L’impôt

Demain, C’est la date limite pour envoyer votre rapport d’impôt. Alors pour tous ceux qui sont si fiers de me dire qu’ils aiment payer de l’impôt pour tous les bienfaits que l’État nous livre grâce à eux, je vous livre quelques grains de sagesse d’un des grands penseurs libertariens: Frédéric Bastiat (1801-1850).

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Bastiat était un économiste et un homme politique français du début du XIXe siècle. Malgré ça, vous découvrirez que ses écrits sont tout aussi pertinents aujourd’hui qu’ils l’étaient au moment où ils ont été mis sur papier. Plus ça change, plus c’est pareil. Le texte que je présente ici est un peu long, mais je vous serait reconnaissant de le lire jusqu’au bout. Sans plus tarder, je voue présente: L’impôt.

Frédéric Bastiat (1801-1850)

L’impôt

Ne vous est-il jamais arrivé d’entendre dire:

« L’impôt, c’est le meilleur placement; c’est une rosée fécondante? Voyez combien de familles il fait vivre, et suivez, par la pensée, ses ricochets sur l’industrie: c’est l’infini, c’est la vie ».

Pour combattre cette doctrine, je suis obligé de reproduire la réfutation précédente. L’économie politique sait bien que ses arguments ne sont pas assez divertissants pour qu’on en puisse dire: Repetita placent. Aussi, comme Basile, elle a arrangé le proverbe à son usage, bien convaincue que dans sa bouche, Repetita docent.

Les avantages que les fonctionnaires trouvent à émarger, c’est ce qu’on voit. Le bien qui en résulte pour leurs fournisseurs, c’est ce qu’on voit encore. Cela crève les yeux du corps.

Mais le désavantage que les contribuables éprouvent à se libérer, c’est ce qu’on ne voit pas, et le dommage qui en résulte pour leurs fournisseurs, c’est ce qu’on ne voit pas davantage, bien que cela dût sauter aux yeux de l’esprit.

Quand un fonctionnaire dépense à son profit cent sous de plus, cela implique qu’un contribuable dépense à son profit cent sous de moins. Mais la dépense du fonctionnaire se voit, parce qu’elle se fait; tandis que celle du contribuable ne se voit pas, parce que, hélas! on l’empêche de se faire.

Vous comparez la nation à une terre desséchée et l’impôt à une pluie féconde. Soit. Mais vous devriez vous demander aussi où sont les sources de cette pluie, et si ce n’est pas précisément l’impôt qui pompe l’humidité du sol et le dessèche.

Vous devriez vous demander encore s’il est possible que le sol reçoive autant de cette eau précieuse par la pluie qu’il en perd par l’évaporation?

Ce qu’il y a de très-positif, c’est que, quand Jacques Bonhomme compte cent sous au percepteur, il ne reçoit rien en retour. Quand, ensuite, un fonctionnaire dépensant ces cent sous, les rend à Jacques Bonhomme, c’est contre une valeur égale en blé ou en travail. Le résultat définitif est pour Jacques Bonhomme une perte de cinq francs.

Il est très-vrai que souvent, le plus souvent si l’on veut, le fonctionnaire rend à Jacques Bonhomme un service équivalent. En ce cas, il n’y a pas perte de part ni d’autre, il n’y a qu’échange. Aussi, mon argumentation ne s’adresse-t-elle nullement aux fonctions utiles. Je dis ceci: si vous voulez une fonction, prouvez son utilité. Démontrez qu’elle vaut à Jacques Bonhomme, par les services qu’elle lui rend, l’équivalent de ce qu’elle lui coûte. Mais, abstraction faite de cette utilité intrinsèque, n’invoquez pas comme argument l’avantage qu’elle confère au fonctionnaire, à sa famille et à ses fournisseurs; n’alléguez pas qu’elle favorise le travail.

Quand Jacques Bonhomme donne cent sous à un fonctionnaire contre un service réellement utile, c’est exactement comme quand il donne cent sous à un cordonnier contre une paire de souliers. Donnant donnant, partant quittes. Mais, quand Jacques Bonhomme livre cent sous à un fonctionnaire pour n’en recevoir aucun service ou même pour en recevoir des vexations, c’est comme s’il les livrait à un voleur. Il ne sert de rien de dire que le fonctionnaire dépensera ces cent sous au grand profit du travail national; autant en eût fait le voleur; autant en ferait Jacques Bonhomme s’il n’eût rencontré sur son chemin ni le parasite extra-légal ni le parasite légal.

Habituons-nous donc à ne pas juger des choses seulement par ce qu’on voit, mais encore par ce qu’on ne voit pas.

L’an passé, j’étais du Comité des finances, car, sous la Constituante, les membres de l’opposition n’étaient pas systématiquement exclus de toutes les Commissions; en cela, la Constituante agissait sagement. Nous avons entendu M. Thiers dire: « J’ai passé ma vie à combattre les hommes du parti légitimiste et du parti prêtre. Depuis que le danger commun nous a rapproché, depuis que je les fréquente, que je les connais, que nous nous parlons cœur à cœur, je me suis aperçu que ce ne sont pas les monstres que je m’étais figurés. »

Oui, les défiances s’exagèrent, les haines s’exaltent entre les partis qui ne se mêlent pas; et si la majorité laissait pénétrer dans le sein des Commissions quelques membres de la minorité, peut-être reconnaîtrait-on, de part et d’autre, que les idées ne sont pas aussi éloignées et surtout les intentions aussi perverses qu’on le suppose.

Quoi qu’il en soit, l’an passé, j’étais du Comité des finances. Chaque fois qu’un de nos collègues parlait de fixer à un chiffre modéré le traitement du Président de la République, des ministres, des ambassadeurs, on lui répondait:

« Pour le bien même du service, il faut entourer certaines fonctions d’éclat et de dignité. C’est le moyen d’y appeler les hommes de mérite. D’innombrables infortunes s’adressent au Président de la République, et ce serait le placer dans une position pénible que de le forcer à toujours refuser. Une certaine représentation dans les salons ministériels et diplomatiques est un des rouages des gouvernements constitutionnels, etc., etc. »

Quoique de tels arguments puissent être controversés, ils méritent certainement un sérieux examen. Ils sont fondés sur l’intérêt public, bien ou mal apprécié; et, quant à moi, j’en fais plus de cas que beaucoup de nos Catons, mus par un esprit étroit de lésinerie ou de jalousie.

