Urgence climatique et biodiversité ou urgence prolétaire?

Par Robert Bibeau en collaboration avec Luc Michel EODE

 

 

Le nouveau tiers-mondisme de la petite-bourgeoisie radicale

 

Dans les années 70 et 80 du siècle dernier, la petite-bourgeoisie gauchiste, humaniste, ecclésiastique, féministe, syndicaliste, socialiste et communiste déblatérait abondamment à propos de la pauvreté du tiers-monde et de la grande misère du quart-monde (les plus pauvres d’entre les pauvres). Chaque parti politique et chacune des ONG de la « société civile » subventionnée s’excitait pour nous enfumer de leurs statistiques qui au rythme d’exploitation des ressources de ces néocolonies (jamais émancipées quoiqu’en disaient Aimé Césaire, Franz Fanon ou le Che) allaient entrainer la disparition de ces peuplades sous-développées au tournant du millénaire.

 

Pourtant, le mode de production capitaliste poursuivant son expansion planétaire vers ces terres en jachère (de capitaux), début 2000 ce sont ces néocolonies « émergentes » qui tirent vers le haut l’ensemble du capital mondial… et l’empêche de s’effondrer… non sans sacrifier des millions de vies prolétariennes « émergentes » d’où l’on trait mondialement la plus-value globalisée – unique méthode d’expansion de ce mode de production moribond qu’un chanteur résume ainsi : « Dans ta shop il faudra que tu meures si tu veux vivre mon ami ». À cette époque la go-gauche et les curés de l’humanité souffrante racontaient que nous étions tous coupables de cette misère, de cette souffrance, de cette exploitation inhumaine, nous tous qui n’avions aucun pouvoir que celui dérisoire de nos crayons de votation.

 

Aujourd’hui, que dalle de cet angélisme humaniste, fini le pleurnichage sur les éclopés affamés et oubliés – nous sommes toujours coupables, exploiteurs et exploités – clients, citoyens consommateurs, et travailleurs producteurs – États prédateurs aux ordres et banquiers-financiers à la gouvernance de ce système étrangleur, pecnot sans le sous, sans pouvoir et sans droits, et oligarques milliardaires « pleins aux as » ; du crime de la fin de la biodiversité. Fini la division sociale en classes sociales – « L’Homme (féminin-masculin- transgenre- lobotomisé- pédophile) » est coupable, l’un avec son maigre pourvoir d’achat insuffisant pour rencontrer les fins de mois, l’autre, milliardaire et criant à cor et à cri pour qu’on lui trouve de nouveaux marchés – tous à égalité – devant nos juges écologistes stipendiés par la bio-industrie et l’écolo-énergie assoiffée de profits.

 

Soyons honnête, comme au temps des années 70, la gauche petite-bourgeoise se démarque des pleureuses de « l’urgence climatique » en attribuant les tors équitablement entrent le salariat (assoiffé de gros salaires et de consommation à outrance) – (sic) et le patronat (tenu de présenter un bilan financier équilibré). Il suffirait maintenant – ayant pris collectivement conscience de la situation écologique catastrophique – d’en venir à un compromis social équitable :

 

Le patronat présente son projet de règlement libéral: « le prolétariat doit travailler plus pour gagner moins de manière à consommer moins et à élargir la part des profits à réinvestir ». Réinvestir pour produire plus de marchandises demandons-nous? Et pour les vendre à qui? Déjà, que nous n’avons pas assez de pouvoir d’achat réplique le prolétariat!

 

Le salariat présente son projet de règlement global: « nous allons travailler moins pour gagner plus de manière à diminuer la production de marchandises déjà surabondante et nous permettre de boucler les fins de mois ». Mais votre solution prolétarienne entrainera la réduction de la portion de plus-value – la non-rentabilité du procès de production et la ruine de nos corporations – donc la fin de toute production – de toute consommation et finalement la fin de « L’Homme (dans ses différentes déclinaisons) » sur Terre.

 

Et ils ont raison les patrons ! Conclusion ? C’est bien le mode de production capitaliste qui arrive à son terme et ne parvient plus à résoudre ses contradictions qui est à la source du problème économique, social et environnemental. Sa phase d’expansion planétaire globalisée arrive à son terme et pour sauver l’espèce humaine, la planète, ainsi que les espèces qui pourront l’être il faudra abattre ce mode de production moribond.

 

Voilà la position du webmagazine Les7duQuébec.com à propos du verbiage environnemental et écosocialiste de la petite-bourgeoisie radicale. Urgence prolétarienne disons-nous.

 

Nous vous présentons ci-dessous un texte du groupe EODE portant sur le plus récent rapport du Conseil mondial de la biodiversité́ (IPBES), intitulé « Alerte rouge sur la biodiversité ».


 

ÉCOLOGIE RADICALE : ALERTE ROUGE SUR LA BIODIVERSITÉ. LA GRANDE IMPOSTURE DU SYSTÈME CAPITALISTE GLOBALISÉ !

 

Par Luc Michel géopoliticien de EODE.

