Démocratie bourgeoise et Internet…

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Titre original complet : Démocratie bourgeoise, Internet…et le soi-disant égalité des individus.

Source : GIGC. Revue Révolution ou Guerre. No 3. Février 2015. Pages 18-23.  http://igcl.org/Democratie-bourgeoise-Internet-et

 

Le texte qui suit est la synthèse d’une discussion
contradictoire que nous avons eu en notre sein sur
l’usage d’Internet, des forums et réseaux sociaux (type
Facebook) par la classe ouvrière et en particulier par les
groupes communistes et leurs militants. Ces nouveaux médias
– dont l’utilité principale est de favoriser et d’accélérer comme
jamais la circulation du capital et des marchandises –
présentent aussi l’intérêt pour l’idéologie bourgeoise de faire
croire à l’avènement définitif de la démocratie où chacun,
chaque individu isolé, aurait enfin accès au savoir et à la libre
expression de son individualité. Cette mystification a pour
conséquence de détruire encore plus les liens sociaux de tous
ordres ; et au premier chef les liens collectifs de classe.

À ce titre, l’idéologie qui accompagne ces nouveaux médias,
exerce son influence négative sur les luttes ouvrières – même
si elle ne reste encore qu’un auxiliaire renforçant les
mystifications et les sabotages mis en avant par les forces
bourgeoises dans les grèves et manifestations.
Par contre, elle est loin d’être sans effet sur les groupes
communistes tant au niveau de leur intervention – faut-il
continuer à publier des publications et journaux réguliers sur
papier et développer leur diffusion militante dans les luttes,
les manifestations, les grèves, les assemblées, les réunions
politiques, dans la rue, alors qu’on peut se satisfaire de la
publication sur un site Internet ? –, qu’au niveau des débats
entre groupes politiques – pourquoi ne pas se contenter des
forums Internet et des réseaux sociaux chaque groupe ayant
son réseau de sympathisants et « d’amis » Facebook ? –, qu’au
niveau de leur vie interne – pourquoi maintenir des réunions
formelles de groupe alors que les mails et les liens
« miraculeux » grâce à Skype ou autres semblent pouvoir
maintenir et développer un contact et des échanges
permanents ?

Pour nous, Internet ne peut être qu’un moyen technique dont
le contrôle étatique, policier (surveillance) et surtout
idéologique, est encore plus efficace que celui que la
bourgeoisie pouvait exercer auparavant sur le téléphone –
pour donner un exemple d’un outil technique qui peut paraître
équivalent. Même si nous pouvons difficilement nous en
passer dans la société dite « moderne » d’aujourd’hui, comme
nous ne pouvions nous passer de l’usage du téléphone, les
communistes doivent en limiter l’utilisation et, surtout,
combattre la mystification idéologique qui accompagne son
développement au risque de se perdre et de liquider une
grande partie des apports et leçons du mouvement ouvrier
tant du point de vue des luttes ouvrières que du combat pour
le parti communiste de demain.

Nous invitons nos lecteurs et les groupes communistes à se
pencher sur cette question, à contribuer – par la participation
et la critique – à notre réflexion, et à participer à la
dénonciation et au combat contre le démocratisme en général
et sa version « Internet » en particulier. Parmi les rares
contributions sérieuses que nous connaissons sur le sujet, il
convient de mentionner l’article que le PCint-TCI a écrit dans
sa revue italienne Prometeo #4 (2010), Libertà virtuale e
catene reali – La battaglia per il controllo di Internet.

Même si nous partageons une bonne partie des arguments, nous restons
plus réservés sur la possibilité pour les communistes de
devoir mener « la bataille pour le contrôle d’Internet » et de
« s’opposer (…) aux contrôles et à la censure sur les forums
Internet » [« Dobbiamo opporci (…) ai controli e alla
censura sui forum del web »]. Outre les limites (voire les
dangers) d’une telle bataille, nous considérons que le texte de
Prometeo tend à négliger l’utilisation politique et idéologique
de ces nouveaux médias par le capitalisme et la classe
dominante contre les luttes de la classe ouvrière et ses
minorités communistes.

