MISSOURI «BURNING»

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Le journaliste, l’expert sécuritaire, le bobo de la gauche rigolo, tous de fiers représentants des capitalistes nationalistes, déblatèrent à propos de la passivité supposée des ouvriers, surtout américains, qui auraient disparu des usines, des ateliers, des chantiers et des quartiers.

Voici qu’à Fergusson Missouri la petite bourgeoisie vient d’être mise au tapis.  On sait que le bourgeois est en émoi quand on l’entend pleurnicher à propos de la violence des révoltés. Et ils sont nombreux dans les rues de St-Louis et de sa banlieue (Fergusson) depuis la semaine passée.

Saviez-vous que tous les jours aux États-Unis un adolescent blanc-noir-hispano est assassiné par un flic, en privé ou en public, à l’arme automatique ?  Le média à la solde n’en parle pas donc pour le bobo ça n’existe pas.  Personne ne sait pourquoi, un jour d’assassinat comme les autres, la population locale se soulève et monte aux barricades, et dénonce l’exécution sommaire de ses enfants. Le chef de police municipale, interloqué, annonce une enquête vite bâclée dont on connait déjà les résultats.  L’enquête proclamera que le flic, armé jusqu’aux dents, a eu raison de tirer six balles à bout portant sur un adolescent agenouillé,  désarmé, les mains sur la tête, implorant la clémence de son tueur, récidiviste en uniforme.

Ici, la mission du bobo se «démocratise». Il réclamera par pétition une deuxième investigation, menée par le commissariat d’à côté – celui-là même qui était dans le merdier le mois passé – pour justifier cette exécution sans sommation.

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Les ouvriers de Fergusson et de Saint-Louis – Missouri, qui en ont vu d’autre, ne décolère pas et demande réparation jusqu’au jour où ils comprendront que ce n’est pas une bavure policière, mais une politique terroriste létale de l’État policier fédéral, sciemment appliquée, et visant à briser toute velléité de résistance des salariés. L’État policier surarmé et militarisé est terrorisé par les dizaines de millions de travailleurs pauvres qui ont du mal à se loger et travaillent pourtant quarante heures semaines et davantage. L’État policier américain apeuré a surarmé ses policiers comme des mercenaires meurtriers et se tient prêt à réprimer toute éventualité d’une insurrection. Ne pas oublier cependant que des centaines de millions d’armes automatiques sont en circulation aux É.-U.

La crise et la misère populaire ne font que commencer au Missouri et dans l’ensemble de l’Union. La situation évolue rapidement dans de tels moments de tension interclasses  que les bourgeois tenteront de présenter comme des tensions raciales. Ceci est faux. Les ouvriers, les salariés et les  pauvres de toutes couleurs, fortement majoritaires aux États-Unis, bougent et s’agite sous la pression de la misère montante. C’est ce qui explique ces escarmouches où la classe ouvrière jauge ses forces et évalue son adversaire l’État militaire-policier.

Le bobo effarouché est mieux de se ranger sur le bas-côté s’il ne veut pas être mitraillé ou emporté par la vague à laquelle il ne veut pas participer du côté des insurgés.

La classe ouvrière la plus nombreuse, la plus moderne, la mieux formée, la plus mature, et une des plus opprimées a été peu contaminée par le socialisme utopiste pseudo démocratique, et très peu contaminée par le communisme révisionniste et c’est tant mieux. Nous fondons de grands espoirs sur nos frères de classe américains.

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétaire depuis 40 années.

Une pensée sur “MISSOURI «BURNING»

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    22 août 2014 à 8 08 16 08168
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    Mille excuses pour ce contre temps
    Le voici l’article qui devait paraître sous cette rubrique.

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