Un autre regard sur Nelson Mandela

DOMINIQUE BOISVERT:

Je suis un nouveau collaborateur des 7 du Québec (depuis fin août 2013). J’ai donc tout à apprendre de son histoire, de son fonctionnement et de sa culture interne (sans compter celle de ses nombreux et fort différents collaborateurs).

De plus, j’estime passer déjà trop de temps devant mon ordinateur: c’est la raison pour laquelle j’ai toujours refusé d’entrer dans le monde des « réseaux sociaux », des débats viraux ou même dans la plupart des discussions suscitées par la fonction « commentaires » des blogues ou des sites Internet (de médias en particulier). Non pas que les débats soient inutiles (bien que le contenu de très nombreux « débats » ou commentaires soient peu éclairant et relève souvent plus du « chamaillage » que de la discussion), mais que les journées n’ayant que 24 heures, j’ai trop d’autres intérêts ou priorités pour en consacrer une partie à ces innombrables discussions.

Or plusieurs textes récents mis en ligne sur Les 7 du Québec portent sur Nelson Mandela et son héritage, dont les deux publiés aujourd’hui, 11 décembre: Je ne dézingue pas le mythe Nelson Mandela… de Allain Jules en « Actualité », et Nelson Mandela, dernier repos pour le héros des Bobos de Robert Bibeau dans « Les 7 au front ». Et plutôt que de les commenter… en commentaires, j’ai décidé de présenter mon propre point de vue, assez différent, dans ma propre chronique.

Je n’ai pas l’intention de débattre des faits, chiffres et arguments avancés par Allain et Robert. Je n’en ai pas le temps et, de toutes manières, là n’est pas mon propos. Je vais plutôt réfléchir à ce qui nous (y compris moi-même bien sûr) fait prendre telle position plutôt que telle autre, avant de présenter mon propre regard sur Nelson Mandela et son héritage.

Tout sujet d’observation peut être regardé d’une multitude de points de vue, chacun ayant son angle particulier, aussi réel et valable que tous les autres. Les personnages historiques n’y échappent pas, encore moins que tous les autres. Beaucoup des affirmations d’Allain ou de Robert sont fort probablement fondées (et je ne vise pas ici le fait qu’elles soient appuyées, ou non, par des sources citées en notes; car il faudrait aller valider, à leur tour, ces sources elles-mêmes). Mais elles n’expriment, tout au mieux, que certains des regards qu’on peut porter sur Nelson Mandela. Tout comme celui que je vais présenter à mon tour.

J’ai eu l’occasion de constater récemment, de première main, à quel point le jugement qu’on porte sur quelqu’un peut être influencé (quand il n’est pas totalement fabriqué) par les sources sur lesquelles on s’appuie ou même par une véritable « campagne de caractérisation » menée pour des motifs totalement intéressés (comme dans les campagnes négatives que mènent souvent les partis politiques pour diaboliser leurs adversaires). En organisant la visite à Montréal de Mère Agnès Mariam de la Croix, religieuse catholique melkite devenue l’une des principales porte-parole du mouvement MUSSALAHA (« réconciliation » en arabe) de Syrie, j’ai pu voir comment son image de « personnalité controversée » avait été fabriquée de toute pièce pour la discréditer auprès des grands médias et rendre aussi difficile que possible la diffusion de son message.

Évidemment, nous ne pouvons éviter, pour nous faire une opinion personnelle sur la plupart des sujets (surtout au niveau international!), de nous appuyer sur autre chose que notre connaissance ou notre observation personnelle. Nous devons faire confiance à des témoins, des journalistes, des « experts » qui ont vu à notre place, qui ont développé des connaissances que nous n’avons pas, ou qui proposent des analyses à partir de ce qu’ils ont eux-mêmes amassé comme informations. Tout revient donc à la question de « à qui pouvons-nous ou décidons-nous de faire confiance ». Et selon les sources que nous choisirons de suivre, nos conclusions sur un même événement ou un même personnage pourront varier considérablement.

Mais au-delà même de nos sources d’informations, l’angle d’analyse d’une même situation ou d’une même personnalité peut modifier considérablement notre jugement: si on analyse l’héritage de Nelson Mandela du point de vue de la géopolitique mondiale, de la liberté démocratique sud-africaine, de l’amélioration des conditions socio-économiques des Noirs ou de l’utilité respective de la violence ou de la nonviolence dans les luttes de libération, on va forcément arriver à des conclusions fort différentes!

Dans l’optique précise de tout ce qui précède, je remercie Allain et Robert de questionner nos éloges spontanés, enthousiastes et peut-être un peu trop faciles, du héros Nelson Mandela (même si je dois l’avouer candidement: ma réaction épidermique à leurs texte a d’abord été négative). Remettre les choses en perspectives, rappeler que pour une grande partie de la population noire, (presque) tout reste à faire, dénoncer l’hypocrisie de bien des panégyriques, cela est une contribution utile dans le concert de louanges.

Par contre, rappeler que Nelson Mandela ou l’Afrique du Sud post-apartheid n’ont pas mis fin au capitalisme, à l’impérialisme, à la domination de l’argent ou à la cupidité des humains est une évidence qui peut malheureusement faire le jeu du cynisme et s’avérer plus démobilisateur qu’engageant en faveur de la transformation nécessaire de notre monde.

Je vais donc brièvement rappeler pourquoi, à mon avis, Nelson Mandela est effectivement un homme exceptionnel, qui lègue à l’ensemble des humains un héritage précieux qui nous interpelle tous à relever nos propres standards d’humanité, de moralité et de service.

Son apport essentiel demeurera certainement d’avoir joué un rôle capital dans la transition (essentiellement) pacifique du régime institutionnalisé d’apartheid à un régime de démocratie formelle et d’égalité constitutionnelle pour tous les Sud-Africains.

Mandela n’est pas le seul « combattant pour la liberté » qu’a connu la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, ni même le combat de l’ANC! Il a certainement joué un rôle très important de leadership à l’intérieur de l’ANC, et plus largement en Afrique du Sud, depuis les années 50. Mais le combat des Sud-Africains contre la domination blanche date au moins du début du XXe siècle, avant même la naissance de Mandela.

De même, la « victoire » du peuple sud-africain contre l’apartheid n’est pas due essentiellement à Mandela (sans diminuer sa contribution majeure): une foule d’éléments y ont contribué, aussi bien dans ses dimensions nonviolentes que dans sa phase de lutte armée.

Mais ce qui lui appartient en propre, me semble-t-il (et dans ce cas, il s’agit d’une responsabilité personnelle que Mandela a jugé bon de prendre, même à l’insu pendant un temps de ses camarades de combat), c’est son rêve et sa réalisation remarquable (même si imparfaite, évidemment) d’une transition essentiellement pacifique et d’une réconciliation que bien peu croyaient possible entre les ennemis irréductibles depuis plusieurs générations. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer la « transition » en Afrique du Sud (malgré toutes ses limites évidentes) avec celles qu’on a faites au Zimbabwe (ex-Rhodésie du Nord), au Mozambique, en Algérie, etc.

Une autre contribution exceptionnelle de Nelson Mandela à notre monde est certainement sa volonté inébranlable de faire prévaloir le pardon, la réconciliation et la paix sur les récriminations perpétuelles, la vengeance et même sur la « justice » étroitement rétributive. À mon avis, la Commission Vérité et Réconciliation qui a fonctionné en Afrique du Sud n’est, en aucune façon, une contribution à l’impunité des dirigeants et responsables. Le démontrer ici exigerait un autre texte complet. Pour moi, Mandela rejoint ici Albert Camus qui, entre la « justice » (concept théorique) et sa mère (personne et réalité concrète), dans le contexte de la guerre d’Algérie, choisissait sa mère au grand scandale des « intellectuels » bien pensants.

Dans un autre domaine, Mandela lègue également un héritage inestimable à la postérité: celui d’une pratique exigeante (et d’une pratique victorieuse) de la nonviolence comme instrument de libération individuelle et collective. Certes, la victoire contre l’apartheid a aussi utilisé, en dernier recours et pendant une période (relativement) limitée, la violence (contre les biens de l’État) et la lutte armée. Mais la lutte du peuple sud-africain a été essentiellement nonviolente (pendant la plus grande partie du siècle, y compris durant ses dernières années avant la victoire: voir le boycott international contre l’Afrique du Sud, la création du Front Démocratique Uni en 1983, etc.).

Et la concrétisation de cette victoire (toute la négociation secrète entre le gouvernement blanc et Nelson Mandela encore prisonnier), de même que la phase de transition extrêmement critique entre la libération de Mandela et son élection comme premier Président noir en Afrique du Sud, ont été gérées selon les principes et les objectifs de la nonviolence, en dépit de tous les efforts (considérables) qui ont été faits, de part et d’autre, y compris dans les diverses factions noires, pour faire déraper le processus par une violence considérable. Pour les artisans de la nonviolence (théoriciens comme praticiens), l’apport de Mandela et de son combat en Afrique du Sud sont et demeureront très précieux, à l’échelle de ceux de Tolstoï, de Gandhi, de Martin Luther King, du Dalaï Lama ou de Aung San Suu Kyi.

Enfin (car je pourrais continuer encore longtemps), il est une autre dimension de Nelson Mandela qui a été (et restera peut-être) presque passée sous silence: sa propre démarche religieuse ou spirituelle et le rôle qu’elle a joué dans son évolution comme leader politique et dans ses choix (voir: Nelson Mandela, un chrétien discret). La raison pour laquelle je mentionne cette dimension de Mandela réside moins dans sa foi personnelle (quelle qu’elle ait été) que dans l’évolution de celle-ci vers une approche de plus en plus interreligieuse et humaniste.

Mandela était, selon moi, un exemple particulièrement réussi (j’allais écrire « abouti ») de cette nouvelle réalité spirituelle contemporaine, qui tout en puisant dans les diverses et très riches traditions religieuses des humains, les transcende pour privilégier l’approche spirituelle qui est commune à toutes ces traditions et que de nombreux contemporains areligieux ou même athées rejoignent sous le vocable d’humanisme.

En ce sens, Nelson Mandela est peut-être l’un des premiers « saints » de cette spiritualité humaine qui transcende les diverses religions. Un « saint » au sens véritable du mot, c’est-à-dire un être humain qui n’est pas du tout parfait (comme on le croit, à tort, trop souvent) mais qui repousse, à un degré exceptionnel, certaines dimensions essentielles de son humanité au point d’être spontanément pris ou proposé comme « modèle ». En lisant cela, lui-même rigolerait sans doute avec son humour légendaire, lui qui disait « Je ne suis pas un saint, mais un pécheur qui cherche à s’améliorer ».

 

 

 

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Dominique Boisvert

Membre du Barreau pendant 20 ans, Dominique Boisvert a choisi de travailler essentiellement en milieux populaires dans les domaines de la solidarité internationale, des droits humains, des immigrants et des réfugiés, de l'analyse sociale, de la paix et de la nonviolence et des questions spirituelles. Co-fondateur du Réseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV) en 2000, il a publié aux éditions Écosociété L'ABC de la simplicité volontaire (2005) et ROMPRE! ou Le cri des « indignés » ( 2012). Il a également publié aux Éditions Novalis, Québec, « tu négliges un trésor ! Foi, religion et spiritualité dans le Québec d'aujourd'hui » (2015) et La « pauvreté » vous rendra libres !, Essai sur la vie simple et son urgente actualité (2015). Il anime, depuis 2010, le blogue du RQSV (www.carnet.simplicitevolontaire.org) et il a aussi son propre site (www.dominiqueboisvert.ca) depuis le printemps 2014.

16 pensées sur “Un autre regard sur Nelson Mandela

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    12 décembre 2013 à 19 07 17 121712
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    Je crois que vous soulignez ici un aspect essentiel de l’homme Mandela qui autrement serait marginalisé, sa vie et son action étant t tout enrtieres assimilées à sa fonction dans le processus ‘,indépendance et aux rôle quj’on lui a fit vivre dans les scénarios , souvent mis en scène par d’autres où il est intervenu. Merci, car quand le brouhaha des récupération sera termin., c’est c qui faisait sa spécificité. comme IINDIVIDU qui prendra sa vraie place dans l’Histoire.

    PJCA

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    12 décembre 2013 à 19 07 50 125012
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    @Dominique Boisvert

    Ce que j’apprécie de Mandela est lié à sa volonté ferme de considérer plusieurs points de vue, pas uniquement le sien. Ainsi, il disait : « J’ai combattu contre la domination blanche, et j’ai combattu contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre ….. dans laquelle toutes les personnes vivaient ensemble en harmonie et avec les mêmes opportunités. »

    En ce sens, il rejoint ce que vous appelez « nouvelle réalité spirituelle contemporaine» où il est primordial de considérer le bien de l’ensemble.

    C’est ce que je retiens de Nelson Mandela. Si son idéal n’a pas été parfaitement réalisé, ce n’est pas une raison de jeter le bébé avec l’eau du bain. Sa vision reste un idéal, un modèle que l’humanité devrait s’appliquer à développer.

    Carolle Anne Dessureault

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    12 décembre 2013 à 20 08 34 123412
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    Chapeau bas Monsieur BOISVERT !

    Votre probité, votre sincérité et votre désir de clarification vous honorent !

    Le danger qui se profile, sur un site comme le nôtre, c’est que les intervenants dérivent dans le monologue, s’invectivent, tiennent des propos excentriques et difficiles à suivre pour ceux qui n’ont pas pris la peine de suivre tout le fil des commentaires, en remontant jusqu’à l’article, et même les articles antérieurs de l’auteur … et même sa pensée profonde, ses pulsions, ses motifs, son jargon et sa libido !

    Je plaide, ici, pour la clarté du propos, l’honnêteté du débat, la bonne foi et la volonté d’utiliser cette tribune afin de clarifier des enjeux et de pousser la réflexion vers des sentes praticables pour une majorité d’internautes.

    Un certain commentateur a eu le culot d’affirmer que MOI et Bibeau étions les «faire-valoir» de quelques esprits tordus et pervers sur ce site … le pauvre hère s’est fourvoyé complètement.

    J’interviens, sur plusieurs fils, non pas en qualité de «faire-valoir» ou de censeur, mais pour que la pensée critique soit délivrée des scories de l’égoïsme et de la suffisance.

    Bravo à vous pour votre très haute probité, le ton posé de votre billet et la clarté de vos propos !

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    12 décembre 2013 à 20 08 51 125112
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    Me Boisvert, vous avez plaidé :

    « En ce sens, Nelson Mandela est peut-être l’un des premiers « saints » de cette spiritualité humaine qui transcende les diverses religions. Un « saint » au sens véritable du mot, c’est-à-dire un être humain qui n’est pas du tout parfait (comme on le croit, à tort, trop souvent) mais qui repousse, à un degré exceptionnel, certaines dimensions essentielles de son humanité au point d’être spontanément pris ou proposé comme « modèle ». »

    Dans la même veine je commentais sur un autre texte traitant de Nelson Mandela :

    http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/desole-je-ne-puis-pleurer/

    Le 8 décembre 2013 à 22 h 38 min,
    J-F Belliard a dit :

    On pourrait même dire qu’il avait trouvé « Jésus » et pas à la G.W. Bush.

    Salutations.

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      13 décembre 2013 à 6 06 38 123812
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      Je considère que cette « sainteté » humaine serait le plus grand danger, puisqu’elle serait l’échelon supérieur sans autre forme de « Dieu-machine » au-dessus. Et donc tout serait permis, et sans contrôle de livres écrits au préalable. C’est l’autoroute ouverte à toutes les utopies qui finissent toujours dans la contrainte et pire encore.

      C’est con, mais il faut s’attacher sans laisser à mettre au jour tous les manques des grands hommes afin de ne pas recréer des mythes comme des nouveaux Zeus ou des nouveaux surhommes et exemples de vertu écrasants. Ca commence tout petit, et on ne peut plus s’en débarrasser quand le mythe est devenu trop grand et qu’il a pris pied dans l’inconscient.

      Lire Epictète et le relire, puisqu’un Marc-Aurèle a su en tirer qu’un chef d’Etat devrait vivre aussi simplement qu’un particulier, (et mourir aussi simplement qu’un particulier). Tout est dit, et personne ne sait plus le faire.

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        13 décembre 2013 à 9 09 52 125212
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        Pseudo Demian West,

        Ce matin à 7h00 un chevreuil m’a montré sa queue en se sauvant. Il faisait -25C. Donc cela m’a rendu joyeux.

        Je suis d’accord avec votre 6h38. C’est la culture religieuse initiale qui ressort. Merci de la débusquer.

        Maintenant, en bon protestant, quel vocabulaire utiliseriez vous pour remplacer notre appréciation de certaines qualités dont la vie de cet homme témoigne ?

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          13 décembre 2013 à 10 10 06 120612
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          Le sens individuel de la justice.

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    12 décembre 2013 à 21 09 34 123412
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    Le jugement repose sur l’information qu’on nous fournit.
    Ou, bien sûr, sur l’information qu’on nous cache.
    Et, aussi, bien sûr, sur «la manière» dont nous est présentée l’information.

    Bref, tout jugement catégorique est dangereux.
    Il faut toujours bien observer le sentiment qu’on nous inculque par rapport aux faits, aux données, aux informations VÉRITABLES et VÉRIFIABLES qu’on nous donne.

    Et, force est de constater que notre jugement est tranché, catégorique et souvent sans appel.

    Allain Jules dit:
    « Nelson Mandela n’a permis aux Noirs, en Afrique du Sud, que de voter et de pouvoir se déplacer librement. »

    Est-ce négligeable ?
    Je ne crois pas.

    Robert Bibeau dit:
    «Nelson Mandela fut surtout le héros de la bourgeoisie et le dernier des égarés de l’Arche de Noé des Non-alignés »
    Je ne crois pas.

    Dominique Boisvert dit:
    « Son apport essentiel demeurera certainement d’avoir joué un rôle capital dans la transition (essentiellement) pacifique du régime institutionnalisé d’apartheid à un régime de démocratie formelle et d’égalité constitutionnelle pour tous les Sud-Africains. »
    Je crois que c’est difficile à nier.

    Il est aussi évident que Mandela n’est pas le seul « combattant pour la liberté » qu’a connu la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud.
    Pensons à Steve Biko, à Oliver Tambo et à bien d’autres, même au mahatma Gandhi.

    Mandela aurait dit à quelqu’un:
    «N’oublie pas qu’un saint est un pécheur qui cherche à s’améliorer».

    Les phrases sont souvent un peu déformées et sorties de leur contexte.
    On en retient un peu ce que l’on veut et on les utilise un peu pour servir sa cause ou sa démonstration.

    Je regrette de ne pouvoir trouver la vidéo où Mandela fait cette déclaration. Sûrement que le contexte donnerait plus d’envol à la phrase qui passe à la postérité.

    Merci pour ce texte, M. Boisvert.
    Il éclaire un peu le jugement qu’on peut avoir.
    Aussi, à travers les lignes, son aiguillage en fonction de plusieurs paramètres, de plusieurs « agendas ».

    Nelson Mandela icône déplacé ou héros véritable ?
    Peut-être simplement et «exceptionnellement» un grand Homme ayant eu une vie dure et exceptionnelle pour une lutte juste et noble.

    Serge Charbonneau
    Québec

    p.s.: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nelson-mandela-s-eteint-et-les-144708

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    13 décembre 2013 à 12 12 26 122612
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    Tiens, en parlant de héros, la figure mythique du CHE est exploité par toute une mouvance altermondialiste ou gauchisante … le CHE est devenu une marque, un marqueur, dans le procès du «monde du spectacle» – dixit Debord.

    Figure christique dans une certaine mesure, au sens où les gnostiques parlent de Chrestos, dans le sens d’«illuminé».

    Au sens propre ou figuré, le CHE fut une sorte d’«illuminé», se jetant dans les bras de ses bourreaux afin d’accomplir un étrange sacrifice.

    Son image a été récupérée après son décès, son «hologramme» au sens de la projection d’une persona fictive.

    Il en ira de même avec Mandela, qui porte un nom qui a la consonance de la MANDALA:

    https://www.google.ca/search?q=Mandala&rlz=1C1CHEU_frCA375CA376&espv=210&es_sm=122&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ei=MTOrUqP-CKLbyQHdz4CABQ&ved=0CDUQsAQ&biw=819&bih=520

    Ouvrez-vos yeux mes amis internautes, Mandela deviendra la nouvelle figure christique qui sera phagocytée par les «grands prêtres du spectacle», de l’agenda médiatique.

    Puisque le rituel de la rédemption soit se poursuivre.

    La mort de Mandela s’inscrit parfaitement bien dans la séquence de la résurgence d’un anti-racisme qui fonctionne comme matrice de soumission.

    Toute les déclinaisons de sa mort et de sa «résurrection» (dans le monde médiatique) formeront cette nouvelle MANDALA. Figure illusoire, schéma de l’illusion supposé représenter le «monde spirituel».

    La mort et la résurrection de la figure christique de Mandela permettront de transférer sur les épaules des consommateurs d’information (néo-citoyens) le fardeau de l’exploitation toujours tangible des peuples africains.

    La FRANCE-AFRIQUE a de beaux jours devant elle, grâce aux travail des «frères» affectés à la transmission des messages, à la préservation et à la perpétuation de la DOXA des illusions.

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      13 décembre 2013 à 13 01 10 121012
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      Oui mais, plus ces figures christiques voudraient renaître, plus elles fatiguent le principe même qui les a multipliées comme pour cacher ce manque du retour de la prime figure christique.

      Ces faux retours ne sont que des masques qui ne disent qu’une seule chose : Vous attendiez le retour du christ et je suis là pour vous faire patienter 50 ans de plus. L’inconscient en est tellement éreinté, qu’il finit par en faire un article de bazar comme les souvenirs de Lourdes, qui disent tout sauf la religion : son absence et la consolation approximative de cette absence.

      Il ne faut pas prendre les inconscients de chacun pour des cons ou des masses irréfléchies, non, l’inconscient a ses stratégies très subtiles et paradoxales. C’est pourquoi, il a toujours plusieurs coups d’avance sur nous, ses marionnettes…

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        13 décembre 2013 à 14 02 14 121412
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        Il y a les affects et la raison.

        La doxa de l’information fonctionne à partir des affects. La raison est un faire-valoir.

        Lorsque je parle de «rédemption», il faut comprendre que la matrice de l’«empire romain à perpétuité» fonctionne à fond la caisse.

        Il n’y a qu’à voir le mouvement PUNK, sans doute à l’époque de notre prime jeunesse Demian, qui fonctionnait selon la même illusion d’optique: il fallait expier la débauche «bobo» du «flower power» précédent.

        Le «NO FUTUR» punk ne faisant que prolonger le concept de TABULA RASA importé dans le subconscient collectif par les nihilistes et leurs émules du mouvement POP.

        L’illusion consiste à mousser les affects dans le sens euphorique, promettant des «lendemains qui chantent». Après, c’est une «saison en enfer», comme les autres, qui se manifeste avec son lot de repentances, de mea culpa et tout le reste.

        Le Christ «réel» est l’anti-héros par excellence. Il ne se pose pas en rédempteur d’une chute provoquée ou calculée par le Grand Inquisiteur, il nous invite – tout simplement – à nous SAUVER NOUS-MÊME en changeant de peau.

        Comme le serpent change de peau à point nommé 😉

        Le mal n’est pas extérieur à nous, il est en nous.

        L’authentique socratique se passe très bien de héros …

        mais, les éveilleurs de conscience sont tout de même bienvenus. J’imagine que Nelson Mandela en était un, à sa manière.

        C’est tout le sens de la MANDALA de la main droite 🙂

        … et, je ne suis pas de «droite», en guise de rappel.

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          13 décembre 2013 à 15 03 07 120712
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          P-H Perrier
          « Le mal n’est pas extérieur à nous, il est en nous. »

          Mais il n’est pas DE NOUS.

          Le serpent le plus venimeux qui nous a été donné à manger peux être digéré et excrété.

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            14 décembre 2013 à 12 12 25 122512
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            Certains disent que le fait que le corps se désagrège provoque la source du mal. Le mal serait d’origine physique … quoi qu’il en soit, il y a matière à réflexion là-dessus.

            Si Dieu nous a créé à l’image de son identité (qui est perfection en théorie) et que nous sommes prisonniers de corps mortels, il y a quelque chose comme un test à passer.

