La chine et le capital financier

 

La Chine en cette année 2015 essaye de se placer en banquier à dimension planétaire, en juillet  2014 elle s’ était associée au Brésil, à la Russie, à l’ Inde et à l’ Afrique du Sud pour créer la New Development Bank qui se voulait être une réplique de la Banque mondiale, avec un capital de 50  milliards de dollars.  En octobre 2014, elle chapeaute la création de l’ Asian Infrastructure Investissement Bank (AIIB) avec une réserve de 100 milliards de dollars. La Grande-Bretagne s’est déclarée en faveur de son adhésion comme membre fondateur de l’ AIIB, puis la France, l’ Italie, l’ Allemagne, soit 52 pays en son membre. Un afflux salué par Pékin, qui contourne ainsi l’influence des États-Unis, du G8 du FMI et de l’ OMC ou elle est traité comme quantité négligeable alors qu’à elle seule elle prête davantage aux pays en développement que la Banque mondiale. Quelque temps après elle donne naissance au Silk Road Fund2, doté de 40 milliards de dollars. La Chine est entrée dans la cour des grands du capital de prêt c’est à dire du capital financier.

Le FMI pourrait reconsidérer sa position sur le yuan

Décidément la Chine est sujet de toutes les attentions actuellement. Alors que des entreprises chinoises pourraient reprendre une partie des activités réacteurs du géant du nucléaire français Areva, le Wall Street Journal (WSJ) indique dans son édition de dimanche, que le Fonds monétaire international (FMI) s’apprête à modifier sa position sur le yuan, la devise chinoise. Il affirme désormais l’avoir jugé « sous évalué » depuis une décennie. Sans toutefois mentionner ses sources, le WSJ indique également que l’institution devrait indiquer dans ses prochains rapports sur la Chine – lesquels devraient être publiés dans les jours qui suivent – que le yuan ou renminbi (nom officiel de la devise chinoise) évolue à sa « juste valeur ». Jusqu’à présent, les Etats-Unis et nombre de pays occidentaux considéraient que le yuan était nettement sous-évalué, le phénomène étant selon eux le résultat d’une stratégie de la Chine, visant à favoriser ses exportations.

Certes, Washington a souligné récemment les progrès réalisés, constatant que la monnaie chinoise avait vu son appréciation s’accroître de 30% depuis 2010. Il est vrai que durant les derniers mois, Pékin a délibérément conduit à une appréciation de sa devise, la stratégie de sous-évaluation monétaire n’apportant pas que des avantages. Selon le journal anglo-saxon, la nouvelle position du FMI pourrait être motivée par la pression exercée par le syndicats US auprès du Congrès américain en vue d’imposer des clauses sanctionnant le dumping monétaire dans le traité de libre-échange trans-Pacifique (TPP). Lequel devrait rassembler 12 pays, à l’exception de la Chine. Opposée à de telles clauses, la Maison Blanche a notamment fait valoir que la politique monétaire américaine pourrait aussi être contestée par ses partenaires, dans l’éventualité où elle entraînerait une variation du dollar que certains pays pourraient estimer dommageable. Si le FMI allait plus en avant dans ce sens, la Chine se verrait confortée dans ses ambitions de développer l’usage du yuan à l’étranger. Le gouvernement chinois souhaite notamment que le renminbi soit intégré parmi les monnaies de réserve du FMI. Il n’en demeure pas moins que sa convertibilité et ses marges de fluctuation restent encore extrêmement contrôlées, si l’on en croit les experts.

Sources : AFP, Les Echos, WSJ

 

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