1) Démocratie bourgeoise et la soi-disant égalité des
individus

La démocratie bourgeoise se base essentiellement sur une
vision abstraite de l’individu. Ou plus couramment : un
homme, une voix (un vote) ; chacun égalerait l’autre. Depuis
longtemps, le marxisme, théorie révolutionnaire du
prolétariat, classe exploitée et révolutionnaire, a dénoncé la
mystification de l’égalité entre les individus appartenant à
différentes classes sociales ; et en particulier, « peut-il avoir
égalité entre exploité et exploiteur ? (…) Dans l’État
bourgeois le plus démocratique, les masses opprimées se
heurtent constamment à la contradiction criante entre
l’égalité nominale proclamée par la « démocratie » des
capitalistes, et les milliers de restrictions et de subterfuges
réels, qui font des prolétaires des esclaves salariés » (Lénine,
La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky). En réalité,
« bien que la bourgeoisie représente la minorité de la société,
l’État démocratique représente le système de la force armée
organisée en vue de la conservation des rapports de
production capitaliste » (Thèses de la Fraction communiste
abstentionniste du Parti Socialiste Italien, 1920).

Contrairement à l’idéologie bourgeoise démocratique, le
marxisme ne revendique pas et ne prétend pas à l’égalité entre
individus, ni dans le cadre de la société capitaliste, ni même
dans le cadre du communisme. C’est le capital qui fait des
hommes et des femmes des « égaux » en les aliénant au travail
salarié comme prolétaires. Et si les révolutionnaires sont les
premiers à mettre en avant des revendications « égalitaires »
dans les luttes ouvrières, en particulier dans les
revendications salariales, ce n’est pas par principe, encore
moins par morale (les deux seraient ici des abstractions), mais
comme moyen d’extension et d’unification de la lutte. « La
société socialiste envisagée comme le règne de l’égalité est
une conception française unilatérale, rattachée à l’ancienne
devise « Liberté, égalité, fraternité », une conception qui était
autrefois légitime et opportune en tant qu’étape de
développement, mais qui, à l’égal de tous les principes
unilatéraux des anciennes écoles socialistes, devrait être
surmontée, parce qu’elle ne fait qu’embrouiller les esprits et
qu’on a trouvé des expressions plus précises »
(Engels, Lettre Bebel, 18 mars 1875, souligné par Engels).

La mystification sur l’égalité entre individus au sein de la
société capitaliste et de son État démocratique aboutit au
mensonge sur le libre choix politique du « peuple » par
l’affirmation d’un vote majoritaire, le « peuple » compris
comme la somme d’individus soi-disant « libres et égaux »
étant une autre abstraction sous le capitalisme. « La division
de la société en classes que les privilèges économiques
distinguent nettement enlève toute valeur à la décision
majoritaire. Notre critique réfute la théorie mensongère selon
laquelle la machine de l’État démocratique et parlementaire
sorti des constitutions libérales modernes serait une
organisation de tous les citoyens dans l’intérêt de tous les
citoyens » (Le principe démocratique, Bordiga, 1922).

Le mensonge et la mystification démocratiques qui se basent
sur une notion abstraite, a-historique, non matérielle, in fine
métaphysique, de l’individu, servent en premier lieu à
imposer et à faire accepter par les masses exploitées, au
premier rang desquelles se trouve le prolétariat, « la
République démocratique [cette] forme ultime de l’État de la
société bourgeoise » (Marx, critique du programme de Gotha,
1875) en niant la réalité des classes sociales, surtout de la
classe dominante bourgeoise et du prolétariat exploité, et leur
antagonisme irréconciliable.

2) La soi-disant « souveraineté » de l’individu

Mais la mystification bourgeoise ne se limite pas simplement
à faire croire à la démocratie politique (élections, parlement,
etc.) pure, à effacer des consciences la réalité de la dictature
de classe qu’exerce la démocratie bourgeoise, et à nier la
réalité de la lutte des classes. L’idéologie démocratique
bourgeoise va beaucoup plus loin et tend à imprégner tous les
moments et tous les espaces de la vie sociale au détriment de
la vision et, surtout, de l’action et réflexion collectives, c’està-
dire de la classe ouvrière comme l’a démontré et défendu
sans relâche le marxisme. L’idéologie bourgeoise
démocratique tend à faire de chaque individu une « unité » en
soi, autonome. « L’unité de l’individu a sans aucun doute un
sens du point de vue biologique, mais on ne peut en faire le
fondement de l’organisation sociale sans tomber dans
l’élucubration métaphysique : du point de vue social, en effet,
toutes les unités n’ont pas la même valeur, et la collectivité
naît de rapports et de groupements dans lesquels le rôle et
l’activité de chaque individu ne constituent pas une fonction
individuelle mais collective, déterminée par les multiples
influences du milieu social » (Le principe démocratique,
Bordiga, 1922).