Mais ce qui révolte ma conscience d’économiste, ce qui me fait rougir pour la renommée intellectuelle de mon pays, c’est quand on en vient (ce à quoi on ne manque jamais) à cette banalité absurde, et toujours favorablement accueillie:

« D’ailleurs, le luxe des grands fonctionnaires encourage les arts, l’industrie, le travail. Le chef de l’État et ses ministres ne peuvent donner des festins et des soirées sans faire circuler la vie dans toutes les veines du corps social. Réduire leurs traitements, c’est affamer l’industrie parisienne et, par contre-coup, l’industrie nationale. »

De grâce, Messieurs, respectez au moins l’arithmétique et ne venez pas dire, devant l’Assemblée nationale de France, de peur qu’à sa honte elle ne vous approuve, qu’une addition donne une somme différente, selon qu’on la fait de haut en bas ou de bas en haut.

Quoi! je vais m’arranger avec un terrassier pour qu’il fasse une rigole dans mon champ, moyennant cent sous. Au moment de conclure, le percepteur me prend mes cent sous et les fait passer au ministre de l’intérieur; mon marché est rompu mais M. le ministre ajoutera un plat de plus à son dîner. Sur quoi, vous osez affirmer que cette dépense officielle est un surcoût ajouté à l’industrie nationale! Ne comprenez-vous pas qu’il n’y a là qu’un simple déplacement de satisfaction et de travail? Un ministre a sa table mieux garnie, c’est vrai; mais un agriculteur a un champ moins bien desséché, et c’est tout aussi vrai. Un traiteur parisien a gagné cent sous, je vous l’accorde; mais accordez-moi qu’un terrassier provincial a manqué de gagner cinq francs. Tout ce qu’on peut dire, c’est que le plat officiel et le traiteur satisfait, c’est ce qu’on voit; le champ noyé et le terrassier désœuvré, c’est ce qu’on ne voit pas.

Bon Dieu! que de peine à prouver, en économie politique, que deux et deux font quatre; et, si vous y parvenez, on s’écrie : « c’est si clair, que c’en est ennuyeux. » — Puis on vote comme si vous n’aviez rien prouvé du tout.

44 pensées sur “L’impôt

  • avatar
    29 avril 2010 à 8 08 27 04274
    Permalink

    @Philippe

    Et la gauche moderne te lancera:

    « Mais Jacques Bonhomme est riche, tellement riche qu’il n’arrive même pas à tout dépenser son argent, qui dort dans son coffre-fort…

    Le fonctionnaire lui se fera un devoir de dépenser l’argent prélevé, qui aura tôt fait de générer de l’activité économique. »

    Répondre
    • avatar
      29 avril 2010 à 10 10 10 04104
      Permalink

      @ Minarchiste

      Nous savons fort bien que c’est faux, à moins que Jacques Bonhomme bourre son matelas de billets de banque.

      Répondre
  • avatar
    29 avril 2010 à 10 10 26 04264
    Permalink

    @Philippe

    En effet, sa richesse est plus probablement investie sous diverses formes. Elle aura alors servi à financer des investissements dans la capacité de production, permettant de produire des biens en plus grande quantité et/ou en meilleure qualité et/ou à meilleur coût. Autrement dit, sa richesse aura servi de « capital » pour engendrer la création de plus de richesse.

    L’ensemble des consommateurs a accès à ces bienfaits. Si l’argent de Jacques Bonhomme a été prêté au cordonnier pour qu’il achète une nouvelle machine lui permettant de réduire ses coûts unitaires de 15%, le coordonnier pourra réduire ses prix pour gagner des parts de marché et ce sont tous les consommateurs de souliers qui en bénéficieront. Les économies réalisées sur les souliers leur permettront d’acquérir d’autres biens et ainsi d’améliorer leur niveau de vie.

    On peut donc en conclure que l’épargne de Jacques Bonhomme devient du capital créateur de richesse pour la collectivité.

    Lorsque le fonctionnaire siphonne la richesse de Jacques Bonhomme pour la dépenser selon ses vues, ce n’est pas seulement le montant prélevé qu’il lui soutire, mais l’ensemble de la richesse que ce capital aurait pu créer.

    Il y a ce qu’on voit (la redistribution de richesse réalisée grâce à l’impôt), et il y a ce qu’on ne voit pas (la destruction de richesse résultant de la disparition d’une partie du capital productif).

    Répondre
  • avatar
    29 avril 2010 à 10 10 47 04474
    Permalink

    Tout cela est vrai. Je le comprend bien.

    Là où je m’interroge encore, c’est le rôle des actions ordinaires à la bourse sur le marché secondaire.

    Sur le marché primaire, pas de problème: l’argent sert à l’investissement. Mais le marché secondaire… l’argent passe d’un individu à un autre sans créer quelque richesse que ce soit (ou plutôt: sans que je ne vois de création de richesse).

    Or la valeur des actions augmente toujours (à long terme) plus vite que le PIB. Il y a donc des gens qui sont de plus en plus riches sur papier. Qu’ont-ils faits de constructif pour mériter cet enrichissement? Et font-ils des perdants?

    Pour moi, ce problème est très différent de celui des produits dérivés. Si j’ai bien compris, les produits dérivés, c’est un jeu à somme nulle (ou même à somme négative si on tient compte des coûts de transaction). Si ces produits ont un effet global, c’est sur la volatilité des marchés.

    Bref, j’ai l’impression de comprendre des choses, mais pas tout.

    Répondre
  • avatar
    29 avril 2010 à 12 12 31 04314
    Permalink

    @Minarchiste

    Je vien de lire l’article « le role economique du marché des capitaux » et j’aurais une question pour vous. Vous ecrivez:

    « Cette pression du marché force les entreprises à présenter une performance et une situation financière aussi excellentes que possible. »

    Qu’arrive t-il lorsqu’une compagnie ne réussi pas a satisfaire le marché soit par des performance au dessous des attente ou tout autre situation qui m’échappe? Est-ce que celle-ci essaiera d’y parvenir en réduisant la main d’œuvre , en évasion fiscale, sous contractants etc pour pouvoir remettre un bilan positif a ces actionnaires ou est-ce possible pour cette compagnie de produire a perte ou tout simplement a ne pas faire de profit a long terme?

    Répondre
  • avatar
    29 avril 2010 à 12 12 50 04504
    Permalink

    @Lleila

    « Qu’arrive t-il lorsqu’une compagnie ne réussi pas a satisfaire le marché soit par des performance au dessous des attente ou tout autre situation  »

    Son coût du capital va augmenter. Autrement dit, le marché va allouer son capital vers d’autres entreprises plus efficaces à créer de la richesse.

    « Est-ce que celle-ci essaiera d’y parvenir en réduisant la main d’œuvre , en évasion fiscale, sous contractants etc pour pouvoir remettre un bilan positif a ces actionnaires  »

    Si une entreprise a trop d’employés, elle a tout intérêt à réduire leur nombre au niveau optimal par rapport à ce qu’elle a besoin. Cependant, elle n’a pas intérêt à trop réduire sa main d’oeuvre car elle ne sera pas en mesure de produire suffisamment et ses profits baisseront.

