Dernière ressources de l’impérialisme

Titre original :  Dernière ressource de l’impérialisme, installer le chaos durable au Sud de la planète

Par Dunières Talis. Guadeloupe. 13.09.2015

 

« Nous sommes gouvernés, nos esprits sont moulés, nos goûts formés, nos idées suggérées, en grande partie par des gens dont nous n’avons jamais entendu parler. »

 

Edward Bernays

 

L’idéologie et la pratique du “chaos” dans le Sud : “Irak, Afghanistan, Syrie, Libye, Mali, Kenya”, etc, mises en place, nourries, entretenues par l’Occident prédateur : Etats-Unis, Union Européenne, décrites cyniquement comme une volonté d’apporter la “démocratie bourgeoise” dans ces pays, étaient tout, sauf cela !

Les profiteurs, les milliardaires et les laquais qu’ils se paient dans les médias aux ordres et au gouvernement, ont tout fait afin de nous imposer comme vérité d’évangile, ce mensonge grossier, fabriquer notre jugement à l’acceptation passive de leurs thèses.

Nous faire croire que ces attaques injustifiées, ces destructions massives, ces transhumances humaines forcées, étaient et sont nécessaires, pour ces marchands de la terreur et de la barbarie, pour l’instauration de la “démocratie bourgeoise”.

Après avoir hypocritement mis en place les conditions qualifiées par eux de “nécessaires”, pour que les fameux “Objectifs du Millénaire 2000/2015 pour le développement” soient un succès, parallèlement, méthodiquement ils installaient le “chaos”, les destructions, les massacres, la barbarie dans ces mêmes pays du Sud, transformant ainsi les “Objectifs” en vœux pieux, irréalisables. Nous avons dit ce que nous pensions du lamentable échec de ces “Objectifs”. (1)

 

Conséquences

 

Ce sont les terribles émeutes de la faim de 2008 qui éclatent dans les pays les plus pauvres du tiers-monde, suite aux honteuses spéculations des capitalistes sur les denrées alimentaires, et à l’envolée des prix de ces produits. Au cours de la même année, aux Etats-Unis même, la crise des emprunts toxiques (subprimes) projettent une bonne partie de la classe ouvrière et du prolétariat américains dans le dénuement, la misère, le désespoir. C’est la ruine des agriculteurs dans nombre de pays du Sud, dont la Jamaïque et Haïti. L’application stricte du fameux “Consensus de Washington”, et défavorable aux agricultures du tiers-monde, est passé par là et produit ses effets meurtriers. Certains pays sont contraints d’abandonner une partie de leur souveraineté pour survivre, suite aux exigences et la cupidité du monde capitaliste, et des féodalités de la finance.

 

Le Fonds Monétaire International, dirigé par un socialiste français qui a achevé sa carrière dans une chambre d’Hôtel de New York…, imposait des plans d’ajustement structurel meurtriers aux pays pauvres du tiers-monde. Ces pays étaient contraints de diminuer sur les retraites, les salaires des fonctionnaires, de renoncer, de réduire sur les crédits destinés à la mise en place de programmes prévus pour la santé, l’éducation, les infrastructures publiques, à se résoudre à la privatisation de certains services publics : poste, électricité, eau.

Un véritable jeu de massacre destiné à maintenir les pays du Sud dans le chaos le plus total, le dénuement, la misère, à des années-lumière du progrès, d’un minimum de développement.

 

Migration et gestion de la barbarie

 

Partout sur la terre, le capitalisme, arrivé à son apogée, décadent, dangereux pour l’homme et la nature, montre sa vraie nature :

  • aggravation du chômage de masse et guerre aux chômeurs
  • guerre contre les salaires (coût soi-disant du travail)
  • guerres perpétuelles ayant pour enjeux le contrôle des matières premières
  • concentration du capitalisme financier en énormes monopoles, banques en tête ;L’autre aspect, le plus spectaculaire, le plus révoltant, le plus poignant, résultat direct de la situation de chaos, de misère, de dénuement instaurée dans leur pays par le capitalisme sauvage et aveugle, c’est le nombre impressionnant de migrants qui, au péril de leur vie, de celle de leur famille, choisissent la migration vers l’Europe. Dernier avatar : les conditions idéales créées par la politique du “chaos” pour le développement exponentiel du terrorisme.“Ce livre, poursuit-il, publié en français par les Editions de Paris, est considéré comme le guide idéologique et le manuel pratique de Daech.
  • “Il se révèle aujourd’hui d’une grande actualité, puisque son contenu guide l’action stratégique de Daech et celle de ses filiales sur le terrain, partout dans le monde.”
  • “Les nazis avaient “Mein Kampf”, l’”Etat Islamique” dispose du manifeste : “Gestion de la Barbarie”, (2) écrit Malek Sibali.
  • Nous, communistes l’avons échappé belle ! Ces gens ne viennent ni de Chine, de Corée du Nord, de Cuba, du Viet-Nam, de Russie, de Bolivie ou du Venezuela.
  • Jamais avant 2015, le nombre de migrants fuyant leur pays n’a été aussi élevé. Les  chiffres annoncés, et bien en deçà de la réalité, avancent le nombre de 3000 morts depuis janvier 2015.

A qui cela profite-t-il ?

Le système capitaliste, parvenu à son stade suprême, l’impérialisme, vise deux objectifs, objectifs qui lui permettent ou lui permettront de maintenir son hégémonie.

 

1°) Empêcher le développement du Sud de la planète, principalement en détruisant tous les pouvoirs régionaux indépendants : comme l’Iran, la Libye, la Syrie, à maintenir les Etats les plus faibles de l’Afrique dans un état de dépendance total, notamment militaire.

 

2°) Déstabiliser, isoler, encercler les puissances montantes, en particulier la Chine et la Russie.

Deux des principaux dirigeants français qui ont dévoilé leur vraie nature de socio-libéraux authentiques : François Hollande, “ennemi de la finance”, et Manuel Valls “plus amoureux de l’entreprise” que jamais, participent activement à ces manœuvres.

Mais comme le disait Elsa Triolet : “Sur une barricade, il n’y a que deux côtés.” Ils ont choisi les leurs.

 

Une politique de destruction massive, de déstabilisation alimente pleinement les ventes d’armes, domaines dans lesquels les Etats-unis, l’Angleterre et la France sont passés maîtres. Réduire le pouvoir, la capacité de résistance des pays faibles, choisis pour leur servilité aux puissances étrangères, permet de s’accaparer une part aussi grande que possible des ressources mondiales qui commencent à diminuer, surtout le pétrole, le gaz et l’eau.

Le gouvernement d’un pays dévasté est à la merci d’une puissance occupante, en matière de contrat de reconstruction et de la gestion des ressources. Bref ! Le “chaos”, les destructions massives sont beaucoup plus meurtriers, dévastateurs que la tyrannie. Les Irakiens, les Afghans, les Syriens, les Libyens peuvent le confirmer.

 

Dunières TALIS

 

 

(1) Nouvelles Étincelles, n° 602, du 22/01/15

(2) Gestion de la barbarie, Editions de Paris, de Abu Bakr Naji.

 

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