DEUX STRATEGIES EN SYRIE

Par  Chérif Abdedaïm.  Source : La Nouvelle République. Alger. Novembre 2015. http://www.lnr-dz.com/index.php

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La stratégie occidentale est en échec en Syrie depuis quatre ans. Le groupe des amis de la Syrie qui avait exclu les positions iranienne et russe n’a jamais pu apporter la preuve de la crédibilité de l’armée syrienne libre (ASL) et sa branche politique, le conseil national syrien.

La Russie, de son côté, a toujours proposé ses bons offices diplomatiques pour dénouer le nœud syrien et trouver une solution interne au régime des Assad.

Pour sa part, l’OTAN persiste dans ses dénonciations de l’escalade de la Russie et l’accuse de ne pas bombarder des positions de Daech mais de l’armée syrienne libre. Quelle serait l’implication réelle de la Russie ? En janvier dernier, le président Obama avait dit, à propos de la stratégie américaine en Syrie, «je n’ai pas de stratégie». Cela dénote-t-il du fait  que les américains et  leurs alliés Occidentaux n’arrivent pas à éclaircir la situation et à poser les bonnes questions ? Même si Obama déclare qu’il n’a pas de stratégie, il n’en demeure pas moins que sa politique Obama visant à obtenir un « changement de régime » en Syrie renferme un secret fâcheux : elle revient à nouer une alliance de fait avec le Front Al-Nosra, branche d’Al-Qaïda tendant vers une victoire éventuelle, aidé directement et indirectement par l’Arabie Saoudite, la Turquie et l’entité sioniste.

Afin de contenir les chiites, les États-Unis ont donc apporté tout leur soutien aux Saoudiens ultra-sunnites et leur projet sanglant de guerre sectaire. Comme l’a déclaré le vice-président Joe Biden en octobre dernier à la Harvard Kennedy School, l’Arabie saoudite et les États du Golfe « étaient tellement déterminés à renverser Assad et essentiellement déclencher une guerre entre sunnites et chiites par sectes interposées, devinez ce qu’ils ont fait ? Ils ont versé des centaines de millions de dollars et fourni des milliers de tonnes d’armes militaires à quiconque combattrait Assad sauf que ceux qui les ont reçus étaient Al-Nosra et Al-Qaïda, et les composantes extrémistes de djihadistes issus d’autres coins du monde. »

Pour sa part, Côté russe, la Russie ne veut pas apparaître comme un trublion mondial. Au contraire, elle souhaite jouer un rôle dans le nouveau monde multipolaire qui s’ouvre après la fin de l’hégémonie américaine post-URSS.

Question de stratégie Poutine a répondu clairement : il s’agit de combattre l’islamisme parce qu’il se répand au Moyen-Orient via l’État islamique et d’autres groupes ; au Maghreb et en Afrique ; en Asie centrale et dans les franges sud de la Russie voire en Chine. Donc Poutine a répondu à cette question à laquelle l’Occident à des difficultés à répondre car tout s’imbrique. On sait très bien dès le départ que des groupes islamistes sont soutenus par des alliés de l’Occident comme la Turquie ou les pays du Golfe, ce qui pose un problème.

Chérif Abdedaïm

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