La religion; de la Syrie à l’Égypte…

Pendant qu’on manifeste chez nous pour accorder plus de visibilité à la religion dans notre société, en Syrie et en Égypte la religion cause des conflits et des tueries.

Bien des gens résument les conflits syriens et égyptiens à une guerre de clans religieux.  Alaouites contre les sunnites, les sunnites contre les chiites, les musulmans contre les chrétiens, les athées contre tous, mélangez-vous et swignez votre compagnie.

La religion est utilisée tantôt pour faire condamner des gens, pensons aux Talibans, tantôt pour rendre victimes sans défense ceux qui défendent le voile, pensons aux frères musulmans.
Notre sentiment vis-à-vis la religion va de la haine à l’amour du prochain.  On traite les gens du Proche et Moyen Orient d’arriérés qui s’entretuent parce qu’ils n’acceptent pas que leurs concitoyens puissent avoir une vue différente de « l’enseignement » (SIC) d’allah et ici on admire ces gens qui démontrent de la croyance inflexible et veulent imposer à notre société un retour du religieux. 

Le bon sentiment nous transporte de la condamnation à la vénération.  Par bon sentiment on a approuvé pendant des années cette guerre d’invasion afghane. On jugeait qu’aller tuer ces fanatiques religieux, les Talibans, était un bon geste pour libérer ces femmes en cage que l’on trimbale dans du tissu bleu. Le lendemain du grand massacre afghan, on nous faisait des reportages nourrissant notre bon sentiment en nous montrant ces hommes qui se faisaient enfin raser et ces gens qui enfin pouvaient écouter de la musique.
Nous étions heureux du massacre, on avait libéré, DISAIT-ON, ces gens du fanatisme religieux.

En Irak, on explique les tueries qui sont devenues quotidiennes depuis l’occupation,  par une sorte de guerre de clan religieux; les sunnites contre les chiites.  Dans notre bon sentiment un peu simpliste, avouons-le, les ÉU qui se sont bien installés chez eux doivent y rester afin de les aider à ne pas s’entretuer à cause de la « religion ».

Tandis qu’en Afghanistan on hait les fanatiques religieux qui obligent les femmes à se promener en cage et les hommes à porter la barbe sous peine d’être assassiné, en Syrie on admire ces mêmes fanatiques parce que ceux-ci combattent un dictateur sanguinaire qui gaze, NOUS DIIT-ON, sa population «en visant surtout les enfants».  Oui, nos médias ferment les yeux et tentent de nous faire admirer de véritable fous d’allah qui tuent, égorgent et même décapitent pour ensuite brandir des têtes à bout de bras ou alors éviscèrent pour se régaler des cœurs encore chauds. 

Notre bon sentiment tantôt condamne le fanatisme religieux (Afghanistan, les frères Tsarnaev), tantôt ne le voit plus (Syrie, Libye, Tunisie, Égypte, Arabie saoudite, Qatar, Israël).

Plusieurs personnes manifestent avec ardeur et passion pour soutenir ceux qui ont une tendance visible au fanatisme religieux que ce soit ici ou en Égypte ou en Syrie.

Chez nous on dit qu’il est «fasciste»  de vouloir interdire aux fanatiques religieux le port de leurs signes visibles et prosélytiques lorsqu’ils sont au service de l’État.  Notre bon sentiment rend condamnable cette dernière phrase employant le terme «fanatique» (par contre, celui de fasciste se comprend!).
Chez nous il est strictement interdit de parler de fanatisme religieux.  Les gens, même s’ils refusent «catégoriquement» d’enlever leur signe religieux lorsqu’ils sont au service de leurs concitoyens, ne doivent pas être qualifiés de «fanatiques».  La liberté individuelle oblige notre société à accepter leur intransigeance religieuse par respect et ouverture à leur croyance.

Dans le cas de l’Égypte, c’est un peu similaire.  On défend d’autres fanatiques religieux, les frères musulmans, parce que ceux-ci ont perdu leur dirigeant instaurant en douce les lois d’allah. En Égypte comme chez nous, les religieux sont des victimes. 

Chez nous c’est le gouvernement fasciste Marois qui veut passer une loi digne de Poutine ce diable (Taylor) ou encore nous rappelant la période de la ségrégation noire (Trudeau) et même ce nazisme qui prônait le «nationalisme ethnique» (Mourani) visant à purifier la race pour la rendre blonde aux yeux bleus.

En Égypte, les religieux sont « victimes » d’une armée ayant déposé leur chef.  Une armée qui répondait favorablement à la demande de plus de 20 millions de personnes manifestants dans les rues.  Sans doute des millions de personnes «d’extrême-droite» et ayant une frilosité identitaire. 

En résumé, les Talibans sont condamnables, les chiites et sunnites, alaouites alouette posent des gestes répréhensibles à cause de leur religion d’arriérés, les frères musulmans d’Égypte sont des victimes tout comme chez nous ces fanatiques défendant bec et ongles leur intransigeance religieuse non négociable  sont aussi des victimes.

Par des campagnes médiatiques bien orientées, on peut nous faire haïr ceux qui véhiculent des valeurs religieuses ou nous les faire admirer.  Notre bon sentiment est facilement manipulable. 

Mais le débat réel n’est pas de savoir qui est « victime », mais de déterminer si nous voulons une société où la religion fait la loi.

 

Serge Charbonneau

 
P.S.:  Cette chronique d’actualité qui parfois a des saveurs éditoriales, n’engage que l’auteur et ne représente nullement une quelconque ligne éditoriale des 7 du Québec.

3 pensées sur “La religion; de la Syrie à l’Égypte…

  • avatar
    16 septembre 2013 à 12 12 54 09549
    Permalink

    Bonjour Serge

    J’admire votre lucidité, votre désir de cohérence et votre courage. J’ai parfois un peu peur pour vous. La gouvernance, depuis la nuit des temps, est la forme douce traditionnelle d’exploitation des faibles par les forts. Elle est au pillage ce qu’est l’élevage à la chasse. Comme la chasse, ses techniques évoluent et deviennent plus efficaces.

    Aujourd’hui, la société est essentiellement un machine de production et de distribution des produits; le reste est devenu valables d’ajustement et on expérimente avec les tolérances. Compte tenu des täches a accomplir, la gouvernance utilise de préférence la promesse et la récompense plutôt que la menace et la punition, ce qui exige, entre autres, une persuasion plus subtile et donc un contrôle plus serré de l’information.

    Bien manipulée, l’information sur le Web – qu’on peut traiter comme une ‘Interformation citoyenne » – est un grand pas en avant . Elle peut devenir cette éducation continue et permanente dont on rêve: la population s’automotive, s’auto censure et autocorrige ses comportements s’ils dévient hors de balises établies autour des normes impératives présentées comme des valeurs éthiques consensuelles. De temps en temps, un exercice démocratique a valeur de sondages et permet de faire coïncider plus précisément ce qu’on peut donner a la population avec ce qu’on l’a convaincue de dire quelle voulait

    Aucune autre forme de gouvernance connue ne serait aussi efficace, permettant que les choses arrivent comme souhaitées avec un minimum d »ingérence arbitraire, laquelle est toujours mal accueillie par la population .

    Les intervention contrariantes au niveau des médias – surtout sur le web, qui est l’éprouvette où l’on teste les concepts qui demain pourront servir – sont normalement acceptées…. mais je fais des voeux pour que votre sincérité ne vous cause pas trop de problèmes 🙂

    PJCA

    Répondre
  • avatar
    16 septembre 2013 à 22 10 04 09049
    Permalink

    La foi religieuse se est une marchandise qui se vend très bien en Amérique. Elle est aussi un outil de diversion sinon de perversion des consciences tout comme sont les autres produits culturelles proposés par le marché. À bas la réalité, vive la foi religieuse!

    Répondre
  • Ping :Dossier laïcité – Québec | hda-quebec-info.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *