Où sont les nationalistes ?

Où sont les nationalistes ? Qui, parmi les partis politiques en liste aux prochaines élections peut brandir bien haut notre fierté d’être des Québécois ? Qui peut parler en notre nom autrement qu’en baissant la voix et en s’excusant à telle ou telle minorité ?

Le plus grand drame de l’histoire récente du Québec est la confusion entre le nationalisme et l’indépendantisme. Le nationalisme construit la nation et la mène vers une indépendance effective, dépassant largement la simple présence de frontières sur une carte du monde. L’indépendantisme, lui, vise les frontières, veut gérer des impôts, et est prêt à sacrifier sa base nationaliste pour une victoire hypothétique : le Grand Soir. Les indépendantistes seraient satisfaits d’un Québec « indépendant » tout comme la France l’est, dans leur esprit.

Or, les nationalistes, les vrais, comprennent que même la France n’est pas véritablement indépendante. Que veulent dire des frontières sur une carte quand on n’a plus de contrôles douaniers, quand on ne contrôle plus son immigration ou si peu, quand les décisions sont prises au sein de l’oligarchie mondialiste, dans de petits clubs privés où on se substitue à la volonté populaire ?

En ce sens, il ne suffit pas de se déclarer indépendantistes ; il faut avant tout être des nationalistes et comprendre que l’indépendance du genre « un pays sua mappe » ne constitue qu’une ÉTAPE vers l’indépendance réelle. Il faut comprendre que le nationalisme sans indépendance est sain alors que l’indépendantisme sans nationaliste s’auto-détruit.

C’est ainsi que nous avons aujourd’hui des partis qui se proclament indépendantistes mais qui œuvrent à arracher le nationalisme comme s’il était une mauvaise herbe dans leur plate-bande. Je pense ici à Québec solidaire, principalement, mais également à Option nationale, deux partis qui ont adopté l’idéologie multiculturaliste, qui appuient le communautarisme — quoi de plus anti-nationaliste ? — et qui sont d’autant indépendantistes que cette indépendance ne veut rien dire du tout. À les écouter, il faudrait construire un pays sans nation québécoise, découpé en communautés, un saucisson de descendants français enroulé autour du St-Laurent, entre des terres « autochtones » et des territoires immigrants ou anglophones.

Ce dont nous avons le plus besoin, aujourd’hui, c’est d’un parti nationaliste. Pas un parti presque nationaliste, ou à peu près nationaliste, ou nationaliste les fins de semaine et les jours fériés. Un vrai parti réellement nationaliste. Un parti qui construit et affirme notre nation. Un parti qui dit : « Ceci est notre terre, voici nos valeurs et celles-ci ne sont pas négociables ». Un parti qui s’oppose au mondialisme économique, qui envoie paître les accords internationaux nous désavantageant, un parti qui ne fait plus de compromis sur notre langue et qui traite chaque Québécois comme un citoyen ayant l’obligation de respecter nos valeurs fondamentales.

Ce qu’il manque, au Québec, c’est un parti de la gauche du travail, et de la droite des valeurs. L’union sacrée entre les résistants contre le capitalisme et les résistants contre l’empire. L’union sacrée entre ceux qui veulent la liberté pour les travailleurs et ceux qui veulent la liberté pour le peuple et le respect de ses valeurs.

L’empire est transnational, mondialiste.

La résistance doit être locale et nationale.

À quand un parti réellement nationaliste au Québec, et qui présente des candidats d’un bout à l’autre de notre nation ? À quand un Chavez québécois ? Un Poutine québécois ? Un Ahmadinejad, un Kaddafi, un De Gaulle, un Castro, un Lumumba ? À quand un vrai dirigeant québécois nous donnant envie de relever la tête ?

Camille Laurin a présenté sa Loi 101, la plus grande nos lois nationalistes, il y a trente-cinq ans aujourd’hui. Il serait bien déçu de ce que nous sommes devenus.

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