 

« Alerte rouge sur la biodiversité », hurlent en cœur gouvernements et médias du Système. Et tous ces experts, excellences et dirigeants de la globalisation, avec leurs salaires à 5 ou 6 chiffres, de s’autocongratuler et de s’autoapplaudir, comme Mme Azoulay. Et tous ces dirigeants, ces « maitres du Monde » de feindre de découvrir le péril en cet an de disgrâce 2019. Mais le danger planétaire n’a rien de nouveau. Et il n’a pas changé depuis dix ans. Et ajoutons que les cassandres de l’Écologie radicale l’annonçaient dès les Années 1970. J’en faisais partie, jeune militant. C’était un temps où les politiciens verts (du style Hulot ou Cohn-Bendit) n’avaient pas encore trahi l’Écologie au profit du Système libéral et de l’OTAN, où les partis verts n’avaient pas encore été constitués en mangeoires parlementaires et en digues de la récupération du Système …

 

L’imposture est double. D’une part en dissimulant les responsabilités directes du Système libéral et d’autre part en persuadant le grand public mondial qu’il est LE coupable, « l’Homme » comme ils disent. Avant-hier une de ces journalistes aux ordres expliquait doctement que « l’homme était le responsable » et que « nous devions changer nos habitudes ». Le tout sur confusion soigneusement entretenue sur la notion de l’« extinction des espèces ». Les précédentes étant dues aux bouleversements de la Terre elle-même ou à des catastrophes cosmiques comme cette météorite qui aurait mis fin à l’ère des dinosaures. L’homme, lui, et dans toutes ses sociétés traditionnelles, a toujours vécu en harmonie avec la nature.

 

Puis le capitalisme vint, en particulier dans sa variante anglo-saxonne qui est celle de la globalisation libérale ! C’est son productivisme effréné, sa logique du profit maximalisé à court terme, l’égoïsme fondamental de ses grands acteurs, qui est LE coupable : celui de la catastrophe écologique globale, dont l’extinction des espèces actuelles est la conséquence, et de l’épuisement de la planète. Si toute la population mondiale devait vivre sur le niveau de consommation et de gaspillage de la population des USA (le noyau de la globalisation qui est américaine), il faudrait six planètes. C’est le capitalisme et la globalisation qu’il faut arrêter pour sauver la planète ! Tout le reste est un discours d’imposture pour servir le « capitalisme Vert » et autres « agro-bio-business » et faire payer la crise écologique aux masses et non aux capitalistes …

 

 « ALERTE ROUGE SUR LA BIODIVERSITÉ » (LE TEMPS)

 

Le quotidien genevois, voix rare dans des médias aux ordres, aborde (timidement) les responsabilités du Système :

 

Extraits :

« Un rapport mondial dresse pour la première fois la liste des graves dangers qui menacent notre écosystème. L’homme est désigné coupable, mais les gouvernements qui ont adopté ce texte sont lents à agir. Les experts formulent leurs propositions (…) Et pour préserver la biodiversité? On peut manger des légumes issus de l’agriculture biologique. Mais c’est surtout aux États et aux entreprises de prendre leurs responsabilités, estime notre journaliste Marie Maurisse. Elle a disséqué le premier rapport mondial sur la biodiversité, qui dresse la liste des dangers qui menacent notre écosystème. Le document de 1600 pages – approuvé par 130 gouvernements – fait froid dans le dos. 75% de l’environnement terrestre, 40% des mers et océans et 50% des courants aquatiques sont menacés. Depuis 1970, la surface des forêts de mangrove, qui protège contre l’érosion côtière et atténue les effets des tempêtes, a diminué de plus de 75%. Découvrez l’ampleur des dégâts. »

 

MAIS ‘LE TEMPS’ N’ÉVITE PAS LA CONFUSION SUR LES 6 «EXTINCTIONS DES ESPÈCES»

 

Extrait :

« Des fleurs pollinisées par des drones, des mers sans poissons, et des terres sans arbres. Cela n’est pas de la science-fiction, mais la réalité dans plusieurs régions du monde. Pour la première fois, un rapport exhaustif dresse un état des lieux mondial de la biodiversité. Et ses conclusions font froid dans le dos. Tout, dans ce texte de plus de 1600 pages, approuvé samedi par 130 gouvernements et rendu public ce lundi 6 mai, indique que nous sommes très près de la 6e extinction de masse. La précédente voyait s’éteindre les derniers dinosaures. Aujourd’hui, l’enjeu est plus grave. Car si près d’un million d’espèces – sur 8 millions – disparaissent dans les prochaines décennies, comme le prédisent les projections du rapport, la survie de l’humanité tout entière sera menacée. C’est pourquoi le Conseil mondial de la biodiversité́ (IPBES), qui est à la nature ce que le GIEC est au climat, a adopté un document de référence, élaboré par 158 experts, dont les conclusions empêcheront les États qui l’ont signé de dire, à la prochaine catastrophe, «nous ne savions pas».

