Les robots s’apprêtent à braquer les banquiers!

Source :  INFOBREF,  no 436. 26.04.2016. Gérard Bad. Paris. URL: http://spartacus1918.canalblog.com/archives/2016/04/26/33731264.html

 

banque

 

Avec l’arrivée des robots-conseillers, la manière dont on gère l’épargne des Belges va changer drastiquement !

 

Jusqu’à présent, si vous aviez de l’argent à placer en Bourse, vous pouviez soit compter sur vous-même et votre propre expertise pour investir au mieux, soit compter sur l’expertise de votre banquier. Si vous n’aviez que quelques milliers d’euros à investir, le banquier vous dirigeait généralement vers une SICAV maison, autrement dit un fonds d’actions géré par votre banque. Et si vous aviez quelques centaines de milliers d’euros à investir, voire plus, alors vous aviez droit au tapis rouge et des bureaux luxueux puisque vous faisiez partie du segment « private banking ». En clair, vous aviez droit à plus d’égard que le commun des mortels. Et au-delà d’un certain seuil d’épargne, vous aviez même droit à des conseils personnalisés pour la gestion de votre patrimoine mobilier !

 

J’ai utilisé le passé, parce que le secteur de la gestion de patrimoine est aujourd’hui bousculé par de nouveaux venus. Généralement, ce sont des banques uniquement actives en ligne comme Keytrade ou Me Direct et qui cherchent à gérer une partie de l’épargne des Belges. Comment ? En mettant à disposition ce qu’on appelle des robots-conseillers. Ce ne sont bien sûr pas de vrais robots, mais l’expression qui désigne des programmes informatiques hypersophistiqués qui sélectionnent le portefeuille idéal en fonction du profil de risque du client, sans oublier son horizon de temps.

La révolution numérique n’épargnera même pas les banquiers… ce n’est qu’une question de temps

 

L’avantage de ces robots-conseillés, c’est qu’ils sont tout aussi efficaces qu’un gestionnaire en chair et en os. Pour les banques on line qui poussent ce genre de services, c’est un gain d’argent puisque ces robots peuvent gérer des milliers de clients alors qu’un gestionnaire fait de chair doit se limiter à 70 ou 80 clients maximum. Et du point de vue du client, c’est également une bonne affaire, car les robots-conseillers reviennent moins chers, avec des frais de fonctionnement de moins de 1% contre 1 à 2% pour les banquiers classiques. Comme le dit Xavier De Pauw, le patron de la banque en ligne MeDirect, 1% de frais en moins, c’est déjà un premier rendement en soi !

 

Bien entendu, ce genre de gestion automatisée s’adresse à tout le monde, y compris à ceux et celles qui n’ont que quelques milliers d’euros à investir, mais l’ancienne génération a encore parfois du mal à franchir le pas en direction de ce genre de services, car elle est attachée à avoir devant elle un interlocuteur bien vivant, et non pas un algorithme. En revanche, la jeune génération cherche à éviter au maximum les contacts physiques ou les déplacements inutiles, et donc semble plus sensible à ces nouveautés.

 

Certes, ce marché est encore balbutiant en Belgique, mais ailleurs, aux États-Unis par exemple, des dizaines de milliards de dollars sont déjà gérés via des robots-conseillers. Et même s’il y aura toujours de la place pour des conseillers en chair et en os, notamment pour des questions plus délicates comme la fiscalité, l’avenir des banquiers privés sera soumis à pression. La révolution numérique n’épargnera donc pas le conseil en placement… ce n’est qu’une question de temps.

 

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