Maroc / Algérie : à deux doigts de s’entendre !

 

Ça peut vous paraître un peu fou mais j’ai du mal à joindre les deux bouts.

Mes deux index sont hostiles à tout rapprochement et ça me rend de plus en plus perplexe… pour ne pas dire que ça me vexe ! C’est comme s’ils ne dépendaient pas du même cerveau, du même sexe. Leur souci est neuronal et hormonal… en même temps et depuis longtemps.

Lorsque l’un avance, l’autre recule… et plus j’insiste et plus ils me résistent… entre eux, il n’y a ni ébats ni débat… Ils refusent obstinément le combat… les deux ont adopté le même repli sur soi.

L’hémisphère gauche ne peut pas sentir l’hémisphère droit. Il peut mais ne veut pas. Et malgré l’étendue de mon insistance, les deux m’opposent une farouche résistance. Non pas lui, surtout pas lui, me dit l’un lorsque j’essaye de le rapprocher de l’autre… comme si je confondais le jour et la nuit, comme si j’ignorais tout de l’asymétrie. Quelle horreur !

 

J’ai de plus en plus de mal à supporter ce genre d’incompatibilité d’humeur… Quelle hérésie ! Quelle paralysie ! Que les mauvaises langues prennent pour de l’hypocrisie… je dirais même que je suis à bout avec ces deux bouts de paraître qui refusent de se joindre à mon être.

Ils ne comprennent pas, ne veulent pas comprendre que ma littérature, ma nourriture se situent à leur jointure !

Sinon je n’écris pas, je ne mange pas, je ne vis pas.

Je subis leur parti pris, leur repli sur soi. Je suis comment le dire ? Déphasée… non, triphasée… et c’est moi qui suis neutralisée, reliée à la terre mais privée d’air.

Certains croient que je suis de mauvaise Foi quand je dis que je suis aux abois, que ça ne dépend pas de moi, ça fait rire autour de moi…

Désolée, mais je ne suis pas la première, ni la dernière à avoir perdu la main… ce n’est pas parce que je peux jouer tous les rôles que je contrôle… je ne suis plus aux commandes…

Pour moi aussi ce fut une surprise de découvrir que je n’ai plus de prise sur le réel… quand bien même je serais la plus rebelle des rebelles… je ne peux empêcher mon destin de se faire la belle… ou de me faire faux bond. C’est une question de bénédiction ou de malédiction. Bakhta ou Sakhta, comme diraient mes deux épiciers, le premier du Maroc et le second d’Algérie, et qui ont franchement du mal à cohabiter.

C’est comme mes deux index qui ne peuvent pas se voir sans se décevoir… le tragique c’est que l’un veut se passer de l’autre tout en sachant qu’il ne PEUT se passer de l’autre… et vice versa !

Un peintre en a perçu la fêlure, en peinture…

 

https://www.lejournaldepersonne.com/2019/08/maroc-algerie/

 

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Personne

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