La trahison de la nation palestinienne

 

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(Nous avions publié cet article le 29 janvier 2012 à propos des activités de la bourgeoisie palestinienne face aux impérialistes israéliens. L’article nous semble d’une grande actualité.   Source : http://www.legrandsoir.info/la-derniere-trahison-de-la-cause-palestinienne.html)

Salim écoute l’expert des affaires palestiniennes 

Salim, assis dans la première rangée face au conférencier, s’appliquait à noter les billevesées de cet « expert » ayant commis six gros volumes sur le « conflit israélo-palestinien » (sic). Plus Salim écoutait et cherchait à comprendre les méandres de la pensée étriquée du conférencier, moins il comprenait. Soudain, Salim bondit et applaudit l’universitaire ébaubi, non pas pour ce qu’il avait dit mais parce qu’il avait enfin terminer de déblatérer !

Pourtant, la question palestinienne n’est pas si compliquée pour qui ne s’évertue pas à l’embrouiller. Nous allons le démontrer immédiatement en rompant avec l’abjection du « mainstream » médiatique et du conditionnement psychologique.

Le peuple palestinien partage une langue, une religion, une histoire, un patrimoine, une culture, une terre commune qu’il aménage pour en tirer sa subsistance. Ce peuple est assujetti à une administration commune (malgré ses déficiences) et il est mu par un vouloir-vivre collectif dirigé par leur classe bourgeoise atrophiée. C’est ce qui définit une nation bourgeoise en régime capitaliste. Depuis la fin de l’empire ottoman et aujourd’hui sous la colonisation israélienne, la nation palestinienne (la bourgeoisie palestinienne) subit l’oppression nationale. L’oppression nationale résulte d’une série de contraintes politiques qui pèsent sur une bourgeoisie et sur une population empêchant cette bourgeoisie nationale de se constituer en État-nation bourgeois. Empêchant également la bourgeoisie nationale d’accaparer l’usufruit de l’exploitation des richesse naturelles, d’exploiter le marché national et de confisquer à son profit la plus-value produite par la classe ouvrière nationale. On ne peut donc séparer l’oppression nationale de la question du pouvoir de l’État bourgeois. L’État, quand il est perçu comme l’émanation légitime d’une communauté nationale bourgeoise, met à l’abri et protège sa bourgeoisie qui en fait son instrument privilégié d’oppression et d’exploitation des autres classes et sections de classes de la nation.

Mais voilà , il n’y a pas d’État national démocratique bourgeois palestinien entièrement constitué (des bribes existent soumis et contrôler par la classe capitaliste israélienne) et c’est la raison pour laquelle il y a lutte de libération nationale de la bourgeoisie palestinienne. La classe ouvrière palestinienne devrait-elle prendre parti dans ce conflit ou saisir le leadership de cette lutte nationaliste et la mener à terme ?

QUE RÉCLAME LA BOURGEOISIE PALESTINIENNE ?

Le docteur Qumsiyeh du groupe Résistance populaire résume ainsi les revendications du peuple palestinien : «Nous, Palestiniens, demandons et luttons pour notre droit au retour et l’autodétermination. Nous appelons à un État démocratique pluraliste, pour les populations de toute religion, dans notre patrie historique de Palestine. Nous appelons à l’égalité et à la justice» (1). Qu’y a-t-il à ajouter à ce bref exposé ?

Il y a d’un côté un peuple patient, tolérant, vivant depuis très longtemps sur cette terre qui est la sienne devenue entretemps un vaste bagne à ciel ouvert constitué :
a) de villes emmurées, surpeuplées, encombrées ;
b) d’une ville sainte saccagée, expropriée et «judaïsée» (concept mystique, féodal et religieux colporté par les bourgeoisies des deux côtés du MUR d’emprisonnement) ;
c) de champs clairsemés de potagers, d’oliveraies et d’arbres fruitiers où les colons-occupants-mercenaires agressent les paysans palestiniens vaquant à leurs activités.

Il y a d’un côté une nation possédant tous les droits sur cette terre qu’on lui a spolié en 1947-48, au vu et au su de la « communauté internationale » caution et complice de l’expropriation illégale et témoin de la Nakba, la grande catastrophe où 800 000 réfugiés palestiniens effarés erraient sur les chemins éventrés du Proche-Orient enflammé. C’est que les soldats des gouvernements arabes fantoches leur conseillèrent d’abandonner leur foyer, une erreur et une complicité. – Ce fut la première trahison de la cause palestinienne.

Depuis, le Conseil de sécurité de l’ONU et sa « communauté internationale » bidon sont témoins silencieux du crime de génocide. Arracher un peuple à sa terre nourricière et le contraindre à vivre pendant 64 ans en tant que réfugié entassé dans des camps de misère et de dépravation sociale, dispersé dans les pays limitrophes (Liban, Syrie, Jordanie, Égypte, etc.) ; massacrer la bourgeoisie (cadres, politiciens, dirigeants, professionnels et intellectuels – Sabra et Chatila étant l’exemple le plus terrifiant), c’est commettre un génocide envers cette nation colonisée, asservie, affamée, assoiffée de justice et d’eau, ce bien si précieux sous ces latitudes.

La lutte de libération nationale de la nation palestinienne est très ardue car ce petit peuple pauvre (1 500 $USD par habitant par année) – d’à peine 12 millions d’individus, comprenant 6,6 millions de réfugiés et d’expatriés et 5,4 millions de résidants sur l’ensemble des terres occupées – est confronté aux puissances impérialistes occidentales et à l’impérialisme israélien qui l’oppriment et oppriment également le prolétariat israélien. Israël est le pays des plus grands écarts de revenus entre les travailleurs et les riches. La preuve étant faite que la colonisation de la Palestine sous prétexte d’y constituer une nation israélienne de confession juive (sic) – n’avantage pas le prolétariat israélien tout aussi pauvre qu’avant (2).

ISRAEL UNE COLONIE DE PEUPLEMENT ET D’OCCUPANTS

De l’autre côté du MUR de séparation et de discrimination, inextricablement entremêlé aux autochtones palestiniens (ceux qui n’ont pas fui), vous retrouvez un conglomérat d’individus sans droit, sans foi ni loi et sans légitimité ; des gens de différentes nationalités, provenant de  nombreux pays – majoritairement occidentaux – de langues multiples, de cultures hétérogènes, d’histoires et de religions diverses – sépharades judaïques ou musulmans, chrétiens, falashas éthiopiens, prétendument judaïsés, totalement ségrégués, ashkénazes judaïques pratiquants et non pratiquants, des gens souvent athées ou agnostiques mais se disant « juifs’ ( ! ), chrétiens orthodoxes (russes réfugiés économiques), catholiques dissimulés ou repentants, tous expatriés de leur pays d’origine et transplantés sur cette terre étrangère, tous devenus des occupants, des colons-mercenaires, chair à canon pour la bourgeoisie israélienne dépravée (3). Ce « Melting pot », cet amalgame hétéroclite de populations d’origines variées ne constitue ni une race, ni une ethnie, ni une nation «juive» tout comme il n’existe pas de race, d’ethnie ou de nation chrétienne ou musulmane.

Comme le souligne l’historien israélien Shlomo Sand, il n’y a pas eu en l’an 70 après Jésus-Christ de transfert ou d’exode du peuple araméen de la province romaine de Palestine vers des terres inhospitalières (4). Tous ces prétendus « revenants’ vers leur soi-disant « Terre promise » inscrite dans la Torah – le livre sacré dicté par Yahvé – sont des arnaqueurs ou des arnaqués, des malfaisants ou des hystériques religieux, ou encore des réfugiés économiques transplantés là et usurpant les droits de la nation palestinienne par la volonté des impérialistes britanniques avec l’appui de la France et de l’Allemagne et avec le soutien américain et russe et la complicité des bourgeoisies arabes.

LA NATION ISRAÉLIENNE OPPRIMÉE ET OPPRESSIVE ?

Le problème se complique du fait que dans cette colonie de peuplement, la population exogène et ethnocentrique s’est peu à peu dotée d’une langue (l’hébreu), d’une religion (hébraïque que plusieurs ne connaissaient pas ou ne pratiquaient plus), d’une culture (israélienne), d’institutions et de lois communes ; d’une économie exogène et d’un vouloir-vivre collectif. Ils forment aujourd’hui la nation israélienne oppressive régie par l’État théocratique, raciste et sioniste israélien, administrant les esclaves salariés et les mercenaires militaires (appelés colons) au service des impérialistes occidentaux. La nation palestinienne  doit désormais composer avec cette réalité qui lui a été imposée par les puissances occidentales. Ce n’est pas le prolétariat israélien qui est l’oppresseur des ouvriers palestiniens. Le prolétariat israélien ne possède aucun pouvoir, aucun moyen d’empêcher ces brutalités hormis de s’emparer lui-même du pouvoir et d’exproprier toute la classe capitaliste israélienne lui retirant tout pouvoir d’opprimer la  classe ouvrière quel qu’en soit l’origine.

Le prolétariat israélien embrigadé est aliéné de ses propres intérêts par un endoctrinement raciste, religieux et éthique belliciste. Le peuple israélien intoxiqué est un peuple névrosé, un peuple paria, vivant dans la peur continuelle d’être attaqué, souffrant d’une mentalité d’assiégé, enfermé derrière des murs que leur bourgeoisie  érige tout autour des prisonniers palestiniens, et ainsi la bourgeoisie sioniste nationale  s’emprisonne elle-même.

La bourgeoisie israélienne est seule responsable. C’est une bourgeoisie suicidaire – s’isolant sur cette terre exigüe, serrant amoureusement ses 100 ou 200 ogives nucléaires apocalyptiques – croyant ainsi se prémunir contre les arabes qui l’entourent, ces « arabes » qu’ils ont appris à détester et à mépriser. Cette bourgeoisie est aussi dangereuse pour le prolétariat israélien que pour la population palestinienne.

LA PREMIÈRE TRAHISON DE LA NATION PALESTINIENNE (1947-1948)

Depuis 1947, la bourgeoisie israélienne s’est crue toute-puissante – suite à l’inique résolution 181 adoptée par l’ONU, partageant illégalement la Palestine historique en trois zones ethno-religieuses – ce qui contrevenait à la charte de l’organisme :
1) une zone réservée aux arabes ;
2) une autre réservée aux immigrants improprement appelés «juifs» puisque ce terme ne désigne ni un peuple, ni une nation, tout juste une communauté religieuse dont plusieurs adhérents frauduleusement sont non-croyants;
3) et la troisième zone formée par la ville de Jérusalem, ville ouverte et multi-religieuse, qui devait être administrée par l’ONU (5). Si bien que l’invasion sioniste (impunie) de 1948 fut l’invasion d’un territoire de l’ONU qui ne revendique pas qu’on lui restitue ses terres usurpées.

En 1948, la bourgeoisie de ce camp retranché s’illusionna sur sa puissance, si grande qu’elle ne pouvait être ni vaincue, ni chassée croyait-elle. Leurs chefs de guerre, qui la dupaient, accréditaient cette fiction et avaient mission de ne rien céder – de ne rien négocier – avec le peuple araméen d’origine, converti au judaïsme, puis au christianisme, puis à l’islamisme, devenu arabe et ensuite palestinien-arabe. Tous les pourparlers, toutes les discussions, toutes les négociations, qui furent initiées, implorées, quémandées, accordées, engagées, avortées, ou signées ne furent que fraudes et duperies conclues chaque fois par la bourgeoisie palestinienne à l’avantage de l’impérialisme israélien représentant local de l’impérialisme mondial (6).

En 1947-1948, l’empire britannique a créé le monstre israélien avec le soutien de l’empire français, la passivité de l’impérialisme soviétique et américain, encore timoré et pas du tout sous l’emprise du lobby juif éternel (sic). Le « mainstream » médiatique occidental fit croire à l’invincibilité des généraux israéliens et à la destinée manifeste de cette «nation-en-devenir», sur ce sol « sacré » (sic) que le dieu d’Israël – agent immobilier avant l’heure – aurait concédé (7).

LA DEUXIEME TRAHISON DE LA NATION PALESTINIENNE (1967)

Au début, les États-Unis étaient si peu porté vers ces gueux entassés sur cette étroite bande de terrain et coincés parmi les nations arabes du Levant qu’en 1956, lorsque les troupes israéliennes envahirent le Canal de Suez sur ordre des Britanniques, ils leur ordonnèrent de se retirer prestement. Ce n’est qu’en 1967 – lors de la guerre des «six-jours», troisième guerre de conquête israélienne et deuxième trahison de la nation palestinienne – que les États-Unis, impressionnés par cette agressive attaque militaire, prirent le relais de l’impérialisme britannique en déclin et firent de l’État raciste soi-disant «juif» leur base militaire, leur base navale et leur centre de subversion pour toute la région.

LA TROISIÈME TRAHISON DE LA NATION PALESTINIENNE (1988)

Au sommet d’Alger en 1988, la plupart des leaders des organisations de la « résistance’ membre de l’OLP adoptèrent la résolution pilotée par Yasser Arafat reconnaissant la résolution 181 de l’ONU et de ce fait l’État colonial israélien. Aucun de ces dirigeants n’était pourtant mandaté pour renoncer à 78 % des terres palestiniennes et aucun n’a consulté ses commettants pour entériner cette résolution honteuse. Ce fut la troisième trahison de la nation palestinienne. Les organisations bourgeoisies de résistance Hamas et Jihad islamique, non membres de l’OLP, furent mises sur pied par deux fractions de la bourgeoisie palestinienne en opposition à cette trahison du nationalisme palestinien (8).

LA QUATRIÈME TRAHISON DE LA BOURGEOISIE PALESTINIENNE (1995)

Au cours des années 1993-1995, l’Organisation de Libération de la Palestine  mena des pourparlers secrets avec le gouvernement israélien, pourparlers connus sous le nom des accords d’Oslo qui seront finalement signés à Washington en septembre 1995 en présence de Bill Clinton. Ces accords, jamais entérinés par la nation palestinienne, créèrent l’Autorité palestinienne fantoche – sans autorité – dégagée du contrôle de l’OLP et chargée d’administrer le peuple palestinien prisonnier, dispersé dans quelques villes emmurées. L’Autorité palestinienne était chargée d’assurer la sécurité des colonies israéliennes déjà érigées ou en cours de construction en Cisjordanie, à Jérusalem Est et à Gaza et d’assurer la sécurité de la construction du Mur d’emprisonnement en érection. Les accords d’Oslo répudiaient la résistance armée et abandonnaient la revendication pour le recouvrement de Jérusalem, capitale de l’État palestinien (en effet, un petit village en banlieue de Jérusalem devait être rebaptisé du nom de Jérusalem et servir de capitale de l’État croupion palestinien. Des bureaux administratifs de l’Autorité sans autorité y furent érigés). Ce fut la quatrième série de concession-trahison de la bourgeoisie palestinienne envers ses propres projets nationalistes frauduleux (9).

LA BASE MILITAIRE AMÉRICANO-ISRAÉLIENNE

La société israélienne est une société militarisée où les hommes d’état sont issus soit de l’armée soit des sectes religieuses fondamentalistes judaïques (multiethniques). Jusqu’à l’année 2000 environ, tout allait bien pour cet État allié de l’impérialisme mondial. L’intégration complète de l’économie israélienne à celle de son protecteur américain alors prospère et puissant, l’armement de pointe fourni et les aides généreuses accordées (au moins 3 milliards de dollars par année) lui assuraient de pouvoir mener les missions militaires qu’on lui assignait.

Israël joue un rôle spécifique parmi les bases militaires américaines à l’étranger. Il développe certaines armes sophistiquées (drones notamment et armes de destruction massive et armes contre-offensives) qu’il expérimente sur les populations arabes surtout sur la population palestinienne, mais pas uniquement. Il développe des méthodes de contre insurrection urbaine et de contre-espionnage. Il perfectionne des appareils d’espionnage et de sécurité pour les aéroports notamment. Il espionne et brade aux plus offrants ces informations grappillées de ci de là, y compris au Pentagone. Il mène des activités de subversion, entraînent les mercenaires et les paramilitaires qui portent la «civilisation» occidentale jusqu’aux confins de l’Asie, de l’Amérique Latine, de l’Afrique et de l’ex-Union Soviétique. Il assure la formation et l’approvisionnement en armes des troupes de pays que les gouvernements occidentaux ne peuvent légalement fréquenter (Contras, Guatemala, Kurdistan irakien, Iran, Talibans, chrétiens du Soudan, etc.). Israël mène des offensives militaires et bombarde les pays voisins impunément sans se préoccuper du droit international. Israël fait tout ce que l’on attend d’une base militaire américaine polyvalente, implantée au milieu d’une région pétrolière stratégique et hostile.

Israël est aussi une plaque tournante pour le trafic de la drogue des pays du Moyen-Orient vers l’Europe et un centre mondial de blanchiment de l’argent sale que l’on mêle au capital bancaire et industriel via les paradis fiscaux pour le remettre en circulation dans les circuits boursiers. Israël est un centre de prostitution, de commerce des femmes et de trafic d’organes entre l’Amérique du sud et l’Europe notamment. Bref, Israël est comme une usine à fric pour les boursicoteurs états-uniens et européens. Voilà pourquoi ces divers états impérialistes estiment Israël et le soutiennent jusqu’à présent.

LE VENT TOURNE (2000)

Jusqu’en l’an 2000 du moins, année où l’État paria de la « communauté internationale’ se fit bouter hors du Liban par une bande de partisans bourgeois persévérants. En 2006, une autre tentative d’invasion du Liban se solda par un échec cuisant pour la 4e armée la plus «puissante» du monde (sic). Nous attestons ici que c’est Israël qui est au service de l’Amérique et non l’inverse car de tout temps un lilliputien n’a jamais commandé à un géant. Une nation de 7,7 millions d’habitants générant 219 milliards $ de chiffre d’affaire annuel ne commande pas à une puissance de 310 millions d’habitants et générant 15 000 milliards $ de PIB par année (même lourdement endetté – 1 800 milliards de dollars de créances envers les chinois et autant envers les japonais ce qui n’a pas empêché le Congrès d’accorder 700 milliards de dollars d’exemption d’impôts aux milliardaires pour la seule année 2010) (10).

Depuis l’an 2000 Israël – État surarmé – n’a plus gagné de guerres contre ses voisins. L’armée israélienne se confine aujourd’hui à des contrats foireux et à des coups de mains crasseux et déshonorants comme d’assassiner un agent double devant les écrans de sécurité à Dubaï ; briser les os d’adolescents turbulents ; tirer dans les yeux des enfants manifestants ; faire exploser un physicien iranien parmi les passants à Téhéran ; prendre d’assaut un bateau de pacifistes désarmés ; enterrer vivants de jeunes terrassiers dans les tunnels de la survie ; tuer des manifestants en Cisjordanie ; bombarder au phosphore blanc une population désarmée assiégée sur une bande côtière isolée ; emprisonner des femmes enceintes et leurs enfants de trois ans… torturer des prisonniers isolés, et autres exploits militaires du même acabit. L’armée israélienne est une armée déconfite, dégénérée, immorale et démoralisée.

« LOBBY JUIF »

Il y a des années (2008) nous affirmions qu’un jour viendrait où le poids de l’enclume israélienne attachée au cou de l’Amérique impérialiste serait trop lourd pour le bénéfice obtenu de cette base militaire lointaine, ruineuse et indisciplinée, située de plus dans une région de moins en moins stratégique compte tenu de l’épuisement des réserves pétrolières et du déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie-Pacifique. Nous dûmes affronter le tollé des « conspirationnistes » agités, et d’une armada de groupies entichés du « lobby juif« , qui nous gratifièrent des serments d’éternelle fidélité du 44e Président américain à la dernière foire de l’AIPAC, oubliant simplement que l’éternité d’un Président états-unien a une durée très limitée (entre 4 et 8 ans). Négligeant également le fait que chaque jour les politiciens disent une chose et en font une autre (11).

REDÉPLOIEMENT STRATÉGIQUE VERS LE PACIFIQUE (2012)

La puissance de tutelle d’Israël – les États-Unis d’Amérique – est en faillite. Aucun « lobby juif’ ni aucun lobby israélien n’y peut rien. Les jours de la base militaire israélienne au Levant sont comptés depuis l’instant où Barack Obama risque de perdre sa secrétaire au mois d’août de chaque année – faute de pouvoir la payer – il admet alors qu’il n’a plus les moyens de payer la secrétaire de Benjamin Netanyahu. Il est futile pour les intégristes sionistes de tenter d’assassiner Barack Obama. Le prochain président américain devra gérer la même banqueroute économique et couper drastiquement dans les aides à la plus grande et à la plus coûteuse de leur base militaire étrangère (12). D’autant que les iraniens se présentent de plus en plus comme une alternative alléchante.

Dans les années qui viennent l’État impérialiste israélien aura probablement pour tâche de maintenir des activités de harcèlement subversif sur le théâtre militaire secondaire du Proche-Orient, le temps que les réserves d’hydrocarbures s’épuisent définitivement. Les politiciens démagogues israéliens et les politiciens traitres palestiniens ont encore quelques années pour en arriver à un compromis de survie avantageux pour les deux (oubliez les prolétaires israéliens et palestiniens chair à canon de ces troublions).

UN OU DEUX ÉTATS (2006) ?

La dernière lubie des groupes occidentaux de solidarité avec la nation palestinienne (mais non avec le prolétariat palestinien) est de débattre à propos de la création par les palestiniens et les israéliens de deux ou d’un seul État sur le sol de la Palestine mandataire (13). Le prolétariat palestinien se moque totalement de ce débat surréaliste des intellectuels petit-bourgeois occidentaux. L’important ce n’est pas la quantité – un ou deux États – mais la nature de l’État à constituer. Il existe déjà un État sioniste, superstructure gouvernementale de l’impérialisme israélien, gestionnaire des affaires de ce camp militaire retranché au service de l’impérialisme occidental.

Il est entendu que la classe capitaliste israélienne n’a aucun intérêt à fusionner son État privilégié avec l’éventuel État croupion palestinien si la bourgeoisie compradore palestinienne ne renonce pas au droit de retour, droit reconnu notamment par la résolution onusienne 194. La bourgeoisie palestinienne obtiendrait ainsi la majorité des électeurs à l’élection inaugurale de la nouvelle constitution d’un État unifié (14). Tous comprendront que jamais la bourgeoisie israélienne ne se laissera dépouiller du contrôle de son appareil d’État et de ses dividendes par ce jeu démocratique bourgeois.

Un État impérialiste unique, englobant les prolétariats palestinien et israélien, est absolument utopique. Pour la classe bourgeoise israélienne, la seule option envisageable est la création d’un État bourgeois fantoche – un bantoustan palestinien – inféodé à la bourgeoisie impérialiste israélienne. Ils construiront des usines de la misère en périphérie des enclaves palestiniennes où la population autochtone, esclave salarié, aura le loisir de ruiner sa santé pour des salaires de misère. Une partie de la population arabe locale aura vocation de mettre en valeur les terres agricoles des « gentlemen farmers » israéliens. La bourgeoisie palestinienne pourra profiter de divers monopoles de distribution et de commerce, être actionnaire des « sweat shops » qu’elle opérera elle-même pour le bénéfice des impérialistes israéliens, d’autant que tout ceci est déjà amorcé.

La bourgeoisie palestinienne conservera l’exclusivité de la gestion de son appareil étatique croupion, de la distribution des prébendes gouvernementales et des dons importants mais conditionnels de la communauté internationale complice. Elle assurera la sécurité des colonies sionistes implantées au milieu des bantoustans palestiniens morcelés reliés par des tunnels d’emprisonnement.

Les intellectuels occidentaux qui s’agitent présentement pour la promotion de la « solution’ à un seul État doivent comprendre que jamais ni les États-Unis ni la bourgeoisie impérialiste israélienne n’accepteront que la plus grande base militaire américaine à l’étranger, où reposent entre 100 et 200 ogives nucléaires, ne soit sous contrôle d’une administration palestinienne abouchée à l’ennemi russe ou chinois ou iranien ou qatari. Ces intellectuels s’excitent et s’agitent inutilement et profèrent des chimères superfétatoires.

LA CLASSE OUVRIÈRE PALESTINIENNE

La classe ouvrière palestinienne n’a jamais pris le leadership de la lutte de libération nationale palestinienne laissant cette direction à différentes factions de la bourgeoisie compradore et de la petite bourgeoisie professionnelle organisées en parti et en groupes clientélistes. La classe bourgeoise et ses segments petits bourgeois (marchands, professionnels, bureaucrates, services de sécurité, intellectuels) sont des classes vacillantes, peu fiables, toujours prêtes aux compromis et aux arrangements de coulisse au nom du pragmatisme et de la préséance de leurs intérêts égoïstes de classe. Ce qui varie parfois d’une faction à une autre et d’un clan tribal à un autre c’est le prix du compromis.

Heureusement aucune de ces trahisons n’a fait l’objet d’un référendum populaire auprès de la population palestinienne si bien que, si demain une organisation ouvrière révolutionnaire répudiait toutes ces compromissions, elle serait en droit de le faire. Mais la question est de savoir quel serait l’intérêt de la classe ouvrière de se sacrifier pour mener la lutte de libération nationale bourgeoise afin de porter au pouvoir sa bourgeoisie nationale exploiteuse soumise au dictat de la bourgeoisie israélienne?

La solution ouvrière est plutôt de libérer les prolétaires de l’ensemble de cette région et de constituer une alliance prolétarienne révolutionnaire pour le Proche-Orient tout entier au-delà des frontières artificielles léguées par l’impérialisme international.

Robert Bibeau

(1) Dr Qumsiyeh – Popular Resistance. 16.01.2012. http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11669

(2) Population palestinienne. http://www.populationdata.net/index2.php?option=pays&pid=163

(3) Sépharades, Ashkénazes et Falashas http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9farade http://fr.wikipedia.org/wiki/Ashk%C3%A9naze
http://fr.wikipedia.org/wiki/Falashas

(4) Shlomo Sand (2010). http://www.dailymotion.com/video/x7okoe_peuple-juif-invent-shlomo-sand_news

(5) Que l’ONU n’administrera jamais car le gouvernement israélien ne le lui a pas permis. http://amoralite-natale.voila.net/acouv.htm

(6) Khaled Mechaal 2.10.2010. « Dans la science de la stratégie et de la gestion des conflits, la négociation est une extension de la guerre et une forme de gestion de la guerre. Ce que vous obtenez à la table des négociations est un produit de votre position sur le terrain, et un résultat de l’équilibre des forces sur le terrain. Si sur le terrain vous êtes vaincus, vous serez certainement défaits aussi aux négociations. ». http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9459&var_rec…

(7) Khaled Mechaal 2.10.2010. « La situation relative au conflit avec l’occupation israélienne est différente, car c’est le cas d’un corps étranger à la région, qui est venu de l’extérieur et s’est imposé sur une terre et un peuple, a chassé ce peuple de sa terre et l’a remplacé par une diaspora d’immigrants du monde entier. (…) Nous refusons la reconnaissance tant au sens juridique que pragmatique. Il y a une différence entre dire qu’il y a un ennemi appelé Israël d’un côté, et reconnaître sa légitimité de l’autre ; le premier postulat n’est pas réellement une reconnaissance. En bref, nous refusons de reconnaître la légitimité de l’occupation et le vol de la terre. Pour nous, ce principe est clair et définitif. » http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9459&var_rec…

(8) Mohamed Al-Rantissi. Survivre à Gaza. Koutoubia Éditeur. Paris. 2009.

(9) Nous vous offrons le plus grand Yerushalayim de l’histoire juive. 24.01.2011. http://www.silviacattori.net/article1498.html. Pierre-Yves Salingue, Robert Bibeau 19.01.2006. Aux amis du Monde diplomatique. http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article2126&lang=fr

(10) http://fr.wikipedia.org/wiki/Isra%C3%ABl et http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats-Unis

(11) Robert Bibeau. Le lobby pro-israélien vacille-t-il ? 21.03.2009. http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito21-3-2009.html Le lobby israélien à Washington. 16.12.2010. http://www.michelcollon.info/Le-lobby-israelien-a-Washington.html?lang=fr Grandeur et déchéance des « conspirationnistes » 25.05.2011. http://www.centpapiers.com/grandeurs-et-decheances-des-%c2%ab-conspira…

(12) Écoutez le sénateur du Vermont outré que 1% des riches américains aient accaparés 80 % des hausses de revenus depuis 2001, et que 1 % des riches empochent 23,5 % des revenus totaux aux USA http://www.youtube.com/watch?v=pSD7rDdbgA4&feature=share

(13) Menace de mort contre Obama. http://www.haaretz.com/news/international/uproar-after-jewish-american…

(14) Le sionisme est une idéologie raciste, national-socialiste avant l’heure, promue par Théodore Herzl, un journaliste hongrois peu influent dans les milieux bourgeois jusqu’à ce que le gouvernement britannique et Lord Balfour l’accrédite en 1917 (Déclaration Balfour) http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_Balfour_de_1917

(15) Manlio Dinucci. Les USA tournent la page vers de nouvelles guerres. 7.1.2012. http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28526

(16) Un État palestinien mais lequel ? Dominique Vidal.14.09.2011. http://www.michelcollon.info/Un-Etat-palestinien-mais-lequel.html

(17) Ce serait la première constitution pour les Israéliens puisque l’État d’Israël après 64 ans n’a toujours pas de constitution. Rezeq Faraj. Palestine : Le refus de disparaître. Pleine lune. 2002.

(18) Des Palestiniens ont investis pour 2,5 milliards de dollars dans les colonies et en Israël en 2010. 22.11.2011. http://www.silviacattori.net/article2430.html

(19) http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/proche-orient/territoires-olp

(20) Vivian Petit. 17.01.2011. « Les dirigeants du Fatah répètent que le Hamas n’a pas compris l’objet de la réconciliation : la constitution d’un « gouvernement technocratique » ayant pour tâche de gérer les territoires palestiniens et leur population, dans l’attente de jours meilleurs, et non la constitution politique d’un « gouvernement d’union nationale » (…) Si les inconvénients de cette division paraissent évidents d »˜un point de vue institutionnel, ils n’empêchent cependant pas un certain nombre de convergences dans les oppositions à l »˜occupant israélien. ». http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Vivian_Petit.170112.htm et Le Hamas à la croisée des chemins de la résistance. 1.03.2010. http://www.robertbibeau.ca/palestine/hamas.doc et Robert Bibeau. 2.12.2010. Où va la résistance palestinienne ? http://www.legrandsoir.info/OU-VA-LA-RESISTANCE-PALESTINIENNE.html

(21) Norman Finkelstein. Janvier 2012. http://www.cjpmo.org/DisplayDocument.aspx?DocumentID=2073&SaveMode=0

(22) http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=25068

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