    De la même façon, elle pourra utiliser des sous-contractants si cela lui permet d’économiser sans trop compromettre la qualité. Cela lui permettra de se concentrer sur ses compétences principales.

    Au niveau de l’évasion fiscal, c’est sûr que les entreprises (tout comme les particuliers) font ce qu’elles peuvent pour minimiser leur charge d’impôt. C’est au gouvernement de déterminer ce qui est légitime et ce qui ne l’est pas.

    Ne manquez pas mon billet de mardi prochain sur l’importance du profit pour la société.

    Répondre
  • avatar
    29 avril 2010 à 12 12 55 04554
    Permalink

    @Leila

    J’oubliais votre dernière question:

    « est-ce possible pour cette compagnie de produire a perte ou tout simplement a ne pas faire de profit a long terme? »

    Si elle produit à perte, elle tombera tôt ou tard en faillite. Elle sera alors liquidée; c’est-à-dire que son capital sera retourné sur les marchés financiers, où il sera redirigé vers des entreprises qui créent de la richesse.

    C’est ce que l’économiste Joseph Schumpeter nommait: « la destruction créatrice du capitalisme ».

    N’oubliez pas une chose: dans un marché libre, pour qu’une entreprise fasse du profit, il est impératif que celle-ci produise des biens qui « plaisent » aux consommateurs en terme de prix et de qualité.

    Donc, lorsqu’une entreprise qui ne fait pas de profit, c’est le signal que celle-ci ne réussit pas à rencontrer les exigences des consommateurs.

    Répondre
  • avatar
    29 avril 2010 à 13 01 48 04484
    Permalink

    @ Minarchiste:

    « … dans un marché libre, pour qu’une entreprise fasse du profit, il est impératif que celle-ci produise des biens qui “plaisent” aux consommateurs en terme de prix et de qualité..  »

    Le marché libre est dans les contes de fées, avec la main invisible et la concurrence parfaite. Dans le monde réel, il y a longtemps que c’est l’offre qui domine la demande et quand le systeme se « corporatise », comme maintenant, la demande n’a que le droit de tourner en rond dans le tout petit enclos où le capital l’envoie paître.

    Si vous preniez le temps de lire le texte en lien, que j’ai écrit à partir d’une observation et d’une reflexion personnelle – et non de l’exégèse des sourates de mon gourou – nous pourrions peut-être faire un pas vers la convergence sans laquelle, que nous soyons de gauche ou de droite, nous resterons indéfiniment tributaires des banquiers-brigands.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/02/18/le-baccarat-des-inities/

    et la suite…

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/02/19/les-joueurs-bien-eleves/

    Pierre JC Allard

    Répondre
    • avatar
      29 avril 2010 à 16 04 44 04444
      Permalink

      @ PJCA

      La concurrence parfaite est une fiction concoctée par les néo-classiques, elle ne peut exister dans le vrai monde. Les partisans du libre-marché n’y croient pas. Nous croyons simplement à retirer le plus possible les barrières à la concurrence. Ce genre de marché peut définitivement exister, il ne suffit que de faire une séparation de l’état et de l’économie comme nous maintenons une séparation de l’état et l’Église.

      Répondre
  • avatar
    29 avril 2010 à 14 02 08 04084
    Permalink

    @PJCA

    Le marché libre n’est pas un conte de fée; les obstacles à la concurrence sont presque toujours étatiques et doivent/peuvent être éliminés. Ça s’appelle la libéralisation (dans le vrai sens du mot).

    http://minarchiste.wordpress.com/2010/03/05/la-concurrence-et-le-bon-fonctionnement-dun-marche/

    D’ailleurs, votre premier lien illustre bien que l’un de ces mécanismes qui bloquent la concurrence et protègent les cartels est la propriété intellectuelle. Cette institution étatique ne ferait certainement pas partie d’une minarchie:

    http://minarchiste.wordpress.com/2010/03/08/de-la-propriete-intellectuelle/

    Sans elles, plusieurs industries dans lesquelles oeuvrent les Fortune 500 seraient beaucoup plus compétitives.

    Répondre
  • avatar
    29 avril 2010 à 15 03 51 04514
    Permalink

    @ minarchiste:

    Votre réponse me satisfait, du moins pour le moment. Je vais y cogiter pour mieux me l’approprier et si j’ai des problèmes, je reviendrai.

    Merci!

    Répondre
  • avatar
    29 avril 2010 à 18 06 12 04124
    Permalink

    @PJCA

    J’ai bien aimé votre expression « exégèse des sourates de mon gourou ». Surtout que le monde a bien changé depuis que ce fameux gourou a écrit sa petite théorie reprise depuis quelques années comme un dogme par certains. J’ai lu vos deux liens et votre analyse me semble correspondre beaucoup mieux à la réalité. Mais comme nous touchons à des croyances…

    @ Philippe et Minarchiste

    Un exemple tiré de Krisis qui démontre à quel point le capitalisme moderne se contrefiche de la demande.

    « La logique du travail et de la production marchande commet ses pires dégâts précisément là où il n’est plus possible d’obtenir une valorisation du capital à grande échelle. C’est-à-dire là où, du fait l’effondrement de sa participation au marché mondial, l’Etat national s’écroule et où ce sont maintenant des bandes de rôdeurs qui perpétuent la concurrence, sous la forme de la guerre et du pillage – comme dans de grandes parties de l’Afrique et de l’ancien Bloc de l’Est. Ou là où on interdit à des hommes l’accès à des étendues agricoles, à des bâtiments ou des usines, parce qu’il n’y a plus de débouchés sur les marchés. C’est par exemple largement le cas aujourd’hui en Argentine. On ne s’intéresse pas ici au fait que des hommes meurent de faim alors qu’il y a juste à côté des ressources inexploitées ou abandonnées parce qu’elles ne sont plus « rentables » sous la forme de travail et de production marchande. C’est là que l’indifférence absolue de cette forme sociale pour les besoins concrets des hommes se fait voir dans toute sa dureté. Des ressources n’ont d’intérêt social que lorsqu’elles représentent de la valeur et peuvent être investies pour valoriser de la valeur. Toute autre possibilité d’usage, par exemple l’auto-organisation d’une production de biens de consommation pour des gens qui ont faim mais qui n’ont pas de pouvoir d’achat est déclarée d’entrée inacceptable et, le cas échéant, est empêchée par la force. Ainsi par exemple, quelques usines furent évacuées (pour d’autres, on a pu l’empêcher), alors qu’elles sont sans valeur du point de vue capitaliste ; il s’agissait ici juste de sauvegarder le principe de la propriété privée. Le caractère tautologique de la forme marchande est ici complètement grotesque. La forme sociale doit être maintenue à toute force, en dépit du fait que sa substance, la consommation massive de force de travail humaine, a disparu. Ainsi, le fétichisme du travail et de la forme marchande se transforme au grand jour en entreprise de destruction du monde. Ce qui n’est plus possible à l’intérieur des formes de la société marchande doit ne plus être possible du tout. »

    http://www.krisis.org/2003/de-la-critique-du-travail-a-labolition-de-la-societe-marchande

    Répondre
  • avatar
    29 avril 2010 à 19 07 07 04074
    Permalink

    @Thérèse L.

    Vous mélangez beaucoup de concepts et votre définiton du mot capitalisme est erronée.

    Vous dîtes:

    « sous la forme de la guerre et du pillage »

    Tel que je l’ai démontré plusieurs fois, la guerre et le capitalisme sont antagonistes. Le capitalisme implique des échanges libres sur un marché. Lorsqu’on utilise la force pour s’approprier quelque chose, ce n’est plus du capitalisme. La guerre perturbe le libre-marché, gaspille le capital, détruit la richesse et nuit beaucoup au capitalisme.

    Si vous en avez contre la guerre, ne blâmez pas le capitalisme, mais l’Étatisme, puisque c’est l’État, et non le marché, qui lève les armées et mène les guerres.

     » là où on interdit à des hommes l’accès à des étendues agricoles…il s’agissait ici juste de sauvegarder le principe de la propriété privée »

    Bien des terres agricoles ont été malappropriées dans le monde. Ce phénomène est largement répandu, surtout dans les pays corrompus où la propriété privée est mal protégée. L’Argentine et les pays de l’ex-URSS sont de bons exemples, on pourrait aussi inclure la plupart des pays d’Afrique et le Bangladesh. Dans ces pays, ceux qui ont de l’influence auprès des politiciens l’utilisent pour extorquer les terres et exploiter les paysans.

    La loi libertarienne, basée sur le principe du homestead est fort appropriée pour éviter ces situations. Je l’avais présentée ici dans un cadre plutôt divertissant:

    http://minarchiste.wordpress.com/2010/03/22/avatar-et-le-principe-du-homestead/

    Répondre
  • avatar
    29 avril 2010 à 22 10 16 04164
    Permalink

    @Minarchisme

    Désolée, il y a une amie de ma fille qui avait besoin de faire sa déclaration de revenus. Je n’avais plus accès à l’ordi.

    Donc, j’allais vous dire que le capitalisme, c’est pourtant cette idéologie qui a débuté avec les « enclosures » en Angleterre, qui a aussi profité de la libéralisation des intérêts par Calvin, intérêts qui auparavant étaient considérés comme un mal et que seul les malfaiteurs ou usuriers osaient utiliser. Vous savez, le commerce, ce n’est pas tout dans la vie. Et avant le traité de Westphalie, il y avait des monarchies qui faisaient la guerre, qui n’est pas une invention de l’état moderne.

    Il y a d’autres personnes que Bastiat qui se sont intéressées à l’économie.

    Peut-être que je suis un peu mélangée dans mes concepts, mais je ne suis pas certaine que vous l’êtes moins que moi.

    Comme je l’ai déjà dit, nous ne sommes pas de la même école. L’économie n’est pas une science exacte, quoique que vous sembliez en penser.

    En Argentine, il ne s’agissait pas de gens qui ne savaient pas protéger la propriété privée, mais de gens qui voulaient protéger leur offre contre la demande des consommateurs qui voulaient manger et se loger. Comment se fait-il que malgré les demandes de nombreuses personnes, le capitalisme n’ait pas encore réussi à assurer les besoins fondamentaux d’une partie substantielle de la population?

    Comment se fait-il que malgré que nous soyons nombreux à demander des écosystèmes sains, des inégalités moins nombreuses et des possibilités d’avenir viable pour nos enfants, ce système ne continue à nous offrir que de plus en plus de « bébelles  » souvent inutilisables avant même d’avoir servi, des croissances économiques toujours plus polluantes et des exclusions de plus en plus nombreuses?

    Je crois vraiment que c’est vous qui êtes déconnecté dans vos concepts d’offre et de demande.

    Moi, ce qu’on m’offre, je n’en veux pas, et ce que je demande, on ne me l’offre pas. Cherchez l’erreur!

    J’ai l’impression que votre état idéal, c’est un paradis fiscal.

    Je vous suggère comme lecture le dernier livre de M. Alain Deneault, intitulé « Off Shore ». Il a aussi écrit « Noir Canada ». Ça ne vous mettra pas de plomb dans la tête, mais ça pourrait vous instruire un peu concernant les effets pervers de votre idéologie.

    Le capitalisme, c’est la valorisation de la valeur, mais je sais que pour vous cette définition est un blasphème.

    Brulez-moi, je suis une sorcière!

    Répondre
    • avatar
      30 avril 2010 à 7 07 37 04374
      Permalink

      @ Terez L

      Donc, j’allais vous dire que le capitalisme, c’est pourtant cette idéologie qui a débuté avec les “enclosures” en Angleterre, qui a aussi profité de la libéralisation des intérêts par Calvin, intérêts qui auparavant étaient considérés comme un mal et que seul les malfaiteurs ou usuriers osaient utiliser. Vous savez, le commerce, ce n’est pas tout dans la vie. Et avant le traité de Westphalie, il y avait des monarchies qui faisaient la guerre, qui n’est pas une invention de l’état moderne.

      Avant l’industrialisation, les plus grandes fortunes ont été amassées littéralement par le pillage et la guerre. Il était pratiquement impossible de changer de classe sociale. Soi-dit en passant, le commerce entre nations est justement un des meilleurs moyens de prévenir la guerre. Il rend ces nations interdépendantes. Il tisse des liens. Lorsque vous achetez quelque chose, c’est que vous valorisez ce quelque chose plus que l’argent que vous déboursez. En contrepartie, celui qui vous vend cet objet valorise l’argent reçu plus que l’objet vendu. C’est bénéfique aux deux parties.

      Comment se fait-il que malgré les demandes de nombreuses personnes, le capitalisme n’ait pas encore réussi à assurer les besoins fondamentaux d’une partie substantielle de la population?

      Le rôle du capitalisme est justement de satisfaire les besoins du consommateurs, mais il y a souvent des gens qui lui mettent des bâtons dans les roues.

      Comment se fait-il que malgré que nous soyons nombreux à demander des écosystèmes sains, des inégalités moins nombreuses et des possibilités d’avenir viable pour nos enfants, ce système ne continue à nous offrir que de plus en plus de “bébelles ” souvent inutilisables avant même d’avoir servi, des croissances économiques toujours plus polluantes et des exclusions de plus en plus nombreuses?

