UBER… PARCE QU’ON EST EN 2016?

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PHILIPPE DAVID :

La bataille opposant les taxis et Uber s’envenime et fait couler beaucoup d’encre (ou exciter des électrons sur les écrans, c’est selon). Il y a ceux qui disent qu’Uber devrait être carrément interdit parce que de toute façon, c’est illégal, puis ceux qui disent que Uber devrait être légalisé et règlementé comme les taxis, et puis enfin, il y a ceux qui, comme moi, croient que le problème n’est pas Uber, mais plutôt la cartellisation du système de taxi comme tel. Comme toujours, les politiciens ne savent pas sur quel pied danser. Jacques Daoust entend présenter un projet de loi avant le 12 mai, mais il a de la difficulté à rallier ses hauts fonctionnaires à sa vision.

Comme toujours, en particulier au Québec, la controverse est surtout une chicane de territoire et cherche à protéger les groupes d’intérêt et les régulateurs au détriment des consommateurs. Mais quand est-ce que notre gouvernement se soucie des consommateurs au juste? Ici on s’acharne toujours à étouffer les innovations qui sont au bénéfice du consommateur pour protéger les amis confortablement incrustés dans un système qui les enrichit sur le dos de tout le monde. Qu’Uber vienne ébranler les colonnes de ce temple est une bouffée d’air frais.

Remettons les pendules à l’heure

Uber n’est pas un service de taxi, mais un service de co-voiturage. À l’aide d’une application sur les téléphones intelligents, il permet de mettre en contact des chauffeurs indépendants qui utilisent leur propre voiture et des gens qui ont besoin d’aller du point A au point B. Uber ne dessert pas les aéroports, les gares, etc. comme les taxis le font. Ce que fait Uber est plutôt de supplémenter les taxis. Ses chauffeurs ne sont pas des employés, mais des travailleurs autonomes, assujettis aux lois sur les travailleurs autonomes et paient les taxes selon les mêmes règles que tous les autres travailleurs autonomes. Uber paie les impôts au Québec comme toute autre compagnie qui y opère. Ceux qui racontent le contraire sont de mauvaise foi. Si Uber ne payait pas sa «juste part» d’impôt, il y a belle lurette que Revenu Canada et Revenu Québec seraient venus frapper à sa porte. Le problème n’est pas que Uber et ses chauffeurs ne paient pas de taxes, c’est que le cadre règlementaire qui régit l’industrie du taxi inflige des coût supplémentaires aux opérateurs et chauffeurs de taxi, les rendant moins compétitifs. Ainsi, les règles et les permis de taxi font en sorte qu’un chauffeur de taxi qui gagne $60 000 de revenu se retrouve avec un maigre $22 000 après toutes les dépenses qui lui sont imposées.

Niveler vers le bas ou vers le haut?

Comme solution nous avons le choix de soit niveler par le haut ou niveler vers le bas. Niveler vers le bas signifierait imposer les règlementation onéreuses qui affectent les taxis à des services comme Uber ou Lyft. Règlementations qui existent justement pour limiter l’entrée de nouveaux joueurs dans le marché, sabordant ainsi tout avantage en faveur du consommateur ou même des chauffeurs. Ou nous pouvons niveler vers le haut en libéralisant l’industrie du taxi, ce qui permettait aux taxis de mieux faire concurrence avec Uber, autant au niveau du prix que du service à la clientèle et permettrait aux chauffeurs d’en garder plus dans leurs poches. Dérèglementer l’industrie du taxi est un win-win pour les chauffeurs de taxis autant que pour Uber et les consommateurs. C’est à se demander pourquoi ce n’est pas déjà fait ici comme ça commence à être fait dans beaucoup d’autres villes où Uber et Lyft ont été implantés.

Pour une fois, ce serait bien d’avoir une solution qui serait à l’avantage du consommateur, non? Me semble que ça nous coûterait un peu moins cher que de financer des taxis électriques à grand coups de millions en fonds publics. Pourquoi freiner le progrès? Après tout, n’est-on pas en 2016?

2 pensées sur “UBER… PARCE QU’ON EST EN 2016?

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    17 mai 2016 à 8 08 43 05435
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    Malheureusement je ne suis pas de l’avis de notre collègue chroniqueur ici présent.

    La bataille UBER est une véritable lutte de classe entre des travailleurs artisans – les chauffeurs de taxi – et une multinationale technologique, UBER, profitant de la crise économique pour s’implanter sur de nouveaux marchés paupérisés. Depuis l’an dernier, les 4 principaux gestionnaires – propriétaires de la multinationale UBER sont tous membres du club des 1826 milliardaires de la planète. Cette année leur positionnement s’est encore améliorée. Voilà les premiers bénéficiaires du réseau international UBER INC.

    Maintenant, pourquoi et comment UBER, qui est bien plu qu’une application technologique sur Internet, mais d’abord une infrastructure de service – de prises de commande – de recrutement accréditation de travailleurs (chauffeurs qui fournissent leur propre instrument de travail – téléphone portable et automobile et assurance, etc.) de gestionnaire pour le transfert des argents, pour le contrôle et l’administration et la comptabilité de cette infrastructure et pour collecter les bénéfices à transmettre aux milliardaires en haut de la pyramide UBER aux USA – que les gars inscrivent un nouveau milliard à leur actif l’an prochain.

    Les conditions économique requises pour qu’une telle multinationale du taxi s’implante sauvagement dans une grande ville sont premièrement un chômage élevé parmi les travailleurs. Pas étonnant que UBER fasse recette à Montréal où le taux de chômage est élevé – laissant sur le pavé des milliers de désoeuvrés disposés à être surexploités faute de travail à se mettre sous la dent.

    Pour une poignée de dollars attrapé à la sauvette – le chômeur offre ses services – sa voiture – prends des risques – dépense son essence – paie ou non un surplus d’assurance – use prématurément son auto, risque des amendes, mais survit dans cette économie en crise systémique qui s’approfondit alors qu’UBER s’enrichit astronomiquement … le seul qui fait vraiment de l’argent dans cette affaire.

    Évidemment, si des emplois biens payés étaient disponibles à profusion aucun travailleur ne délaisserait un bon emploi pour jouer le taxi driver à rabais de la désespérance.

    Cette conjoncture économique désespérée frappe tout autant les travailleurs artisans du taxi régulier mais encore plus durement. Car pour eux, ce n’est pas un emploi alternatif de désespérance qu’ils défendent mais leur gagne pain quotidien pour lequel l’État les pressures de taxes, permis, amendes, contrôles, inspections, vérifications, amendes, réglementation, etc. etc.

    Leurs frais augmentent, leurs clients s’appauvrissent, les heures sont nombreuses et voici qu’un concurrent multinational se présente – surfant sur le chômage et la misère de milliers de désoeuvrés prêts à vendre leur force de travail en dessous des conditions de survie élémentaire.

    Les chauffeurs de taxi devraient-ils réduire le prix de vente de leur force de travail, augmenter leurs heures de travail, réduire leur taux horaire et réduire les tarifs de taxi jusqu’à rejoindre les travailleurs « amateurs UBERISTES » au fond du caveau où nous finirons tous de toute manière ?

    Malheureusement, la conjoncture économique sous le capitalisme croupissant étant ce qu’elle est, ne comptez pas sur l’État des milliardaires pour défendre les travailleurs artisans du taxi, et j’ai bien peur que les travailleurs du taxi boivent le calice de la faillite jusqu’à la lie.

    Ce n’est pas une question d’économie du partage de la pauvreté et de la misère, ni une question d’ouverture aux technologies nouvelles, mais tout bêtement une question de surexploitation de la force de travail pour maintenir les taux de profits – jusqu’à la mort des uns (chauffeurs) et des autres (Uberistes).

    Nous vivons sous le mode de production capitaliste vous savez.

    Robert Bibeau Producteur Les7duQuebec.com

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      18 mai 2016 à 0 12 58 05585
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      Je doute que Monsieur David comprenne un jour vos analyses …. qui vivra verra ….

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