 

EXTRAITS DU RAPPORT DE L’IPBES (1600 pages)

 

« Les biens communs mondiaux environnementaux (sic), qui sont les terres, les océans, l’atmosphère et la biosphère, desquels dépend l’humanité tout entière, sont altérés à un degré inégalé, avec des effets en cascade sur les écosystèmes locaux et régionaux. (…) Durant les cinquante dernières années, les contributions matérielles de la nature aux hommes ont augmenté, tandis que les contributions immatérielles ont diminué: d’un côté, il y a plus de production agricole, plus de poissons pêchés, plus de bois brut taillé (+45% depuis 1970); tandis que de l’autre, dans ce laps de temps, la productivité agricole a décru de 23% à cause de la dégradation des sols, et la disparition des écosystèmes côtiers tels que les mangroves met en danger entre 100 et 300 millions de personnes vivant près des mers et menacés par les intempéries et la montée des eaux. De nombreux chiffres effrayants ont été articulés tout au long de la semaine dernière. Aujourd’hui, 75% de l’environnement terrestre, 40% des mers et océans et 50% des courants aquatiques sont menacés. Certaines zones le sont-elles plus que d’autres? Thomas Brooks, chef de l’unité Science et savoir à l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), basée à Gland, a fait partie des équipes qui ont édité le rapport de l’IPBES. Le risque d’extinction des récifs coralliens augmente plus vite que celui des autres espèces naturelles, répond-il. En réalité, ce sont les régions tropicales, les iles et les montagnes, qui souffrent le plus ». 

 

« La pollinisation. Les papillons ne sont pas seulement beaux, ils sont utiles. Plus de 75% des types de cultures vivrières mondiales dépendent de la pollinisation par les animaux, relève la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). Sans ces insectes, la majorité de la production agricole mondiale est en péril, soit une perte de 235 à 577 milliards de dollars. Quant aux alternatives, elles sont compliquées et coûteuses: dans le Sichuan, en Chine, des champs de pommiers sont entièrement pollinisés à la main… Aux États-Unis et au Japon, des équipes testent des mini-drones pollinisateurs… Moins romantiques que les papillons! »

 

« La protection des côtes. Le chiffre donne le vertige: depuis 1970, la surface des forêts de mangrove a diminué de plus de 75%. Cet enchevêtrement de végétaux, immergés dans des zones soumises aux marées, est pourtant très utile pour lutter contre l’érosion des côtes, atténuer les effets des tempêtes et des pluies sur les habitats, et héberger des centaines d’animaux et insectes qui s’épanouissent en son sein et régulent l’écosystème. Sans les mangroves, notamment, entre 100 et 300 millions de personnes vivant près des mers sont directement menacés par les intempéries et la montée des eaux, relève l’IPBES. »

 

« Pour le WWF, c’est d’abord aux États et aux entreprises de modifier leurs méthodes – l’ONG édite aujourd’hui un guide à leur intention, à l’occasion du G7 de l’environnement, qui se tient à Metz. »

 

MAIS QUI EST LE VRAI COUPABLE ?

 

Le Temps’ a comparé la version validée (et censurée) par les états et la version du Rapport qui l’a précédée : par ordre d’importance, les scientifiques listent: les changements dans l’exploitation des terres et des mers, l’exploitation directe des organismes vivants, le changement climatique, la pollution, ainsi que les espèces exotiques envahissantes. «Il n’y a aucune controverse sur le sujet, note José Romero, qui était à Paris toute la semaine dernière pour participer aux discussions en tant que chef de la délégation suisse. On sait très bien que fragmenter le sol et supprimer des terres naturelles pour y construire des immeubles et des infrastructures est responsable, entre autres, de la crise de la biodiversité. Sans parler de la chasse illégale, du trafic d’animaux protégés».

 

Mais qui, de la Suisse, de la France, des États-Unis ou de la Chine, fait le plus de mal à la nature? De cela, le rapport de l’IPBES ne dit rien. Le résumé, très diplomatique, veille à ne vexer personne. «Dans la première version du texte, il y avait pourtant des précisions», regrette Arnaud Gauffier, codirecteur des programmes par intérim du WWF France. «On lisait que les pays développés émettent beaucoup plus de CO2, par exemple. Et que les surfaces en aires protégées sont proportionnellement plus importantes dans les pays les moins avancés qu’en Europe ou aux Etats-Unis. Mais tout ça a sauté dans la version finale»

 

* Lire sur LLB : (attention Média de l’OTAN ! Lire avec esprit critique …) https://www.letemps.ch/sciences/alerte-rouge-biodiversite

 

Luc MICHEL / Люк МИШЕЛЬ /

* Ma position pour l’Écologie radicale (Deep Ecology) :  Lire sur LUC MICHEL/ ЛЮК МИШЕЛЬ/

LA NATURE A DES DROITS … L’ÉCOLOGIE RADICALE ET MOI !

http://www.lucmichel.net/2017/03/31/luc-michel-la-nature-a-des-droits-lecologie-radicale-et-moi/

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

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