Être honnête ou s’excuser de ne pas l’être

Côté admet être derrière les appels robotisés contre Bergeron

Être honnête ou s’excuser de ne pas l’être quelle est la stratégie la plus efficace ?

980 personnes se sont fait dire que M. Bergeron et son parti étaient malhonnêtes.  Une propagande indigne, mais sûrement efficace. 

Combien de gens connaissent vraiment M. Bergeron ou tout autre candidat et iront faire leur croix sur leur bulletin de vote le 3 novembre prochain ?
Sans doute plusieurs.

Il est plus que probable que ceux qui ne connaissent pas vraiment les candidats et se font dire dans le creux de l’oreille d’une façon assez catégorique qu’un des candidats est un escroc fassent leur X sur le bulletin ailleurs que sur cedit escroc.  Leur vote risque grandement de ne pas se diriger vers celui qu’on leur a décrit comme étant malhonnête.

Ce ne sont que 980 personnes qui risquent potentiellement d’être affectées par cette propagande de dénigrement, il n’y a pas de quoi faire basculer une élection.
Mais l’acte frauduleux a tout de même été commis.  Les spécialistes de l’opinion publique ont-ils pu commettre un tel geste sans être conscients des multiples conséquences ?   Existent-ils des spécialistes «inconscients» de la portée de leurs gestes ?   On dit bien qu’ils sont spécialistes ! 

Voici ce que des spécialistes disent :

« Les chercheurs ont appelé le « Triangle de la fraude » : une opportunité, une incitation et une rationalisation qui conduit à relativiser le sentiment de culpabilité de la part de celui qui commet la fraude.

Les chercheurs ont mis en évidence l’importance qu’il y a à prendre en compte la fraude dans son environnement psycho-social. En effet, différents éléments relatifs à l’environnement influent sur les comportements frauduleux.
Par exemple l’importance des bonus, la domination d’indicateurs quantifiés et non discutables, l’interdiction des mauvaises nouvelles ou encore la pression sur l’atteinte des objectifs. « Par ailleurs, on a observé que la cohésion et la solidarité facilitent la fraude, une étude a montré que 83% des fraudes étaient le résultat d’une collusion entre une direction générale et une direction financière ! »

Bien scientifique, n’est-ce pas ?
Mais là les chercheurs en fraudes nous parlent peut-être de grandes fraudes.
Les fraudes électorales et en plus à Montréal… est-ce une grande fraude ?  Bah ! Pourrait-on répondre !   Il n’y a pas de quoi en faire une commission Charbonneau (quel nom !).

Mais concernant notre petite fraude…
Le geste était-il calculé ?  Il y a bien sûr les 980 personnes touchées directement, mais il y a aussi les millions d’autres qui reçoivent la nouvelle et dont nous faisons tous partie.  
On peut lire la nouvelle disant:

« Dans cet appel, l’équipe de Marcel Côté fait référence à une plainte déposée par un citoyen à l’Escouade de protection de l’intégrité municipale (EPIM) du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) concernant une subvention de 36 000 $ donnée à l’organisme Milieu de vie par l’administration de Projet Montréal dans le Plateau. »

Cette supposée « gaffe » de l’équipe de Marcel Côté a donc permis de faire transmettre ce « fait ».   Un fait suffisant peut-être pour semer ce petit doute de la malhonnêteté dans l’esprit des gens.  La journaliste nous informe de la plainte, mais ne précise pas si elle est fondée ou non.  Aucun détail concernant son traitement non plus.  Ces quelques lignes sont en quelque sorte de la semence de doute.  Et la semence de doute germe très bien dans le terreau du dénigrement. 

Donc était-il payant d’utiliser un moyen de dénigrement malhonnête et s’en excuser ?   Possible que oui.  Ces spécialistes de la manipulation de l’opinion doivent bien connaître l’impact de leurs gestes.  Peut-on les accuser d’avoir commis un geste frauduleux calculé ?   Probablement pas.  Il faudrait prouver leur mauvaise intention, une chose impossible.  Surtout qu’on a admis rapidement la faute.

Il serait surprenant que M. Côté puisse profiter électoralement de cette bévue.  Mais on sait aussi que M. Côté lutte pour la dernière place dans les sondages.  Son accès à la mairie parait assez illusoire.  Son équipe a-t-elle joué sa réputation (qui n’avait pas beaucoup à perdre) pour donner un coup de pouce à celui qui mène ? 

Entre Denis Coderre et Richard Bergeron, lequel des deux aurait le plus d’atomes crochus avec l’équipe de Marcel Côté ?

Le soir du 3 novembre, nous verrons si ce geste aura valu à Marcel Côté la dernière place dans le cœur des Montréalais et Montréalaises.

Nous verrons aussi si ce geste a nui ou a été favorable à M. Bergeron.

Nous verrons peut-être à qui donc aura vraiment profité le crime.

Serge Charbonneau

Sur le même sujet:

Montréal: L’élection municipale la plus captivante de tous les temps !

 

12 pensées sur “Être honnête ou s’excuser de ne pas l’être

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    11 octobre 2013 à 9 09 25 102510
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    La pensée sophistique n’a jamais été aussi populaire et la bourgeoisie n’est pas épargné par cette maladie qui mine l’intelligence humaine et la perception de la réalité. Vous voulez une solution toute prête d’emplois, demandez aux spécialistes du sophisme idéologique, vous allez vous faire encore rouler comme toujours.

    Humain, trop humain.

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    11 octobre 2013 à 10 10 10 101010
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    980 personnes qui rép`te a leur entourages: y parait que…Ca fait boule de neige assez rapidement !

    Ce processus est connu et utilisé sciamment par les faiseurs/défaiseurs d’images.

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    11 octobre 2013 à 10 10 11 101110
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    Il n’y a malheureusement pas d »autre défense efficace contre la calomnie qu’un auditoire raisonnablement intéressé, diligent à s’informer et pas trop stupide ni ignare. C’est ce que nous n’avons pas. Si les médias mentent sans arrêt sans être contredits, si le citoyen lambda n’a qu’une vision caricaturale de la réalité et que la démocratie est devenue une bouffonnerie, c’est ESSENTIELLEMENT parce que tout le monde s’en fout.

    La population est assez satisfaite de son sort et ne veut pas que les choses changent, elle aime en parler entre le sport et le cinema, mais ne croit pas vraiment qu’un autre monde soit possible ni qu’il puisse être important de le modifier. Elle ne voir pas clairement en quoi ça la concerne VRAIMENT.

    L’image projetée du monde est donc une pure image et la politique est devenue une simple rivalité pour obtenir des trucs et machins par copinage. Tout est factice dans le débat politique, même le sentiment de révolte.

    Si à la porte des bureaux de votation on offrait 100 $ à quiconque est prêt à ne PAS VOTER… il y en a combien qui refuseraient ? On peut dire n’importe quoi de n’importe qui et on le colportera faute d’avoir plus intéressant a dire. De toute façon, on ne croit plus que ces simagrées électorales aient une importance… et on a bien raison. Obama a sans doute été le dernier a soulevé l’espoir d’un changement selon les règles de la démocratie. Il ne reste plus une goutte de jus à extraire de ce citron.

    PJCA

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    11 octobre 2013 à 11 11 57 105710
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    @ Serge Charbonneau,

    ‘Peut-on les accuser d’avoir commis un geste frauduleux calculé ? Probablement pas.’

    Que vous êtes naif. Je n’en reviens pas.

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      11 octobre 2013 à 12 12 36 103610
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      Peut-on les accuser devant les tribunaux, M. «L» ?

      Je ne suis pas avocat, mais je crois qu’on ne le peut pas faute de pouvoir prouver hors de tout doute raisonnable leur mauvaise intention.

      Si vous êtes convaincu que vous pouvez gagner la cause, je vous encourage fortement à les poursuivre.

      Salutations,

      Serge Charbonneau
      Québec

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        11 octobre 2013 à 13 01 15 101510
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        @ Serge Charbonneau,

        Je n’ai pas l’intérêt juridique requis pour intenter une poursuite. C’est le ministère public ou le procureur général du Québec qui intente les poursuites criminelles. Est-ce que c’est une infraction en vertu d’une loi du Québec sur les élections? Je ne sais pas.

        Vous avez probablement raison sur la futilité d’une procédure au criminel et je ne suggère rien de la sorte.

        Ce qui m’a fait surdauter, c’était plutôt la suggestion que ce geste n’était ‘calculé’.

        On est censé vouloir la conséquence naturelle de ses actes. Donc, je dirais plutôt que c’était calculé, jusqu’à preuve du contraire. Les gens agissent pour une raison. Dire que ce n’est pas calculé, c’est comme dire qu’ils agissent par automatisme, sans aucune réflexion.

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          11 octobre 2013 à 13 01 19 101910
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          Correction svp :

          Ce qui m’a fait surdauter, c’était plutôt la suggestion que ce geste n’était PAS ‘calculé’.

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          11 octobre 2013 à 13 01 31 103110
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          Il n’y a pas de coincidences en politique. Tout est calculé.

          M. Côté n’est pas un débutant en stratégie.

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            11 octobre 2013 à 14 02 33 103310
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            Lorsque je disais:
            « Peut-on les accuser d’avoir commis un geste frauduleux calculé ? »

            Je faisais allusion à des poursuites judiciaires, entendons-nous bien.

            Pour le reste, je suis tout à fait d’accord avec vous.
            C’est ce que j’essaie de démontrer en disant:
            « Existent-ils des spécialistes «inconscients» de la portée de leurs gestes ? On dit bien qu’ils sont spécialistes ! »

            En disant qu’ils sont des «spécialistes», il va de soi, dans mon esprit en tout cas, qu’ils sont sûrement conscients. On est «spécialistes» ou on ne l’est pas, voyez-vous. Les spécialistes savent parfaitement ce qu’ils font. Et leurs motifs peuvent être encore plus tordus que l’on pense.

            Salutations,

            Serge Charbonneau
            Québec

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    11 octobre 2013 à 12 12 09 100910
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    @ A.L

    Serge serait naïf s’il croyait qu’ils ne l’ont pas commis, mais croire qu’on ne peut pas les en accuser et avoir gain de cause n’est pas naïf, juste un peu plus cynique… Et ne vendez pas trop tôt la peau de Marcel Côté. Ceux qui comptent – dans tous les sens du terme – sont avec lui. La machine médiatique de Quebec Inc va se mettre en branle et vous aurez des surpises

    PJCA

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    11 octobre 2013 à 12 12 32 103210
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    Monsieur Allard, votre commentaire a remué en moi bien des émotions par la façon de dire.

    Comme une sorte de désespoir puis de lucidité, puis de pessimisme puis de terrible réalité.

    Vous terminez par Obama !
    Celui que j’ai défendu.
    De toute ma vie jamais un hypocrite ne m’a eu de la sorte.
    J’ai cru en lui.
    Obama, l’ennemi qui dérange
    http://www.vigile.net/Obama-l-ennemi-qui-derange

    Même Hugo Chávez semble avoir cru en lui.
    Il lui avait serré la main chaleureusement à Trinidad en lui remettant le fabuleux livre d’Eduardo Galeano «Les veines ouvertes de l’Amérique latine».

    Un peu plus tard à l’ONU, Chávez se demandait s’il y avait deux Obama !
    Je le note sous mon texte de 2009, dans un commentaire écrit une année plus tard, en novembre 2010.

    Il est vrai que Monsieur et Madame toulmonde baignent dans un confort suffisant pour conserver leur indifférence. Mais je ne leur en tiens pas rigueur. Pour moi, les grands et les pires responsables de cet état de choses, ce sont nos journalistes, ce 4e pouvoir qui nous a tous trahis et nous trahit quotidiennement, d’heure en heure.

    Sans ce pouvoir extrêmement corrompu, je crois qu’il serait possible de nous sensibiliser au point de vouloir changer le monde et réussir à l’améliorer un peu.
    Je crois aussi qu’il doit bien exister des politiciens qui ont du cœur et des valeurs. Mais force est de constater qu’ils ne courent pas les rues.

    Salutations
    et merci pour ce commentaire qui pousse la conscience et la réflexion.

    Serge Charbonneau
    Québec

    • avatar
      11 octobre 2013 à 14 02 45 104510
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      Serge, pour Obama, il aurait fallu que vous lisiez les 7 du Québec quelques jours après l’investiture d’Obama la longue liste de ses collaborateurs que j’ai publié ici en commentaire pour réaliser que rien n’avait changé. RIEN.
      La même troupe d’ « Applebaume » en profondeur que celle des prédécesseurs. Le Système a changé l’acteur principal et la pièce se poursuit selon le texte de la tragédie et la mise en scène varie selon la réception du public.

      Et que dire de Kadhafi qui voyait en Obama son frère de sang? Naif aussi.

      Oui les journalistes ont un grande part de responsabilité, la plus grande en fait.
      Un jour faudra les juger, arracher leurs langues et trancher leurs mains en place publique. (c’est un symbole, pour ceux qui ne connaissent pas ma plume).

      DG

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