ÉCOLO-DÉVELOPPEMENT, LE DÉNI DE NAOMI

arton18780-05ae2

 

Les écrits de Naomi

Naomi Klein, auteure bien connue, a commis un nouveau cri de défi, avertissant je ne sais qui, que le temps des compromis était fini. Dans son dernier livre Naomi vilipende son ami Barack Obama de ne pas avoir tenu ses promesses de sauver la planète du réchauffement climatique, des pluies acides, de la désertification, de la hausse du niveau des océans et de l’extinction d’espèces menacées.

Naomi et ses amis crient et vocifèrent contre les marchands de guerres et contre les pétrolières et les accusent de tout faire pour accélérer leur calvaire dans le seul but d’engranger leurs profits mal acquis. Naomi avoue avoir perdu dix années de sa vie à quémander des engagements de la part des puissants ; à demander des changements bénéfiques pour l’environnement ; à supplier les gouvernements pour des lois ayant des dents afin de contrer l’effet de serre et protéger l’atmosphère. La militante écologiste admet finalement son échec retentissant. Elle écrit :

«Depuis que les gouvernements ont commencé sérieusement à parler de s’attaquer aux changements climatiques, en 1990, les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 61 %. Des études crédibles montrent que la fenêtre pour éviter les pires dégâts se refermera en 2017… Le temps des compromis est fini» (1).

Aux journalistes qui en redemandent, madame Klein outrée ajoute : «Durant ma recherche, j’ai découvert que la plus grande organisation environnementale du monde, Nature Conservancy, exploite elle-même des puits de pétrole dans une réserve naturelle au Texas.»

Devant tant de duplicité que fera Naomi blessée peut-on se demander ? Elle compte manifester et marcher à s’en tordre les pieds et faire sonner les cloches des églises de Broadway afin d’ouvrir les cœurs et les consciences de ces multinationales de l’énergie, cupides et toutes puissantes. Lucide, et pas stupide, l’écrivaine renchérit :

«Il y a trois ans, j’ai reçu un rapport britannique qui avait été préparé pour les marchés financiers. Les auteurs montraient que les compagnies énergétiques possèdent les droits sur des réserves d’hydrocarbures représentant cinq fois le volume qui peut encore être brûlé avant d’atteindre un point de non-retour pour le climat. Ces quantités astronomiques de pétrole constituent essentiellement une déclaration de guerre contre la planète. Pour ces compagnies, c’est leur modèle d’affaires. C’est non négociable. Les compagnies ont compris que la parole des politiciens ne valait rien», conclut la militante.

La «marche des peuples» pour les multinationales de l’énergie ?

Étrangement, au moment où l’Europe et l’Amérique du Nord se mettent à marcher  pour critiquer l’industrie des énergies polluantes, certains économistes en appel à un virage énergétique afin de briser la dépendance des pays européens et américains vis-à-vis du pétrole étranger (Proche-Orient notamment). Cette dépendance stratégique affaiblit leur puissance impérialiste et plombe l’économie de ces pays souverains (sic). Ainsi, l’économiste Gaël Giraud souligne que : «L’État devrait intervenir pour favoriser, financer et encourager la transition énergétique. Pourquoi est-ce important ? Entre autres parce que c’est l’énergie qui pilote une grande part de la croissance. Savez-vous qu’au moins la moitié de la croissance pendant les Trente glorieuses provenait simplement de l’augmentation de la consommation de l’énergie ? Une fois qu’on a compris l’importance de l’énergie, il faut se demander d’où elle vient en Europe : en grande partie de l’extérieur, via notre importation du pétrole (70 milliards d’euros chaque année, pour la France seulement)» (2).

Et si la marche des peuples contre le «réchauffement climatique» se subsumait en une échauffourée  entre monopoles de l’énergie dont nous serions les dindons de la farce ; les gazières poussant du pied les pétrolières ; ces dernières critiquant les nucléaires ; celles-ci dénigrant les énergies renouvelables incapables de suffire à la demande en croissance exponentielle. Tout ce beau monde quémandant des argents des gouvernements pour compléter leur transition comme le propose candidement l’économiste Giraud dans cet extrait stupéfiant : «Il faut mettre en œuvre un vrai débat démocratique sur ces scénarios. C’est un choix de société, en effet. Quelle place pour le nucléaire ou le gaz de schiste, par exemple ? Il faut en débattre. Ensuite, ce sera à l’État de trouver les moyens correspondants et d’aider à leur financement, en sachant que ces investissements seront peu rentables à court terme» (3).

Vous aurez noté que tout est beau pour le pèquenaud-bobo : scénario d’indépendance énergétique «nationale», débat démocratique citoyen, choix de société civile, aide au financement des trusts du pétrole, du gaz de schiste et du nucléaire, avec en prime, la promesse de non-retour sur investissement avant longtemps ! Que les travailleurs contribuables-taxables à volonté, à qui on aura demandé de se serrer la ceinture pour subventionner les milliardaires du gaz de schiste n’aillent pas penser qu’une subvention accordée à des monopoles de l’énergie doive rapporter.

Serions-nous en train de manifester afin de faire pression sur le gouvernement pour qu’il consacre plus d’argent aux milliardaires de l’énergie et de l’industrie de l’environnement ? Munie de la meilleure volonté du monde pour sauver la couche d’ozone, améliorer la qualité de l’air, empêcher l’effet de serre, les écologistes se retrouvent  en porte à faux et leur combat serait récupéré par leurs ennemis (ou leurs amis ?) pour obtenir d’avantages de «subsides» de la part de l’État néolibéral providence pour les riches qui ne demande que ça.

La marche des peuples pour les coupures dans les budgets sociaux !

Le pendant de ces généreux programmes d’accommodements pour la recherche de nouvelles sources d’énergie «nationales» étant, bien entendu, que la dette souveraine s’alourdit et que les services publics deviennent trop dispendieux et doivent être sacrifier sur l’autel du développement environnemental écologique d’Exxon, de Shell, de Mobil, de Pétro-Canada, d’ELF et des autres.

Tant que les entreprises privées seront coincées à l’intérieur du mode de production  capitaliste anarchique, à la poursuite du profit maximum, jamais l’humanité ne connaitra la paix, ni le respect de la planète, de ses ressources, de ses capacités à se renouveler, et de ses caractéristiques environnementales. Ces variables écologiques sont des coûts de production qui contreviennent au «modèle d’affaires» profitable des multinationales.

Les «pressions» par la mascarade des élections bidon

Les écologistes, les environnementalistes et les altermondialistes s’accrochent à l’illusion que la «société civile», et que la «communauté citoyenne» possède un quelconque pouvoir «démocratique» via les urnes – le bulletin de vote – et autres fanfaronnades électorales. Depuis plus d’un siècle, les élections démocratiques bourgeoises attestent de la futilité des élections bidon. Naomi en est tellement consciente qu’elle avoue candidement à propos de son Président :

«Après son élection, Obama avait un chèque en blanc pour monter un stimulus économique. Des milliards et des milliards étaient envoyés aux banques, sans condition. Au même moment, les constructeurs automobiles de Detroit faisaient faillite et demandaient au gouvernement de les sauver. Obama venait de gagner avec une majorité claire, en faisant campagne sur une plateforme de changement, incluant la lutte contre les changements climatiques et le grand projet de rebâtir la classe moyenne. Et il avait le Congrès de son côté» (4).

Une seule solution à la dégradation de l’environnement et à la pollution

Militants écologistes, environnementalistes et éco-socialistes observez la réalité. Le monde capitaliste est capable d’asphyxier des civilisations, de massacrer des populations, d’emmurer des nations, de disloquer des États, de tuer les travailleurs, d’estropier les enfants, les ouvriers et les soldats, et vous croyez qu’il hésitera à détruire l’environnement ? Les peuples et les ouvriers du monde entier ne veulent pas de leurs guerres sanguinaires, de leur capitalisme usuraire et pourtant que peut-on observer ? Toujours davantage de décomposition sociale, de dégénérescence globale, de crise économique générale, de chômage en panade et de pollution environnementale.

Madame Klein, chers amis de Naomi, militants éco-socialistes, prudents écologistes larmoyants altermondialistes cessez de crédibiliser ces gouvernements et leurs parlements et mettez réellement fin aux compromis avec ceux qui se moquent de nos  vies. Ce n’est pas par des manifestations, des cloches et des lampions, ou par des casseroles sur les balcons que nous stopperons leurs malversations. Seule une grève générale illimitée pourra les contraindre à écouter en attendant de les renverser définitivement pour construire le mode de production écologique socialiste.

Pour préparer notre avenir : MANIFESTE DU PARTI OUVRIER http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

  1. http://plus.lapresse.ca/screens/4515085c-6b61-43e5-9672-6c5133ab5cf9%7C_0.html
  2. http://www.lavie.fr/actualite/economie/pour-l-economiste-gael-giraud-la-politique-d-austerite-se-trompe-de-diagnostic-02-09-2014-55807_6.php
  3. http://www.lavie.fr/actualite/economie/pour-l-economiste-gael-giraud-la-politique-d-austerite-se-trompe-de-diagnostic-02-09-2014-55807_6.php
  4. http://plus.lapresse.ca/screens/4515085c-6b61-43e5-9672-6c5133ab5cf9%7C_0.html   

 

 

 

5 pensées sur “ÉCOLO-DÉVELOPPEMENT, LE DÉNI DE NAOMI

  • avatar
    20 septembre 2014 à 6 06 26 09269
    Permalink

    Kill them all if you concern about the future of your children,

    Répondre
    • avatar
      22 septembre 2014 à 16 04 39 09399
      Permalink

      Hey l’hérétique, tu te crois malin avec ta phrase en anglais? Avant de te lancer dans cette entreprise qui semble plutôt difficile pour ton intellect, peux-tu te faire la faveur de retourner à l’école? On écrit « Kill them all if you ARE concernED about the future of your children. »

      Trois fautes dans une phrase, faut le faire. Écris en français en attendant, t’auras -peut-être- l’air moins con.

      Répondre
  • avatar
    23 septembre 2014 à 5 05 57 09579
    Permalink

    L’ignorance est la mère de tous les vices, et le capital a intérêt à l’entretenir. Il n’y a rien comme un peuple de perdus pour fournir de la main-d’œuvre spécialisée à bon marché. En plus de souffrir de leur incompréhension totale des causes idéologiques profondes de nos problèmes sociaux et environnementaux actuels, les climatologues amateurs déambulant sur Manhattan sont la proie d’une hystérie collective qui ne prendra fin sans doute que le jour où il neigera en juillet à Miami. Voilà une belle bande d’automates programmés pour croire toutes les «vérités qui dérangent», y compris les conjectures apocalyptiques de la pseudoscience du futur.

    Le nouvel évangile s’est abattu sur nous comme le CO2 sur le pauvre monde. Finis, l’esprit critique et le questionnement à la base de toute démarche scientifique véritable. Désormais, ceux qui s’interrogent devront le faire seuls dans leur coin, honnis de leurs semblables. Et si l’activité solaire était en fait le premier facteur déterminant la température de l’atmosphère terrestre, et non le gaz carbonique et le méthane? Non! Mieux vaut se taire lorsqu’on ne veut pas boire sa bière tout seul.

    Naomi vient de commencer à comprendre qu’elle ne sait rien, malgré son doctorat et son auréole d’ange de la gauche. Mais elle est encore loin d’être sortie du bois dont elle coupera sans doute tous les arbres pour écrire son prochain succès de librairie. Elle ne s’aperçoit pas encore qu’elle marche dans le noir avec Al Gore et Ban Ki-moon, deux vendeurs à commission de l’oligarchie qui lui tiennent la main pour la rassurer d’ici à ce qu’elle sache assumer pleinement son rôle de pourfendeuse des pets de vache. Malgré sa critique des dérives du capitalisme — un navire sans voile, sans moteur et sans gouvernail peut-il faire autre chose que dériver —, Naomi a conservé une croyance profondément ancrée en elle et issue des tréfonds de la matrice judéo-chrétienne: la puissance de l’homme est sans borne, et l’univers n’est qu’un joujou dans ses mains de pyromane. Le capitalisme aura tôt fait de dérégler le climat. Après, il fera sauter la planète. Et ce ne sera qu’un avant-gout: tout le système solaire finira par y passer. Les autres galaxies également.

    Un jour peut-être, alors que Naomi Klein ou son arrière-petite-fille sera encore en train d’attendre en grelotant l’avènement de l’été brulant perpétuel et la fonte du pôle Sud, un tremblement de terre de magnitude 9, une éruption volcanique prodigieuse, un impact de météorite équivalant à 3 millions de bombes thermonucléaires, un tsunami mondial ou un virus ultrafoudroyant viendra la sortir de son cauchemar éveillé. Elle entrera alors dans le monde réel: celui des pauvres et minuscules mortels que nous sommes. Des moustiques, que dis-je, des microbes dans l’univers. La nature montrera à Naomi ou à sa descendance qu’elle se contrecâlice éperdument de nous et nous avalera, puis nous digèrera en rotant des flammes et de la fumée.

    Mais, d’ici ce choc éventuel, l’homme ne freinera pas sa quête mégalomane et vaine d’éternité. Entre ses frayeurs climatiques, il fera ce qu’il a toujours réussi le mieux pour affirmer sa puissance: trouver de nouvelles façons ingénieuses de torturer ou de trucider ses semblables. Les bombardements humanitaires et les autres meurtres de masse continueront de faire cent-mille fois plus de décès que les canicules. Et la bêtise aussi.

    Répondre
  • avatar
    23 septembre 2014 à 7 07 47 09479
    Permalink

    @ Bernard
    Tout à fait d’accord – comme je l’écris dans L’article «Ca manifeste pour justifier de nouvelles subventions pour EXXON – Mobil – Elf et les autres» sans le savoir évidemment.
    Un exemple pour étayer notre raisonnement.
    Il y a des années des comités de citoyens ici à Montréal menait campagne pour que l’on débranche tous les troley bus (autobus électrique dont la ville était couverte). Il fallait moderniser la ville et les bus aux grands câbles ca faisait ringard et c’était cher paraît-il.

    On a découvert depuis que GM et FORD subventionnaient ces comités de citoyens – civils – solidaires -afin de vendre leurs autobus et leurs taxis et autres véhicules à essence.

    Aujourd’hui, on évalue qu’il en coutera quelques milliards remettre le transport électrifié dans Montréal.

    Répondre
  • Ping : CROISSANCE OU AUSTÉRITÉ, AURIONS-NOUS LE CHOIX? | Les 7 du Québec

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *