Marie-Antoinette part à la retraite

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PHILIPPE DAVID :

Au moment que j’ai écrit ces lignes, vous avez probablement  entendu parler du courriel éventé par le Journal de Montréal provenant d’une fonctionnaire de l’agence de revenu du Québec qui part pour une pré-retraite d’un an à plein salaire,  dans lequel elle faisait part à ses collègues de tous ses petits projets de voyage et de se la couler douce.  Beaucoup ont trouvé cette histoire choquante. Pour ma part, ce n’est pas tant le contenu du courriel que l’attitude derrière qui me choque.

Lorsqu’informé de l’histoire, le Président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux a souligné que la dame ne fait que profiter d’avantages qui lui sont dus. C’est vrai. Ça ne change cependant rien au fait que comparativement aux conditions de travail plupart des contribuables québécois, les avantages dont jouissent les fonctionnaires sont carrément indécents.

Une étude récente de l’Institut Fraser rapporte qu’en moyenne, les salaires des fonctionnaires du Québec (tous niveaux de gouvernement confondus) sont 10,8% plus élevés que ceux qui travaillent dans le secteur privé. Comme si ce n’était pas assez, ils bénéficient  également de la Rolls Royce des plans de retraite, de congés payés accumulables, moins d’heures de travail et une sécurité d’emploi en béton armé. Les graphiques ci-dessous, tirés de l’étude illustrent bien ces différences:

Condittions de travail public vs privé

Bien entendu, pour ceux qui suivent un peu l’actualité, rien de tout ça n’est nouveau. Il y a belle lurette que les fonctionnaires du Québec sont choyés. La dame mentionnée plus haut bénéficie du fait que les fonctionnaires peuvent cumuler leurs congés de maladie inutilisés tout au long de leur carrière pour se payer un an sans travailler à plein salaire. Allez voir combien de travailleurs du privé peuvent se permettre ça. Vous allez chercher longtemps.

Pourtant, ce qui est le plus scandaleux n’est pas tant ces conditions de travail privilégiées, mais l’attitude des fonctionnaires quand ils défendent leurs privilèges. Les commentaires à la chronique d’hier de Michel Hébert en disent long à ce sujet. Pour eux, ce sont des acquis qu’ils ont mérités (en travaillant moins et en s’absentant plus que tout le reste du monde) et ils s’en félicitent sans gêne aucune.

Mais la réalité est toute autre. Ces conditions de travail, ils les ont obtenues parce que les services qu’ils prodiguent sont monopolisés par l’état et que seulement la menace d’une grève tient toute la population en otage puisque, contrairement au privé, la clientèle ne peut pas aller voir un compétiteur. Le gouvenement n’est pas non-plus soucieux de la rentabilité puisqu’ils obtiennent leurs revenus des contribuables par la force.  Leur intérêt ne se retrouve pas dans les moyens de payer pour tous ces avantages mais de préserver la paix sociale. Les négociations syndicales dans le secteur public se résument généralement à l’image d’un négociateur syndical qui pointe un révolver sur la tempe du contribuable pendant qu’il passe le stylo au politicien en disant « Signe ça ost…! »

Les avantages des fonctionnaires sont donc le fruit d’une extorsion grossière sur le dos des contribuables, qui eux n’ont pas ces avantages mais, comme la noblesse d’autrefois, soit les fonctionnaires en sont totalement ignorants ou ils s’en tapent royalement. Ils tiennent à leurs privilèges et si le bon peuple n’a plus de pain, tant pis! Qu’ils mangent de la brioche!

Souvenez-vous en la prochaine fois que vous les verrez dans la rue à protester contre «l’austérité» parce que les contribuables ne devraient pas être les seuls à se serrer la ceinture.

Une pensée sur “Marie-Antoinette part à la retraite

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    10 mars 2015 à 10 10 14 03143
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    @ Philippe

    Il est intéressant que tu réclames cher David, en concordance avec Martineau, Pratt de la Presse et le progressiste Journal de Montréal de PKP le milliardaire futur chef du PQ exactement ce que le gouvernement Couillard a l’intention de servir aux employés de la fonction publique à l’occasion des présentes négociations de convention collective (c’est-à-dire de la vente de leur force de travail au prix que l’État des riches voudra bien payer pour ces gens soi-disant inutiles).

    1) Les travailleurs du privé comme du public vendent leur force de travail au mieux qu’ils peuvent – en tenant compte de la conjoncture – du rapport de force des parties en présence.

    2) Dans le secteur privé – le seul intermédiaire dans la négociation de cette vente et de cet achat de force de travail – il y a le syndicat bourgeois. L’employeur négocie et finalement signe une entente et paie à même ses revenus tirés de la production et de la vente de produits ou de services et de la confiscation de tout le produit social dont il reverse une partie en salaire.

    3) Au privé le transfert du fardeau de la crise économique systémique du capitalisme a déjà commencé et est largement avancé de multiples façons. Non seulement par le gel des salaires mais par le chômage – les emplois précaires rémunérés au salaire minimum etc.

    4) C’est cette réalité que tes tableaux exprimes – la job d’écrasement des travailleurs privés est fortement avancée.

    5) C’est le tour des employés de la fonction publique maintenant – et ils sont nombreux – organisés et prêt à résister à ce transfert de la crise économique systémique sur le dos surtout qu’ils ne décident rien en économie ces gens et ne sont pas responsables de la crise.

    6) Alors Les Martineau de ce monde amorce la bataille des riches par une campagne de propagande du genre »Voyez les ouvriers du privé ont été écrasé pourquoi les employés du publics n’en feraient-ils pas autant ?»

    7) Ici dans le public il y a une double médiation – celle des syndicats bourgeois qui doivent manoeuvré prudemment pour avoir l’air de faire leur job d’organiser la résistance des employés sinon ils seront virés – et il y a la médiation étatique – de l’État bourgeois qui doit laisser entendre qu’il écrase ses employés trop payés – en laissant entendre que ce sont les autres travailleurs qui en définitive paient les salaires des fonctionnaires. D’ou Philippe qui crie pour que les unes soient massacrées au même titre que les précédentes – pas de passe droit tout le monde passe à la moulinette et crève de faim

    8) Les travailleurs de la fonction publique doivent résister jusqu’a la mort pour conserver au moins les conditions de vente de leur force de travail et ainsi donner la tengante que doivent prendre les travailleurs du secteur privé qui eux aussi doivent résister au transfert du fardeau de la crise sur leur dos.

    9) De toute façon ne vous faites aucune illusion – les coupures dans la fonction publique déjà très avancée ne se transformeront pas en réduction de taxes et d’impôt et de baisse des emprunts de l’État PAS DU TOUT mais en subvention encore plus généreuse destinées aux capitaliste nationaliste québécois et aux multinationales.

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