      Primo, le capitalisme n’est qu’un outil économique, ce n’est pas quelque chose qui est supposé règler tous les problèmes du monde. Par contre, une société plus prospère est plus capable d’assainir son environnement qu’une société pauvre. Renseignez-vous bien et vous vous rendrez compte que la pollution a beaucoup diminué dans les pays industrialisés depuis le début du 20e siècle. C’est en partie attribuable au fait que nous sommes devenus assez riches pour nous permettre de nous en soucier. Pour ce qui est des bébelles, comme vous dites. Peut-être sont-elles sans valeur pour vous, mais la valeur est quelque chose de subjectif. Ne vous êtes-vous pas arrêté à penser que si ces bébelles sont produites, c’est parce qu’un grand nombre de gens les achètent. Si les gens cessaient de les acheter du jour au lendemain, on se mettrait à produire autre chose. Comme JP le note plus haut, les entrepreneurs identifient un besoin non rempli et essaient de le remplir.

      Quant à votre prétention que le capitalisme ne remplit pas les besoin de base, elle est fausse. Les seuls endroits où vous verrez les tablettes d’épicerie et autres nécessités vides, sont des endroits où le capitalisme n’est pas libre d’agir, parce qu’on y impose des contrôles de prix, par exemple.

      Le capitalisme, c’est la valorisation de la valeur, mais je sais que pour vous cette définition est un blasphème.

      Quel blasphème? Tout est une valeur pour une personne ou une autre. Le capitalisme n’est qu’un médium d’échange pour ces valeurs.

      Répondre
  • avatar
    29 avril 2010 à 23 11 10 04104
    Permalink

    Encore…

    The past decade has been a boon for public servants at the municipal, provincial and federal levels. According to Statistics Canada, the weekly wages for the average worker in the economy increased by 28 per cent between 1998 and 2008. Salaries grew at a considerably faster rate at all three levels of government. Municipal public administration workers saw their wages increase by an average of 33 per cent during this same period. The average weekly wage for provincial public administration workers increased by 45 per cent during these years – still less than the 54 per cent increase for federal public administration workers.

    http://www.calgarybeacon.com/2010/04/escalating-cost-of-public-service-pay-threat-to-fiscal-health/

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 0 12 42 04424
    Permalink

    @ Terez L.

    Vous êtes chanceuse! Vous avez la chance de rendre service à l’humanité et, si vous le voulez, devenir très riche!

    En effet, vous dites: « Moi, ce qu’on m’offre, je n’en veux pas, et ce que je demande, on ne me l’offre pas. Cherchez l’erreur! »

    Vous demandez quelque chose qui n’est pas offert. Vous avez identifié un besoin non satisfait. Excellent! Vous n’avez qu’à trouver une façon de combler cette demande et si plusieurs personnes ressentent le même besoin que vous, vous leur rendrez service!

    Et là, ce sera à vous de fixer un prix. Étant donné que vous semblez avoir le coeur à la bonne place, vous vous arrangerez sans doute pour ne pas faire de profit, la satisfaction d’avoir rendu service à l’humanité étant suffisante.

    Je vous envie. Moi, je ne suis qu’un petit consommateur sans imagination. Tellement sans imagination que je trouve que plusieurs objets offerts offrent bien plus de possibilités que je n’en utiliserai jamais.

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 9 09 25 04254
    Permalink

    @Thérèse L.

    « Vous savez, le commerce, ce n’est pas tout dans la vie. (…) Il y a d’autres personnes que Bastiat qui se sont intéressées à l’économie. »

    Sans blague?

    « il y avait des monarchies qui faisaient la guerre, qui n’est pas une invention de l’état moderne. »

    S’il y a une chose pire que l’étatisme c’est bien la monarchie (découlant du feodalisme). Ceci étant dit, en quoi cela appuie-t-il une argumentation anti-capitaliste?

    « L’économie n’est pas une science exacte, quoique que vous sembliez en penser.  »

    Je ne sais pas ce qui vous fait dire ça, mais c’est tout faux. Au contraire, les économistes de l’école autrichienne (à laquelle j’appartiens) affirment haut et fort que l’économie n’est pas une science exacte et ne peut être modélisée. Cette accusation est non-fondée.

    « Comment se fait-il que malgré les demandes de nombreuses personnes, le capitalisme n’ait pas encore réussi à assurer les besoins fondamentaux d’une partie substantielle de la population? »

    La réponse de Philippe est satisfaisante à cet égard. Pour vous l’Argentine est un pays où le capitalisme et le libre-marché prévalent? Ouvrez-vous les yeux!

    « J’ai l’impression que votre état idéal, c’est un paradis fiscal. »

    Non, mais toute chose étant égale par ailleurs, moins d’impôt est mieux que plus d’impôt…

    « ça pourrait vous instruire un peu concernant les effets pervers de votre idéologie. »

    Premièrement, j’ai beau chercher sans arrêt, mais dès que je crois avoir trouvé un effet pervers du capitalisme, je réalise qu’une intervention étatique se cache derrière. Trouvez m’en un et je vous le démontrerai.

    Deuxièmement, le capitalisme n’est même pas une idéologie, c’est juste un moyen d’organiser l’activité économique: i.e. en laissant les gens libres de transiger selon leurs préférences et leurs besoins. C’est pas sorcier!

    « Moi, ce qu’on m’offre, je n’en veux pas, et ce que je demande, on ne me l’offre pas. Cherchez l’erreur! »

    En effet, je ne vous suits pas. Que demandez-vous alors?

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 10 10 25 04254
    Permalink

    @ minarchiste:

    nous sommes d’accord sur presque tout. En fait, c’est dans votre dernier commentaire que je trouve la phrase avec laquelle j’ai le plus grand désaccord avec vous. Vous dites:

    « Premièrement, j’ai beau chercher sans arrêt, mais dès que je crois avoir trouvé un effet pervers du capitalisme, je réalise qu’une intervention étatique se cache derrière. »

    Un effet pervers du capitalisme inhérent au système, c’est l’accroissement des inégalités. Et c’est là, à mon avis, la principale différence entre les pro-gouvernement et les anti-gouvernement. Les pros mettent l’écart de revenu comme le premier (le seul?) ennemi à abattre. Les anti préfèrent la lutte à la pauvreté.

    Malheureusement, toujours selon ma petite théorie perfectible, les pro ne sont pas tellement conscients (en général) des effets secondaires de leur idéologie alors que les anti en sont conscients mais les négligent.

    Bon, cétait ma petite théorie personnelle…

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 10 10 49 04494
    Permalink

    Minarchiste:

    Il est plus efficace – et moins désagréable – de gouverner par la promesse et la récompense que par la menace et la punition. Une forme de capitalisme est indissociable de la première méthode comme la tyrannie de la deuxième.

    Cela dit, toute gouvernance incite à en abuser – c’est une constante de la nature humaine – et le capitalisme a aussi ses tares qui doivent être corrigées.

    En ne le faisant pas on laisse le capitalisme devenir corporatisme et l’on a alors le pire des deux méthodes de gouvernance: c’est ce qui est à se produire, avec une corruption généralisée qui utilise aussi la trique quand nécessaire.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/06/22/montreal-de-la-corruption-a-lextorsion/

    Le travers des Libertariens est celui des jeunes convertis: ils scotomisent les tares du capitalisme. Ce dogmatisme RETARDE le pas vers plus de liberté que la société devrait faire.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/societe-civile/

    Ne voyez vous pas comme une EVIDENCE qu’une société ne peut exister sans une forme de solidarité ?
    Même sur le plan économique

    Pierre JC Allard

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 10 10 56 04564
    Permalink

    Le marché haïtien du riz : un cas emblématique de la dérégulation capitaliste

    il y a trente ans ce pays produisait la quantité de riz nécessaire pour nourrir sa population, mais, au milieu des années 1980, face à une crise économique aiguë, (…) Haïti a dû s’endetter auprès du FMI.

    Pour obtenir les prêts, Haïti fut contraint de mettre en œuvre une série de politiques d’ajustement structurel : la libéralisation du commerce et la réduction des tarifs douaniers qui protégeaient la production agricole, y compris celle du riz. Cette ouverture des frontières commerciales a permis l’importation sans discernement du riz américain subventionné, vendu bien en dessous du prix auquel les agriculteurs locaux pouvaient en produire.

    Au cours de la décennie 1980 le riz importé, vendu à un prix inférieur au coût de la production des agriculteurs locaux, a envahi le pays. Les agriculteurs haïtiens ont perdu leur travail et ont fui vers les villes. En quelques années la production locale s’est effondrée. » Les paysans, incapables de rivaliser avec le riz importé ont abandonné leurs cultures et Haïti est devenu un des principaux importateurs du riz états-unien.

    En conséquence, lorsqu’en avril 2008 le prix du riz, des haricots et des fruits a augmenté de plus de 50 %, la majorité de la population haïtienne fut incapable d’y accéder.

    Selon les chiffres du Département de l’agriculture des États-Unis, en 2008 Haïti a été le troisième plus important importateur de riz états-unien, une culture subventionnée par le gouvernement à la hauteur d’un milliard de dollars par an. Qui en sont les bénéficiaires ? Entre 1995 et 2006, par exemple, un seul producteur, Riceland Foods Inc., a reçu 500 millions de dollars de subvention.

    (…)qu’en ce qui concerne les tarifs douaniers, les États-Unis ont établi des barrières de 3 % à 24 % pour les importations du riz, soit exactement la même protection que celle que Haïti a été forcé de supprimer au cours des années 1980 et 1990.

    http://esthervivas.wordpress.com/francais/

    Répondre
    • avatar
      30 avril 2010 à 13 01 19 04194
      Permalink

      @ Marc

      Laisse-moi te pointer le passage-clef de ton petit récit:

      Pour obtenir les prêts, Haïti fut contraint de mettre en œuvre une série de politiques d’ajustement structurel : la libéralisation du commerce et la réduction des tarifs douaniers qui protégeaient la production agricole, y compris celle du riz. Cette ouverture des frontières commerciales a permis l’importation sans discernement du riz américain subventionné, vendu bien en dessous du prix auquel les agriculteurs locaux pouvaient en produire.Pour obtenir les prêts, Haïti fut contraint de mettre en œuvre une série de politiques d’ajustement structurel : la libéralisation du commerce et la réduction des tarifs douaniers qui protégeaient la production agricole, y compris celle du riz. Cette ouverture des frontières commerciales a permis l’importation sans discernement du riz américain subventionné, vendu bien en dessous du prix auquel les agriculteurs locaux pouvaient en produire.

      Dans un marché libre, il n’y a pas de subventions. Ce que tu crois être une autre tare du capitalisme est en fait une intervention étatique dans le marché qui a permis une compétition déloyale envers les agriculteurs haïtiens. Sans cette subvention, les cultivateurs américains devraient cocurrencer les haïtiens sur un terrain plus égal. C’est ça qu.on veut dire quand nous disons que derrière tous les soi-disant effets pervers du capitalisme, il y a une intervention étatique. Le problème ne vient pas du capitalisme, il vient des interventions de l’état.

      à partir du moment où on crée une idée où s’enrichir est le but ben il me semble logique qu’immédiatement , parce que c’est dans le caractére humain, y aura des gens qui enfreindront les rêgles ou en créeront de nouvelles pour accéder au but plus vite, ou pour se l’approprier parce que cela donne accés à d’autres manivelles … il semble donc que ces idée sur lesquelles vous aimez tant vous exprimez ne seront jamais positives ni applicables sans une réforme du caractére humain , d’où leur caractére utopique

      La cupidité est un caractère humain. C’est aussi un puissant incitatif. Personne ne dit qu’une société capitaliste, ou n’importe quelle autre société, n’a pas besoin d’un cadre légal pour éviter des abus, la fraude et le vol. Mais il y a une marge entre un état qui cherche à protéger ses citoyens des abus, et un état qui cherche à contrôler la vie économique de ses citoyens. L’état doit règlementer pour punir la fraude et le vol, pas pour contrôler l’économie.

      Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 11 11 13 04134
    Permalink

    Combien d’énergie allez-vous consacrer à discuter de t-h-é-o-r-i-e-s économiques pendant qu’on continue à vous empoisonner?

    Pensez-vous vraiment que ces discussions t-h-é-o-r-i-q-u-e-s vont aider vous ou vos enfants?

    Come on!

    http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=17104

    http://www.thestar.com/news/sciencetech/environment/article/802788–chalk-river-water-leak-not-a-worry-aecl-says?bn=1

    http://en.wikipedia.org/wiki/Ottawa_River

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 11 11 14 04144
    Permalink

    Combien d’énergie allez-vous consacrer à discuter de t-h-é-o-r-i-e-s économiques pendant qu’on continue à vous empoisonner?

    Pensez-vous vraiment que ces discussions t-h-é-o-r-i-q-u-e-s vont aider vous ou vos enfants?

    Come on!

    1)

    http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=17104

    2)

    http://www.thestar.com/news/sciencetech/environment/article/802788–chalk-river-water-leak-not-a-worry-aecl-says?bn=1

    3)

    http://en.wikipedia.org/wiki/Ottawa_River

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 11 11 21 04214
    Permalink

    @Marc

    L’Haïti est un excellent exemple de ce que j’énonçais plus haut: trouver moi (ce que vous croyez être) une faille du capitalisme et je vous démontrerai que ce que blâmez est en fait un manque de capitalisme.

    Quels sont les ingrédients pour que le capitalisme fonctionne:
    -Respect des droits de propriété.
    -Liberté économique.

    À cet égard, l’Haïti est dans la même situation que plusieurs autres pays pauvres. Voyons ce qu’il en est.

    Pour démarrer une entreprise en Haïti il faut 195 jours, comparativement à la moyenne mondiale de 35 jours. C’est qu’il faut passer à travers toute la bureaucratie étatique et les règlementations (et la corruption…). Pas surprenant que l’entreprenariat soit aussi déficient dans ce pays.

    Concernant le respect des droits de propriété, la Heritage Foundation accorde une note de 10% (vs moyenne mondiale de 44%). La propriété privée ne veut rien dire en Haïti, n’importe qui avec un bon contact au gouvernement peut vous exproprier votre bien ou votre terre. Le système judiciaire est corrompu.

    En somme, Haïti se classe 141e sur 180 pays au niveau de la liberté économique….loin d’être un fief capitaliste!

    Et ensuite, votre article blâme le protectionnisme et les subventions des États-Unis….des politiques tout à fait contraire au capitalisme.

    Concernant les recettes du FMI, elles sont souvent trop drastiques et trop partielles pour fonctionner. Sachez que l’existence même du FMI est totalement contraire au système capitaliste, tout comme celle de la Banque Mondiale d’ailleurs.

    Belle démonstration de l’ignorance générale de ce qu’est fondamentalement le capitalisme.

    En passant, ne manquez pas mon article sur le Bangladesh qui paraîtra jeudi prochain sur mon blogue; vous pourriez presque remplacer Bangladesh par Haïti tellement la situation est la même.

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 11 11 22 04224
    Permalink

    @JC :on laisse le capitalisme devenir corporatisme et l’on a alors le pire des deux méthodes de gouvernance: c’est ce qui est à se produire, avec une corruption généralisée qui utilise aussi la trique quand nécessaire

    Je pense que c’est déjà fait, on n’en est plus à l’étape « qui est en train de se faire » … on en est à l’étape de consolidation …

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 11 11 32 04324
    Permalink

    M:Belle démonstration de l’ignorance générale de ce qu’est fondamentalement le capitalisme.
    Ecoute, tu blogues sur combien de places différentes avec ce refrain là ?

    Je te lis sur ..x blogs en train de chanter partout les vertus de ce systéme là, et partout, partout, tout le monde te répond sensiblement la même chose « fait chier le capitalisme  » et partout tu réponds comme un disque rayé que ce qu’on vit n’est pas du capitalisme mais du ceci ou cela ..

    Donc en fait on vit dans un systéme pas capitaliste selon toi , un peu comme Philippe qui me disait que le capitalisme est bon mais que toutes ses dérives actuelles sont mauvaises comme si revenir à l’utopie de l’idée de départ pouvait empecher ses excés de repousser sous une nouvelle forme !!!

    Tu dois drôlement être bien dans ton bain pour penser qu’on devrait tous patauger dedans !!!!

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 12 12 04 04044
    Permalink

    @Marc

    « Donc en fait on vit dans un systéme pas capitaliste selon toi , un peu comme Philippe qui me disait que le capitalisme est bon mais que toutes ses dérives actuelles sont mauvaises  »

    Il n’y pas de pays capitaliste pur, ni de pays socialiste ou totalitaire purs. Les pays sont tous quelque part entre ces bornes. La question est de savoir vers quelle borne serait-il souhaitable de s’approcher. À observer le niveau de vie des habitants des pays qui sont le plus près de ces bornes, la question ne se pose même pas.

    Est-ce que les supposé dérives qui causent problème sont des failles inhérentes au capitalisme, ou est-ce qu’elles sont causées par des politiques étatiques qui éloignent du capitalisme?

    Poser la question c’est y répondre…

    « Ecoute, tu blogues sur combien de places différentes avec ce refrain là ? »

    Pas assez apparemment.

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 12 12 15 04154
    Permalink

    @Minar : à partir du moment où on crée une idée où s’enrichir est le but ben il me semble logique qu’immédiatement , parce que c’est dans le caractére humain, y aura des gens qui enfreindront les rêgles ou en créeront de nouvelles pour accéder au but plus vite, ou pour se l’approprier parce que cela donne accés à d’autres manivelles … il semble donc que ces idée sur lesquelles vous aimez tant vous exprimez ne seront jamais positives ni applicables sans une réforme du caractére humain , d’où leur caractére utopique … je tiens à dire que mon raisonnement vaut pour toutes les théories économiques lues jusqu’à maintenant , d’où mon manque de réponses concrétes sur une alternative ….

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 12 12 29 04294
    Permalink

    @Marc

    « il semble donc que ces idée sur lesquelles vous aimez tant vous exprimez ne seront jamais positives ni applicables sans une réforme du caractére humain , d’où leur caractére utopique  »

    Justement! Le capitalisme est une sorte d’abdication de la société face au comportement humain, qui n’est pas « réformable ». L’intervention étatique ne peut changer les humains; tout effort à cet égard a des conséquences « inattendues », inévitables et non-souhaitable.

    Dans ces circonstances, le moindre mal est un système fondé sur la liberté; principe de base du capitalisme.

    Je suis désolé de paraître dogmatique, mais lorsque vous me parlez d’Haïti dans une argumentation anti-capitaliste, ça ne peut juste pas fonctionner! Quand les droits de propriété ne sont pas respectés, IL N’Y A PAS DE CAPITALISME. Quand les libertés économiques sont supprimées les unes après les autres, IL N’Y A PAS DE CAPITALISME.

    Blâmer le capitalisme pour la pauvreté d’Haïti ou du Bangladesh serait comme blâmer José Théodore pour la défaite des Capitals mercredi dernier: ça ne peut être de sa faute, il n’a pas joué!

    En revanche, on peut facilement observer que le manque de capitalisme cause la pauvreté; c’est plus qu’évident.

    « parce que c’est dans le caractére humain, y aura des gens qui enfreindront les rêgles ou en créeront de nouvelles pour accéder au but plus vite »

    Tout à fait d’accord! Et comment s’y prennent-ils? Ils infiltrent le gouvernement, le font grossir sans arrêt et l’utilisent comme bon leur semble dans leur intérêt. Ça crève les yeux! Et la gauche applaudit.

    D’où mon combat pour la réduction de l’État au profit de la liberté individuelle. Enlevons leur cet outil et reprenons notre liberté et les responsabilités qui vont avec. Faisons confiance aux entrepreneurs (nous!) plutôt qu’aux fonctionnaires et aux politiciens qui n’ont pas de « skin in the game ».

    Arrêtons de dilapider notre capital productif au profit des pilleurs-bureaucrates-gaspilleurs-parasites.

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 16 04 35 04354
    Permalink

    @JP

    Est-ce que l’accroissement des inégalités est vraiment une faille du capitalisme?

    Tout d’abord, est-ce que l’égalité devrait être un objectif?

    Le Bangladesh a un gini inférieur au Canada, pourtant que vous soyez pauvre ou riche, vaut mieux être au Canada!

    L’utilisation de l’État pour redistribuer la richesse a beaucoup d’effets pervers. Dans mon deuxième commentaire ci-haut:

    Lorsque le fonctionnaire siphonne la richesse de Jacques Bonhomme pour la dépenser selon ses vues, ce n’est pas seulement le montant prélevé qu’il lui soutire, mais l’ensemble de la richesse que ce capital aurait pu créer.

    Il y a ce qu’on voit (la redistribution de richesse réalisée grâce à l’impôt), et il y a ce qu’on ne voit pas (la destruction de richesse résultant de la disparition d’une partie du capital productif).

    Répondre
  • avatar
    30 avril 2010 à 21 09 13 04134
    Permalink

    @ minarchiste:

    Mon opinion n’a certainement pas plus de valeur que la tienne mais, à mon avis, les inégalités sont sources de problèmes sociaux. Là où les pauvres sont très pauvres et les riches très riches, les tensions sont plus fortes.

    Pour moi, les inégalités sont un peu comme la pollution. Au démarrage d’une économie, l’augmentation du PIB est accompagnée d’une augmentation de la pollution. Et on pourrait reprendre le même type de raisonnement que tu tiens: comparer avec un pays pauvre mais moins pollué pour démontrer les avantages de la croissance économique, montrer que les normes antipollution nuisent à la richesse, etc.

    Et comme pour la pollution, je crois que la réduction des inégalités est un bien de luxe pour une société: c’est lorsqu’elle a les moyens de se le permettre et qu’elle la souhaite que la population devrait l’avoir, au niveau choisi.

    Tu n’as pas besoin de me convaincre que lutter contre les inégalités nuit à la croissance. Tout comme tu n’as pas besoin de me convaincre que lutter contre la pollution nuit à la croissance.

    Alors en 2 mots, oui, je crois que les inégalités sont un effet secondaire négatif du capitalisme. Comme la pollution. Et comme pour la pollution, une société riche peut choisir (peut choisir et non pas doit choisir) de réduire les inégalités ou la pollution. Mais la société doit être consciente qu’il y a un coût à ce « bien ». C’est pourquoi la lutte aux inégalités doit être perçue comme un bien de luxe et non pas comme un moyen d’accéder à la richesse.

    Répondre
  • avatar
    1 mai 2010 à 19 07 29 05295
    Permalink

    @Aimé

    Merci pour tes liens concernant Chalk river.

    Concernant la vanité de notre débat, il me semble pourtant que le profit à tout prix qui caractérise le capitalisme engendre une partie de tous ces problèmes environnementaux. Quand tout est vu comme une marchandise, l’eau, l’air, la nourriture, l’éducation, la santé et qu’on essaie, en plus, de nous faire croire qu’on serait du « capital humain », moi, personnellement, je débarque.

    Mais même en voulant débarquer le plus possible, avec des saletés comme des réacteurs nucléaires qu’il faudra entretenir pendant des centaines d’années, on ne peut pas simplement dire à nos enfants de prendre le maquis. Il faut les aider à sortir de cette vision du monde productiviste et les aider à trouver des alternatives et surtout leur donner l’exemple parce qu’ils apprennent par imitation. Il faut les inciter à se reprendre en main, à retrouver autonomie, polyvalence, convivialité, à ne dépendre ni de l’état, ni d’un emploi.

    Mais il faut aussi continuer de militer contre le nucléaire et les aider à exiger le démantèlement des installations qui existent déjà. Parce que le nucléaire, c’est vraiment un énorme boulet à leurs pieds et que nos enfants méritent un futur viable et vivable.

    Répondre
    • avatar
      2 mai 2010 à 10 10 44 05445
      Permalink

      Mais même en voulant débarquer le plus possible, avec des saletés comme des réacteurs nucléaires qu’il faudra entretenir pendant des centaines d’années, on ne peut pas simplement dire à nos enfants de prendre le maquis. Il faut les aider à sortir de cette vision du monde productiviste et les aider à trouver des alternatives et surtout leur donner l’exemple parce qu’ils apprennent par imitation. Il faut les inciter à se reprendre en main, à retrouver autonomie, polyvalence, convivialité, à ne dépendre ni de l’état, ni d’un emploi.

      Dire qu’on m’a déjà accusé de pelleter des nuages…

      Répondre
  • avatar
    2 mai 2010 à 18 06 50 05505
    Permalink

    @Philippe

    En plus de les pelleter, je les photographie. C’est tellement beau, un nuage, toujours en changement, insaisissable, et encore gratuit.

    Si vous préférez les nuages du rêve américain, c’est votre choix, mais alors, cessez de nous parler de liberté.

    Répondre
    • avatar
      3 mai 2010 à 14 02 34 05345
      Permalink

      @ Terez L

      En plus de les pelleter, je les photographie. C’est tellement beau, un nuage, toujours en changement, insaisissable, et encore gratuit.

      Dans votre monde, ils sont certainement multicolores en plus.

      Ne vous en déplaise, pour survivre, une société doit produire. C’est incontournable. On a essayé un modèle où le capital était socialisé et où on a aboli les méchants profits. Ça a foiré misérablement. Quant à la liberté, je ne crois pas que vous sachiez vraiment ce que mot signifie.

      Répondre
  • avatar
    5 mai 2010 à 21 09 53 05535
    Permalink

    Alors, pour conclure, je vous réfère à un super bon article d’un de vos collègues. J’espère que vous le lisez de temps en temps.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/02/10/produire-pour-produire/

    Merci M. Allard, mais en même temps, vous m’encouragez dans mes mauvais penchants. Si jamais je deviens trop autonome, ça sera de votre faute. J’espère que vous en êtes conscient. MDR

    Répondre
  • avatar
    9 mai 2010 à 18 06 39 05395
    Permalink

    Que c’est drôle (mais pas vraiment):

    A terme, la présence de la fausse monnaie de Monopoly étatique et inflationniste, détruit le libre marché (comme celui qui -par exemple- existait dans la Petite Maison Dans La Prairie), en donnant la possibilité à quelqu’uns de MONOPLISER presque tout le CAPITAL et presque tout le monde ignore cette réalité.

    Triste, car RIEN au monde ne sera plus destructeur que CETTE réalité.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *