La ville Kleenex

http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/francois-cardinal/201306/21/01-4663934-jeter-apres-usage.php

Francois Cardinal parle de jeter après usage…  c’est bien ce que je veux dire.  Lisez l’article en lien. Abandonner le site de Radio Canada me suggère bien des thèmes qui pourraient se glisser sous ce titre.

D’abord, dans le sens que lui a donné Cardinal, est-ce qu’on ne se demande pas un peu par quel souci d »élégance on abandonne l’édifice de Radio Canada ?  On parle de lui trouver de nouveaux utilisateurs – et je pourrais expliquer comment en faire un projet rentable – mais est-on bien sûr que ce bâtiment, construit à la même époque que tous ces viaducs qui s »effondrent et et sont a refaire, n’a pas simplement atteint la durée de vie pour laquelle il a été prévu ?

Est-ce qu’on n’est pas, sans vouloir l’avouer, à payer les conséquences de la décision, prise il y’a 50 ans, de construire une ville en carton-pâte… faite pour durer au max 50 ans, le temps que les décideurs soient disparus après avoir fait un max de pognon, laissant à ceux qui suivraient la perspective d’affronter le déluge ?

Et si on veut tant nous le cacher, n’est-ce pas surtout parce que nous sommes a faire la même chose, avec peut être des échéances encore plus serrée ?  Avec des profits à faire plus vite, des retraites  dodues à prendre plus tôt, des départs plus précipités vers des pays d’où l’on n’extrade pas   ?  Et avec aussi, naturellement, des immeubles qui n’ont plus rien de permanents.  Une ville qui ne vieillira plus, mais sera sans cesse à refaire ?

Grand papa reconnaitrait  le Pont Victoria, et mon père le Pont du Havre, devenu Jacques Cartier et bientôt centenaire… Mais il n’est pas sûr que le Pont Champlain, que j’ai vu construire bien adulte, me survivra.  Il ne deviendra pas le Pont Pierre E.Trudeau; son fils en inaugurera un neuf… En attendant de le remplacer par le sien 30, 20, 15 ans plus tard.  Et je vous parie qu’on démolira l’UQAM – en gardant le clocher de St-Jacques qui ironiquement en deviendra le vestige symbole – alors que l’U. de M, de Cormier sera toujours debout…

Une ville qui ne dure pas, mais qu’on rebâtit  fait plus glamour… mais traduire ici glamour par charme, prouveRAIT que nous avons  bien pris nos distance de nos racines.

Et ce mépris dans la pierre, pour ce qui n’est pas le factice éphémère, se reflète en esprit dans celui que nous avons pour des gouvernants qui ne font que passer, s’empiffrer, puis fuir ou être chassés avant que la premiere pluie ne montre qu’ils ne sont pas fait non plus pour durer. Ils ont la fibre morale trop molle, la texture intellectuelle trop mince. Ils deviennent gluants quand on veut s’en servir plusieurs  fois. Ils faut en changer souvent.

Tous les élus municipaux actuels ont on a usé  pour concocter quels comités exécutait et en tirer quelques maires devraient sans doute être remis dans la boîte de Kleenex d’ou un destin imprudent les a tirés et la boite jetée à la poubelle. Et ceux qui viendront devraient nous refaire une ville  avec un esprit  et placer quelques pierre dont on aimerait que l’agencement nous survive.

PJCA

 

3 pensées sur “La ville Kleenex

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    10 août 2013 à 20 08 45 08458
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    Elle peut bien crever cette ville, qui a perdu son âme dans le steeldeck et le parpaing de béton des constructions bas de gamme vendus au prix de la pierre et du gros oeuvre. Profits oblige à l’image ephémère des World Trade Center de cette génération de la civilisation du cupide.

    On a eu pour la ville de Québec l’ère béton Robert Bourassa et Jean Lamontagne autour du parlement et des berges de la rivière St-Charles que L’Allier a refait. Cette dernière est un modèle méconnu d’aménagement paysager naturel urbain.

    Montréal des années 60-80, tu meurs! Et c’est tant mieux.
    Ne reproduisons plus jamais ces années de gaspillage et d’horreur architecturale urbaine.

    DG

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    10 août 2013 à 21 09 54 08548
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    @ DG

    Je partage votre rancoeur contre ce qu’on a fait en termes d’aménagement urbain. mais si les infrastructures se dégradent au rythme oue semblent laisser prévoir les signaux qu’on reçoit, le problème va aller au de la de l’esthétique, ce n’est pas le rimmel qui coule, c’est un cancer des os.

    Avant de céder a la panique – et de lancer le train de spéculations qui vient de paire avec l’inquiétude – il faudrait faire faire au moins un « spot check » ( analyse sur échantillon) de l’état des structures et infrastructures qui ont été réalisées depuis 50 ans et dont on peut craindre que leur « espérance de vie’ soit moindre que celle prévu aux livres … une réestimation des coûts de remplacement prévus…

    Cette analyse doit être faite par une entreprise crédible, donc non-québécoise, puisqu’elles ont toutes été partie au forfait. Préférablement, non nord-américaine, puisque qu’aucune ne renoncerait à son droit de participer indirectement par des jeux d’affiliatiosaux travaux énormes à venir. Exclusion acceptés qui doit être pourtant une condition sine qua non pour pouvoir être impartiale au palier de l’évaluation préalable de la situation et des couts projetés.

    C’est une situation bien difficile,

    PJCA

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    11 août 2013 à 9 09 35 08358
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    Le capitalisme est le cancer de l’humanité et de la biosphère. Si on ne peut comprendre cette affirmation c’est qu’on est drôlement conditionné pour ne pas voir la vérité sur le capitalisme. Obsolescence programmé, c’est très payant pour les capitalismes, qu’on se le dise une fois pour toute et qu’on change de paradigme économique avec tout l’agir qu’il faut si on en a le courage mais je ne vois que des lâches autour de moi.

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