordés plus tard. Promis!»

        Qu’importe si vous abordez le sujet, ça ne modifiera pas les faits et les facteurs humains qui dans ce contexte, ne seront jamais propices au bon établissement d’un système de toute façon, injuste pour la majorité laborieuse.

        Donc, je vous promets de jeter par terre votre argumentaire, aussi poliment que possible.

        R.I.P.

        (Il ne servait pas la cause humaine, lui fit des maux irréparables, et concentra le pouvoir de toute la Terre au sein d’une minorité parasitaire incapable de gagner dignement sa propre vie, et préférant la faire gagner par le prolétariat, tenu en laisse par les dogmes du système capitaliste.

        Ne laisse personne dans le deuil, sauf les privilégiés du système, les parasites bourgeois…)

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          26 février 2011 à 9 09 06 02062
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          Un diamant, ça ne sert pas à grand-chose, et là, vos lois tombent…

          Ô ignorance, quand tu nous tiens!

          Le diamant est la matière la plus dure qui existe sur terre. À part son côté purement ornemental, qui est pourtant non-négligeable, les diamants peuvent aussi servir à fabriquer des outils pour tailler le verre, des têtes de forage pour l’exploitation pétrolière et même pour des aiguilles de tourne-disques, encore utilisés par certains DJs.

          L’or est utilisé extensivement dans la fabrication de produits électroniques… Quand on ne s’en sert pas comme monnaie d’échange…

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        26 février 2011 à 14 02 19 02192
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        Un sac de sable du Sahara serait très rare ici… Ô ignorance, quand tu nous tiens!

        Vous nous prenez pour des enfants?

        Changer de registre monsieur David. Quand vous aurez atteint l’expertise et la compétence de la majorité des lecteurs de ce journal, vous pourrez vous permettre la condescendance en surplus de l’insignifiance.(dans le sens de non-pertinent)

        En essayant de défendre votre Minarchisme-Libertarien vous me rappeler cette citation:

        «La façon la plus perfide de nuire à une cause, c’est de la défendre, intentionnellement avec de mauvaises raisons.» Nietzsche

        DG

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          26 février 2011 à 22 10 17 02172
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          @ Denis Gélinas

          Vous nous prenez pour des enfants?

          Loin de moi cette idée. Mais lorsqu’on fait des affirmation comme « les diamants n’ont aucune utilité », ou qu’on essaie de réduire ma thèse à « plus c’est rare et plus c’est cher », j’ai tendance à trouver ces arguments un peu enfantins. Alors pour la compétence et l’expertise, on repassera.

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            28 février 2011 à 5 05 34 02342
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            «Vos propos sur la lutte des classes sont plutôt hors-sujet et démontrent votre propre zélotisme. Mais puisque vous y tenez, voici un petit texte sur l’analyse libertarienne de la lutte des classes, car voyez-vous, même à Cuba, que vous citez toujours en exemple, cette lutte existe toujours…»

            «(NdT : Le terme « libertarian » a pris forme en anglais pour remplacer « liberal », terme signifiant désormais « de gauche » aux Etats-Unis.)»

            N’importe quoi, la gauche étant en réalité, une gauche d’un président d’une Assemblée en particulier et le libéralisme, lui, l’ennemi juré des socialistes. Et ce texte ne remet surtout pas en question l’existence des classes, bien au contraire.

            Et personne n’a dit que Cuba était dépourvue de cette lutte de classe, le communisme n’y est pas établi d’ailleurs, il n’y a même aucune prétention de la part de l’Assemblée nationale cubaine en ce sens.

            D’autre part cher ignare (Mon insulte suit la vôtre, François pourra témoigner que vous me traitez d’ignare dans le commentaire suivant…), la lutte de classe était appropriée comme sujet au vôtre, qui lui, en fait fi pour pourtant expliquer des dogmes qui seront imposés à cette classe qu’est le prolétariat, et où les richesses ne dévalent pas les pentes de l’injustice économique.

            «Ô ignorance, quand tu nous tiens!
            Le diamant est la matière la plus dure qui existe sur terre. À part son côté purement ornemental, qui est pourtant non-négligeable, les diamants peuvent aussi servir à fabriquer des outils pour tailler le verre, des têtes de forage pour l’exploitation pétrolière et même pour des aiguilles de tourne-disques, encore utilisés par certains DJs.»

            Ô omniscience, quand tu nous tiens.

