La tragédie des boat-people du travail salarié

La tragédie des boat-people de travail salarié forcé

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De la traite « négrière » à la traite des « salaires »

 

Entre 1453 et 1850 environ, la prospère « traite négrière » irriguait les portefeuilles des grands marchands capitalistes d’Europe, d’Amérique et d’Afrique. Ce trafic de bétail humain constituait un aspect important du développement économique de l’Europe, de l’Amérique coloniale et de l’Afrique colonisée, déjà réserve de ressources « naturelles ». En ce temps, ces continents étaient à cheval entre le mode de production féodale déclinant et le capitalisme ascendant (1).

 

Trente millions d’êtres humains, des chasseurs-cueilleurs – des paysans agriculteurs – des paysans éleveurs – furent arrachés à leur village – à leur famille – à leur communauté – pour être exportés – expatriés à l’autre bout du monde où ils sont allés mourir enchaînés – asservis – torturés. Aucun crime contre l’humanité ne fut jamais aussi ignoble – révoltant – décadent que celui-là. La noblesse et la bourgeoisie des pays importateurs (Amérique et pays arabes), entremetteurs – passeurs (européens et arabes) et exportateurs (africains) de ce « bétail humain » sont les responsables de ce crime contre l’humanité.

 

On croyait ces temps révolus et d’un passé lointain à jamais oublié.  Les petits bourgeois pleurnicheurs criaient à qui mieux – mieux : « Plus jamais ça… Nous avons un devoir de mémoire pour que ça ne se reproduise jamais plus« . Voici que les médias nous « dévoilent » qu’en Malaisie on a découvert des camps de détention et 139 fosses servant au trafic d’êtres humains (2). Nous savions que les passeurs des travailleurs salariés forcés en Méditerranée et à la frontière du Mexique n’étaient pas les seuls en affaires, mais de voir ces fosses de prolétaires mourants  ça donne froid aux petits bourgeois compassés des ONG de la charité toujours éberluées de voir la cruauté du mode de production capitaliste et déréliction.

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La traite des salariés dévoile la décadence du mode de production capitaliste

 

Les médias à la solde exposent chaque jour de nouveaux réseaux de trafics d’esclaves, africains, bengalis, malais, vietnamiens, cambodgiens, indonésiens, mexicains et sud-américains. Les seules différences d’avec l’époque du trafic négrier ancien c’est que les esclaves modernes paient chèrement leur traversée mortelle à des passeurs meurtriers subventionnés par les multinationales du crime adoubé par les ploutocrates financiers internationaux. Autre différence par rapport aux années passées, ces esclaves modernes peuvent être noirs, mulâtres, jaunes, bruns ou blancs. Ce n’est pas la couleur de la peau, la religion ou l’ethnie qui constituent le critère de « sélection » de l’esclavage salarié moderne des passeurs de la mort impérialiste. C’est l’appartenance de classe qui détermine votre adhésion à l’armée de réserve prolétarienne en migration des zones de misère urbaines vers les zones d’emplois précaires et de souffrance certaine.

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La dégénérescence du mode de production capitaliste a atteint un tel point que la misère, la famine, le chômage, l’insécurité sociale, les pandémies, les guerres frappent partout à la fois – tous les peuples à la fois – tous les continents en même temps. Les conditions de la révolution prolétarienne s’accumulent au fond des cales de ces trafics sales.

 

Ce ne sont pas les communistes qui construiront l’internationale prolétarienne. Ce sont les capitalistes, par leur exploitation sans vergogne de tous les prolétariats nationaux qu’ils forcent à migrer – émigrer – immigrer – s’expatrier, tel du bétail humain enchaîné à leur force de travail salarié qu’ils doivent vendre à n’importe quel prix pour survivre. Il n’y a aucune autre explication à chercher pour comprendre cette mouvance humaine de milliers d’affamés qui ne se résignent pas à mourir chez eux – dans leur village – parmi leur famille. À mesure que la crise économique systémique du mode de production capitaliste s’approfondira – de telles migrations du prolétariat de la misère se multiplieront entraînant le brassage des ouvriers internationalisés (3).

 

La tâche des communistes n’est pas de construire le mouvement prolétarien mondial. Il se construit de lui-même. Par contre, laisser à eux-mêmes ces millions de prolétaires en mouvance continueront à ne chercher leur salut que dans leur effort personnel – individuel – isolé et aliéné. Il est du devoir des communistes d’expliquer à ces ouvriers et à ces ouvrières que leur misère collective ne trouvera solution que dans leur insurrection de classe sociale collective et que leur salut nécessite leur prise de conscience pour  le renversement de l’Ancien Monde de souffrance afin que sur ses ruines ils construisent un nouveau mode de production – communiste sans « boat people » de la dépendance aliénante .

 

 

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Traites_n%C3%A9gri%C3%A8res

(2) http://www.sudinfo.be/1294786/article/2015-05-25/malaisie-decouverte-de-camps-de-detention-et-de-139-fosses-servant-au-trafic-d-e

(3) http://centpapiers.com/europe.-plus-de-3.300-migrants-secourus-mediterranee-l%e2%80%99italie-hier./

 

Bibeau, Robert. (2014). Manifeste du Parti ouvrier. Publibook. Paris. http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

2 pensées sur “La tragédie des boat-people du travail salarié

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