Jalisco: À la gloire des grands…et des humbles

PIERRE JC ALLARD :

On le dit et on le répète à satiété : le Monde a changé d’axe et de pivot. Il a « changé de base », – ou de « pole et d’épaule », selon que vous préférez Pottier ou Aragon….. On le dit, mais au fond, on ne le croit pas. Noytr arrogance   se dit que c’est juste une fable. Nous sommes et serons les meilleurs. Pourtant, vous savez, ces Latinos et ces petits pays au sud des Gringos ?   Eh bien, ils sont 600 millions et,cachés derrière leurs ridicules chapeaux à large bord, les Mexicains, à eux seuls,  font 15 fois la population du Québec.  Mexico D.F est une plus grande ville que New-York et la population de Guadalajara, en Jalisco,  dépasse largement celle de Montréal….

Guadalara, il y fait beau presque tout le temps, sauf au coeur de l’été, quand le Bon Dieu arrose les cactus agaves, pour qu’on ne manque pas de téquila… et les « Jaliscienses », quand il y aun pépin, chantent  au lieu de pleurnicher…  J’aime bien le Mexique et les Mexicains.

Je ne vous parlerai pas de production, de PNB, ni d’exportations; on en parle déjà beaucoup. Disons simplement que, pendant qu’on ne pense qu’aux Chinois, on ne voit pas les autres qui nous rejoignent et nous dépassent eux aussi…    Tranquillement, sans grandiloquence, mais inexorablement, avec fierté….  Tiens, le mot est lâché qui explique beaucoup: FIERTÉ.   Ah, si nous pouvions importer de la fierté ! Mais on n’a que les manques dont on est conscient. Sur notre site des 7, il n’y a guère que André Lefebvre qui produise de la fierté, alors qu’au Mexique il y en a revendre….

Prenons Guadalajara. Une grande ville de province qui a fait toute sa part, mais pas plus, pour faire le Mexique et le faire grandir. Que trouvons-nous au centre de la ville  Une cathédrale, bien sûr, de style disons… « éclectique accueillant »,  plus proche du Sacré-Coeur que de Notre-Dame,  Pas très fort ?  Mais, juste a côté, il y a une rotonde où on a disposé en cercle les statues  des « Jalisciens illustres ».  Un Panthéon à l’air libre des enfants de la région dont on est fier.  Et on ne les a pas cachés dans des souterrains.  Ils sont là, bien présents. Il est là, le vrai coeur de la cité. Je parierais que vous n’en connaissez aucun, mais les Jalisciens d’aujourd’hui, eux, les connaissent tous, les Jalisciens d’hier. Ils ne sont pas orphelins. Ils ne sont pas de pères inconnus et ils ne se sentent les fils déchus de personne.

Si peu déchus que tout près, au Michoacan voisin qui partage les mêmes héros, la population soeur qui s’et récemment sentie un peu envahie par des bandits et trafiquants, s’est mobilisée spontanément et a créé en moins de deux une milice pour laquelle se sont portés volontaires des MILLIERS de citoyens. Armés.  Message au gouvernement fédéral ?  Vous nettoyez ca ? Vous vous en occupez … ou on le fait.

Le gouvernement sait que la population est sérieuse … et les trafiquants le savent aussi.  Il y a eu quelques révolutions et réformes musclées dans l’histoire du Mexique. Ca bouge.  Je me demande si l’Histoire du Québec aurait été la même, si on avait eu, bien en vue, les statues de Riel et de Chenier… ou en cercle, en bronze, la corde au cou comme des bourgeois de Calais, celles des Patriotes pendus après ce qu’on appelle pudiquement les « troubles de « 37′…

Un homme devient grand quand on en est fier.  Jalisco a ses grands hommes. Mais, quand on est fier de ce qu’on est, il n’y a pas que les grands et les martyrs à immortaliser dans le métal ou la pierre.  Il y a aussi tout un folklore à garder en mémoire, quand on ne rougit pas de sa spécificité, fut elle bien légère, voire grotesque.  Au Palacio Municipal, on a mis sur socle des statuettes représentant des personnages singuliers.  Un riche déguisé en clown qui a erré de par les rues de la ville durant des décennies… et est demeuré dans l’inconscient populaire; une femme compatissante qui a nourri les pigeons durant toute sa vie; un sourd muet, élégamment vêtu, qui fréquentait les premières théâtrales et les grand offices religieux… et d’autres… Tous ces petits riens qui font qu’une ville a une
ame et qu’on on est ce qu’on est, et pas autre chose. Si vous lisez l’espagnol, voyez les descritions de ces « petites gens » qui ont laissé une trace.

D’autres ne verraient de ces petites gens excentriques que les quidams qu’ils ont été; certains bizarres, un peu fous, certains peu recommandables, même … À Guadalajara, on les voit en symboles d’une époque qu’on ne se permettra pas d’oublier. Ils sont les reliques d’une petite histoire qui est toujours essentielle à la grande, car sans le souvenir du quotidien des gens ordinaires qui leur servait de mortier, les grands gestes ne bâtissent que des histoire glabres, en style de manuel scolaire. comme des murs cyclopéens qu’un séisme social peut faire écrouler… et inviter à en effacer les traces. Comme  ces monuments, condamnés, à Somoza et Trujillo, ou contestés, comme ceux à Staline ou Franco.

Le peuple « vote », dans l’Histoire. Il serait bon, je crois, que soit rappelée la mémoire d’un maire de Montréal mort d’avoir soigné les immigrés malade du typhus, d’un autre maire incarcéré pour avoir appelé à défier l’Empire britannique pour faire respecter une promesse électorale, de ce pilote trafiquant, qui s’est racheté en sauvant une  centaine de vies par un atterrissage dit « miraculeux » aux Açores. Des grands hommes qu’on oublie…  Souvenons nous en.

Mais pourquoi ne pas rappeler aussi la mémoire de quelques uns de ces inconnus à mieux connaitre dont nous parle André Lefebvre?  Pourquoi pas même celle de héros tout à fait circonstanciels qui ont été là pour poser des gestes mémorables ? Comme celui qui, sur les ordres de Duplessis, a hissé pour la première fois le drapeau du Québec sur Assemblée  Nationale ?  Ou la mémoire de cet autre qui gifla Campbell au Forum, le soir de la suspension de Maurice Richard, disant en un geste tout ce qu’un peuple humilié voulait dire à l’Étranger?

J’ai déjà évoqué la possibilité de créer un lieu de mémoire collective à grande échelle. Je le souhaite plus que jamais. Mais même un petit clin d’oeil à la fierté, aujourd,hui, serait un rayon de soleil dans la grisaille morose de notre image de nous-mêmes qui rase les murs en voulant se faire oublier, en cette époque de l’»Apres-la-Commission-Charbonneau » où l’on ne trouve plus que bien peu d’honneur à être Québécois

Arriba !

Pierre JC Allard

 

 

 

22 pensées sur “Jalisco: À la gloire des grands…et des humbles

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    2 février 2014 à 8 08 22 02222
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    Un lieu de mémoire à grande échelle et des centaines à petite échelle.

    Et deux cents ans plus tard, un nouvel historien improvisé nous rapellera que toutes ces oeuvres de mémoire sont le fait d’un régime Britanique bienveillant envers sa minorité canadienne. (j’ironise évidemment)

    DG

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    2 février 2014 à 8 08 31 02312
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    « Disons simplement que, pendant qu’on ne pense qu’aux Chinois, on ne voit pas les autres qui nous rejoignent et nous dépassent eux aussi… Tranquillement, sans grandiloquence, mais inexorablement, avec fierté…. »

    Très bien vu. Ce monde nouveau sera orienté différemment, Sera-t-il « meilleur » ou simplement recalibré, là, il faut encore voir.

    Respectueusement.

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    2 février 2014 à 9 09 11 02112
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    À cette magnifique présentation de Jalisco j’y ajouterais les mariachis qui y virent le jour. Vous savez cette musique et ces chanteurs que les touristes réclament et avec lesquels ils aiment chanter.
    http://youtu.be/klVe7_2UEQ8

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      2 février 2014 à 13 01 47 02472
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      Merci Oscari. Ce texte paru dans la section « actualite » m’est inaccesible; je ferai des corrections dès que je le pourrai. Il y avait en effet un lien à de la musique de mariacis qui est disparu. Merci d’avoir corrigé cette lacune.

      Arriba !

      Pierre JC

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        2 février 2014 à 14 02 33 02332
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        Pierre,

        Avez-vous accès à l’article ? Je viens de vérifier et j’entre dans l’article. En pesant sur AFFICHER … que voyez-vous comme message ?

        CAD

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          2 février 2014 à 21 09 01 02012
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          Ce que vous voyez depend de votre statut d’administratrice et n’est pas ce que moi ou un autre lecteur peut voir.

          Je tente ici è tout hasard de donner aux lecteurs un àcces à la petite histoire (en espagnio’, parfois bien surprenante des petiutes gens dont les statues sont exposés au Palacio municipal.

          https://mail.google.com/mail/u/0/?tab=wm#all/143dfd92288a6daf

          Le liein qui suit est vers le projet collectif de ‘jargin généalogique’

          http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/05/07/jardin-genealogique-du-quebec/

          Si ca ne fonctionne pas, je vous invite a voir l’article sur le site Nouvelle Societe.

          http://nouvellesociété. wordpress.com

          PJCA

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            2 février 2014 à 22 10 32 02322
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            Pierre,

            En principe, et je viens de le vérifier sur mon tableau de bord EN TANT QU’AUTEUR, vous avez la capacité de faire des modifications en pesant sur MODIFIER en haut à gauche, n’est-ce pas ?

            Excusez-moi, c’est tout ce que je peux faire pour vous ce soir, étant retenue au lit par une forte fièvre et grippe. Je ne fais que le strict minimum.Désolée.

            Carolle Anne Dessureault

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    2 février 2014 à 16 04 01 02012
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    Article intéressant.

    Lorsque les autorités de Jalisco décident d’honorer un personnage de leur histoire, un des leurs, est-ce que cela suscite immanquablement la controverse ? Leur faut-il négocier à chaque fois un «consensus» délicat entre deux nations qui logent dans le cadre d’un même État ? La différence entre un peuple qui a achevé sa révolution coloniale républicaine et un autre qui négocie encore l’étendue de ses prérogatives et de sa souveraineté à la petite semaine est criante. La fierté, qui est la fleur de l’affirmation nationale ne s’invente pas, elle ne peut croître que dans un terreau qui la protège et la nourrit.

    L’appellation de la station de métro à la mémoire de Lionel Groulx et le collège du même nom ne faisaient-ils pas controverse il y a encore peu de temps ? Faut-il célébrer Colborne ou Chénier est une question épineuse qui ne trouve jamais de réponse définitive. Le doute : Qui sommes-nous ? Malgré tout, il y a en masse de quoi être fiers. Continuons de nous affirmer dans la continuité de notre enracinement sur cette terre. Ne lâchons rien !

    Bonne journée

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    2 février 2014 à 19 07 18 02182
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    Bravo Monsieur Pierre JC Allard !

    Il n’y a rien à ajouter, si ce n’est qu’un rappel de mon coup de chapeau à l’égard du Frère André à l’intérieur de mon article sur l’historique de la conception de l’Oratoire Saint-Joseph. Outre ce monument, qui pourra paraître grandiloquent à certains, il y a la présence du «petit frère des pauvres», citoyen du peuple sans grande éducation qui deviendra un thaumaturge d’une stature incomparable.

    Vous avez raison d’appuyer l’importance, pour un peuple et une nation, de s’appuyer sur l’apport des gens du peuple, des petits de ce monde, des citoyens ordinaires sans qui les «grandes choses» n’auraient pas vu le jour ou auraient été vaines.

    Merci beaucoup pour cet appel à la culture de notre mémoire collective, ce jardin des fleurs citoyennes de tous les printemps odoriférants …

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    2 février 2014 à 23 11 23 02232
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    «Ton histoire est une épopée des plus brillants exploits.»
    Où sont nos monuments à la gloire d’Octave Crémazie et de Basile Routhier ?
    Où sont nos dévotions à la gloire de Marie-Victorin, du Commandeur Desjardins et de ceux qui ont assumé la renaissance au lendemain de la Grande déprime qui a suivi la provocation-répression de 1837-38 ?
    L’exception de l’Amérique coloniale que constitue la persistance de ce Québec encore debout, l’insolence de son existence inextinguible devrait faire se tourner les têtes du monde entier. C’est un miracle. Il y a en masse de quoi être fiers.

    Fi de la démission ! car ta «valeur est de foi trempée». Portons à son terme cette épopée.

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      3 février 2014 à 0 12 51 02512
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      @ Verrier

      Ca me rappelle que, dans les « Insolences du Frere Untel », un des éleves avait rendu  » Ton histoire est une épopée » par  » ton histoire est une des pas pires… »:-)

      Cela dit. je suis sur que nous aurions de quoi susciter la fierté… si on se donnait la peine de mettre en lumière nos vrais héros et nos exploits, dont je crois qu’il sont en effet des ‘pas pires ». Je refère encore aux textes de André Lebvre. Il faurait se faire une liste des 100 personnes a faire connaitre au plus vite. Une statue ne coute pas cher. C’est une évidente mauvaise volonté de nous en priver.

      PJCA

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    3 février 2014 à 0 12 56 02562
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    @ Carolle Anne

    Le probleme est que, puisque c’est vous et non pas moi qui avez mis le texte en ligne dans la section actualité.,.. le systeme ne ne voiit pas comme l’auteur. Je n’ai pas les codes pour accéder a la section actualité. Le texte corrigé est maintenant en ligne sur le site Nouvelle Societe

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2014/02/02/jalisco-a-la-gloire-des-grandset-des-humbles/

    S’il était recopié dans la section actualité des 7, ca corrigerait tous les problemes… A demain. prenez soin de vous….

    Pierre JC

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      3 février 2014 à 20 08 05 02052
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      Bonsoir Pierre,

      Le texte est rétabli à votre demande. La prochaine fois, je vous transmettrai un numéro de code pour entrer dans l’Actualité à votre nom.

      J’ai beaucoup apprécié votre article sur Jalisco. Vos descriptions donnent le goût d’y être.

      La mémoire collective c’est notre identité. Les grands comme les petits personnages. L’exposition permanente du Musée de la Civilisation à Québec présente des gens de la colonie, mères, pères, enfants, défricheurs; des lectures de lettres que les gens s’écrivaient et qui prenaient des mois à se rendre, des confidences de personnages historiques.

      Je souligne avec enthousiasme votre idée de créer un lieu de mémoire collective à grande échelle. Comme fondateur des 7 du Québec, vous êtes déjà un monument !

      Carolle Anne Dessureault

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    3 février 2014 à 13 01 17 02172
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    J’ai passé beaucoup de temps au Mexique dans les années 90, le vrai Mexique dans les campagnes pour faire l’importation de fruits et légumes. L’église est au centre de chaque ville et village avec un jardin public attenant.
    Demander aux cent premières personnes que vous rencontrez de quelle nationalité sont-elles et à 99% la réponse sera Mexicano.
    Vous posez la même question aux USA et vous obtiendrez dans une forte proportion I AM AN AMERICAN pourtant ils sont de toutes les couleurs.
    Par contre au Québec à la même question vous obtiendrez je suis Québécois, Canadien Français, Canadien Anglais, Italien, Juif, Polonais, Espagnol, Mexicain etc etc.
    Si un immigrant de la 2ième et 3ième génération s’identifie encore comme Italien, Juif, Polonais, il devient beaucoup plus difficile de promouvoir une fierté Québécoise et surtout quand nous balançons nous-mêmes par-dessus bord nos traditions pour avoir l’air à la mode.
    Pour les touristes où est la différence entre au Mexique apprécier un groupe de Mariachi ou au Québec un groupe folklorique qui performe en costume traditionnel?
    La différence le peuple Mexicain continu d’aimer ses Mariachis et de ne pas en avoir honte.
    Nous souffrons d’un complexe d’infériorité chronique et CE N’EST PAS LA FAUTE DES AUTRES.
    En 2004 avec 2 amis nous avons fait le sentier de motoneige, LA ROUTE BLANCHE de 523 km qui relie Natashquan à Blanc Sablon et le Labrador, pourquoi lui avoir donné un nom aussi insignifiant que LA ROUTE BLANCHE quand son tracé a emprunté le sentier d’un de nos ancêtres aussi fort et courageux que Louis Cyr qui livrait la poste avec son traineau à chien. Tout un homme.
    Pour moi c’est une HONTE de ne pas avoir nommé cette route en son nom. Nous pouvons encore de nos jours, sur tout le trajet voir des vestiges des refuges que les habitants avaient construits pour qu’il puisse se réfugier en cas de besoin.
    Je crois qu’il s’appelait Des Groseilliers
    http://www.tourismeduplessis.com/fr/sejour-motoneige/93

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    3 février 2014 à 15 03 05 02052
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    Allard,

    Vous avez vraiment de bonnes idées et de beaux projets.

    A Lausanne, que j’ai bien connue dans les années 80, dans la foule des promeneurs du centre ville, on pouvait voir souvent un homme avec un de ces paniers sur roues qu’on tire pour faire ses courses, et lui l’avait rempli de plein d’objets rebelles et provocateurs, et il marchait dans les rues en imitant les bruits d’un bus. En fait, il jouait le bus. Et il était connu pour ça, tout le monde le connaissait et il faisait partie du paysage urbain. A tel degré, que s’il était absent ce n’était plus Lausanne, mais une ville internationale sans plus de bus.

    Et bien des années après, quand on croise un Lausannois en d’autres lieux, on viens vite à lui demander des nouvelles de ce busman. Ou s’il l’a connu aussi, car il n’exerce plus, la retraite a eu sa peau, ou sa carrosserie je ne sais plus. Lui, il n’était pas un bronze, mais une tôle vivante et qui vroumvroumait et je vous assure qu’il était tordant quand il imitait à la perfection la sonnette qui annonce la fermeture des portes…

    Personne ne se demandait plus s’il était fou, ce n’était plus le problème. Il était au-dessus de ces questions, habité par l’esprit du bus.

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      3 février 2014 à 20 08 33 02332
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      Vraiment trop cool cette histoire du busman !

      Jeune adulte, en 1980, je suis venu faire un tour à Paris, histoire de rencontrer des amis normands de ma famille maternelle … j’étais domicilié sur une coquette rue du quartier du Marais, près de la Gare de Lyon et du Musée Quai d’Orsay, si ma mémoire est bonne …

      je me rendais à pieds jusqu’à un merveilleux petit marché qui datait du Moyen-Age et j’y faisais les courses pour ma famille d’accueil … quelques fois je partais arpenter les rues du Marais et je me rendais jusqu’au parvis en face du Musée Beaubour ou Centre Pompidou. Sorte de cour des miracles, cet admirable parvis – bien plus intéressant que le musée à proprement parler – accueillait (est-ce toujours le cas?) des jongleurs, des clowns, des clochards, des acrobates et des musiciens, sans oublier les saltimbanques provenant de tous les coins de l’Europe … et, à cette époque, il y a avait un dingue qui y tenait le rôle de la POULE.

      Je crois qu’on l’appelait «Monsieur Poule». Sorte de mime burlesque, il s’amusait à reproduire les moindres tics de la gallinacée. Quelques fois sur une seule jambe, l’autre étant repliée sous son postérieure, les épaules serrées et la tête à moitié enfouie dans une poitrine imaginaire …

      «Monsieur Poule», picorait, se dodelinait et lançait des piaillements aigus en roulant les yeux et en nous regardant avec une moue complètement dingue, pour ne pas dire déglinguée.

      Cette sorte de mime de ruelle était là, tous les petits matins, et les jeunes punks et autres flâneurs venaient assister religieusement à cette performance cocasse et inimitable …

      Merci Demian, poète de l’urbain, ton coup de chapeau au «busman», a fait ressortir de ma mémoire un personnage datant d’il y a 35 ans:

      «Monsieur Poule», citoyen de toutes nos folies de jeunesse. Merci mon pote !

      La ville de Paris devrait y voir: il faut installer un monument à la mémoire du merveilleux quidam.

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    3 février 2014 à 20 08 10 02102
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    «Nous souffrons d’un complexe d’infériorité chronique et CE N’EST PAS LA FAUTE DES AUTRES.»

    Et quand Harper déroche les oeuvres d’Alfred Pellan du lobby du Ministère des affaires étrangères pour les remplacer par des portraits de la Reine Elizabeth II, faut-il en assumer la responsabilité ?

    En plus d’un complexe d’infériorité, souffririons-nous de cécité ?

    Blague à part, il y a évidemment des cas où en dépit d’une répression larvée de l’expression du sentiment national québécois qui l’a rendu plus d’une fois suspect dans l’histoire du Canada, il y a des cas où notre manque d’audace ne nous fait pas honneur. À mes yeux, c’est un de es cas, le monument érigé à la mémoire de René Lévesque obtient à peine la note de passage. https://encrypted-tbn1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQAoucxtFVs5X9_bgS1E8_eR3cLogoriDX31FUjvf0o_rxboos3xQ

    Quant à rappeler à la mémoire collective l’emprisonnement en 1970 des plus de 500 personnes en vertu d’une loi d’exception, la Loi des mesures de guerre, sans la mobilisation d’initiatives privées, l’érection d’un petit monument à la maison Ludger-Duvernay (pour la plupart des inconnus) n’aurait jamais vu le jour.

    http://tvanouvelles.ca/archives/lcn/infos/national/media/2010/10/20101016-192357-g.jpg

    Pour celui qui livrait les lettres d’amour des gars de Havre-Saint-Pierre aux filles de Blanc-Sablon, si j’en crois Gilles Vigneault, c’était nul autre que Jos Hébert avec son cométique et son team de chiens.

    Cordialement

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      4 février 2014 à 2 02 19 02192
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      M. Verrier, je vous remercie.

      Il me semblait bien que jamais Louis Cyr n’avait parcouru le sentier de la Route Blanche (pendant de la Route Verte des cyclistes pour le nom); une autre invention non référencé d’un nouvel historien improvisé.
      Cyr a été bûcheron de l’âge de 12 à 15 ans soit de 1875 à 1878 l’année du départ de la famille pour les États-Unis. La région Mauricienne semble plus crédible pour le bûcheron que celle très éloignée et accessible uniquement par bateau de Natashquan où l’on n’y pratiquait que la pêche.

      Une pratique courante de certains fabulateurs de rabaisser les canadiens français sous le couvert d’une réécriture de l’histoire. Il faut relire certaines antologies subtiles en glorification des « Canayen coureurs des bois » (sans référence aucune) mais tellement réductrice pour tous les autres habitants du pays jusqu’à nos jours en faisant l’apologie d’un Radisson et Des Groseillers, des marchands de fourrures, changeant de camp au gré de leur bénéfices tout comme les spéculateurs d’aujourd’hui en prétextant leur courage de coureurs des bois, comme s’il y avait une autre façon de parcourir le territoire à cette époque, et ignorant les humbles qui ont défiché et cultivé la terre.

      DG

      • avatar
        4 février 2014 à 11 11 43 02432
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        🙂 🙂

        « Sans référence aucune » est peut-être « poussé un peu fort ». Il y a énormément de « références » au sujet des « coureurs de bois ». En réalité, au Québec, il y a au moins une, sinon deux, références personnelles pour chacun.

        Il est vrai (et surprenant pour moi), que je n’ai pas trouvé de contrats de voyageur au nom de « Gélinas ». Mais cela ne signifie pas qu’ils n’étaient pas « coureurs de bois » puisqu’ils ne signaient pas de contrat. Le nom originel de la famille était « Gélineau » et elle s’établit à Champlain en 1658, région d’où plusieurs « coureurs de bois » sont originaires. En 1665 il déménagent au Cap de la Madeleine, près de Trois-Rivières. S’ils ne sont pas « coureurs de bois », je me demande comment la famille peut survivre à cette date. L’histoire de cette famille devrait être intéressante. Je vais vérifier.

        Si vous me faites parvenir le nom de vos parents et l’endroit de leur mariage, je pourrais assez facilement trouver l’histoire de votre famille « canayenne », si elle existe.

        Amicalement

        André Lefebvre

        • avatar
          4 février 2014 à 11 11 55 02552
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          Veuillez m’excuser j’ai fait une erreur.

          J’ai trouvé plusieurs contrats au nom de « Gélinau, Gélino, Gélina etc. » Les façons d’écrire le nom étaient nombreuses. Il y a donc des « voyageurs » dans cette famille à partir, semble-t-il de 1726. Évidemment pour ceux qui restaient dans la région de Trois-Rivières en 1668, ils n’avaient pas le chois d’être des « coureurs de bois »; sinon ils crevaient de faim.

          Amicalement

          André Lefebvre

          • avatar
            4 février 2014 à 12 12 13 02132
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            Exemples au sujet des Gellineau (Gélina, Gélino, Gélinau)

            a) 1665-01-03: Les Iroquois se font menaçants et les habitants se regroupent en forteresse. Ainsi, Étienne Gellineau obtient une concession de 44×44 pi. du Père Frémin au fort St-François. Il est voisin de Marguerite Hayet (épouse de Ménard Chouart Desgroseillers qui a 9 enfants) et de Benjamin Anseau. (Terrains actuels du Sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine).

            b) 1666-09-04: Information d’office à la requête du procureur fiscal contre un sauvage nommé Prahanvuan qui est accusé d’avoir échangé de la porcelaine pour de l’eau-de-vie avec Jean Gellineau. Le Père Gabriel Druillettes confronte les deux parties pour témoignages divers. Jean De Lafond signe comme témoin. (ANQ-tome 49, p28)

            Référence:
            http://www.bertpage.ca/index-29.html

            Amicalement

            André Lefebvre

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    4 février 2014 à 22 10 39 02392
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    @ verrier
    Merci vous avez raison c’est bien Joe Hébert
    http://www.biographi.ca/fr/bio/hebert_joseph_1830_1919_14F.html
    Après avoir pris connaissance de son histoire je ne crois pas qu’une seule personne ne trouvera pas RÉDICULE MÊME UN CRIME d’avoir donné ce nom insignifiant de La Route Blanche quand il s’y rattache tant d’histoire. Imaginer tous ces touristes motoneigiste qui ont sillonnés cette route sans jamais savoir que l’âme de Joe Hébert est toujours présente.

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