L’individu « prolétaire » n’est rien par lui-même. Il n’est qu’au
sein du collectif historique que représente sa classe, classe
exploitée et classe révolutionnaire à la fois. « Il ne s’agit pas
de ressusciter le mythe illusoire de l’individualisme, qui veut
libérer le Moi des influences externes, alors que sa
dépendance s’élargit au contraire en se diversifiant et que la
vie individuelle est de plus en plus difficile à distinguer d’une
vie collective. Bien au contraire, le problème est posé sur un
autre terrain : la liberté et la volonté sont attribuées à une
classe destinée à réaliser l’unité de l’espèce humaine luttant
finalement contre les seules forces adverses du monde
physique extérieur » (Thèses présentées par la Gauche au
3ème congrès du Parti communiste d’Italie, Lyon, 1926, nous
soulignons).


3) Le totalitarisme de l’État capitaliste et l’atomisation des

individus prolétaires


Avec la période historique de décadence du capitalisme – ou
période de l’impérialisme dominant – et du totalitarisme
étatique croissant qui l’accompagne, cette idéologie
démocratiste et individualiste – idéologie de la classe
capitaliste – n’a eu de cesse de se développer jusqu’au niveau
caricatural que nous lui connaissons aujourd’hui, tout
particulièrement avec l’utilisation d’Internet et des réseaux
sociaux. Sous beaucoup d’aspects, le roman de Georges
Orwell, « 1984 », qu’il serait erroné de limiter à une simple
dénonciation des États capitalistes nazi et stalinien, est
devenu réalité. Avec Internet et ses cookies, le GPS et
Facebook, non seulement Big Brother is watching you, mais
surtout chacun, comme individu isolé, est contraint, d’une
manière ou d’une autre, à se soumettre à cette dictature
permanente qui touche tous les recoins de la vie sociale : au
travail bien sûr avec l’idéologie managériale et le travail en
réseau « Internet-intranet » ; dans les déplacements et
transports avec les téléphones mobiles et le GPS ; chez soi,
dans la soi-disant « intimité du foyer » avec Internet, Skype et
les réseaux sociaux. Si la télévision a été un grand facteur du
développement du totalitarisme étatique et démocratique
bourgeois tout comme un grand accélérateur de l’atomisation
sociale, au moins elle n’était pas « interactive », chacun restant
passif devant le média. Aujourd’hui, l’individu isolé – la
plupart du temps prolétaire salarié ou au chômage – devient,
en apparence, superficiellement, acteur du média et de sa
propre atomisation sociale – cela non pas une fois de temps
en temps lors d’élections, mais quotidiennement, en
permanence, chez lui, dans les transports, durant ses « loisirs »,
au travail…

Pire même il finit par croire que le seul espace
social qui reste est celui, virtuel, d’Internet et des réseaux
sociaux : n’est-ce pas là, en payant, que les célibataires
cherchent à trouver l’âme soeur et à établir des relations
amoureuses ? Outre le fait que le capitalisme transforme en
marchandise… les relations amoureuses et les sentiments,
l’
espace des relations sociales aussi intimes que l’amour se
réduit chaque fois plus à Internet et aux réseaux soi-disant
« sociaux » – il en va des « réseaux sociaux » comme de la novlangue
de « 1984 » : ils sont autant sociaux que « la liberté,
c’est l’esclavage, l’ignorance, c’est la force ».
Mais plus dangereux encore, il a permis à l’idéologie
bourgeoise démocratique d’acquérir une dimension
mystificatrice particulière : tout le monde, tous les individus,
peuvent « s’exprimer librement » et à volonté sans moyens
financiers particuliers, sans journaux, sans relations sociales
particulières, etc… Et effectivement, il faut le reconnaître,
c’est le sommet de la démocratie formelle et abstraite, enfin
chaque individu est l’égal de l’autre : d’un homme, un vote,
Internet nous fait passer à « un homme, une voix (ou « post »)
permanente ». Au risque de paraître pour des vieux « ringards »
face à cette modernité – certains, y compris parmi les
révolutionnaires, n’ont-ils pas parlé d’Internet comme facteur
de la révolution ? – c’est dans le passé et l’histoire de notre
classe, que nous trouvons la dénonciation théorique de
l’idéologie démocratique et individualiste dont Internet est
devenu le summum :

