Jeu turc, «communication américaine» – Kobané

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(Cet article rédigé par un expert arabe vivant dans la région éclaire l’imbroglio étriqué monté par les puissances impérialistes sur le dos des ouvriers du Moyen-Orient et d’Occident. Kurdes, Frères Musulmans, Takfiri, Turquie, Irak, Syrie, Peshmergas, Alaouite, Joe Biden (le criminel de service), le Qatar, et l’Arabie, toute une engeance parasite montant un scénario terroriste contre d’autres terroristes et réclamant l’engagement des troupes canadiennes, étatsuniennes, françaises, britanniques, hollandaises, etc. pour commettre leurs larcins. Alors que de pauvres ères désorientés lancent de futiles assauts «terroristes» contre les citadelles de la guerre, fournissant probablement sans le savoir l’argumentaire et la caution au fascisme de faction que nous subissons ici au Canada comme ailleurs en Occident décadent).  

 

Par Mohamed Bouhamidi. Le 26.10.2014. Source : http://www.impact24.info/jeu-turc-communication-americaine-kobane/

 

Les principaux défenseurs de la ville de Kobané appartiennent au PYD (Partiya Yekîtiya Demokrat ou Parti de l’union démocratique). Le PYD a résisté à toutes les pressions et menaces ou toutes les promesses financières de la ligue anti-syrienne qui voulait l’attirer dans son camp et lui faire retourner ses armes contre l’Etat national syrien.

D’autres groupements politiques kurdes lui ont mené la guerre tout en servant de caution à la Coalition.   Face à ces politiques de division du peuple Kurde,  le PYD a mené une conduite d’unité, sur le terrain, de tous les kurdes autour de la priorité de leur défense face  au terrorisme et aux ordonnances sociétales  des Frères Musulmans et des Takfiri.

Tout en impulsant une dynamique d’autonomie pour la région, le PYD, y a associé les autres composantes ethno-religieuses de la région et favorisé une entente large avec l’armée syrienne. Jusque dans les moments les plus tragiques et les plus durs de la lutte pour Kobané, Mohamed Salah Muslim, président du PYD, a refusé le chantage d’une aide militaire turque directe en contrepartie de sa participation à la guerre contre l’Etat syrien.

Pour les USA et les « coalisés », le PYD, comme le PKK, porte une tare encore plus grave : ses bases théoriques marxistes et ses idéaux d’émancipation sociale. Imagineriez-vous un seul instant les USA secourir cette « engeance » et installer des Chavez ou des Moralès bis au cœur des trésors pétroliers ?

Mais là s’arrêtent les confluences  entre les « coalisés ». Autant la réaction de soutien à Barzani, ami d’Israël et des USA, totalement acquis à la religion du marché, facteur dissolvant (de premier ordre) de l’unité irakienne et marchand illégal de pétrole à la Turquie, autant les USA se sont évertués à nous faire croire à la chute inéluctable  de Kobané et au massacre inévitable des forces du PYD tout en accusant d’avance la Turquie d’indifférence.

Une chute rapide de Kobané et un « massacre  bien propre » des « communistes » du PYD aurait arrangé les affaires secrètes des requins de la coalition.

La résistance des   combattants du PYD a tout chamboulé. D’abord, dès qu’ils ont compris les buts turcs, les USA ont dénoncé par Joe Biden les liens du Qatar et de la Turquie avec  les groupes terroristes.

Ensuite J. Kerry  a justifié l’inaction US  en déclarant « Kobané n’est pas un objectif stratégique ». Ensuite il a fallu donner le change à une opinion publique travaillée pour soutenir l’interventionnisme On a inventé les frappes aériennes plutôt aveugles  et inutiles. Puis on a fait croire, pour expliquer le refus turc de laisser passer les renforts de kurdes  syriens, une assistance kurde irakienne de deux cent peshmergas, ramenés ensuite à cent cinquante alors qu’ils n’ont pas encore pris le départ.

Kobané est à la frontière entre la zone kurde et la zone alaouite et chrétienne, parfaite pour faire passer un gazoduc qui échapperait aux risques kurdes ou alaouites.  Un Etat Daesh qui irait des frontières turques, en évitant les « démographies turbulentes » aux frontières du Qatar  serait parfait pour une conduite de gaz turco-qatari via l’Etat Daesh, qui donnerait le surplus de puissance à Erdogan pour ses projets néo-ottomans et au Qatar la démographie turque nécessaire, face aux Saoudiens,   qu’il espérait avec l’Egyptien Morsi.  Les anciens auxiliaires s’apprêtent à bouffer le maître avant d’en finir avec la résistance syrienne. C’est dire son déclin.

Mohamed Bouhamidi 

 

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