L’explosion économique à venir dans le monde et dans la zone euro

 

Économiste. Le 28.05.2018. Sur Boulevard Voltaire.

L’affreuse vérité, c’est qu’à part les Pays-Bas, l’Europe du Nord et l’Allemagne, toute l’Europe dont la France est en faillite.

 

 

Le taux des bons du Trésor américain à 10 ans s’est envolé de 2,25 %, le 25 mai 2017, à 2,93 %, le 25 mai 2018. Le géant des marchés obligataires PIMCO estime que le rendement des « treasuries » pourrait atteindre 3,5 % d’ici la fin de l’année, certains gérants pensant même qu’il pourrait approcher les 4 %. Le Dow Jones est, aujourd’hui, deux fois supérieur à celui de l’avant-crise de 2008, tandis que l’endettement est au plus haut partout dans le monde, que la masse monétaire américaine est passée de 250 milliards de dollars, en 1985, à 3.750 milliards de dollars, en 2018, et que Trump, pour couronner le tout, assouplit la loi Dodd-Frank votée en 2010 sous Barack Obama pour mieux contrôler les risques pris par les banques.

Dans la zone euro, l’Italie, troisième puissance économique de l’Union européenne, pourrait se doter d’un gouvernement anti-système et se prépare à la rébellion ouverte en matière de politique économique, monétaire, sociale, d’asile et d’immigration contre l’Europe de Bruxelles et la BCE de Francfort. La Bourse de Milan a encore perdu, vendredi 25 mai, 1,54 % et le « spread » (l’écart entre le taux d’emprunt allemand du Bund à 10 ans de 0,50 % et l’italien) a clôturé à 206 points, ce qui équivaut à un taux italien de 2,56 %.

L’établissement allemand a déjà sorti ses griffes et proliféré ses menaces face aux menaces de l’Italie de quitter l’euro si elle n’obtient pas l’annulation des 250 milliards d’euros d’obligations italiennes détenues par la BCE, la mutualisation de dettes et des transferts fiscaux. L’économiste allemand Lars Feld a déclaré « qu’il était temps de prendre des mesures pour se protéger du risque italien » et qu’il n’était donc pas question de partager les risques dans la zone euro, comme le souhaite naïvement et utopiquement Macron. Dans ces conditions, c’est soit l’Allemagne soit l’Italie qui devra quitter la zone euro.

L’économiste Hans-Werner Sinn de l’université de Munich estime que les 923 milliards de crédits italiens « Target 2 » dus à la Bundesbank sont dores et déjà perdus pour l’Allemagne. La vérité, c’est que chaque pays doit être responsable de ses bêtises et de son laxisme passé, la France incluse, très bien placée avec ses 35 heures, ses structures socialistes pas compétitives et ses relances irresponsables de consommation keynésiennes favorisant les importations. Les exigences de l’Italie à venir seront la goutte d’eau qui fera déborder le vase. Dans ces conditions, au moindre ralentissement conjoncturel, à la moindre hausse des taux à venir, l’équilibre de la zone euro est menacé.

L’autre vérité, c’est que l’alliance populiste italienne n’a pas les moyens de ses souhaits économiques irresponsables. Je ne partage pas l’avis d’Henri Temple sur Boulevard Voltaire : l’euro était une excellente chose, mais pas pour les États laxistes irresponsables tels que l’Italie, la France, les pays de l’Europe du Sud et la Grèce. Et un jour, il faut payer la note ! Même remarque pour Mylène Troszczynski lorsqu’elle approuve, toujours sur Boulevard Voltaire, les propos lénifiants de l’alliance populiste italienne : « Tourner le dos à l’austérité, combler les déficits tout en baissant les impôts. » Quant à Savona, le ministre des Finances italien candidat de l’alliance populiste, il a aussi entièrement raison de dire que « l’euro était une cage allemande pour l’Italie », mais c’était trop facile pour la France et l’Italie de profiter, depuis trente ans, des avantages de cette cage dorée, pour la rejeter aujourd’hui, maintenant qu’elle est devenue une cage de plomb et de fer.

L’affreuse vérité, c’est qu’à part les Pays-Bas, l’Europe du Nord et l’Allemagne, toute l’Europe (dont la France) est en faillite. Les taux d’emprunt grecs viennent de passer de 3,5 % à 4,5 % en quelques jours.