« Cette affirmation ne peut apparaître comme une séduisante
construction logique que si on admet au départ que le vote,
c’est-à-dire l’avis, l’opinion, la conscience de chaque électeur
– nous pouvons rajouter aujourd’hui de chaque « ami
Facebook » ou participant à des forums – a le même poids au
moment de déléguer ses pouvoirs pour l’administration des
affaires collectives. Combien une telle conception est peu
réaliste et peu « matérialiste », cela ressort déjà du fait qu’elle
considère chaque individu comme une « unité » parfaite au
sein d’un système composé d’autant d’unités potentiellement
équivalentes et que, au lieu d’apprécier l’opinion de cet
individu en fonction de ses multiples conditions de vie, c’est-à-
dire de ses rapports avec les autres hommes, elle la
théorise a priori dans l’hypothèse de la « souveraineté » de
l’individu.

Ceci équivaut encore à situer la conscience des
hommes en dehors du reflet concret des faits et des
déterminations du milieu, à la considérer comme une
étincelle allumée, avec la même providentielle équité, dans
chaque organisme, sain ou délabré, affamé ou
harmonieusement satisfait dans tous ses besoins, par un
indéfinissable être suprême qui dispense la vie » (Le principe
démocratique, déjà cité).

C’est aussi, en même temps, la négation du collectif social
quel qu’il soit. Un exemple apparemment « neutre » en terme
de classe et politique : il est commun maintenant de voir des
« gens » réunis au cours d’une soirée entre amis (cadre social
collectif) s’isoler un bon moment pour envoyer ou lire des
SMS ou des textos sans aucun objet ou urgence avec un autre
individu non présent (voire parfois même présent) et oublier,
nier même, ainsi l’acte social collectif !

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Cette gangrène « anti-sociale », anti-collectif, individualiste,
pénètre tous les recoins de la vie sociale et la pollue favorisée
par l’utilisation idéologique d’Internet et des réseaux sociaux
– mais seulement favorisée, elle existait auparavant comme
produit de l’idéologie démocratiste et individualiste. Internet
ne fait que l’aggraver et à en accélérer la propagation.
Du point de vue de classe, c’est-à-dire du point de vue
politique prolétarien, chaque individu, ouvrier, salarié,
employé, chômeur, chaque exploité, se retrouve en
permanence, et surtout encore plus, surveillé et mis en
concurrence avec les autres par le capitalisme totalitaire au
moyen d’Internet.

Ce nouveau media fournit à l’ensemble de l’appareil de l’État capitaliste les moyens de la surveillance et surtout de la répression tant dans la vie sociale en général que
sur les lieux de travail. Nous y revenons par la suite. En tant
que tel Internet et son utilisation par le capitalisme aggravent
les conditions de vie et de travail de la classe ouvrière tout
comme son idéologie renforce la mainmise totalitaire du
capital sur le travail, c’est-à-dire sur les prolétaires.

4) L’idéologie Internet participe du sabotage des luttes
ouvrières

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L’idéologie démocratique sous sa variante Internet pollue
aussi et affaiblit le mouvement ouvrier et communiste en
aggravant encore plus la rupture avec ses traditions et, en
partie, en cherchant à dénaturer les conditions de lutte de la
classe ouvrière pour mieux la paralyser. L’idéologie
démocratiste propre à Internet a favorisé et participé à la mise
en avant des mouvements des « indignés » et la fétichisation de
l’auto-organisation et des assemblées dans lesquelles chacun
pouvait, et devait, s’exprimer, 3 minutes maximum. Si bien
souvent, il était interdit d’intervenir au nom d’un groupe
politique, par contre peu importait que chaque individu répète
la même chose que le précédent.

Cette démocratie pure est un piège du point de vue des intérêts et des objectifs de la lutte ouvrière contre le capitalisme. Le rôle d’une assemblée
ouvrière n’est pas de donner la parole à chaque individu
présent, mais de décider des intérêts et des objectifs
immédiats de la lutte afin de développer un rapport de forces
le plus favorable possible contre le capital. En général, il y a
un guide conducteur: l’extension et l’unification du combat à
d’autres secteurs de la classe ouvrière. Face à cette nécessité
pratique du combat et aux décisions particulières à prendre en
fonction des différents moments et conditions de chaque lutte,
l’important est que les orientations politiques qui affirment
cette dynamique d’unité et celles qui s’y opposent, s’affrontent
dans l’assemblée.

