J’AI DÉCOUVERT UN «PRÉCIEUX»

 

Amis lecteurs, sans indulgence je réclame votre ardeur et un effort intellectuel d’ampleur. Nous allons tenter de nous démêler dans un labyrinthe alambiqué, mais dans lequel il est essentiel de nous aventurer si nous souhaitons continuer à progresser(!?).

Un intellectuel a récemment commis un «précieux» contre moi (1). Un «précieux» est un diamant lyrique ou l’on ressent l’amour que l’auteur porte à sa personne, l’admiration qu’il reconnaît à son intelligence et l’approbation qu’il attend pour l’acuité de ses arguments. Des «précieux» sont de petits textes complexes abandonnés au gré d’un webzine – au détour d’une revue, chagrine. Le commettant est Christian Delarue, un penseur français, difficile à décrypter, comme il convient au pays des académiciens (1).

Vous connaissez le concept de «néo marxisme» ? Néo évoque tout à la fois une logique démodée et une mode nouvelle; il faut être de son temps sinon les médias bourgeois ne vous publient pas, pense le coryphée. Connaissez-vous le concept de classe-sexe? (aucun lien avec les travailleuses du sexe). C’est la femme, classe opprimée, outrée par l’homme – classe oppressive! Quand une représentante de cette caste de «Femen» vous apostrophe ce sont deux milles ans de rancune amère qui vous interpellent.

Par ailleurs, nous canadiens, connaissons bien le concept bidon de «classe-nation» depuis qu’un catéchumène felquiste a découvert son EGO de nègre-blanc dans les caniveaux du Plateau (2). Le concept de «classe-nation» a pour fonction de gommer la différence entre un québécois francophone, «de souche» (sic), et monsieur Péladeau, milliardaire de son état, au titre qu’ils s’injurient en français – l’un sur sa ligne de piquetage depuis des mois et l’autre dans sa 4×4, le renversant au passage.

Pour parler franc, j’ai peiné à comprendre son nouveau concept de «peuple-classe». J’ai lu et j’ai relu ses paraboles et ses hyperboles. Jusqu’à ce que je découvre derrière les métaphores et les circonlocutions que le «peuple-classe» c’est exactement la même chose que la classe-nation nègre-blanche dont nous parlions précédemment. Mais peuple est un terme moins suspect et plus circonspect. «Peuple-classe» c’est l’intégration de toutes les classes sociales nationales (national-socialisme) dans l’amalgame fraternel, citoyen, solidaire et populaire. Il aurait simple de l’écrire de cette façon, mais le parangon se serait démasqué. Pensez donc, une nation fraternelle et solidaire parce qu’unie dans un combat national dirigé par un guide suprême commun et transcendant le clivage de classe futile et puérile. Un gourou qui fait oublier les divergences insignifiantes comme l’aliénation et l’exploitation.

Bref, le peuple-classe c’est tout le monde derrière sa bourgeoisie nationale. Quand on côtoie la gauche française, on ne parvient pas à une telle aporie sans quelques reniements évidents. Ainsi, le philosophe admet que la matrice marxienne (sic) ne convient pas à une approche sociologique «mein kampienne» et confesse que : «Le choix théorique de conserver cette matrice (avec des références stratificationistes) (sic) est de démontrer l’existence de rapports sociaux multiples, et donc les clivages existants dans la société. Le clivage le plus grand, montré par l’altermondialisme et d’autres acteurs (resic), est celui entre l’oligarchie bancaire et financière contre le peuple-classe» (3). Le national-socialisme pestait lui aussi contre le lâche capital aristocratique allemand qui hésitait à lancer une nouvelle guerre mondiale.

Plus loin le plumitif devient plus explicite et il soumet que : «S’agissant du retour « ouvriériste« , je pense ici, par exemple, à Robert Bibeau qui gonfle exagérément la petite bourgeoisie, mais aussi et surtout la rattache complètement à la bourgeoisie au point de dénier le fossé entre finance et peuple-classe et le rapport de prédation qui va avec contre les peuples-classe mais aussi contre la nature! Cette analyse porte aussi, en conséquence, une stigmatisation de ladite petite-bourgeoisie qui rassemble couches moyennes, professions libérales, travailleurs indépendants, petits patrons) et corrélativement entreprise de préservation du bon ouvrier porteur du changement socialiste»(4).

Monsieur Delarue a raison, nous le confessons, le prolétariat doit avoir la petite-bourgeoisie à l’œil. Ce fragment de classe hésitante, instable, au bagou immense, courroie de transmission et kapo du grand capital, au prix des intérêts de la classe ouvrière quelle voudrait vendre sans état d’âme, elle qui se vend au plus offrant, la petite-bourgeoisie doit faire la preuve de son ardeur populaire et non populiste.

Un intellectuel peut renier ses intérêts de classe et se mettre résolument au service de la classe ouvrière. Ceci requiert cependant qu’il rompe avec son institution universitaire ou collégiale et qu’il renonce à son sanctuaire planqué dans une institution, une administration ou une ONG subventionnée. Il devra alors, humblement écouter les récriminations de la classe qu’il souhaite servir. Ce n’est certainement pas de nier l’existence de la classe laborieuse qui le nourrit, l’habille, le transporte, le loge, le soigne, l’informe et le bichonne, qui le fera intégrer le camp des exploités.

Pour nous, la classe ouvrière n’a jamais disparu et nous attestons que la classe ouvrière (et ce n’est pas de l’ouvriérisme de l’affirmer, que l’intellectuel retourne consulter ses classiques et nous ne pensons pas ici à Noam Chomsky) porte l’avenir de l’humanité sur ses épaules, et nous attestons que notre mission, avec ou sans l’appui de la petite bourgeoisie, est d’édifier le mode de production socialiste.

__________________________________________________

ANALYSE ÉCONOMIQUE MARXISTE DE LA CRISE (gratuit) http://www.robertbibeau.ca/VolumeDeclin.html
Téléchargez
_______________________

(1) http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Valli%C3%A8res
(3) http://www.legrandsoir.info/neomarxisme-et-classes-sociales.html
(4) http://www.legrandsoir.info/neomarxisme-et-classes-sociales.html

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *