Grève de la faim dans les prisons en Iran

Par Hamid Enayat.

 

Alors que se tenait ce samedi 26 août à Paris un rassemblement de soutien aux prisonniers de conscience iraniens en grève de la faim, le procureur général de Téhéran, Abbas Jafari-Dolatabadi affichait son intransigeance. « Nous disons aux prisonniers qui font la grève de la faim et font des menaces, leur action est vouée à l’échec, car l’appareil judiciaire ne cèdera jamais », a-t-il déclaré aux médias iraniens.

Réunis sur l’esplanade des Invalides, des Iraniens en exil et des citoyens français étaient venues alerter sur le sort d’une vingtaine de prisonniers politiques en grève de la faim depuis près d’un mois. Leur état de santé aurait atteint un seuil critique et les familles sont vivement inquiètes pour leurs enfants qui pour certains sont en prison depuis plus de 10 ans.

 

Le but des autorités est simple ; faire taire de manière définitive les opposants au régime. La torture, la privation des biens, le cloisonnement hermétique des fenêtres, la privation de nourriture et d’eau, l’absence d’accès aux soins et l’interdiction de visite ou de communication avec les familles des prisonniers sont donc autant de moyens au service de l’horreur « modérée » d’Hassan Rohani et de son gouvernement. Et à ce jour, malgré les pages entières que l’on peut lire dans les médias Français, pas une ligne ne mentionne ces faits. Seule l’ONG Amnesty International relève le niveau en publiant un communiqué sur le sujet : « Le fait que les conditions de détention soient devenues si précaires, à tel point que les prisonniers, désespérés, se sentent obligés de faire une grève de la faim pour exiger les normes les plus élémentaires de la dignité humaine, est déplorable et met en évidence l’urgence d’une réforme du système pénitentiaire cruel de l’Iran. »

 

Magdalena Mughrabi, Directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International poursuit : « Le 30 juillet, environ 53 prisonniers politiques ont été transférés de force vers la Section 10 de la prison de Rajai Shahr. Parmi eux, il y a des prisonniers d’opinion, notamment des défenseurs des droits de l’homme, des syndicalistes, des journalistes, des étudiants, des dissidents politiques pacifiques et des membres de la communauté Baha’ie iranienne, persécutés. » Depuis le 1er août 2017 donc, une grève de la faim massive est suivie dans les prisons iraniennes, afin d’alerter l’opinion internationale.

 

Vers un nouveau massacre silencieux.

L’assourdissant silence des cabinets diplomatiques Européens n’empêchera pas les Iraniens de toujours chercher la voie de la démocratie, portés qu’ils sont par une sagesse et une foi dans l’humain plurimillénaires. En 1988, on oubliait les plus de 30 000 exécutés par le régime, la plupart issus des prisons où règnent la torture et la haine. Aujourd’hui, on dresse le voile sur les méfaits du régime Iranien à l’encontre des humains qui manifestent leur désaveu de la république des mollahs. Demain, on fera quoi ? On assistera silencieux aux pendaisons publiques ?

Dans « les invasions barbares », le héros du film malgré lui explique de sa chambre d’hôpital à une sœur que le monde est malade depuis des siècles et que l’histoire de l’humanité est une histoire d’horreur. Du génocide des indiens d’Amérique aux guerres modernes illégales, l’homme n’a su faire que tuer pour conquérir et dominer. Et pire, il justifie ses crimes envers l’humanité par sa volonté de protéger l’humanité… Le cynisme poussé à son paroxysme. Mais dans les faits, les dirigeants politiques et économiques de ce monde font juste leur travail. Il ne tient qu’à nous de cesser de suivre. Il ne tient qu’à nous de soutenir ouvertement les nobles causes. En France, comme en Iran.

Une pensée sur “Grève de la faim dans les prisons en Iran

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    27 août 2017 à 12 12 34 08348
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    Les gouvernements devraient agir et faire pression sur le régime iranien pour stoper cette tragédie…

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