Et si seuls quelques intervenants, voire seulement même deux intervenants, s’en font les porteurs en posant les termes du « débat », c’est-à-dire en assumant et
portant la confrontation politique immédiate, et qu’elles
apparaissent clairement aux yeux de l’assemblée – sans être
noyés sous un flot d’intervention de 3 minutes sur tout et
n’importe quoi – alors la « démocratie prolétarienne », la
« démocratie du combat ouvrier » se met au service du combat
de classe et de ses objectifs immédiats et de long terme.

Voilà précisément ce que l’idéologie démocratiste et
individualiste – dont Internet est devenu le véhicule le plus
approprié – cherche à éliminer en noyant les enjeux et les
termes des confrontations que les ouvriers, en particulier les
plus combatifs et les plus conscients, doivent inévitablement
et nécessairement assumer dans les combats de la classe
ouvrière contre les forces politiques et syndicales bourgeoises
qui interviennent, et interviendront, y compris dans la période
révolutionnaire, dans les luttes et les organisations unitaires
de la classe : assemblées, manifestations, rassemblements,
comités, conseils ouvriers, etc. Vidées de leur contenu et
objectif politiques – décider de la grève, définir les
revendications et les buts de la lutte et les moyens de son
extension et de son unification pour les premières ; décider et
organiser l’insurrection puis l’exercice du pouvoir pour les
conseils ou soviets – ces organes de lutte tombent
inévitablement dans les mains de la bourgeoisie qui se fait
fort de les paralyser et de les émasculer au nom de la
supposée vertu démocratique en soi, supposée « naturelle », de
ces organes.

De ce point de vue, l’idéologie démocratique – à laquelle les
visions individualistes viennent apporter crédit et renfort – se
fait l’apôtre de la fétichisation de « l’auto-organisation », bien
souvent aujourd’hui de « l’assembléisme« , pour mieux vider
l’organisation de la lutte par les ouvriers eux-mêmes de son
contenu et de son potentiel de classe. Nos générations de
prolétaires, particulièrement les plus jeunes, sont influencées
par l’idéologie démocratique version Internet et se sont
habituées aux échanges individuels instantanés de mails et de
« post » sur les réseaux sociaux, à ce que chaque idée ou
commentaire soit de même valeur que les autres, etc. Du
coup, elles tendent à confondre les débats et la confrontation
des positions et orientations de combat avec la possibilité
matérielle, temporelle, pour chaque individu de pouvoir dire
son mot à lui. Au lieu de privilégier l’intérêt de l’assemblée…

À suivre, ici même dans ACTUALITÉ et DÉBAT de  Les 7 du Québec.

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétaire depuis 40 années.

6 pensées sur “Démocratie bourgeoise et Internet…

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    12 avril 2015 à 6 06 12 04124
    Permalink

    Lequel préférez-vous la tyrannie de droite ou celle de gauche? La politique rend vraiment fou. Moi? je préfère les belles femmes et le bon vin il y a rien de mieux pour être heureux. La femme est l’avenir de l’humanité car les homme sont trop fous.

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    12 avril 2015 à 13 01 09 04094
    Permalink

    Bonjour,
    Pour ma part je crois qu’internet et les médias sociaux remplissent à merveille leur rôle qui est d’informer au même titre que les médias conventionnel.
    Après que le citoyen à compris et cerné le problème, soit un journal à la main ou devant son ordinateur, la question reste toujours la même, maintenant qu’est-ce que je fais?
    En tant que société nous sommes au stage de solutionner le problème. Nous l’avons suffisamment identifié.
    Depuis les débuts de la civilisation aucun problème ne s’est réglé que par l’information. Tous les problèmes se règles par des actions.
    Nous avons eu l’exemple du peuple Égyptien qui croit avoir gagner leur révolte; ou en sont-ils?
    Cet exemple n’est surement pas de nature à motiver d’autres peuples. Les peuples Grec et Espagnol voyant le résultat de l’Égypte ne savent plus quoi faire.
    Les dirigeants au Québec peuvent dormir sur leurs deux oreilles car les Québécois sont à des années lumières de passer à l’action. Ils ont encore le ventre plein.
    Rien n’a changé. Il y a 50 ans nous discutions dans une taverne, aujourd’hui sur internet mais le résultat reste le même, le lendemain tous retournent à leur petit traintrain et même plusieurs ne se rappellent même pas les discussions qu’ils ont eues la veille?
    Quand nous aurons tous le ventre vide ce sera différent.
    Le ventre vide il y a beaucoup plus de motivation pour trouver des solutions et surtout passer à l’action. Quand nous venons de boire une bonne bouteille et savouré un copieux repas notre plus grande motivation est de faire une petite sieste et au réveil de se dire : coudons ont n’est pas si mal que ça.
    Pourquoi? L’humain d’aujourd’hui étant plus instruit et informé, n’applique-t-il pas le dicton ou proverbe :
    Vaut mieux prévenir que guérir……… reste une énigme.
    Pourquoi devons-nous faire comme le chien, avoir à se mettre le nez dedans !
    Ben oui! ……….. c’est de la marde
    C’est juste une opinion

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    13 avril 2015 à 6 06 37 04374
    Permalink

    @ André Boyer.

    1) Je pense comme vous que l’approfondissement de la crise économique systémique – sur laquelle aucun expert – économiste ou politicien ou hommes d’affaires n’a de contrôle – apportera des changements importants dans les comportements (ce que vous appelez avoir le ventre vide)

    2) Je pense comme vous qu’un outil – un instrument – un moyen technique est aussi bête et pernicieux que celui qui l’emploi, pas plus et pas moins.

    3) Je pense comme vous que Internet nous offre de grandes possibilités d’échanger, de nous informer, de se concerter.

    4) C’est un peu comme si on dénonçait l’imprimerie et le journal parce que Quebecor de PKP publie une douzaine de torchons insipides – insignifiants – crétinisants – totalement réactionnaires – débilisants, aliénants.

    5) J’aurais plutôt tendance à dire évitons surtout de lire ces torchons mais oui je souhaite lire un journal politique de gauche quitte à ce que je ne sois pas d’accord avec tout ce que j’y lirai.

    6) Si j’ai publié ce texte c’est pour démontré que l’on peut «fétichiser» un moyen de communication en oubliant que c’est le contenu et l,usage qu’on en fait qui sont déterminant. Le moyen de communication ne fera pas la révolution – il ne l’empêchera pas non plus – il est à la couleur de ceux qui l’utilisent.

    7) Les camarades du GIGC ont totalement raison de mettre en garde contre le danger d’isolement que porte ces technologies de communication qui donne l’impression de permettre de communiquer et peuvent au contraire isoler – enfermer – et rendre narcissique. C’est collectivement – massivement – que nous changerons le monde.

    Répondre
    • avatar
      13 avril 2015 à 7 07 54 04544
      Permalink

      Bonjour,
      La section 7) de votre commentaire dit tout.
      Seul je ne suis rien, ensemble nous sommes une force.

      Ce qui fait peur c’est qu’internet va totalement dans le sens opposé soit isoler au lieu de regrouper.
      Les Puissants ont avantage à garder internet.

      Imaginer un petit pays ou le dictateur aurait interdit internet. Tous les dissidents doivent se réunir en cachette et former un groupe secret qui à l’insu du dictateur prend de l’ampleur. Le dictateur en sera informé que lors d’une attaque surprise qui peut réussir à le renverser.
      Par contre s’il avait permis l’accès à internet, rien n’aurait été possible d’organiser sans qu’il en soit informé.

      Un homme avertit en vos deux.
      Internet nous permet d’avancer sur certains fronts, mais de reculer sur d’autres.

      Répondre
  • avatar
    13 avril 2015 à 8 08 59 04594
    Permalink

     » André.

    Totalement d’accord avec toi – Exact – Internet doit être utilisé avec circonspection et pertinence en gardant toujours nos usages sous notre propre contrôle…

    Nous n’avons pas discuté de l’immense possibilité de surveillance Étatique qu’il recèle. Bref, OUI à Internet et ses outils mais en sachant toujours que BIG BROTHERS est là qui nous guette attendant le moment — Un homme averti disais-tu ???

    Alors nous sommes deux dans ce cas…

    Répondre
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