La croissance chinoise au plus bas depuis 1992

Pékin a enregistré une croissance à 6% au troisième trimestre, sa performance la plus faible depuis au moins vingt-sept ans.

Par Sébastien Falletti
Le président chinois, Xi Jinping.
Le président chinois, Xi Jinping. YUKIE NISHIZAWA/AFP

Correspondant à Pékin,

La Chine communiste bombe le torse face à Donald Trump mais sa croissance se tasse, en dépit des mesures de soutien des autorités. La seconde économie mondiale a fortement ralenti au troisième trimestre, à 6%, enregistrant sa performance la plus faible depuis au moins vingt-sept ans, selon les statistiques officielles dévoilées vendredi 18 octobre. «L’économie subit une pression baissière de plus en plus forte», a reconnu devant la presse le porte-parole du Bureau national des statistiques (BNS), Mao Shengyong. Au second trimestre, Pékin avait enregistré une croissance de 6,2%, déjà en net recul par rapport à la croissance de l’année précédente, à 6,6%. Il s’agit du plus bas niveau depuis 1992, lorsque Pékin a commencé à publier des statistiques trimestrielles.

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Ce nouveau repli confirme les difficultés du géant asiatique, empêtré dans une guerre commerciale avec Washington, plombant l’horizon de l’économie mondiale. «Ce chiffre signifie qu’il y a un risque que la croissance passe sous la barre des 6% au quatrième trimestre», juge Zhou Hao, économiste à CommerzBank, basé à Singapour. Ce seuil symbolique est l’objectif de croissance annuel pour 2019 fixé par le pouvoir, qui tente d’orchestrer un atterrissage en douceur, sur fond d’inquiétude croissante des classes moyennes, et des investisseurs. Cet objectif annuel est jugé toujours à portée pour cette année, mais le Parti communiste prépare déjà la suite. «Ces chiffres sont un stress visant à tester la réaction des marchés face à la perspective d’une croissance passant sous la barre des 6% l’an prochain. Ils vont surveiller l’évolution du yuan, et des bourses», analyse Zhou. À Shanghai et Shenzhen, les cours ont baissé dans la foulée de l’annonce des nouvelles statistiques, mais sans créer de panique. «Il n’y a pas de surprise pour les marchés, qui se sont habitués au ralentissement structurel de l’économie chinoise», ajoute l’économiste de la Commerzbank.

Dans ce tableau sombre, quelques statistiques sont plus favorables ce vendredi, à l’image de la production industrielle et des ventes de détails qui sont repartis à la hausse le mois dernier. La production industrielle a progressé en septembre de 5,8% sur un an alors qu’elle avait nettement reculé en août à 4,4% en août, tandis que les ventes de détail augmentaient de 7,8% contre 7,5% le mois précédent, selon le BNS. Sous le regard anxieux des investisseurs chinois et étrangers, les autorités ont tenté de rassurer. «Au cours des trois premiers trimestres, l’économie a maintenu une stabilité d’ensemble», a commenté Mao Shengyong.

«La réalité est que la croissance ralentit plus fortement que prévu et que son effet se fait désormais sentir sur l’économie réelle, en particulier dans les villes de seconde catégorie. L’impact de la la guerre commerciale commence tout juste à se faire sentir», juge Zhu Ning, économiste à l’Université Tsinghua, à Pékin. La Chine et les États-Unis ont enrayé leur escalade tarifaire lors d’un treizième round de négociation le 11 octobre à Washington et espèrent conclure un accord intérimaire en novembre, lors de la rencontre entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping, au sommet de l’APEC, au Chili, mais les détails restent flous, et les experts doutent de progrès substantiels.

Le ralentissement de l’économie chinoise, est jugé structurel après plusieurs décennies de croissance spectaculaire. Les autorités ont multiplié les mesures de soutien cette année, desserrant notamment les rênes du crédit. Néanmoins, Pékin écarte pour l’heure un grand plan de relance, coûteux. «Ils vont garder des munitions pour plus tard, et pour ne pas alourdir encore la dette. Ils s’inscrivent dans une guerre longue», juge Zhou. L’Amérique de Trump est prévenu.

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

Une pensée sur “La croissance chinoise au plus bas depuis 1992

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    21 octobre 2019 à 4 04 25 102510
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    Bonjour

    La Chine communiste bombe le torse face à Donald Trump mais sa croissance se tasse, en dépit des mesures de soutien des autorités. La seconde économie mondiale a fortement ralenti au troisième trimestre, à 6%, enregistrant sa performance la plus faible depuis au moins vingt-sept ans, selon les statistiques officielles dévoilées vendredi 18 octobre. «L’économie subit une pression baissière de plus en plus forte», a reconnu devant la presse le porte-parole du Bureau national des statistiques (BNS), Mao Shengyong. Au second trimestre, Pékin avait enregistré une croissance de 6,2%, déjà en net recul par rapport à la croissance de l’année précédente, à 6,6%. Il s’agit du plus bas niveau depuis 1992, lorsque Pékin a commencé à publier des statistiques trimestrielles.

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    Je ne suis pas surpris outre mesure, nous constatons sur l’ensemble de l’Occident en dehors des USA qui augmentent les « taxes » d’importations, que l’ensemble des économies subissent tous les 25 ans plus ou moins, à certains moments les problèmes sont plus rapprochés.
    Nous constatons aussi que chaque fois que ce type de contexte se présente les portes se sorties s’ouvrent dans le cadre d’une mutation plus qu’importante.
    Les deux conflits mondiaux sont la conséquence de la perte de l’augmentation ou de la stabilisation de la perte du pouvoir vivre correctement.
    J’en tire une conclusion partielle la richesse entre les mains d’une minorité produit un désastre.

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