UN DÉBAT TRÈS RÉVÉLATEUR

Par Thierry Meyssan. Le 4.05.2017. Sur Réseau.voltaire.com  et Robert Bibeau  sur  http://www.les7duquebec.com

Si l’on veut bien regarder le débat du second tour de l’élection présidentielle pour ce qu’il était censé montrer —c’est à dire non pas les programmes, mais les personnalités des deux candidats—, celui du 3 mai aura été très révélateur : les Français s’apprêtent à choisir comme président pour les cinq prochaines années un brillant acteur qui ne s’intéresse pas à eux.

Lors des débats précédents pour le second tour de l’élection présidentielle, les deux candidats abandonnaient la rhétorique de leur campagne et se posaient en possible présidents. Ils ne devaient pas tant expliquer une nouvelle fois leur conception de la France que montrer leurs capacités personnelles à former une équipe, à garder leur sang-froid et à défendre l’Intérêt général.

Ce ne fut pas du tout le cas le 3 mai 2017. Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont empoignés comme des charretiers, poursuivant le combat de leur campagne (reflet de l’âpreté du combat social auquel le capital est confronté, en France et dans le monde entier.  L’économie est mondialisée et la crise frappe partout en France comme en Amérique, d’où Obama et Trump se sont permis des ingérences dans le cirque électoral français. Le capital est solidaire mondialement.  Robert Bibeau.  Http://www.les7duquebecécom).

Cette violence verbale incontrôlable atteste, de mémoire d’électeur, une fracture sans précédent du pays. Ce dialogue de sourds entre ses leaders ne peut que conduire leurs électeurs aux mains. À l’évidence, la France sera dans les prochaines années le théâtre d’un vaste affrontement de rue, d’une révolution, voire d’une guerre civile.

(Nous de les7duquebec.com pensons exactement à l’inverse. Ce sont les classes sociales en lutte qui confectionnent et appellent  sur le devant de la scène politique les leaders capables de les représenter. Si Le Pen, la populiste, et Macron, le banquier,  se sont retrouvés face à face avec autant de violence c’est que la guerre civile est déjà en préparation à travers la misère sociale et la lutte désespéré du capital pour maintenir la production de plus-value via la circulation du capital.  Ces deux pugilistes sont parfaitement représentatifs des deux factions de la classe capitaliste qui s’affrontent économiquement et politiquement. Le Grand capital, sur de sa puissance peut se permettre  d’être arrogant, le petit capital national, en rupture de banc, est acrimonieux parce que plus désespéré que le précédent.  Pour le prolétariat, qui reste en retrait de cette mascarade électorale, cette démonstration burlesque lui fait comprendre que l’insurrection populaire sera la dernière alternative à la misère que le capital lui prépare à l’intérieur ou à l’extérieur de l’euro et de l’Europe, peu importe. La masse des électeurs pour sa part comprenant bien que l’un et l’autre ne peuvent éloigner la crise, privilégiera celui qu’elle croit plus apte à gagner du temps avant le grand effondrement.  Robert Bibeau. Http://www.les7duquebec.com).

 

Nous connaissons tous le diagnostic : d’un côté des gens aisés, travaillant dans le tertiaire, habitant des centres-villes et consommateurs d’animations culturelles ; de l’autre des citoyens pauvres, travaillant dans le primaire et le secondaire, habitant des banlieues ou des campagnes, privés d’avenir et de services publics. Et, bien entendu, quantité de gens entre ces deux pôles, redoutant de basculer dans le second (en effet vers la paupérisation de la soi-disant classe moyenne déjà amorcée. Excellente description monsieur Meyssan. Robert Bibeau. Http://www.les7duqebec.com).

Selon Madame Le Pen, ses électeurs sont les victimes d’une dissolution progressive de la Nation et de la République dans la globalisation. Selon Monsieur Macron, ses électeurs, en s’enrichissant, sont devenus les vainqueurs de la modernité et des exemples à suivre. Les téléspectateurs, sonnés par la violence du débat du 3 mai, n’ont pas observé les qualités dont faisaient preuve les deux candidats.

Marine Le Pen est apparue affranchie de son éducation d’extrême-droite, à la fois mère maternante et sévère. Avocate, elle s’est montrée soucieuse de justice sociale et a placé son talent au service de la « France d’en-bas ». Elle ne dispose pas d’un esprit brillant capable d’éclairer les salons parisiens, mais d’un discernement clair qui lui permet instantanément d’éliminer la verroterie et les élucubrations (si Marine Le Pen avait été une intellectuelle parisienne, bobo du « Boulmich » , elle ne se serait jamais retrouvé à ce débat, comme Mélenchon en fut écarté et tous les autres bobos des vieux partis décomposés… à « recomposer » (sic)  Robert Bibeau,  Http://www.les7duquebec.com).

 

Emmanuel Macron est un esprit supérieur, bien plus intelligent que sa rivale, souvent charmeur, parfois cassant. Homme de théâtre, il maîtrise l’illusion. C’est une personnalité narcissique, souvent malveillante, dénuée de scrupules et de remords. Il s’est amusé à se jouer de sa rivale en se posant comme le chevalier blanc face à l’enfant travesti d’un monstre nazi  (Merci monsieur Meyssan de si bien décrire le type de bobo-larbin appeler à représenter le grand capital français, qui, ayant savamment coincé sa rivale (représentante du petit capital national en perdition) sait qu’il ne doit faire aucune concession. Macron s’est donc amusé à répéter qu’il attaquera les retraités, les concessions sociales, qu’il durcira la loi travail (avec le soutien de la CGT), maintiendra l’euro et l’Europe malgré les faillites, les fuites de capitaux, les délocalisations, s’acoquinera avec Merkel et poursuivra les politiques de guerre et les autres politiques Étatiques qui ont échoué depuis 30 ans. Ensuite, le banquier arrogant regarde les électeurs résignés et leur dit « VOILA MES CONDITIONS – C’EST À PRENDRE OU À LAISSER ». Robert Bibeau.  Http://www.les7duquebec.com).

 

À l’issue de cette longue campagne, débat télévisé inclus, il est probable que Monsieur Macron sera élu par la coalition de la « France d’en-haut » et de ceux qui espèrent la rejoindre. Mais rien ne permet d’anticiper la manière dont se dérouleront les élections législatives de juin. La logique selon laquelle les Français devraient donner une majorité de députés au président qu’ils viennent d’élire pourrait se heurter au réveil des forces qui ont été éliminées au premier tour de l’élection présidentielle. Il n’est donc pas exclu que le charme se brise plus rapidement que prévu et qu’Emmanuel Macron soit immédiatement contraint à composer avec d’autres. (À ce propos, les derniers prétendant au trône de larbin présidentiel ont démontré que ce type de larbin connaît une lune de miel de courte durée, et plus il a semé l’espoir dans l’esprit résigné des péquenots, plus son score s’effondre rapidement. Le grand capital brûle ses thuriféraires en un quinquennat en ces temps de crise économique systémique, puis recommence, trouvant toujours un prestidigitateur de dernière heure pour prolonger son agonie. Les péquenots s’accrocheront toujours à cet espoir sans y croire mais faute de mieux. La solution commence par l’abstention.  Robert Bibeau Http://ww.les7duquebec.com)

 

Quoi qu’il en soit —que le président Macron préside seul ou qu’il gouverne en associant ce qui reste de l’UMP et du PS—, le gouffre qui sépare les deux France va continuer à se creuser et à s’élargir. Les citoyens qui souhaitent défendre l’Intérêt général, c’est-à-dire la République, n’ont d’autre choix que de s’organiser pour résister, derrière la cheffe élue de l’opposition, Marine Le Pen, et de se préparer à exercer le pouvoir. Ils doivent admettre que le temps de la courtoisie est fini et que la colère gronde.

 

(Ici, une erreur de Monsieur Meyssan, qui présente deux France alors qu’il y en a trois en présence dans ce conflit de classes prenant la forme d’un cirque électoral burlesque.  La France du Grand capital avec son moron Macron, que Meyssan a si bien présenté. La France du petit capital national avec sa troufion Marine Le Pen (tous les deux représentants de la France d’en haut), et la France du prolétariat (la France d’en bas). Les deux premiers parviendront à compromettre un certain nombre d’électeurs de la France d’en-bas dans leur machination et à drainer le vote d’un certain nombre de péquenots vers leur tripot. La France du prolétariat elle ne s’intéresse pas à cette mascarade électorale – pas plus qu’aux législatives d’ailleurs – et elle s’abstiendra en plus grand nombre au deuxième tour. C’est le seul résultat qui nous intéressera le 7 mai en soirée.  Merci de ce beau résumé monsieur Meyssan.  Robert Bibeau. Http://www.les7duquebec.com).

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant ouvrier depuis 40 années.

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