Le Devoir cherchent-ils à sonder ou à la manipuler?

Titre original :  Léger Marketing et Le Devoir cherchent-ils à sonder l’opinion publique ou à la manipuler?

Source : Lettre envoyé au Devoir le 13.04.2015 par  Nik Barry Shaw.

Manif-qc-03-27-2015

Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing, prétend que le plus récent sondage réalisé par sa firme indique que les Québécois sont «d’accord avec l’objectif global de l’austérité» et même que la fameuse «majorité silencieuse» pousse les libéraux à «faire le ‘sale boulot.’» Or, la lecture des résultats démontre clairement la mauvaise foi de M. Bourque et le manque de rigueur journalistique du Devoir.

 

L’austérité ne passe pas aussi bien auprès de la population québécoise que M. Bourque tente de nous le faire croire. Le sondage – mais pas l’article – révèle que 46% des Québécois sont insatisfaits (contre 43 %) des compressions budgétaires. De plus, 41% se disent insatisfaits (contre 38%) de l’attaque contre les retraites des employés municipaux, et 45% sont insatisfaits (contre seulement 30%) de la relance du Plan Nord. Quant à la «réforme Barrette», la colère de la population est particulièrement marquée, avec 62% de Québécois insatisfaits de la réforme du système de santé et presque deux sur cinq (37%) se disant «très insatisfaits».   Tout cela ne vaut rien, nous explique M. Bourque, car «il est impossible de satisfaire les Québécois avec une réforme de la santé» Ah, bon ? Il est plutôt loufoque de voir M. Bourque expliquer que le problème du ministre Barrette est son «ton» et sa «manière» qui «passent mal», quand on sait que les résultats de son propre sondage montre très clairement que ce sont les politiques d’austérité dans le système de la santé qui «passent mal» Apparemment, quand la majorité silencieuse s’exprime, seuls les «experts» sont en mesure de décoder ce qu’elle dit vraiment.

 

Étrangement, quand Gaétan Barrette (26 %) et François Blais (22 %) récoltent des taux d’appui semblables à celui des étudiants grévistes (24%), on ne nous matraque pas avec un gros titre manipulateur en une du journal que les Québécois «jugent sévèrement» ces Ministres ou qu’ils «condamnent» leurs réformes – eux, ils ont tout simplement un problème de «communications». Deux poids, deux mesures. (Compte tenu de la diabolisation incessante dont ils font actuellement l’objet dans les médias, le taux d’appui de 24 % aux étudiants grévistes est même plutôt impressionnant.)

 

Si la population hésite à appuyer les étudiants en grève, elle semble tout de même d’accord à de nombreux égards sur le fond politique (on pourrait même dire «l’objectif global») de leur lutte. L’approche démagogique de M. Bourque et du Devoir, digne des empires médiatique Gesca / Québecor, ne devrait pas nous faire perdre de vue cette réalité.

 

Nikolas Barry-Shaw

co-auteur de Paved with Good Intentions: Canada’s development NGOs from idealism to imperialism.   Montréal, Québec

 

 

 

Les Québécois condamnent la grève étudiante   (??????) http://www.ledevoir.com/politique/quebec/436957/sondage-leger-le-devoir-les-quebecois-condamnent-la-greve-etudiante

 

Les Québécois condamnent la grève étudiante

Les Québécois jugent sévèrement les étudiants des cégeps et universités qui ont déclenché la grève. Avant même le saccage de l’UQAM par des étudiants masqués, tard …

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Une pensée sur “Le Devoir cherchent-ils à sonder ou à la manipuler?

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    10 mai 2015 à 17 05 47 05475
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    Il est en effet étonnant que L’on puisse faire dire des choses à la majorité silencieuse; le propre des silencieux est justement qu’ils se taisent!
    Ici M.Bourque ne se contente pas de livrer les résultâts du sondage, il y ajoute son commentaire politique en argument d’autorité sous le couvert de son poste de VP de sa maison de sondage-propagande.Quant au journal , il suit le courant des subventions pour sauver leur entreprise et les postes de journaleux officiels.
    Une méthode décrite dans le livre de Chomsky « LA FABRIQUE DU CONSENTEMENT ». On s’étonnera que la majorité des intellectuels n’accordent plus aucun crédit aux sondages d’opinion. Les agents-censeurs du web sont plus efficaces pour les lecteurs lambdas à tenter de manipuler l’opinion publique. (hein Laurendeau?).

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