Si ça fonctionnait, on le saurait…

160203_552zu_rci-m-lowe_sn635

PHILIPPE DAVID :

Pour une fois que Philippe Couillard et son gouvernement font quelque chose de bon, les critiques fusent de toutes part, même de la part de chroniqueurs à droite de l’échiquier. Bon sang qu’on est denses ici au Québec quand il est question d’économie! C’est probablement pour ça qu’on est les plus pauvres du Canada alors qu’on a tous les outils pour être parmis les plus riches.

Bien sûr, je parle de l’acquisition de RONA par Lowe’s et la ô comment prévisible levée de bouclier qui s’en est suivie. Un de nos chers fleurons se fait acheter par ces méchants américains ! Catastrophe! François Legault et PKP sont dans tous leurs états! Gros corporatistes qu’ils sont.

Petit rappel

En 2012, Lowe’s avait tenté d’acquérir RONA et le gouvernement est intervenu en ordonnant qu’Investissement-Québec et la Caisse de Dépot et Placements du Québec achètent des actions de RONA pour empêcher la vente. Les actions de RONA avaient piqué du nez après que l’achat a été annulé, résultant en une perte pour le bas de laine des québécois. Depuis, les choses ne se sont pas vraiment améliorées pour RONA qui est toujours en perte de vitesse, mais selon les opposants à la vente, on devrait encore gaspiller l’argent de notre bas de laine. Encore une fois, bon sang qu’on est denses au Québec!

Une bonne chose

Les critiques de l’acquisition de RONA déplorent la perte d’un autre siège social,  mais en réalité ce n’est pas une si mauvaise chose:

  • Lowe’s paie les actions de RONA près du double de leur valeur. C’est un gain appréciable pour les actionnaires (dont la CPDQ fait partie à la hauteur de 17%). Le 3,2 milliards que Lowe’s investit sera bénéfique à notre économie.
  • RONA continue d’exister, son siège social demeure à Boucherville et sera maintenant appuyé par une compagnie-mère avec des poches très profondes, ce qui assure que RONA sera encore dans le paysage pour longtemps.
  • Ses fournisseur auront une opportunité d’avoir accès au marché américain à travers Lowe’s.

Les exemples abondent de compagnies québécoises qui ont profité d’une acquisition par une compagnie américaine selon Adrien Pouliot, Chef du Parti Conservateur du Québec. En commentaire sur le mur de Mathieu Bock-Côté, il en cite trois:

«Prenez l’exemple de Van Houtte qui a connu une expansion fulgurante suite à son acquisition par Green Mountain. Cette dernière y a investi plus de 50 millions dans l’usine du quartier défavorisé de St-Michel.

Regardez le succès de Deaubois Inc. depuis son achat par Quickrete. La multinationale lui a transféré toute la production qu’elle avait au New-Hampshire.

Regardez A. Richard Ltée, fondée en 1890, achetée par Hyde Tools du Massachussetts. L’acheteur fut si impressionné par la qualité des produits qu’il a transféré à Berthierville toute sa production nord-américaine de truelles de haute qualité et le dg de l’usine québécoise conseille la direction américaine.»

L’acquisition d’une compagnie québécoise par une firme étrangère est loin d’être la catastrophe que PKP et François Legault voudraient nous faire croire. Tout ça, sans que ça ne coût un sous au contribuable

La mentalité de village gaulois

Depuis des décennies, nous nous accrochons à une mentalité de village d’irréductibles gaulois entourés de méchants anglo-saxons et ça nous a donné quoi au juste?  Le Québec dépense trois fois plus que l’Ontario  (pourtant plus populeuse) en programmes d’assistance aux entreprises et nous avons un taux d’entrepreneuriat anémique, une économie qui traine de la patte depuis trop longtemps et les citoyens avec le revenu disponible de plus faible au Canada depuis deux ans.

Il est grand temps de se réveiller et réaliser que l’interventionnisme économique à tout crin que pratique notre gouvernement, tous partis confondus, ne fonctionne tout simplement pas. Einstein définissait la folie comme étant de répéter toujours la même expérience en s’attendant à un résultat différent. Il me semble que si on détenait la formule gagnante, ça ferait longtemps qu’on le saurait.

2 pensées sur “Si ça fonctionnait, on le saurait…

  • avatar
    9 février 2016 à 1 01 19 02192
    Permalink

     » Regardez le succès de Deaubois Inc. depuis son achat par Quickrete. La multinationale lui a transféré toute la production qu’elle avait au New-Hampshire.  »

    …. et du coup les travailleurs du New hampshire ont le temps d’aller aux putes !….
    Depuis ils ne savent pas comment remercier Quickrete . J’aurai bien une idée mais je doute qu’elle vous convienne ………

    Répondre
  • avatar
    9 février 2016 à 14 02 25 02252
    Permalink

    @ tous

    L’acquisition de RONA par Lowe’s n’est qu’une anecdote dans l’histoire économique québécoise – canadienne et américaine. Une anecdote inscrite dans l’air du temps et dans les gênes de l’économie capitaliste mondiale.

    En période de crise économique systémique – comme nous traversons présentement – les entreprises sont en difficultés – et certaines ne parviennent pas à sauver leur mise sur le marché. D’autres entreprises – souvent parce que plus grandes – plus grosses soutenues par des banques plus puissantes – ayant accès à des marchés plus grands (donc pouvant différés leur faillites pour plus tard)

    En phase impérialiste – c’est ce qui distingue la phase impérialiste – CONCENTRATION DU CAPITAL COMMERCIAL – ds monopoles de plus en plus gros

    Notez que tout cela n’empêchera nullement l’économie québécoise de chuter et les ouvriers québécois de perdre leur job et le revenu per capita de tomber comme dans le reste du Canada incidemment. (un peu plus vite ou un peu plus lentement – ce ne sont des détails – la direction d’ensemble de toutes les économies reste la même y compris l’économie canadienne et américaine)

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *