Un document d’orientation syndicale…

Un document d'orientation syndicale… {JPEG}

L’UL CGT de Tourcoing a tenu fin juin son Congrès. Il y a été adopté un document d’orientation en quatre parties, dont vous trouverez ci-dessous la partie 1. L’ensemble du texte est ici.

Ce document a l’immense intérêt de tourner le dos aux considérations tactico-stratégiques habituelles qui voudraient atteindre un tout petit « possible »… qui n’est jamais atteint, pour resituer le mouvement syndical dans le cadre d’affrontement de classe.

Résistance

Document d’orientation syndicale, partie 1

1 – « L’histoire de toutes les sociétés jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes » Marx, Engels, 1848.

2 – Cette histoire ne s’étant pas arrêtée, la lutte des classes non plus…

3 – Elle oppose les propriétaires des grands moyens de productions et d’échange (les capitalistes) à l’immense majorité de celles et ceux qui n’ont que leur force de travail pour survivre (les travailleurs).

4 – L’exploitation du travail salarié est à l’origine du profit, seul objectif et seul projet du capitaliste : les travailleurs vendent leur force de travail, et les capitalistes l’achètent à un prix (le salaire) bien inférieur à sa valeur réelle, d’où les gains (la plus-value) qu’ils en retirent pour leur usage exclusif.

5 – Ainsi, les capitalistes dominent les sociétés, et les travailleurs sont-ils en position de dominés.

6 – Cette domination est désormais globale. Le capitalisme est un mode de production donné, qui produit une idéologie dominante, des politiques, une « culture », des pratiques, en plus de nombreuses illusions.

7 – En ce que ce système est fondé sur l’exploitation de la majorité par une minorité, il est non seulement injuste, mais aussi aliénant et dangereux.

8 – Ce système économique, foncièrement déséquilibré, produit à la fois du progrès technique et technologique, et l’impossibilité pour la plus grande part de l’humanité, d’en disposer.

9 – Ce sont les capitalistes qui, par le partage du monde et la division du travail qu’ils provoquent, sont responsables de la misère du monde, des inégalités, des violences et des guerres.

10 – Ce système ne saurait être « équilibré » ou « moralisé ». Il produit un gâchis considérable de marchandises, dont la marchandise « travail », réduite à n’être qu’un moyen du profit, sans rapport aucun avec les besoins sociaux. Tout en produisant ce gâchis, ce système met en péril les équilibres écologiques.

11 – Dans le même temps où les capitalistes exploitent le travail, et élargissent la production, ils ne trouvent plus de débouchés pour écouler celle-ci. Ils veulent des travailleurs à 500 euros mais des consommateurs à 3000 euros.

12 – Ceci est impossible, et produit de grands déséquilibres. Voilà pourquoi Marx analysait le capitalisme comme un système rythmé par des crises, momentanément résolues pour en préparer de plus grandes. Voilà pourquoi il écrivait que « dans le capitalisme, toutes les crises sont des crises de surproduction ».

13 – Ces crises entraînent chômage, précarité, durcissement de l’exploitation, intensification du pillage mondial, (re)colonisation, guerres et troubles divers. Le pouvoir politique, instrument de la bourgeoisie, se durcit également et les libertés publiques se réduisent. C’est le fascisme qui menace.

14 – La lutte des classes se situe donc à la fois au niveau local (dans l’entreprise), au niveau national, et au niveau international. Le capitalisme est la loi quotidienne des travailleurs, où qu’ils se trouvent, et fait sa loi partout ; la guerre est un moyen, mais aussi une industrie, le terme logique de la compétition absolue des capitalistes entre eux. C’est l’impérialisme.

15 –Les rapports de force, la lutte des classes, mais aussi les contradictions propres au système, la concurrence entre capitalistes dans un même espace géographique, et la concurrence entre puissances impérialistes, conduisent à des options politiques différenciées. Dans tous les cas, tant qu’une option politique n’a pas pour caractéristique de renverser l’ordre des dominants, même partiellement (comme c’est le cas au Venezuela par exemple), tant que les choix politiques se font dans le cadre des intérêts patronaux, ils ne peuvent répondre ni aux aspirations populaires, ni aux contradictions engendrées par le capitalisme.

16 – « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ». Guerre des classes, au quotidien dans l’exploitation du travail, l’abaissement des travailleurs, le chômage de masse ; guerre des classes dans l’exploitation coloniale des pays du Sud, l’occupation militaire, la mainmise sur les richesses naturelles…La guerre, la guerre, la guerre… Il y a un lien, parfois difficile à démontrer, mais un lien de fait entre toutes ces formes d’exploitation, un lien de fait entre les prolétaires de tous les pays, soumis à la même guerre, à des degrés différents.

http://www.resistance-politique.fr/…

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