            Certains pères de l’église ont maudit le corps, d’autres gnostiques, par exemple, le déifient …

            Tant qu’à moi, le corps est une enveloppe qui fait partie de l’épreuve de vie. Au lieu de toujours chercher des boucs émissaires extérieurs à nous (les méchants …) ou des sources de guérisons artificiels (la médecine de consommation), on aurait tout intérêt à pratiquer une socratique qui permet d’ouvrir l«oeil intérieur», si l’on veut.

            Pour en revenir à nos moutons et mettre un point final sur cette discussion, je trouve que Mandela représente une forme de courroie d’entraînement qui aura pu provoquer des changements positifs. Le héros, représente plutôt une sorte d’IDOLE extérieure, comme le bouc émissaire, le médecin contemporain ou le Messie programmé par l’appareil du monde du spectacle.

            La source du mal c’est la corruption, le fait que le monde soit corruptible. Le mal nous ronge parce que nous avons peur de la mort. C’est l’évidence même.

            Il faut renaître à soi, tous les sages le diront, quitter le «vieil homme», le «vieil homme» c’est SATAN. Le maître des illusions, de Shambhala… le créateur de la dialectique des contraires et … des contraintes élémentales.

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            14 décembre 2013 à 21 09 18 121812
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            P-H P,

            « Tant qu’à moi, le corps est une enveloppe qui fait partie de l’épreuve de vie. Au lieu de toujours chercher des boucs émissaires extérieurs à nous (les méchants …) ou des sources de guérisons artificiels (la médecine de consommation), on aurait tout intérêt à pratiquer une socratique qui permet d’ouvrir l«oeil intérieur», si l’on veut. »

            En vérité. je te le dis :

            http://www.fichier-pdf.fr/2013/10/08/c-est-pour-ton-bien-alice-miller/

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          13 décembre 2013 à 15 03 09 120912
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          J’allais oublier, selon mon schéma, Johhny Rotten, représente une sorte d’anti-figure christique, il ne s’agit plus d’un «sauveur» ouint, mais d’un héros déchu, pourri …

          il y a comme un déplacement de la figure symbolique du sauveur de l’humanité vers celle de l’antéchrist.

          tout cela, René Guénon me donnerait sans doute raison, fonctionne sur le mode des correspondances symboliques et des polarités.

          la matrice a intégré le mouvement punk:

          http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/10/16/le-punk-n-etait-ni-un-manifeste-ni-une-mode_3496324_3246.html

          toute sa force nihiliste est affublée de la qualité de «facteur de changement». C’est le sens du sacrifice comme moment expiatoire qui permet aux «élus» de poursuivre leur quête.

          la matrice utilise cette symbolique. Il n’y a qu’à voir la multiplication des films et récits (hollywoodiens et autres) sur le mode de la quête (QUEST) et mettant en scène le sacrifice du héros comme modus operandi de la repentance et de l’expiation.

          toute cette dynamique est à briser, tôt ou tard, et le plus tôt sera le mieux.

          le Christ nous a proposé une socratique qui nous permet de nous transformer, de laisser tomber le «vieil homme» en nous … ce qui ne veut pas dire EXPIER AD VITAM AETERNAM pour les péchés des autres…

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            20 décembre 2013 à 16 04 12 121212
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            PHP dit :  »…on aurait tout intérêt à pratiquer une socratique qui permet d’ouvrir l«oeil intérieur», si l’on veut.  »

            A l’intérieur de quoi ? Du corps !

            puis:  »…le Christ nous a proposé une … »

            Des hommes, pris dans leur corps ont dit que : le christ….What ever that is ! Sinon rien d’autre que quelquechose apporté al’intérieur du corp pour en faire autre chose qu’un véhicule a quitter autrement que part la mort, donc un espoir de survi de l’égo ‘ malade ‘ souhaitant vivre éternellement.

            On s’éloigne de Mandela, non ?

            S’était déja cela dans votre premier commentaire (l’éloignement) en réglant des compte avec celui que vous n’osez nommer mais dont les lecteurs assidues reconnaissent .
            En té ka !

            Merci M.Boisvert de faire la synthèse des commentaires regardant la vie de Mandela, personnellement, j’y vois plus clair surtout en regard des motivations de chacun ainsi que de l’angle de vision différent en fonction des influences et des convictions personnelles.

            Bonne journée

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