CUBA – USA, QUI SE RAPPROCHE DE QUI?

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(Depuis l’annonce du prochain rétablissement des relations diplomatiques entre les USA et Cuba, et la fin du blocus américain contre l’île des Antilles moult analystes des affaires internationales se sont réjouis de cette avancée de la «démocratie» (sic). Nous reproduisons ci-dessous trois articles présentant les spéculations de quelques représentants des grandes puissances qui tentent de comprendre et de supputer les conséquences de cette «avancée» (sic).

Le premier article origine d’un sous-fifre de l’impérialisme russe. Dans ce papier le sous-gradé se demande si ce jeu diplomatique ne cache pas une tentative de séparer le couple des alliés cubano-russe. Ce en quoi il a totalement raison de s’inquiéter. Mais les ouvriers cubains n’ont rien à espérer de ce rapprochement qui ressemble à un éloignement. Le gouvernement de Cuba se prépare à négocier son allégeance à l’un des deux camps impérialistes.   

Le second article émane d’une source autorisée de l’impérialisme chinois. Dans ce papier l’analyste se réjouit de voir que les États-Unis acceptent de guerroyer à armes égales pour le partage des marchés d’Amérique Latine entre tous les pays impérialistes dominants (bataille que la Chine impérialiste se croit certaine de gagner). Ainsi, la phrase la plus significative écrite par l’analyste se lit comme suit : «Depuis l’annonce, à la fin de l’année dernière, de la fin de la Doctrine Monroe par les Etats-Unis». Depuis quelques années, les États-Unis ayant compris qu’ils sont de moins en moins la puissance hégémonique de l’impérialisme mondial redéploient leurs cartes diplomatiques (et leurs portes-avions et leurs bases militaires et leurs usines de production) afin d’encaisser le coup terrible de la concurrence chinoise acharnée.  

 Le troisième article origine de la gauche bourgeoise française qui se réjouit que l’État cubain de Raoul Castro obtienne enfin l’imprimatur de l’impérialisme américain et qu’il puisse espérer obtenir sa part de capitaux étasuniens asservissant. La go-gauche française et mondiale présente cette promotion de Cuba au rang de supplétif Étatsunien   sur le continent latino-américain comme une victoire de la lutte nationaliste chauvine de la bourgeoisie bureaucratique cubaine. Ce en quoi ils ont totalement raison. Rien de réjouissant cependant pour la classe ouvrière cubaine qui après 500 000 suppressions d’emplois peut s’attendre à en connaître davantage.)

Robert Bibeau pour LES 7 DU QUÉBEC votre webmagazine politique.

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Source :  CUBA© REUTERS/ Alejandro Ernesto   08:42 18/12/2014.   MOSCOU, 18 décembre – RIA Novosti.  CUBA.

En rétablissant les relations diplomatiques avec Cuba, les États-Unis cherchent à limiter l’influence de Moscou en Amérique latine, estime Alexeï Arbatov, directeur du Centre d’étude de la sécurité internationale relevant de l’Académie russe des sciences.

« Cuba sera bien sûr moins dépendant envers la Russie, et je crois que c’est l’un des objectifs de ce revirement diplomatique de la part de Washington. Si ce processus progresse, l’influence russe à Cuba, ainsi que dans l’ensemble des pays latino-américains, se réduira », a déclaré M.Arbatov  à RIA Novosti.

Toujours selon l’académicien, l’actuelle démarche américaine était « prévisible depuis six ans ».

« Dès le début de son mandat présidentiel, Obama aurait dû normaliser les relations avec les « ennemis jurés » pour renverser la situation lorsque non seulement Cuba, mais plusieurs autres pays de l’Amérique latine conjuguaient leurs efforts pour faire face aux Etats-Unis », a expliqué l’expert.

Le président américain Barack Obama a officiellement annoncé mercredi l’intention des Etats-Unis de normaliser les relations avec Cuba ce qui constitue « le plus important changement de la politique américaine depuis plus de 50 ans ».

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CUBA Le triple signal de l’amélioration des relations américano-cubaines


( Source: le Quotidien du Peuple en ligne )  19.12.2014.

Après 18 mois de négociations secrètes, les relations américano-cubaines, qui ont été un des sujets les plus sensibles des mandats des dix précédents présidents américains, sont enfin entrées dans un processus de normalisation, et ce jour historique est arrivé alors que Fidel Castro est toujours vivant.

