Syrie : la crise jusqu’à une nouvelle guerre?

Par Paul Craig Roberts (revue de presse : dedefensa.org -2/5/18)* Sur France-Irak Actualité. 

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Chers lecteurs, nous vous présentons cet article afin d’attirer votre attention sur les malversations qui se poursuivent, menées par les puissances impérialistes occidentales avec le soutien de leur mercenaire israélien contre la Syrie martyr – et à travers elle, contre l’alliance Russie-Iran-Turquie-Chine. Nous ne partageons pas toute l’analyse ni le pronostic du professeur Craig Roberts mais son point de vue constitue une excellente synthèse des idées qui se colportent parmi les amis de la Syrie tout autant que parmi ses ennemis.  Quand à nous, nous disons simplement « Puissances guerrières néo-colonisatrices – hors de Syrie« .  Robert Bibeau.  Éditeur http://www.les7duquebec.com .


 

Comme je l’ai écrit il y a deux semaines, le crise syrienne est seulement dans sa phase préliminaire. L’attaque sur des positions de l’armée syrienne la nuit dernière, apparemment une opération US/Israël, est la preuve que la crise continue à se développer.

Il y a quatre causes à cette crise, qui se renforcent mutuellement :

(1) La capacité d’Israël d’utiliser le gouvernement US pour éliminer les ennemis d’Israël au Moyen-Orient qui constituent des obstacles à l’expansion d’Israël. Israël a comme cible la Syrie et l’Iran parce que ces deux gouvernements soutiennent et ravitaillent les milices du Hezbollah au Liban, qui ont à deux reprises repoussé des tentatives d’Israël de s’établir dans le Sud du Liban pour contrôler des réserves d’eau potable.

(2) L’idéologie néoconservatrice d’hégémonie mondiale des USA, qui s’accorde parfaitement avec le programme d’Israël au Moyen-Orient, produit une très forte alliance des néoconservateurs avec Israël.

(3) Les besoins de justification de budgets massifs et de grande puissance en production, pour rencontrer les vœux du complexe militaro-industriel US.

(4) L’incapacité du gouvernement russe de comprendre les trois précédentes causes.

La façon dont le gouvernement russe s’exprime conduit à penser que les Russes croient que les actions militaires de Washington au Moyen-Orient au cours des 17 dernières années, depuis l’invasion américaine de l’Afghanistan qui est une guerre toujours en cours, concernent la lutte contre le terrorisme. Les Russes continuent d’exprimer l’opinion que la Russie et les États-Unis devraient joindre leurs efforts en une lutte commune contre le terrorisme.

Apparemment, le gouvernement russe ne semble pas comprendre que le terrorisme est la création de Washington. (ici nous sommes en complet accord avec le professeur Roberts. NDLR).  Les longues guerres avec des résultats défavorables qui ont été les résultats des invasions par Washington de l’Afghanistan et de l’Irak ont conduit Washington à recruter et à former des terroristes pour renverser la Libye et la Syrie. On comprend clairement que Washington ne va pas se battre contre l’arme qu’il a créée pour réaliser son programme. (je seconde NDLR).

La confusion du gouvernement russe au sujet de la relation de Washington au terrorisme est la quatrième cause de la crise syrienne en cours. Washington a été pris complètement de court en 2015 par l’intervention surprise de la Russie en Syrie aux côtés du gouvernement syrien contre les “rebelles” djihadistes de Washington. La Russie contrôlait complètement la situation et aurait pu mettre fin à la guerre en 2016. Au lieu de cela, elle a voulu apaiser Washington et montrer un visage raisonnable à l’Europe, et le gouvernement russe a annoncé en mars 2016 une victoire et un retrait prématurés. Cette erreur fut répétée et chaque fois que la Russie fit cette erreur, Washington en profita pour déployer ses propres troupes et aéronefs pour réapprovisionner et regrouper ses mercenaires djihadistes, et pour susciter ou faciliter la participation israélienne, saoudienne, française et britannique aux assauts militaires contre la Syrie. Désormais, le problème est que les troupes américaines sont mêlées aux mercenaires djihadistes, ce qui rend difficile pour l’alliance syro-russe de nettoyer le territoire syrien des envahisseurs étrangers sans tuer des Américains, ce que les Russes et les Syriens ont jusqu’ici évité. Le ministre russe des Affaires étrangères, Lavrov, accuse Washington d’essayer de partager la Syrie mais c’est l’indécision russe qui a conduit à la partition de la Syrie. (Je seconde monsieur Roberts. NDLR).