            Vous auriez au moins pu parler des lasers aussi, mais encore. Est-ce que les diamants ont une telle importance, qu’ils ne peuvent être remplacés, ou que notre vie prend fin dès lors que nous n’en trouvons plus? Pas vraiment. Les DJs, pardonnez-moi, mais ils ne sont pas indispensables. Quant à la dureté des matériaux, vous avez essayé votre tête? Pour tailler le verre, il existe d’autres outils que le diamant.

            Bon, les pauvres pétrolières…. Et pour faire quoi? Des voitures? Tout ce qui est en métal? Tout ce qu’on fiche au centre d’enfouissement là et toute cette cochonnerie qui brise après quelques semaines d’utilisation? Consommation, quand tu me tiens.

            Bon, on a trouvé une utilité réelle, le forage, mais le forage, ça outrepasse la soif? La faim?

            «L’or est utilisé extensivement dans la fabrication de produits électroniques… Quand on ne s’en sert pas comme monnaie d’échange…»

            L’or n’est pas indispensable à la fabrication des produits électroniques, mais on le fait et on vend ainsi les produits électroniques plus chers, mais comme je le dis, ce n’est vraiment pas une indispensabilité. Le cuivre fait son travail et il y a ensuite bien d’autres métaux que l’Or qui peuvent remplir la tâche.

            Quant à la monnaie d’échange, c’est une fiction, personne ne vit de l’or, il ne sert rien de se s’en échanger, c’est un leurre, un leurre qui préserve les pauvres dans la pauvreté étant donné que dans ce système, celui qui détient de l’or, achetable avec de gros moyens financiers, possède le pouvoir. Un leurre je vous dis. Moi, je n’ai pas d’or, et je suis un homme heureux quand même, ma vie n’en est pas affectée du tout.

            Mais en gros, tout cela dit, ça ne vous permet pas d’argumenter en faveur de ce système capitaliste qui serait plus pur, et plus terrible en réalité, pour ceux et celles qui le subissent.

            «Loin de moi cette idée. Mais lorsqu’on fait des affirmation comme « les diamants n’ont aucune utilité », ou qu’on essaie de réduire ma thèse à « plus c’est rare et plus c’est cher », j’ai tendance à trouver ces arguments un peu enfantins. Alors pour la compétence et l’expertise, on repassera.»

            Et pourtant mon cher ignare, l’or est bien une des dernières nécessités de cette planète, à part pour le forage. J’aurai soif avant d’avoir besoin d’or. J’aurai faim avant d’avoir besoin d’or, et je n’ai besoin d’or pour aucun de ces deux premiers besoins. Alors, je passe mon tour, je n’offre rien à l’encan pour le lingot. Gardez-le au pire, ça peut faire une ancre pour une chaloupe.

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    25 février 2011 à 7 07 05 02052
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    « les consommateurs, ne voyant pas le prix augmenter, continueraient de consommer du blé au même rythme qu’avant, alors qu’il y a beaucoup moins de stock disponible. »

    C’est précisément ce que Walter Block explique dans ce texte :
    http://www.lewrockwell.com/block/block160.html

    Grosso modo, le spéculateur stocke ce qu’il croit prendre de la valeur, du fait donc qu’il prévoit une pénurie. Il lisse les chocs en temps de vaches maigres. A court terme, les prix augmentent. Mais la réaction du marché ne se fait pas attendre. Les producteurs augmentent la production et les prix retrouvent leur niveau initial.

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    25 février 2011 à 9 09 00 02002
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    Excellente réflexion concise et limpide.

    Merci Philippe.

    Amicalement

    Elie l’Artiste

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      26 février 2011 à 8 08 02 02022
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      L’aliénation volontaire n’est pas partagée ici…

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    25 février 2011 à 13 01 53 02532
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    Oui oui Salamaque, où l’on enseignait en médecine la saignée du coude pour effet thérapeutique.
    Probablement pour en augmenter son huile, au bénéfice de la ventouse des marchands.

    Résumé de votre texte: plus c’est rare plus c’est cher.

    Un texte sur ‘comment on réussit à créer artificiellement la rareté’ ou encore ‘comment contrôler le marché’ serait plus approprié pour les élèves de septième. (101)

    « Il y a deux causes pour tirer du sang à l’homme; ou bien il en a trop, ou bien il l’a mauvais. Une abondance excessive de sang n’est pas moins dangereuse que son altération. Or, le sang de notre âme c’est notre volonté, car, de toutes les humeurs du corps, le sang est par excellence le soutien de notre nature, la vie de notre âme est dans notre volonté. Il faut donc nous tirer aussi de la volonté quand elle est mauvaise, parce qu’elle est une cause de maladie spirituelle. »

    Saint Bernard, sermon des saignées spirituelles (CVIII)

    DG

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    26 février 2011 à 5 05 55 02552
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    Quelle belle histoire que vous nous contez là, Monsieur David …

    Le capitalisme expliqué aux petits enfants…

    Seulement vous ne parlez pas de la spéculation, des monopoles , des multinationales qui vivent dessus et des décideurs du monopoly .

    Un exemple : le suppositoire…

    Si votre système était parfait , il nous en couterait 20 centimes…

    Sur le marché 1,5 $…Où est passée la différence ?

    Dans notre c.., Monsieur David , car je ne veux pas être grossier .

    Relisez « le sucre », tout est expliqué .

    Puis vous verrez comment en faisant de la rétention de cacao ont fait exploser les prix tout en affamant les producteurs .

    Le blé, idem . Le coton, idem .

    Vous pensez sans doute que le baril de pétrole flambe actuellement parce qu’il manque du pétrole ?

    Ben non,l’Arabie Saoudite et les autres pays producteurs ont décidé de compenser le % libyen en défaut aux vues des événements .

    Et pourtant le pétrole flambe et tous les produits dérivés …

    Curieux non ?

    Vous aurait on menti ?

    Tk.

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      26 février 2011 à 7 07 38 02382
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      Non, il vous dira que c’est le «méchant corporatisme», mais ce dernier est inévitable tant qu’il existe des classes en lutte. Et cela, monsieur David en fait fi. Il s’imagine que le capitalisme peut exister en faisant fi du facteur humain, qu’il dépeignait lui-même comme argument pour expliquer les «ratées» du socialisme, alors que beaucoup d’autres facteurs, dont l’impérialisme des capitalistes, expliquaient les maux des développements socialistes.

      Monsieur David est un religieux, il croit en son système capitaliste, c’est un idéaliste, qui fait fi des faits, du mauvais partage de la richesse par exemple, qui n’est en fait qu’une cartellisation de celle-ci sous le capitalisme, au sein d’une minorité parasitaire, la classe bourgeoise, celle qui détient les moyens de production. Une évidence qu’il continue de nier, après 200 ans de preuves accumulées contre ses dires pourtant.

      Y a de ces croyants qu’il ne faut pas embêter, parce qu’ils se réfugient encore plus creux dans leur totalitarisme.

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        26 février 2011 à 7 07 53 02532
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        @ Sylvain Guillemette

        Monsieur David est un religieux

        Tout comme vous d’ailleurs…

        il croit en son système capitaliste, c’est un idéaliste, qui fait fi des faits, du mauvais partage de la richesse par exemple, qui n’est en fait qu’une cartellisation de celle-ci sous le capitalisme, au sein d’une minorité parasitaire, la classe bourgeoise, celle qui détient les moyens de production. Une évidence qu’il continue de nier, après 200 ans de preuves accumulées contre ses dires pourtant.

        Toutes vos objections seront répondues dans des articles subséquents, n’ayez crainte. Continuez de lire, vous pourriez apprendre quelque chose…

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          26 février 2011 à 8 08 06 02062
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          «Tout comme vous d’ailleurs…»

          Je ne crois en rien cher Philippe, bon matin pareil… Slurp, mhhhh, bon café!

          «Toutes vos objections seront répondues dans des articles subséquents, n’ayez crainte. Continuez de lire, vous pourriez apprendre quelque chose…»

          Philippe, je connais les rouages du corporatisme, et du capitalisme. Je comprends votre haine du copinage entre bourgeois et État, mais cela ne changera pas sous un jour sans État. Fabulation.

          Il ne sert à rien de dissocier les deux, ils seront toujours de pair. L’harmonie entre les deux classes (prolétariat et bourgeoisie) ne sera jamais réalité, je vous le promets aussi.

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            26 février 2011 à 9 09 14 02142
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            Je ne crois en rien cher Philippe, bon matin pareil…

            Comme si le marxisme n’était pas une croyance…

            Slurp, mhhhh, bon café!

