Grève SNCF : quand les masques tombent

Source :  INFOBREF. NO 442.   4.06.2016.  Source : Spartacus.   http://spartacus1918.canalblog.com/

 

Grève SNCF: quand les masques tombent. 

L’ accord signé entre le gouvernement et le syndicat CFDT vient de confirmer qu’il y a bien un lien entre la Loi El Kromri et la nouvelle convention collective de la SNCF. Ceux comme l’ UNSA qui jouaient sur le corporatisme cheminot sont refaits, d’une part, par la CFDT qui a signé dans leur dos, et d’ autre part le gouvernement qui vient de donner raison à Sud rail et à la CGT en incluant dans l’ accord l’ article 2 de la loi travail:

 

 » Pour l’ensemble des personnels visés par les titres I, II et III, un accord dérogatoire peut-être proposé dès lors que des conditions économiques locales ou sectorielles particulières le justifient « 

Les cheminots allaient découvrir, que la CFDT (15%) venait d’ accepter, comme elle l’ a fait dans d’ autres secteurs l’inversion de la hiérarchie des normes, avec toutes les conséquences que cela entraîne pour les cheminots.

Il n’ en fallait pas plus pour que le mouvement de grève s’ amplifie à la veille de deux événements importants que les cheminots ont bien l’intention de perturber: les épreuves du BAC du 15 au 22 juin et L’ Euro FOOT1 à partir du 10 juin.

 

Le premier jour de la grève reconductible, fruit de nombreuses assemblées générales Interservices et unitaire sanctionne l’ accord CFDT gouvernement en participant majoritairement à la grève (plus d’un cheminots sur deux en lutte)

 

L’ UNSA s’ est rallié à la grève avec la motivation que le journal le Monde révèle :

 

« L’UNSA, le deuxième syndicat (24% et premier syndicat réformiste), n’a pas apprécié de s’être vu griller la politesse par son rival. Il a maintenu sa participation à la grève, tout en espérant « un règlement rapide ». « En l’état, cependant, ce n’est pas acceptable, puisque l’entreprise s’est distancée du texte et qu’on ne sait pas ce que l’on aura à signer le 6 juin, lors de la journée conclusive », indique-t-on au syndicat. »

 

Mais ne soyons pas dupe, le gouvernement manœuvre, car dans la phase actuelle son pouvoir ne tient plus qu’à un fil, de plus il est confronté aux importantes inondations qui touchent le pays et qui bloquent les autoroutes, les voies ferrées…

 

Il n’ en fallait pas plus , pour que Alain Vidalies accueille les syndicats réformistes (CFDT et UNSA) et le directeur des ressources humaines (DRH) de la SNCF, Jean-Marc Ambrosini, afin de boucler, une fois pour toutes, les négociations.

« Le ministre a demandé au DRH d’accéder aux demandes des deux syndicats d’un retour au RH077, bref, le cadre social précédent »

 

C ‘est bien entendu une manœuvre anti-grève de plus, visant à laisser passer l’orage (le blocage du BAC et du FOOT) et le rétablissement rapide de la circulation ferroviaire touchée par des glissements de terrain.

Alerté tardivement, Guillaume Pepy, le président du directoire de la SNCF, réagit vivement auprès de ses tutelles.

 

« Pourquoi lancer une réforme ferroviaire si l’on ne peut assouplir le cadre social, relativement rigide, de la SNCF, défend, dépité, son président. Pour faire plier l’exécutif, il met sa démission dans la balance. « Il a vite renoncé quand on lui a dit qu’il n’y avait aucun souci pour qu’il parte et quand a été mentionné le nom de son possible successeur », assure une source proche de l’exécutif. » Le Monde.

 

Intempéries Aucun train entre Montparnasse et Versailles Chantiers.

La journée d’hier était déjà complexe et lourde en incidents provoqués par les fortes pluies qui ont occasionné de nombreux dommages sur la ligne N. Chutes d’arbres sur les voies, éboulements, glissement de terrain, inondation d’un poste d’aiguillage ont provoqué des affaissements de voies et d’importants dommages sur les installations.
Je reprends le détail de ces évènements sur ce lien.
Mais en fin d’après-midi c’est un mur qui est venu perturber une nouvelle fois la circulation de la ligne N.

 

A 19h20 la circulation a dû être entièrement interrompue entre Paris Montparnasse et Versailles Chantiers suite à une canalisation qui a rompu sur le remblai entre Clamart et Meudon fragilisant lourdement l’un des murs de la commune.
Dès lors les experts SNCF et les spécialistes d’ouvrage d’art ont procédé à différents tests visant à sonder la stabilité du mur pour définir s’il était possible de rétablir les circulations en toute sécurité.

A 19h56, sur demande des autorités, aucune circulation Transilien, Intercités et TER au départ de Paris Montparnasse n’est autorisée.

L’affaissement est conséquent, à 20h50 le sous-préfet des Hauts de Seine est sur le site et les maisons concernées par l’affaissement sont évacuées. On estime à cet instant entre 800 à 1000 m3 de terre à évacuer d’urgence.

Durant la nuit l’affaissement s’est considérablement amplifié ( mouvement de 10cm en 2h) confirmant et maintenant l’interdiction de circulation sur les 4 voies jusqu’à nouvel avis des

spécialistes d’ouvrages d’art.

La situation est donc aujourd’hui particulièrement complexe.
Aucun train ne circule sur l’axe Montparnasse Versailles Chantiers.

Au-delà, les circulations de la ligne N sont organisées en navettes omnibus entre les gares de :

  • Versailles- Dreux
  • Versailles – Rambouillet

Pour circuler entre les gares de Versailles et Montparnasse, les voyageurs doivent emprunter les trains du RER C, de la ligne U, ou de la ligne L via le métro.
Cette situation s’ajoute aux mouvements sociaux en cours, et il m’est impossible à cette heure de vous annoncer une estimation de délai de rétablissement.

Affiche circulation ligne N
Je ne manquerai cependant pas de vous tenir informé aussi rapidement que possible des évènements à venir sur @lignesNetU_SNCF et sur ce blog bien sûr. Retour sur les incidents du 31 mai

 

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Les fortes pluies et orages qui ont lieu ces derniers jours provoquent actuellement d’importants dommages dans toute l’Ile de France. Sur les installations ferroviaires, ces pluies se traduisent par des affaissements de terrain, voire des coulées de boues recouvrant les voies. Sur certains secteurs ce sont les arbres sur les talus et abords qui chutent soit en raison du vent, soit des éboulements de terrain. La structure des voies elle-même est concernée car en cas d’affaissement de terrain, c’est toute la stabilité de la plateforme qui est remise en question (affaissement des voies) et l’ensemble des installations électriques positionnées le long des voies qui se retrouvent noyées.

Sur la ligne N, à 5h35 un conducteur alerte le COT car il vient de heurter un arbre tombé sur la voie 1 sur le secteur de Fontenay le Fleury

 

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Au Centre Opérationnel Transilien, la circulation est immédiatement interrompue entre Versailles et Plaisir le temps d’estimer l’ampleur de l’incident. Quelques minutes plus tard, à 5h43, le conducteur d’un POGI, envoyé en mission de constatation, donne de nouvelles informations. Après avoir lui-même retiré des voies les branches restant après l’impact, il alerte le régulateur sur la présence d’une coulée de boue qui recouvre la voie 1.

A 6h03 les régulateurs et le gestionnaire du plan de transport s’adaptent pour maintenir malgré tout la circulation. Ils mettent en place une circulation en IPCS, c’est-à-dire que tous les trains, des deux sens de circulations, emprunteront tous, mais chacun leur tour, le même tronçon de voie. Cette réduction d’infrastructure impose de limiter le nombre de train, mais permet malgré tout d’assurer une circulation de cet axe.

A 6h37 un nouvel arbre est signalé entre les voies 1 et 2, au niveau de Fontenay le Fleury. Des entreprises extérieures sont mobilisées pour expertiser et intervenir sur ces différents points. Leur analyse indique que la coulée de boue est évolutive et que tout le secteur est fragilisé par les pluies qui se poursuivent. En conséquence la circulation est intégralement interrompue entre Plaisir et St Cyr sur les voies 1 et 2.

 

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