Les ouvriers français résistent !

Source :  INFOBREF no 422. Janvier 2016. Gérard Bad.  Paris.

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Tout le monde a pu voir à la télévision dans le même temps que les attaques sur Charlie Hebdo et le Bataclan, une mise en scène des actions ouvrières extra -syndicale. Ce n’était pourtant pas des actes terroristes que de molester sous la colère quelques licencieurs, ni de retenir comme à Goodyear quelques cadrions. Seulement il faut croire que le gouvernement fouette dans son froc pour avoir au petit matin du 12 octobre 2015 fait arrêter, comme des truands ceux d’air France qui ont bafoué les règles du droit syndical.

 

A ce niveau le « dialogue social » s’est transformé en 2 ans d’emprisonnement dont un an ferme. Il faut remonter à la grève des mineurs de 1948 et la terrible répression[1] organisée par le socialiste Jules Moch pour voir des ouvriers condamnés à la prison ferme. Après l’appareil répressif direct, c’est l’appareil judiciaire qui va peaufiner la répression en ciblant ceux qu’il considère comme leader des grèves. Ils seront condamnés à la prison ferme et pour 300 d’entre eux pour « entrave à la liberté du travail », cette liberté retiré chaque jour à des milliers de salariés qui se retrouvent au chômage, pas de procès pour entrave à la « liberté du travail chez PSA, Arcelor-Mittal, Air France, Sanofi Adventis.»

 

A l’époque être viré des houillères, s’était déjà être condamné à devenir un paria, perdre son logement, école médecin et ne jamais plus trouver de travail. Il y a dans l’affaire de la « chemise » une énorme disproportion dans la condamnation qui est inquiétante, il est un fait que le pouvoir ponctionne de plus en plus le monde du travail et les retraités, que les pressions au travail provoquent environ 400 suicides par an, que la sécurité de l’emploi et tout ce qui va avec se réduit avec la précarisation/paupérisation montante. Il faut savoir que le CDI contrat à durée indéterminé, n’est plus majoritaire en France depuis 2010. A cela il faut ajouter la loi Noé qui veut en finir avec le code du travail et qui se propose d’étendre la numérisation à toute la société civile. Les dégats sur l’emploi à tous les niveau vont être importants, et si quelques startup vont y trouver leur compte, cela se fera au détriment du plus grand nombre. Le gouvernement ne vient-il pas de s’attaquer au Revenu de solidarité active (RSA).

 

« Est-ce normal que la caf me baisse mon RSA? Il passe de 756 € à 520 €!  » s’interroge une personne et bien d’autres encore. Nous voyons bien que l’affaire de la « chemise » et des Goodyear est une affaire de classes sociales, que les coups portés à certains anticipent les suivants.

On nous sollicite pour pétitionner (s’auto ficher) sur le net pour se donner bonne conscience vis-à-vis des prolos d’Air France et Goodyear, mais cela ne va pas plus loin qu’une révolte à genoux. Depuis les années 1980 la classe ouvrière ne cesse de perdre pied dans son combat pour le simple maintien des acquis des trente glorieuses…Il est certain qu’il va y avoir une limite à ces agressions constantes de la classe capitaliste mondiale et qu’une explosion sociale dans toute l’Europe se profile à l’horizon en même temps que les tentations populistes derniers rempart de la bourgeoisie.

 

 

 

[1] Elle fera trois morts et de nombreux blessés, c ‘est d’ailleurs de la que vient le fameux CRS SS.

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