L’Argentine, révélateur des pays émergents, s’enfonce dans la crise avec un taux d’inflation de 25 % et une dette libellée en dollars, tandis qu’au Venezuela, l’inflation, entre 2000 et 2018, s’élève à 37,5 millions de %. L’once d’or, qui valait 200 bolivars vénézuéliens en 2000, cotant aujourd’hui 75 millions de bolivars vénézuéliens !

 

About Robert Bibeau 819 Articles
Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

3 Commentaires

  1. Quand j’etais jeune (dans les années 60) on avait tendance à regarder drôlement les gens qui s’endettaient c’etaient soit des aventuriers de la vie soit de pauvres bougres qui allaient forcement finir sur la paille .Quand à nous famille de petits commerçants la logique était: si tu n’a pas de sous , tu économise et tu te te paiera ce que tu veux quand tu aura assez d’argent.
    C’était avant 1973, avant le 03 janvier 1973 et donc avant le Loi du 3 janvier 1973 (merci giscard) qui a interdit à la banque de France de prêter au trésor. Et figurez-vous, jusqu »a cette date, l’état Français n’étais pas endetté .Une mauvaise gestion de ce poste se traduisant immédiatement par une baisse de la valeur de la monnaie.
    Aujourd’hui la charge de la dette (les interêts payés) c’est plus de 46Mds (milliards),Nous avons une monnaie étrangère: l’euro qui n’est donc pas gérée par l’état Francais via sa banque centrale , mais par l’entitée européenne via la BCE.
    Et pour s’acheter une simple voiture , il semble naturel à nos concitoyens de prendre un emprunt…
    On entend depuis au moins une décennie beaucoup d’économistes alerter sur la non viabilité de l’euro . Et pour Mr Rousset c’est soit l’Italie soit l’Allemagne qui en cas d’agravation des risques géopolitiques devra sortir de l’euro.
    Moi je pense que ce ne sera ni l’un ni l’autre. Trop d’intérêts sont en jeux. Les italiens ne veulent pas sortir de l’euro et ça se comprend: comparez l’ex lire Italienne avec l’euro franchement, y’a pas photo. Quand aux Allemands le seul pays dont l’euro est un multiple exact. (2 deutchmarks = 1 euro) avec une appréciation relativement faible en dollars par rapport à leur compétitivité. Quel intérêt?
    Avec les derniers rebondissements de la « crise Italienne on n’a vu jusqu’ou était prêt à aller trop loin Bruxelles. Donc petite marche arrière. On s’est fait encore une petite frayeur. Le président italien est revenu à une meilleure apréciation de son rôle et la coalition à changé de tête d’affiche. Dormez sur vos deux oreilles ou une seule si vous êtes inquiet. On s’occupe de tout. Mais chut! il se fait tard. Et si vous alliez dormir…

    • @ Philippe

      Je pense comme vous à l’effet que « Moi je pense que ce ne sera ni l’un ni l’autre. Trop d’intérêts sont en jeux. Les italiens ne veulent pas sortir de l’euro et ça se comprend: comparez l’ex lire Italienne avec l’euro franchement, y’a pas photo. Quand aux Allemands le seul pays dont l’euro est un multiple exact. (2 deutchmarks = 1 euro) avec une appréciation relativement faible en dollars par rapport à leur compétitivité. Quel intérêt? »

      1) L’Union européenne est une UNION de raison et de marchandage et de gros sous – de capitaux – et de marchés – et de cette fusion – interrelation – intégration des capitaux européens dans le contexte de la mondialisation de toutes les économies du monde en un tout intégré – l’euro a émergé tout comme l’UE comme l’unique réponse qui permettait au capital européen (dirigé par l’Allemagne – la France – le Royaume-Uni – l’Italie) de défendre ses intérêts face au mastodonte américain.

      2) Cette coalition de raison (économique – essentiellement) ne fut pas facile les concurrences existant entre les différents capitalistes européannistes, mais la structure a tenu le coup parce que les milliardaires européens y trouvaient leur compte et que la puissance hégémonique américaine prélevait sa part de profit mais en laissait assez à ses alliés et concurrents du temps des marges de profits importantes.

      3) La différence entre 1968 – du temps de l’apogée de l’hégémonie US sur le capitalisme mondial (Kenedey – Nixon) et 2018 – c’est qu’aujourd’hui la puissance US est en déclin – le dollar US est donc en déclin et les USA n’ont plus le choix ils ne peuvent plus partager les surprofits et tentent de sauver leurs compagnies de la faillite en rançonnant leur amis – alliés – ennemis – tout le monde tout en saignant à blanc l’ouvrier américains tout en chantant le refrain du ramener les jobs aux pays = fadaises

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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