L’incapacité du gouvernement russe à comprendre l’alliance américano-israélienne / néoconservatrice et ce que cela signifie pour le Moyen-Orient, ainsi que l’indécision du gouvernement russe à fournir à la Syrie le système de défense antiaérienne S-300, ont permis à la crise de dégénérer avec l’attaque non revendiquée de la nuit dernière [30 avril] sur les positions militaires syriennes avec ce qui semble avoir été des bombes à pénétration profonde, marquant ainsi une escalade dans la violence des attaques.

Les attaques de la nuit dernière ont tué des Iraniens et la prochaine attaque pourrait tuer des militaires russes. À un moment donné, le gouvernement russe devrait arriver à se lasser de ses humiliations permanentes, auquel cas les avions israéliens et américains commenceront à tomber du ciel et les attaques contre les positions “rebelles” feront des victimes américaines.

L’incapacité du gouvernement russe à comprendre que la paix n’est absolument pas le but israélo-américain et qu’il n’y a aucune bonne volonté des États-Unis et d’Israël sur laquelle la Russie puisse compter pour parvenir à un accord de paix en Syrie et au Moyen-Orient signifie que la crise continuera à s’aggraver jusqu’à ce qu’on parvienne à la guerre ouverte.

 

Paul Craig Roberts a été ministre du Trésor du président Ronald Reagan.

*Source:dedefensa.org

Version originale :paulcraigroberts.org

Vidéo: Hassan Nasrallah : les Etats-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite vont-ils attaquer la Syrie ?

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

Une pensée sur “Syrie : la crise jusqu’à une nouvelle guerre?

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    7 mai 2018 à 12 12 16 05165
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    TIRÉ DU JOURNAL l’ORIENT LE JOUR DU LIBAN

    Par Scarlett Haddad (revue de presse : L’Orient-Le Jour – 3/3/18)*

    La petite phrase de Hassan Nasrallah dans son discours de mardi dans la Békaa a confirmé les inquiétudes de certaines parties internes au sujet des développements régionaux. Le secrétaire général du Hezbollah a ainsi indiqué que désormais, la guerre indirecte par forces interposées est terminée en Syrie et qu’elle peut céder la place à une guerre directe entre les grands protagonistes.

    En d’autres termes, il est en train de confirmer le fait que les groupes alliés, financés ou appuyés par les Occidentaux et les pays régionaux, ont été défaits sur le terrain syrien et qu’il y a donc d’importants risques que la confrontation soit dorénavant directe entre ceux qui appuient le régime syrien et ceux qui le combattent.

    Cette déclaration du responsable chiite est intervenue au lendemain de la seconde attaque israélienne contre des militaires iraniens en Syrie. La première avait eu lieu quelques jours avant le bombardement tripartite (américain, français, britannique) destiné à protester contre l’utilisation présumée d’armes chimiques par l’armée syrienne.

    Le raid israélien avait alors visé la base militaire de T4 et avait fait des victimes syriennes et iraniennes. La seconde attaque a eu lieu il y a quelques jours et elle a visé des positions militaires entre Hama et Alep, causant là aussi la mort de plus d’une vingtaine de militaires iraniens. Au début, les Israéliens ont gardé le silence sur cette attaque et ce sont les Américains qui ont dévoilé la véritable identité des attaquants. Depuis, la région tout entière est sur le qui-vive et les pronostics se multiplient sur la suite des événements.

    Pour les uns, les Iraniens ne peuvent pas ne pas riposter aux deux attaques israéliennes. Il y va, selon eux, de leur crédibilité et de leurs intérêts. La question, selon les partisans de cette théorie, est de savoir où et quand les Iraniens décideront de répondre et ils annoncent que ces derniers préparent déjà une riposte efficace sur des positions israéliennes névralgiques. Si cela devait se produire, ils sont convaincus que cela entraînerait un embrasement de la région car les Israéliens ne pourront pas rester les bras croisés et le Hezbollah non plus. La principale confrontation devrait donc avoir lieu en territoire syrien, mais elle pourrait rapidement déborder vers le Liban et à l’intérieur même de l’Iran.

    Les adeptes de cette thèse affirment que les Israéliens ne peuvent pas accepter le déploiement des forces iraniennes à proximité du Golan occupé. Ils ont déjà exprimé à plusieurs reprises leur protestation à Vladimir Poutine et à leurs interlocuteurs russes, sans obtenir gain de cause. Au contraire, les Iraniens sont en train de multiplier leurs bases militaires en Syrie et dans la région considérée comme sensible du sud du pays. De même, les Israéliens estiment qu’ils ne peuvent pas avoir une meilleure conjoncture pour agir.

    D’un côté, le président américain Donald Trump, contrairement à son prédécesseur Barack Obama, les appuie sans réserve et il est aussi hostile à l’Iran qu’eux et, d’autre part, les pays du Golfe sont désormais convaincus que la plus grande menace pour la région, et pour eux en particulier, vient de l’Iran, non d’Israël. En effet, jamais auparavant la position des pays du Golfe n’avait été aussi claire sur ce sujet, à travers notamment les déclarations du prince héritier saoudien lors de sa visite aux États-Unis sur le fait que la cause palestinienne n’est plus une priorité pour les Saoudiens.

    Les Israéliens, selon cette thèse, considèrent donc que le moment stratégique est propice pour lancer une attaque contre des positions militaires iraniennes, et même si la situation dégénère, ils auront à leurs côtés les Américains et une partie des pays arabes. Ceux qui défendent cette thèse ajoutent, pour l’étayer, que le représentant saoudien aux Nations unies Abdallah al-Moallimi a déclaré récemment devant les représentants des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, dans le cadre d’une attaque du rôle de l’Iran, en particulier en Syrie, au Yémen et au Liban, qu’il est « temps de traiter le cas du Hezbollah en Syrie et au Liban ». Ce serait donc une sorte de feu vert à une attaque contre le Hezbollah, dans la foulée d’une opération contre l’Iran.

    Il y a toutefois un autre son de cloche qui dit que les Iraniens ne sont pas comme les Arabes et qu’ils ne réagissent pas à chaud, préférant étudier tranquillement toutes les possibilités pour être sûrs de ne pas faire un faux pas qui pourrait se retourner contre leurs intérêts. Pour les partisans de cette théorie, les Iraniens préféreraient donc continuer à aider le régime syrien pour qu’il finisse la mission de libérer la partie la plus importante de son territoire de la présence des groupes armés. Il s’agirait pour eux d’un objectif stratégique, plus important et plus utile que des attaques spectaculaires, juste pour sauver la face, avec des risques de dérapage. D’ailleurs, des responsables iraniens avaient déclaré à la suite de l’attaque israélienne contre la base de T4 qu’ils ne comptent pas riposter pour l’instant car l’Irak et le Liban sont en période électorale. Est-ce à dire qu’ils attendent la fin de ces échéances pour agir ? Le Liban sera doté d’un nouveau Parlement à partir de lundi et en Irak, à partir de la mi-mai. Ce qui coïncide pratiquement avec l’annonce de la décision de Donald Trump au sujet de l’accord sur le nucléaire iranien signé par les pays dits 5 plus 1 (les 5 pays membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne).

    L’avenir de la région pourrait donc se jouer au cours de deux prochaines semaines, mais au Liban, des sources responsables continuent d’affirmer que quels que soient les développements régionaux, le Liban restera à l’abri de la guerre. C’est le principal message donné par la communauté internationale à travers les conférences de Rome, Paris et Bruxelles.

    *Source : L’Orient-Le Jour

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