            Grâce à votre croyance, vos camarades vénézuéliens vous envieraient votre tasse de café…

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            28 février 2011 à 5 05 43 02432
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            «Comme si le marxisme n’était pas une croyance…»

            Le marxisme est une méthode de travail pour analyser un sujet donné, ce n’est effectivement pas une religion. Le marxiste analyse chaque situation avec ses faits, et en tient particulièrement compte. Par exemple, le marxiste observe que le capital ne se partage pas dans le système capitaliste, qu’il se concentre plutôt, au sein d’une minorité qui détient les moyens de production. Le marxiste observe alors que des lois économiques seront appliquées, malgré cette inexistence du partage de la richesse, ne tenant pas compte de cette inexistence du partage de la richesse, pourtant créée par ceux et celles qui la quémandent.

            Le marxisme n’a rien d’une croyance et au contraire, le capitalisme a tout d’une croyance. Le capitaliste croit en son système et voit dans sa boule de cristal, des gains possibles alors que les mois suivants, eux tenant marxistement compte des faits, les gains n’arrivent guère. Le capitaliste croira, malgré ses multiples échecs patents, que le capitalisme triomphera.

            Le capitaliste se fiche en fait éperdument des faits, il les ignore et souligne ceux qui l’avantagent.

            «Grâce à votre croyance, vos camarades vénézuéliens vous envieraient votre tasse de café…»

            Y a des Ghanéens qui rêvent peut-être de goûter à l’or qu’ils amassent avec des salaires de misère pour la bourgeoisie au Ghana, où un paradis fiscal sévit. Mais l’or ne se goûte pas, il reste alors les fruits des champs pollués à l’arsenic ou au cyanure. Et les toilettes de certaines entreprises y sont privatisées, alors vaut mieux pas avoir à pisser des clous, ça coûte un bras…

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    27 février 2011 à 14 02 14 02142
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    L´analyse du rôle des prix dans l´équilibre économique d´une région semble correct. Cependant qu´arrive-t-il dans des régions plus défavorisées, qui n´ appartiennent pas au main-stream économique et qui no possèdent pas des matières premières (pétrole, charbon, minerais), qui ne se sont jamais industrialisées ?
    Les républiques bananières sont en cela bien connues, qui ne produisent que des produits agricoles: café, canne à sucre, banane,riz, fruits tropicaux et sonc donc incapables, que ce soit d´ailleurs avec l´intervention étatale totale qui a échoué complètement à Cuba ou étatale partielle semi-social-démocrate au costa Rica, par exemple, ou sans presque intervention étatale
    au Guatemala ou dans toute l´Amérique Centrale et du Sud, où ils n´arrivent pas à s´en sortir économiquement, restant toujours fondamentalement pauvres, sous-développés.
    Ainsi les prix là bas, des denrées alimentaires basiques produites in-situ sont 7 fois moins chères que chez nous, comme les salaires qui sont aussi 7 fois plus bas. On constate donc qu´il n´y a pas qu´un seul marché mondial, qu´il y en a plusieurs, qu´il ya des marchés locaux, régionaux, qui sont de vrais ilôts isolés du main steam !!!! Et de plus ils ont recours à un processus continu de dévaluation de leur monnaie nationale.
    En 1974 1$=8 Colons du Costa Rica.
    En février 2011 1$=508 Colons.
    Cela fait une dévaluation moyenne annuelle de 10^(log(63,5))/37)-1=11,87 % Attention, ce n´est pas une dévaluation sauvage et incontrôlée de la monnaie nationale, mais un procéssus lent et continu, une stratégie économique à long terme de protection contre un déséquilibre économique dont ils ne peuvent vraisemblablement sortir.
    Mais cette protection, avec la dévaluation continue de leur monnaie, attire les investisseurs qui viendront installer bon marché (relativement aux marchés du Nord) des usines pour fabriquer des ordinateurs ou des télévisons pour la consommation régionale, mais empêche cette région , justement , de produire ses propres produits, de lancer une industrie nationale compétitive. La question est: que dit la libre économie à propos de ces exemples de pathologie économique où ils ne s´en sortent pas économiquement et qui provoque des délocalisations industrielles qui sont bien profitables pour l´ économie du Nord et qui sont, en fait, de vrais petits *COUPS D´ETAT ECONOMIQUES* profitant au Nord, mais enlisant économiquement le Sud ??

    PS: je ne veux point cependant enliser vos arguments. Mais une critique de cette colonisation économique du Sud par le Nord serait souhaitable, parce qu´elle est réelle.

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