Analyse critique, de l’analyse « critique », de la grève de L’ASSÉ

(Le 5 novembre 2015, quelques milliers d’étudiants se sont mis en grève et ont manifesté dans les rues de Montréal, pour attester de leur soutien aux négociations syndicales entreprises pour le renouvèlement des conventions collectives des employés de la fonction publique québécoise. L’auteur de « l’analyse critique de cette journée d’activité » reproduit cet extrait de la déclaration de l’Association pour la Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ) leadeur de ces activités,  et je cite : « L’austérité est un choix politique et nous savons que des alternatives existent. Plus de 10 milliards de dollars pourraient être réinvestis dans les services publics si le gouvernement mettait en place les alternatives fiscales que revendiquent l’ASSÉ ainsi que plusieurs de ses groupes alliés. Pour que le gouvernement nous écoute, il est nécessaire de s’allier dans cette lutte »…

 

L’auteur de la critique, tout comme les leadeurs de l’ASSÉ, à l’exemple de la go-gauche réformiste dans sa totalité, ne réalise pas l’immense fausseté qu’ils propagent parmi le mouvement étudiant et tout autant parmi le mouvement ouvrier. Les politiques d’austérité sont une nécessité pour le mode de production capitaliste et aucune alternative n’existe à ces politiques de compression obligée, si ce n’est de repousser à plus tard le moment de la GRANDE DÉPRESSION comme le Parti Libéral fédéral se propose de le faire à Ottawa et le gouvernement provincial à Québec.  Québec Solitaire ne pourra rien y faire – l’ASSÉ et ses ramages – ainsi que la go-gauche et ses « sparages » pas d’avantage, n’en déplaise aux « critiques » sociaux-démocrates réformistes.

 

C’est le mode de production capitaliste qu’il faut renverser pas le parlement fédéral ou provincial qu’il faut investir comme Syriza l’a fait en Grèce pour mieux trahir la classe ouvrière. Voici retranscrite la « critique » de l’analyste cherchant à réformer le mode de production capitaliste qui ne peut pourtant être réchappé.

Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuebec.com)

Environ 1 500 étudiantes1 et une poignée de professeures ont pris part à la manifestation de l’ASSÉ sur la base d’une grève d’une journée :

 etudiants

Environ 50 000 étudiants sont en grève aujourd’hui (5.11.2015) pour dénoncer les mesures d’austérité du gouvernement Couillard. Ils joignent ainsi leurs voix à celles des employés du secteur public, des groupes communautaires et des parents d’élèves, qui multiplient les actions du genre depuis le début de l’automne.

 

Plusieurs cégeps et universités sont touchés, comme le Cégep du Vieux-Montréal, le Cégep Marie-Victorin, le Cégep Saint-Laurent et le Cégep de Sherbrooke, ainsi que des facultés de l’Université de Montréal, de l’Université Laval et de l’Université de Sherbrooke. Les cours ont été levés dans plusieurs de ces établissements.

Cinq autres jours de grève étudiante sont prévus les 12 et 13 novembre, de même que les 1er, 2 et 3 décembre. Ces journées s’arrimeront avec celles prévues par les professeurs.2

 

On ne retrouvait ni le nombre habituel ni l’ambiance combattive d’une manifestation typique de le MASSÉ. Peu de carrés rouges étaient épinglés, peu d’étudiantes s’étaient maquillées et peu de pancartes étaient arborées. Faut-il faire un parallèle avec le demi-échec de la ligne de piquetage de « Je protège mon école » de lundi passé à l’école du quartier Maisonneuve dont ma compagne et moi sommes solidaires ? Y a-t-il un flottement ? Les « offres » du ministre Coiteux, si minables soient-elles, provoquent-elles un attentisme sur fond de menace de loi spéciale contre laquelle les directions syndicales n’ont rien prévu sans que la gauche syndicale n’ait su ou voulu les contester à temps ?

 

Les grèves tournantes des deux prochaines semaines donneront l’heure juste. Seront-elles ce tremplin vers la grève générale de trois jours, au début décembre, du demi million de travailleuses du secteur public ? Cette grève générale sera-t-elle cette grève sociale faite de grève pro-active de tracage, affichage, blocage et occupation faite conjointement avec les mouvements étudiant et populaire ?

Le message de l’ASSÉ garde à cet égard toute sa pertinence :

 

« L’austérité est un choix politique et nous savons que des alternatives existent. Plus de 10 milliards de dollars pourraient être réinvestis dans les services publics si le gouvernement mettait en place les alternatives fiscales que revendiquent le MASSÉ ainsi que plusieurs de ses groupes alliés. Pour que le gouvernement nous écoute, il est nécessaire de s’allier dans cette lutte. »  3

 

Pour donner un nouvel essor à la mobilisation, un appel des porte-parole et députés de Québec solidaire pour la nécessité de la grève sociale pourrait en être le point de basculement. Pourquoi ne pas avoir mis cet appel au centre des élections partielles du 9 novembre ? Pourquoi opposer les urnes et la rue au lieu de profiter des premières pour mettre en évidence la seconde ?  Marc Bonhomme, 5 novembre 2015 www.marcbonhomme.com

 

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1 La manifestation a défilé en quatre minutes à bon pas. On peut compter de 300 à 400 personnes à la minute.  http://www.ledevoir.com/societe/education/454564/l-asse-ravive-sa-greve-sociale

2 Radio-Canada, Les étudiants de l’ASSE se joignent au mouvement de grève contre l’austérité, 5/11/15

3 ASSÉ, Manifestation nationale pour un réinvestissement massif dans les services publics, sans date

 

 

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