Espion israélien contre simulacre de négociations!

Revue de presse: Washington Report on Middle East Affairs (mars 2014)*

Le New York Times du 1 avril dernier rapportait que le Secrétaire d’État US, John Kerry, et le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, avaient conclu un accord pour la prolongation des négociations de paix entre Israël et l’Autorité palestinienne jusqu’en 2015, en échange de la libération de Jonathan J. Pollard, un Américain condamné à la prison à vie en 1987 pour espionnage aux États-Unis au profit d’Israël. Cet accord devait obtenir l’approbation de la Maison Blanche et de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne.

Il avait également été question de libérer Pollard en échange de celle de 400 prisonniers palestiniens, mais ce dernier refuserait. Selon le quotidien Forward, Pollard éligible à une libération conditionnelle l’an prochain, aurait pu être libéré le 14 avril 2014 à l’occasion de Pessah, une fête religieuse juive.

En 1986, le quotidien Christian Monitor a révélé que Pollard espionnait pour Israël moyennant finances et la promesse de s’installer en Israël, sous une autre identité, au bout de 10 ans. Un compte bancaire sous le nom de « Danny Cohen » lui avait été ouvert, crédité de 30 000 dollars tous les ans.
Jusqu’en 1998, Israël a démenti que Pollard lui fournissait des informations secrètes, mais lui avait accordé la citoyenneté israélienne en 1995.

M.E « Spike » Bowman – haut responsable du FBI à l’époque de l’arrestation de Pollard – s’est élevé contre l’éventuelle remise en liberté de l’espion. Au « Sommet National pour la Réévaluation de la Relation Spéciale entre Israël et les Etats-Unis » (National Summit to Reassess the US-Israeli Special Relationship), il a rappelé que « Les copies cartonnées des documents volées en 18 mois par Pollard pourraient remplir une pièce de deux mètres sur deux, et trois mètres… », et ajouté qu’« aucun autre espion n’a volé aux Etats-Unis autant de secrets, d’une confidentialité si haute, en si peu de temps » (1).

En 1986, R.H. Curtiss du Washington Report écrivait dans un éditorial : « Un ancien chef de la sécurité intérieure du Département de la Justice décrivait les activités d’espionnage d’Israël aux États-Unis venant juste derrière celles de l’Union Soviétique… Israël prétend n’espionner aux États-Unis que pour obtenir des informations sur les Arabes mais, en 1979, la CIA rapportait qu’Israël – via ses espions aux États-Unis – mettait la main sur des secrets scientifiques et politiques américains ainsi que sur des informations sur les Arabes ». Pour Curtis : « Les analystes américains savent que le but principal de la diplomatie israélienne est de miner les relations entre les États-Unis et les pays arabes modérés… » (2).

Finalement, le porte-parole de Conseil National de Sécurité US a déclaré que la demande de Shimon Peres d’accorder la grâce à Jonathan Pollard pour des raisons humanitaires n’a pas été acceptée, la position des États-Unis à son sujet n’ayant pas changée.

Photo : Jonathan Pollard après son arrestation.
Traduction et synthèse : Xavière Jardez
* Release of Spy Jonathan Pollard Should Be a Deal-Breaker
(1) The Jonathan Pollard Affair: What does it mean? What does it not mean?
(2) Pollard and Beyond

SOURCE de la version en français : http://www.france-irak-actualite.com/2014/04/espion-israelien-contre-negociations-de-paix.html

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