LES POULES ET LES COQS S’ÉBATTENT LIBREMENT

La bassecour était en folie, hier soir (20.03.2014) sur les ondes de la télévision d’État à la solde des riches. Madame la première ministre, après avoir hardiment et malencontreusement lancé ses troupes à la poursuite de la chimère «souverainiste», en introduisant dans la mêlée le milliardaire PKP – nouveau chevalier noir de l’indépendance à gogo – s’est ravisée hier soir – elle n’a jamais souhaité dit-elle une élection référendaire puisque les conditions gagnantes sont à 66% déficientes.

Et nous pouvons confirmer à l’épouse de Monsieur Blanchet, le petit homme d’affaire souverainiste confédéraliste opportuniste qu’il en sera ainsi pour encore nombre d’années malgré le soutien indéfectible des deux membres du SPQ-Libre (libre de quoi au fait ?).

Le reste de la soirée électoraliste fut ainsi – à l’avenant – un «chamaillage» impudent d’ignorants qui faisaient semblant de disposer de l’argent nécessaire pour mener les politiques de l’État providence «généreux» qui s’effondre sous nos yeux. Ils n’ont plus d’argent – ou si peu – une grande portion est réservée aux banquiers qui viennent chaque année en antichambre de l’Assemblée crucifiée chercher leur quote-part des revenus de l’État providentiel (pour eux les multimillionnaires). Puis à la queue leu leu, il y a toutes ces entreprises monopolistes milliardaires qui doivent elles aussi recevoir leur livre de chair des salariés payeurs de taxes et d’impôts, leur part de ressources naturelles, d’énergie gratuite d’Hydro-Québec, leur quantum de subventions pour construire cimenteries, ports, alumineries, et usines qui fermeront aussitôt que construites. Il y a enfin toute la couche des petits capitalistes (PME) qui mangent au râtelier où ils se chamaillent avec les médecins spécialistes à qui ils ont promis un milliard de revenu supplémentaire. Et puis, il y a les petits truands, brigands des chantiers de construction, fabriquant de routes défoncées, de viaducs caducs, d’hôpitaux surdimensionnés et surfacturés en PPP si vous me comprenez.

Quand toute cette engeance abreuvée à l’auge des revenus anémiés de l’État sera rassasiée que restera-t-il pour payer les promesses qu’ils professent ?

Hier soir, chacun de ces rigolos faisait semblant devant les gens que les promesses de son vis-à-vis étaient irréalistes, alors que les siennes allaient se payer simplement. Tous mentaient effrontément. Car aucun de ces manants ne maîtrise quoi que ce soit à propos de la monnaie (le dollar canadien), de l’économie mondiale, du commerce international, de la spéculation boursière outrancière, des grandes stratégies des multinationales et de la guerre qui se prépare en Europe, au Proche-Orient, en Afrique et en mer de Chine.

Le plus brillant aurait été le coq ou la poule qui aurait humblement avoué la vérité à ses commettants : «Nous avons bien peu de prise sur l’économie mondiale et continentale. Nous allons couper dans les dépenses de l’État providence. Nous allons hausser le niveau de taxation des entreprises multinationales. Nous allons répudier toutes les ententes secrètes de fourniture d’énergie à perte aux grands trusts internationaux. Nous allons cesser d’acheter l’énergie électrique à perte. Nous allons empêcher les entreprises de transférer leurs bénéfices dans les paradis fiscaux. Nous allons obliger les minières à créer un vrai et solide fonds prévisionnel pour dépolluer les sites miniers et les oléoducs percés. Nous allons rétablir la taxe sur le capital et hausser la taxe sur la masse salariale. »

Vous savez tous que le candidat qui aurait pris de tels engagements n’aurait pas pu terminer son intervention, perdrait son dépôt dans son comté, et ne pourrait jamais réaliser un tel programme puisque l’économie impérialiste permet à chaque grande entreprise multinationale de délocaliser et aux multimillionnaires (y comprenant PKP, Chagnon et Desmarais, Sirois, etc.) de s’expatrier avec tous leurs deniers à l’abri dans les paradis fiscaux.