Criminalisation de l’action syndicale !

Titre original :  Face à la criminalisation de l’action syndicale,de nouvelles politiques s’imposent !

Par : Dunières TALIS.  Guadeloupe.  20.02.2016. Exclusif.

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“Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classe. La lutte de classe, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que fut fondée la C G T. Or la lutte de classe n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et mains liés à l’exploitation et à l’écrasement. La répression sociale ne se négocie pas, elle se combat.   Henri Krasuki   (Ancien Secrétaire Générale de la CGT France)

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Les classes dominantes pavoisent. Elles ont, selon elles, remporté la bataille des idées. Les crises, leurs crises, notamment celle qui a commencé en 2008, leur ont permis, à coups de peurs et d’artifices, de porter au pouvoir : marchés financiers, mondialisation capitaliste triomphante, féodalités financières, et autres malversations du même acabit.

Elles détricotent sans complexes, minutieusement, systématiquement, tous les avantages apportés au peuple français (à l’exception des colonies bien entendu) par le Conseil National de la Résistance (CNR).

La propagande anti-communiste n’a jamais été aussi violente, aussi vile, aussi abjecte. On  s’en est rendu compte encore récemment au travers des commentaires de la presse aux ordres, à propos de la visite du président cubain Raoul Castro en France. Le degré zéro de la propagande anticommuniste primaire a été atteint par l’animateur Yann Barthès sur Canal Plus.

 

Macron inverse les termes de la lutte des classes

Le ministre de l’économie du gouvernement “socialiste” Emmanuel Macron, faisant preuve d’un cynisme de bon aloi, en rapport étroit avec l’époque, déclare que “la vie est plus facile pour les travailleurs que pour les patrons et les nantis du CAC 40  » (sic).

La défense sans faille des intérêts de la bourgeoisie, la haine, le mépris du peuple, de la classe ouvrière tiennent lieu de “feuille de route” à la social-démocratie qui gouverne la France au bénéfice exclusif des classes dominantes.

Macron, sans rire, vient d’inverser les termes de la luttes des classes. Après Barthès les sommets de l’abjection viennent d’être franchis.  Les chômeurs, les smicards, ces fainéants, allergiques au travail, ces parasites, bénéficiaires des minima sociaux, ne méritent pas cette manne selon Macron.

La lutte contre les travailleurs et leurs syndicats avait pris les formes les plus insidieuses, les plus subtiles qui soient, pour en arriver avec l’explosion sans précédent du chômage, à une brutalité sans fard, caractérisée par la criminalisation des syndicats et des syndicalistes.

 

Criminaliser l’action syndicale

En France, comme dans les colonies la répression fait rage. Hollande, Valls et Macron ont déclenché une répression féroce à l’encontre des syndicalistes qui luttent pour la défense  de leurs intérêts.

En Guadeloupe c’est la CGT qui est condamnée à payer une somme exorbitante pour avoir dénoncé le mode d’accaparement, autoritaire, sans aucun droit, des meilleures terres guadeloupéennes par des latifundistes coloniaux locaux.

Chez nous à l’heure du colonialisme triomphant, les travailleurs, les syndicalistes doivent apprendre à fermer les yeux, à se taire, à se mépriser, à accepter tout et n’importe quoi, sinon… La liberté d’expression dans ce pays est, et demeure un privilège de classe, interdit aux colonisés que nous sommes. Est libre, toute expression qui sert les intérêts des classes dominantes, de la bourgeoisie “compradore”.

En France ce sont des syndicalistes d’Air France et de GoodYear qui sont condamnés à de la prison ferme. Cette méthode avait déjà été expérimentée dans la colonie de la Guadeloupe. Les classes dominantes sont parvenues à convaincre les classes populaires qu’elles sont responsables des dégâts causés par la bourgeoisie, et que pour en sortir, elles devraient accepter les pires sacrifices, les privations de tous ordres.

La presse aux ordres, les petits soldats du journalisme, agrippés à leur tâche de “formation” de l’opinion publique, ont réussi à répandre dans la population, que le concept “d’État social” freine la modernité et le progrès, freine l’enrichissement sans fin des féodalités financières “pourvoyeuses d’emplois”, (sic) les gagneurs, ceux qui “bossent” sans compter les heures…

Chacun peut constater les multiples tentatives mises en œuvre, avec l’aide du gouvernement “socialiste” pour l’affaiblissement du mouvement syndical en France comme dans les colonies, pour l’abandon de la défense des intérêts et des préoccupations des travailleurs.

Le gouvernement “socialiste” a choisi son camp, en s’agenouillant devant les injonctions du MEDEF, en adoptant les programmes de la droite. Programmes de la droite, durs, défavorables aux petites gens, aux jeunes, aux personnes âgées, aux faibles, aux chômeurs, aux malades, en s’en prenant aux acquis sociaux des travailleurs.

Il faut laisser la voie libre à l’exploitation, à la résignation, au défaitisme.

Terroristes et syndicalistes, même punition

Les syndicats, derniers lieux où la luttes de classe, la défense des intérêts des travailleurs revêt encore une réalité concrète sur le terrain, sont dans le collimateur du pouvoir “socialiste”, du colonialisme, de la bourgeoisie compradore locale. Il faut les rendre aphones, muets, immobiles.

La violence de la criminalisation de l’action syndicale actuelle – terroristes et syndicalistes même punition, en prison – exige une réponse adéquate, de la part des syndicats et des forces révolutionnaires de notre pays. Le mouvement social, les partis politiques  doivent se poser la question de pratiques nouvelles, favorisant le développement de cette dynamique citoyenne, seule capable de faire reculer le pouvoir.

Dans une société comme la nôtre où les politiques au pouvoir – Sarkozy/Hollande – se sont avérés incapables de proposer des choix politiques conformes aux intérêts des Guadeloupéens, certains sont tentés de jeter le bébé avec l’eau du bain, et proposent une version moderne de l’anarcho-syndicalisme. Ils suggèrent que le seul acteur politique légitime serait, le “mouvement social”” lui-même, et qu’il faut se passer des partis.

Cette conception mène à une impasse. Ce que l’on appelle “mouvement social” est traversé de diversités et de contradictions qui ne sauraient porter un projet politique unifié. Le “mouvement social” ne saurait donc être ni séparé, ni même extérieur à la politique. Il est avant tout un espace politique de réflexion, d’élaboration et de mobilisation.

Tirons ensemble les leçons que les récents événements de 2009 nous ont léguées.

Dunières Talis.  Guadeloupe.

 

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