LA BOURGEOISIE CANADIENNE A REFAIT SON LIT – CHANGEMENT DE LA GARDE À OTTAWA

Par Robert Bibeau. Directeur Les7duQuebec.com

LA BOURGEOISIE CANADIENNE A REFAIT SON LIT  – CHANGEMENT DE LA GARDE À OTTAWA

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Victoire de la bourgeoisie – défaite du prolétariat

 

Le soir du dix-neuf octobre prenait fin la dernière manifestation de la mascarade électorale fédérale canadienne. La classe capitaliste « nationale » pouvait continuer à se pavaner et déclarer « Missions accomplies, nous les avons mystifiés ». Ce soir-là, la sourde rage de la classe ouvrière venait d’être endiguée et étouffée dans un exercice « démocratique » bourgeois qui ne la concerne pas (1). Une fumisterie électoraliste parlementaire dont seuls le capital, les médias à sa solde, la superstructure idéologique et politique des riches détiennent le contrôle et dirigent la destinée.

 

Près de 68% de l’électorat s’est « exprimé » par une croix sur un bulletin d’abdication au cours de cette activité d’allégeance à l’État des riches. La bourgeoisie canadienne en panade, coincée par la crise économique inextricable, dont Harper,  Mulcair, et Trudeau ne peuvent l’extirper, a tout de même pavoisé. Si les États-Unis, l’Union européenne, la Chine et la Russie, ne savent pas échapper à la crise économique systémique que pensez-vous des capacités de l’économie canadienne (35 millions d’individus et 1 700 milliards de dollars de PIB) de réguler l’économie mondiale et de résoudre les contradictions de ce mode de production moribond (2)?

 

Le capital canadien en tant que faction nationale du capital international est toutefois satisfait de sa performance électorale. Le tiers seulement des travailleurs salariés a rejeté cette mystification électoraliste et refusé de participer à cet exercice de soumission à l’ordre « démocratique » bourgeois. Ceci induit que la classe ouvrière canadienne dans sa majorité n’a pas encore une prise de conscience claire de son existence de classe (classe en soi), étape indispensable à son émancipation en tant que classe sociale aspirant au renversement du pouvoir d’État bourgeois. Les résultats de cette élection bidon atteste que le prolétariat canadien est encore traversé d’illusions réformistes telles que  « Chasser Harper du pouvoir fera une différence » ou encore, « Trudeau a promis de taxer les riches et d’alléger le fardeau fiscal de la classe moyenne » ce qui sera inutile, voire impossible, car la crise économique systémique du capitalisme n’est pas la conséquence de la « surtaxation » de la classe moyenne (sic), ni des fraudes fiscales des capitalistes. Ce ne sont pas deux causes mais deux conséquences de la crise économique endémique (3).

 

Déroulement de la mascarade électorale canadienne

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Au début de la campagne électorale, le grand capital avait choisi sa faction sociale-démocratique syndicaliste pour assurer la gouvernance de la machine d’État capitaliste. Le NPD trônait au sommet des sondages pendant que le grand capital préparait sa relève libérale pour la prochaine mascarade électorale. Les Conservateurs de Harper ayant terminé leurs méfaits sont retournés sur les banquettes de l’opposition se refaire une virginité comme après chaque période d’attaque amplifiée contre les salariés (4).

 

En cours de campagne, il apparut que l’équipe sociale-démocrate, timorée dans ses mensonges à la populace, s’est disqualifiée, alors que la relève libérale s’est montrée  apte à gouverner la machine d’État des riches. Le jeune Trudeau, docile, manifestait de grandes aptitudes à obéir aux ordres des fonctionnaires du capital chargés de le contrôler. Décision fut prise de le porter au pouvoir sine die. Ce qui fut fait.

 

Au cours de la bouffonnerie électoraliste, la bourgeoisie tenta de soulever l’hystérie populiste contre les immigrantes récentes. Les médias à la solde se sont déchainés contre deux immigrantes musulmanes sans toutefois réussir à soulever l’ire populaire contre ces quelques représentantes de la misère séculaire.

 

Le traité de libre-échange Trans-Pacifique

 

Par contre, quand le grand capital annonça la conclusion des négociations du traité de libre-échange Trans-Pacifique, mission pour laquelle Stephen Harper avait été placé à la tête de l’État des riches, leurs médias se sont tenus cois. Pourtant, le traité de libre-échange Trans-Pacifique, et celui signé avec la Corée du Sud, et  celui conclu avec l’Union européenne sont des ententes commerciales majeures qui attestent du degré d’intégration systémique de l’économie impérialiste mondialisée et globalisée (5).

 

La misère des classes ouvrières dans les pays signataires passe par ces traités internationaux inégaux chargés d’ordonnancer la surexploitation des prolétaires de la Terre tout entière. Quel thuriféraire de quelle allégeance grégaire a voulu expliquer ceci au prolétariat au cours de cet exercice électoral bourgeois ? Aucun, car nul larbin parlementaire ne représente ni ne défend les intérêts de la classe ouvrière.

 

L’Étatisme gauchiste bourgeois

 

La go-gauche électoraliste et parlementariste sévit depuis longtemps parmi le mouvement ouvrier et c’est elle qui propage les utopies de l’électoralisme et du fétichisme étatiste que l’on observe aujourd’hui dans le mouvement militant. L’État bourgeois ne peut nullement être la solution à la crise systémique du capitalisme et à ses effets catastrophiques pour la raison que l’État ne peut être autre chose que le  gouvernant de la reproduction du capital, un ordonnateur de plus en plus essentiel au fur et à mesure de son développement historique. Tout renforcement du rôle de l’État capitaliste ne peut être qu’un renforcement de la dépossession des travailleurs salariés des moyens de leur survie, un renforcement de la domination sur eux du capital (éventuellement étatisé) et de ses représentants. Les fonctionnaires du capital – exécuteurs aveugles de ses lois inéluctables –  quelles que soient leurs promesses de « démocratie participative », « citoyenne », « républicaine », « parlementaire » ou « populaire » ne sont que des  courroies de transmission qui ne peuvent que happer le mouvement ouvrier pour le plier aux lois d’airains de l’État policier « produire plus de plus-value ou périr ». Cette mystique du fétichisme étatique contemporaine n’est pas le fruit du hasard, elle manifeste une tendance au totalitarisme inhérente à l’essence de l’État bourgeois et dont le plein développement accompagne nécessairement celui du capital arrivant à son stade ultime – impérialiste –. Cette idéologie de l’État fétiche est trompeuse et dangereuse particulièrement quand elle se pare des qualificatifs de « socialiste » et de « communiste ». L’urgence politique présente est chargée de la nécessité que les prolétaires conquièrent leur indépendance en s’organisant en classe révolutionnaire émancipatrice contre l’État capitaliste, le dernier rempart de la bourgeoisie (6).

 

Voilà pourquoi nous réaffirmons que les 32% de non-votants représentent réellement le niveau de conscience de classe du prolétariat canadien. Ceci signifie que les révolutionnaires ouvriers ont encore du pain sur la planche pour indiquer la voie de l’émancipation de classe au prolétariat. L’insurrection sera populaire et spontanée, la révolution sera prolétarienne, consciente et organisée.

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  1. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/cette-election-bourgeoise-ne-concerne-pas-le-proletariat/
  2. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-classe-ouvriere-repudie-ces-elections/  http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/non-a-la-mascarade-electorale/
  3. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/leconomie-capitaliste-en-danger-de-disjoncter/
  4. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/crise-austerite-resistance-a-la-gouvernance-nous-sommes-tous-proletaires/   et  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lutte-a-la-pauvrete-lequite-fiscale-doit-on-esperer-des-avancees/
  5. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-vrais-patrons-sont-derriere-les-rideaux-quatre-traites-inegaux/
  6. Tom Thomas. Étatisme contre libéralisme ? (2011) Éditions Jubarte. Paris.

 

 

5 pensées sur “LA BOURGEOISIE CANADIENNE A REFAIT SON LIT – CHANGEMENT DE LA GARDE À OTTAWA

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    24 octobre 2015 à 11 11 14 101410
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    Une bonne partie de dongeon et dragon ça chagerait le mal de place.

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    25 octobre 2015 à 1 01 47 104710
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    Monsieur Bibeau , je doute fort que les 32 % de non-votant représentent réellement le niveau de conscience de classe du prolétariat canadien. J’en serai ravi pour le Canada mais …..
    Voici une liste , non exhaustive , qu’entre les queutards (qui ne pensent qu’à queuter et qui étaient sur un bon coup ce jour la ) , les grabataires isolés , les largués total , ceux qui s’en foutent royalement , les psychopates (qui représentent ne l’oublions pas environ 5 à 10% de la population), les blasés , les passionnés de peches de chasse ou que sais-je et les cueilleurs de champignons , les 32% ne représentent déjà plus un réel niveau de conscience de classe ….
    Ceci étant dit , j’espère de tout coeur que nous ferons mieux que vous sur le vieux continent !
    Bon dimanche

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      25 octobre 2015 à 14 02 42 104210
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      La France n’existe plus Mr pschitt!

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    25 octobre 2015 à 10 10 00 100010
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    Intéressant monsieur PSITT que votre typologie des « Je m’en fous royalement de votre mascarade électorale »

    Mais mon ami – la conscience de classe émarge justement de cette attitude – ou plutôt d’exprime – se matérialise – se concrétise – par cette attitude chez ceux qui sont sans pouvoir AUCUN et qui ne peuvent s’exprimer que par la non-participation – la non enrégimentation. L’étape suivante dans la conscientisation est de transformer cette résistance passive – écoeurée – défaitiste – en un mouvement insurrectionnel positif visant à détruire l’État despotique des riches – mais pas muni d’un crayon d’élection mais d’armes idéologiques (la compréhension profond des enjeux de la lutte de classe antagoniste) + le sentiment que ça ne peut plus et que ça ne doit plus durer + le sentiment que seul un nouveau mode de production peut sauver l’humanité de l’holocauste guerrier de la misère et de l’aliénation de classe.

    OUI il y a du pain sur la planche d’ici là mais souriez Monsieur car notre plus grand allié dans cette mission c’est la classe capitaliste elle-même qui ne cessera jamais d’attaquer les ouvriers pour sauver son capital paumé.

    Robert Bibeau
    Directeur Les7duQuebec.com

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