La Grèce au bout du rouleau ?

La Grèce est arrivée au bout du rouleau

Publié le 01/06/2015 à 18:45 par monde-antigone

La Grèce ne remboursera jamais. On le sait depuis le début. Toute rallonge reviendrait à jeter des milliards de monnaie dans un feu de joie et à grossir encore un peu plus la dette que 2 plans de « soutien » d’un total de 237 milliards d’euros ont porté à plus 180 %du PIB, même après l’effacement d’une grande partie de la dette privée.

Aujourd’hui, les caisses de la Banque de Grèce et du Trésor sont vides. La Grèce ne pourra pas aller plus loin. Le mois dernier, le gouvernement Tsipras avait ordonné un transfert immédiat des réserves en cash de toutes les institutions et entreprises publiques grecques vers la Banque centrale. Même les fonds non utilisés pour les produits de nettoyage étaient réquisitionnés !

Ces derniers jours, il est sorti des banques grecques l’équivalent de 25 % du PIB, et rien de moins que 800 millions d’euros pour la seule fin de semaine dernière. Les banques sont raides à tel point que le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, avait évoqué la possibilité d’arrêter l’aide d’urgence de la BCE aux banques grecques qui atteint 100 milliards d’euros, estimant qu’elles seraient dans l’impossibilité d’offrir assez de collatéraux pour avoir droit aux liquidités d’urgence.

Cette faillite programmée conforte les positions de Tsipras qui n’a plus aucun intérêt à céder. On s’attend à ce que le gouvernement Syriza organise une consultation sur l’attachement à l’euro afin d’élargir sa coalition gouvernementale, après quoi il organisera une austérité maison pour la substituer à celle dictée depuis Bruxelles.

Les deux dernières questions qui se posent aujourd’hui sont de savoir:

1/ Qui portera la responsabilité du défaut ? Schaüble a maintes fois déclaré qu’il se moquait bien que la Grèce sorte de la zone euro. Mais les discussions qui sont menées actuellement à Bruxelles n’ont comme but de désigner le plus intransigeant comme le fauteur de ce désastre. A ce jeu de de déclarations contradictoires qu’on entend depuis plusieurs jours, on s’aperçoit que les institutions créancières ne connaissent pas d’autre « remède » que l’application du manuel de la purge par l’expiation, le bon droit que donne le strict respect des engagements selon lesquels ce qui a été emprunté doit être remboursé jusqu’au dernier sou. On reconnaît bien là la doctrine de la vieille démocratie chrétienne dont sont issus les Juncker, Merkel, Draghi et compagnie. La troïka, peut-elle maintenir son intransigeance jusqu’à saborder l’Union européenne ? Le gouvernement grec de son côté pourrait accepter un accord de pure forme, juste pour démontrer ses bonnes intentions. Le bord de la falaise délimite le cadre de la réponse.

2/ Quand sera acté le défaut ? Si le gouvernement grec satisfait aux conditions de la troïka, celle-ci lui octroiera la dernière tranche de 7,2 milliards… que le gouvernement devra rendre immédiatement ! Et cela sera encore insuffisant parce que les échéances (18 milliards pour juin juillet- août dont 9 du FMI et 6,5 de la BCE) continueront de s’accumuler; insuffisant aussi pour régler les salaires des fonctionnaires et les retraites de ce mois ou des tout prochains. Quel serait  donc l’intérêt ? On imagine pas une seconde la troïka ouvrir une 3e ligne de crédit !

Le défaut de la Grèce serait le premier d’un Etat membre de l’UE et constituerait un précédent « fâcheux » compte tenu des cas qui se présenteront bientôt, un jour ou l’autre (Espagne, Portugal, Italie). Mais il n’entraînerait pas forcément la sortie de la zone euro. Pour exemple, le Kosovo et le Monténégro (sans même parler de quelques micro-Etats) utilisent la monnaie européenne sans être membres de l’UE. En outre, ni la Grèce ni l’UE ne tirerait profit d’un « Grexit », bien au contraire. Le retour à la drachme ferait plonger encore plus profondément l’économie. Par ailleurs, en s’éloignant de l’UE, la Grèce se rapprocherait de l’épuisette russe (à l’instar de Chypre et de la Hongrie).

 

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