Le 17 décembre, les Etats-Unis et Cuba ont échangé des prisonniers, Cuba ayant libéré un contractant du gouvernement américain détenu depuis cinq ans Alan Gross, ainsi qu’un espion, tandis que les États-Unis ont relâché trois espions cubains, signalant le début de l’amélioration des relations entre les deux pays. Le président américain Barack Obama et le président des Conseils d’Etat et des ministres de Cuba, Raul Castro, ont chacun prononcé un discours, annonçant le début des négociations pour la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays.

On s’en doute, tout cela n’est pas arrivé soudainement. Après les élections de mi-mandat, les membres républicains du Congrès nouvellement élus vont prendre leurs fonctions au début du mois prochain ; Barack Obama a fort opportunément choisi d’annoncer la normalisation des relations américano-cubaines avant que les Républicains prennent le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat. Ce sera un legs important de la diplomatie du Président américain. Mais si certains législateurs républicains menacent d’entraver ce processus, la normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis semble désormais inéluctable.

Quels signaux envoie l’ouverture du processus de normalisation des relations américano-cubaines ?

Premier signal, les politiques hostiles au régime communiste se sont révélées aussi impopulaires qu’inefficaces. Après la victoire de la Révolution cubaine en 1959, le gouvernement américain a commencé à adopter une attitude hostile envers Cuba. En 1961, après l’échec désastreux de la tentative d’invasion de Cuba de la Baie des Cochons par des mercenaires appuyés par les Etats-Unis, ceux-ci ont rompu leurs relations diplomatiques avec Cuba. En 1962, le président américain John F. Kennedy a signé un décret annonçant officiellement le blocus économique et financier de Cuba ainsi qu’un embargo commercial.

Depuis lors, les États-Unis ont tenté à des centaines de reprises d’assassiner Fidel Castro et de renverser le régime communiste à Cuba, en vain. La reconnaissance par l’administration Obama de l’échec complet de sa politique hostile au régime socialiste est une indéniable preuve de courage.

Deuxième signal, mettre en place un blocus et une politique de sanctions politiques revient à se tirer une balle dans le pied. Depuis plus d’un demi-siècle que dure l’embargo commercial contre Cuba, non seulement les sanctions économiques n’ont apporté aucun avantage aux États-Unis, mais elles leur ont fait perdre beaucoup, ternissant leur réputation internationale. L’embargo a rendu impossible l’entrée à Cuba de produits indispensables. La logique interne de l’ancien embargo américain visait à empêcher les entrées de capitaux américains à Cuba. Mais face à un marché mondial actuel de plus en plus intégré, en même temps que Cuba a été victime de pertes économiques, les entreprises américaines ont été totalement exclues du marché cubain. En outre, la politique hostile des États-Unis envers Cuba n’a cessé de semer la discorde dans leurs relations avec les pays d’Amérique Latine au sein de l’Organisation des États américains et de la Banque interaméricaine de développement, minant la crédibilité et l’influence des Etats-Unis dans cette région.

Au fil des ans, tous les pays d’Amérique latine, y compris les plus proches alliés des États-Unis, n’ont cessé de s’opposer à l’embargo commercial contre Cuba, appelant à la normalisation des relations entre les deux pays. Dans ce processus, le Pape François, d’origine argentine, a joué un rôle-clé dans les pourparlers de normalisation.

Troisième signal, la peu convaincante politique américaine de retour en Asie-Pacifique s’en trouve d’ores et déjà modifiée. La normalisation des relations avec Cuba, en faisant disparaitre un obstacle à une implication profonde des Etats-Unis dans les affaires de l’Amérique latine, est aussi le signal concret d’un amendement de la politique américaine de retour en Asie-Pacifique.

Depuis l’annonce, à la fin de l’année dernière, de la fin de la Doctrine Monroe par les Etats-Unis, les bases politiques pour une amélioration des relations entre les Etats-Unis et Cuba étaient posées. Le réchauffement des relations entre les Etats-Unis et Cuba est le symbole de l’intérêt que portent ceux-ci aux Amériques. Il n’est donc pas difficile à comprendre pourquoi c’est ainsi le Canada qui a accueilli quelque sept réunions entre les États-Unis et Cuba, afin de faciliter la normalisation des relations entre les deux pays.

En annonçant la normalisation des relations avec Cuba dans un discours télévisé, Barack Obama a montré que la politique cubaine des États-Unis les a isolés de leurs partenaires régionaux et internationaux ; non seulement cela a limité la capacité des États-Unis à exercer leur influence dans l’hémisphère occidental, mais aussi limité les mesures qu’ils auraient auraient pu prendre pour promouvoir des changements positifs à Cuba.

Il semble manifestement que, puisque les États-Unis n’arrivent pas vraiment à reprendre pied en Asie, ils songent désormais sérieusement à s’intéresser à nouveau aux Amériques.

Par Wang Yiwei, Directeur de l’Institut des affaires internationales et professeur de relations internationales à l’Université Renmin de Chine.

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CUBA : ils l’ont dans …l’os !

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Par le seul fait d’avoir tenu tête pendant si longtemps à l’impérialisme le plus puissant, Cuba a contribué au « changement d’ère » que vit aujourd’hui  l’Amérique latine.

Dieu qu’ils ont du mal à le digérer !! Dans la dignité et l’honneur, sans quémander, sans renoncer à ce qu’il est, en toute souveraineté, David a fini par terrasser Goliath. Le droit l’a emporté sur la piraterie impérialiste, sur une sale et interminable guerre d’usure, d’asphyxie ; elle dure depuis plus de cinquante ans. Rarement une révolution et un peuple auront été si longtemps agressés, dénigrés, en violation des lois internationales. Du « Projet Cuba » de mars 1960 (Eisenhower) à l’ « Opération Mangosta » de Kennedy, du débarquement yankee (repoussé en 72 heures) de la Baie des Cochons (avril 1961) aux « sanctions totales » de février 1962, décrétées par Washington, l’état de siège économique, financier, commercial, le harcèlement multiforme, n’auront jamais cessé. Des sanctions drastiques, près de 1000 milliards de dollars de coût estimé, des lois pour étrangler un pays rebelle, pour tenter de renverser le régime de Cuba l’insoumise, ce « mauvais exemple » de résistance face à « l’empire ». Par le seul fait d’avoir tenu tête pendant si longtemps à l’impérialisme le plus puissant, Cuba a contribué au «changement d’ère» que vit aujourd’hui l’Amérique latine. (Voilà la raison du changement d’attitude des USA qui tentent de se gagner la collaboration de la nomenklatura cubaine dans sa bataille contre l’impérialisme chinois de plus en plus présent sur le continent.  NDLR

En octobre 2005, la vieille brute de président Bush déclarait : « peu de pays ont défié notre nation autant que Cuba ». Il était pour une fois lucide. Alcool test négatif. Les Cubains sont attachés viscéralement à leur indépendance parce que, en quelque sorte, c’est la révolution qui a inventé Cuba, permis l’épanouissement d’une nation mise sous tutelle néocoloniale depuis l’amendement Platt de 1901. Par ce texte, appendice à la constitution cubaine, les Etats-Unis se réservaient le droit d’intervenir à tout moment dans l’île pour y défendre leurs intérêts…
Alors, devant cette gifle historique, nos médiocrates s’étouffent, ergotent, déforment, manœuvrent, enfument. La décision d’engager un processus pour en finir avec la guerre de basse intensité contre Cuba serait à mettre au compte de la colombe Obama. La pitoyable romancière de quai de gare, Zoé Valdès, tourne en boucle, crachant haine et mensonge, en service commandé. Il faut bien manger…

Washington et sa « politique cubaine » étaient de plus en plus isolés internationalement. Aux Etats-Unis même, le blocus, devenu un « problème intérieur », faisait de moins en moins recette dans l’opinion. Depuis une quinzaine d’années, Cuba a brisé l’étau qui l’isolait, a été réintégrée dans la communauté latino-américaine, et y joue un rôle moteur au niveau des processus d’intégration (CELAC, ALBA).  (Alors pourquoi ne pas laisser l’impérialisme américain mijoter dans son jus de palmier et s’étouffer avec son blocus raté serions-nous tenté de demander. NDLR)

Autant de défaites pour les maîtres du monde. L’Europe a même dû revoir son ostracique et cynique « position commune ». Une Europe bien mal placée pour s’ériger en donneuse de leçons « démocratiques». Et voilà que ces diafoirus doivent remballer. On comprend dès lors leur salive amère. Mais ils n’ont pas renoncé pour autant à miner en sous main, avec d’autres méthodes. Sablons le champagne sans retenue mais sans ingénuité. Le méchant loup n’est pas devenu agneau, même si ses dents sont plus élimées.

Retenons que la Résistance, la dignité finissent toujours par payer. (Payer qui, avec l’argent de qui,  messieurs de la gauche bourgeoise ?  NDLR)

 

Une pensée sur “CUBA – USA, QUI SE RAPPROCHE DE QUI?

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    23 décembre 2014 à 17 05 49 124912
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    Ce serait merveilleux si les français et les québécois s’inspireraient de l’exemple de Cuba.

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