Des nouvelles du fond du trou

Source : INFO BREF, no 403,  Paris. 1.09.2015.

Des nouvelles du fond, un panorama du secteur minier international

Phoenix minier…

« The death of mining »

mines

« Le charbon talonnera le pétrole comme première source d’énergie mondiale dans cinq ans et devrait le dépasser d’ici à dix ans, selon un rapport publié, mardi 18 décembre, par l’Agence internationale de l’énergie. « Le charbon a représenté près de la moitié de la hausse de la demande mondiale d’énergie » depuis 2000 selon l’AIE. » Le Monde 19/12/12

Si de Marx à l’Histoire, il était à la mode dans les années 80 d’enterrer à tort et à travers, le secteur minier n’en a pas moins traversé à l’époque une crise profonde qui a été à l’origine de recompositions spectaculaires (voir Pig is beautiful plus loin). Mais depuis le tournant 2000 et la hausse des prix, l’industrie extractive est devenue la plus rentable du monde (Ainsi dans les métaux, les bénéfices des grands groupes sont passés de 4,4 milliards en 2002 à 67 en 2006, avant de baisser puis de repartir en 2010). Les lenteurs propres au secteur (il faut 10 ans pour « faire » une mine) et les résultats mitigés de prospections toujours plus couteuses devraient garantir encore longtemps des cours hauts. Surtout qu’a côté de la demande maintenue, en grande partie grace à la Chine, en minerais classiques (Fer, Zinc, Nickel, Cuivre, Bauxite, etc.), les marchés de minerais atypiques et de terres rares connaissent un essor sans précédent. C’est ainsi le cas pour le platine, dont la production n’a vraiment pris son essor que dans les années 60 et qui se vend désormais plus cher que l’or (45 000 euros le kilo). D’ailleurs les américains, inquiets de l’exceptionnelle concentration géographique et centralisation capitalistique du secteur (90 % de la production en Afrique du sud contrôlée par trois groupes), ont inscrit les 3 métaux du groupe platine dans leur liste des 8 matières premières stratégiques « indispensables en temps de paix comme de guerre ». Que ce soit pour fournir les aciéries chinoises , la silicon valley ou produire de l’énergie  (Cf. le renversement prévu d’hégémonie entre charbon et pétrole et le recours aux gaz de schiste aux Etats-Unis et maintenant en Grande Bretagne), la renaissance du phœnix minier est en train de dissiper les mirages de la transition écologique et du « green new deal », énièmes revival de nostalgie fordiste avec leur production de masse durable, consommation de masse  responsable et concorde sociale dans la citoyenneté du tri et de l’équitable.

… mirage vert…

Energies renouvelables et technologies propres qui n’auraient d’ailleurs pas pu longtemps maquiller leurs « à-côtés ». Ainsi, le platine n’appartient certes pas à la catégorie des survivances de la première ère industrielle. Il est difficile de faire le tri dans ses multiples usages on ne peut plus modernes, des pots catalytiques (antipollution) à la chimiothérapie, des simulateurs cardiaques aux nez de missile en passant par la bijouterie, la dentisterie et les engrais. En tout cas, à l’image de l’électronique et des sciences du vivant, piliers de cette « troisième révolution  industrielle » qui s’insinue dans tous les interstices de l’existence, que ce soit pour votre voiture, votre plombage dentaire ou votre traitement contre le cancer, vous participez effectivement à un moment ou à un autre à « l’économie circulaire » (Rifkin) des nouvelles retombées polluantes… de la lutte contre la pollution : « depuis que le platine est utilisé abondamment comme catalyseur, on commence à le trouver dans tous les compartiments de l’environnement et notamment dans l’air urbain. La pluie lessive l’air et les eaux de ruissellement l’apportent aux stations d’épurations urbaines, où il s’ajoute à celui qui provient des urines (dont celles des patients traités contre le cancer) des excréments et de certains déchets industriels. »[1]

Certes, après les luttes récentes dans les mines sud-africaines, le recyclage, variante moderne de substitution de capital au travail, se développera dans les pays riches, c’est du moins la menace qu’ont agité les barons du secteur. Mais, même repeint en vert, ce n’est pas demain que le capital pourra se passer de ces « deux sources d’ou jaillissent toute richesse : la terre et le travailleur. »(Marx)

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http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3797

Canada : Nexen contraint de fermer 95 oléoducs suite à une fuite majeure

Etrange que cette information ne fasse pas la une des journaux … alors que la pollution engendrée pourrait être loin d’être neutre pour notre planète … mais le pétrole semble encore y être le roi …. quant aux conséquences écologiques de l’exploitation des sables bitumineux, la priorité pourrait être de ne pas trop affoler les populations ….

Quoi qu’il en soit, le producteur d’hydrocarbures Nexen, la filiale canadienne de la société publique chinoise CNOOC a du se résoudre samedi à suspendre les opérations de 95 oléoducs sur son site de sables bitumineux de Long Lake. La compagnie fait en effet l’objet d’une enquête sur une fuite de cinq millions de litres de pétrole dans la forêt boréale en Alberta, dans l’Ouest du Canada.

L’autorité de l’Énergie de l’Alberta (AER) a ainsi ordonné la suspension immédiate de 15 permis d’exploitation d’oléoduc. Ce qui nécessite l’arrêt de 95 pipelines, lesquels transportent du gaz naturel, du pétrole brut, de l’eau salée, de l’eau douce et de l’émulsion.

Pour pouvoir reprendre ses activités, Nexen devra prouver que ses installations peuvent être utilisées en toute sécurité. 

« Nous n’accepterons rien de moins que des preuves concrètes », a indiqué le PDG de l’AER, Jim Ellis. Ce dernier assurant que la protection de la sécurité publique et de l’environnement étaient la priorité absolue de la province de l’Alberta.

Ces mesures de suspensions surviennent alors que l’agence mène une enquête sur le déversement de cinq millions de litres d’un mélange lourd de bitume, de sable et d’eaux usées près de Fort McMurray, en raison d’une fuite d’un pipeline appartenant à l’entreprise Nexen, à la mi-juillet.

La société acquise par le Chinois CNOOC en 2013 pour 15 milliards de dollars avait découvert une fuite dans ses installations de Long Lake, au sud de Fort MacMurray, coeur de l’industrie pétrolière canadienne en Alberta.

Avec cinq millions de litres (31.500 barils) de liquides bitumineux déversés, cet accident majeur constituait la seconde plus importante marée noire d’Alberta et l’un des accidents pétroliers les plus graves en Amérique du nord, si l’on en croit les médias canadiens.

Le 17 juillet dernier, alors que l’entreprise avait présenté ses excuses … tout en précisant que la zone affectée par le déversement couvrait environ 16 000 mètres carrés, principalement sur le trajet de l’oléoduc, la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley avait dans un premier temps défendu les oléoducs, en affirmant qu’ils constituaient « le moyen de transport de pétrole et de gaz le plus sécuritaire ». «Ce qui compte, c’est que nous devons apprendre de cette fuite», avait-t-elle souligné.

Le 23 juillet,  Nexen avait affirmé que la fuite majeure d’un oléoduc détectée une semaine auparavant dans le nord de l’Alberta avait pris forme vers la fin juin ou le début juillet.  Le vice-président principal des activités canadiennes, Ron Bailey, avait alors indiqué que l’entreprise ignorait à quel moment précis la fissure est survenue.  Nexen estime que la fuite dans l’oléoduc a débuté quelque part entre le 29 juin, lorsque les équipes ont terminé un nettoyage, et le 15 juillet, lorsqu’un entrepreneur l’a repérée.

Nexen avait parallèlement indiqué que l’oléoduc a été installé l’an dernier et qu’un système d’alerte n’a pas détecté la fuite.

Sources : AFP, AER, Le Devoir

Elisabeth Studer – 30 août 2015 – www.leblogfinance.com

 

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