LES VICTIMES SYRIENNES DE L’OTAN

 

«Les trois quarts des Syriens vivent dans la pauvreté, et plus de la moitié dans l’« extrême pauvreté ». C’est ce que nous apprend un nouveau rapport de l’Organisation des Nations unies sur les conséquences économiques et sociales d’un conflit qui a fait en trois ans plus de 150 000 morts et des millions de réfugiés.» (1)

 

«C’est comme si cet important pays du Proche-Orient avait reculé de 40 ans pendant cette courte période. Fait particulièrement inquiétant, cette situation épouvantable, parce qu’elle est propice à la création de trafics de toutes sortes, tend à perpétuer le conflit, concluent le Programme des Nations unies pour le développement et ses deux partenaires dans cette enquête, l’Office de secours et de travaux pour les réfugiés (UNRWA) et le Centre syrien de recherche politique.»

 

C’est ainsi que les organismes internationaux (ONU), payés par les pays occidentaux qui dirigent à distance l’agression militaire de mercenaires recrutés, transportés, entraînés, armés et payés par les principautés du Golfe, la Turquie, la Jordanie sous supervision des experts de l’OTAN, décrivent cette invasion militaire de la Syrie… «Un conflit» disent-ils 

 

Le rapport du programme de l’ONU pour le développement (on dirait plutôt pour le sous-développement) et les experts pudiques et obséquieux – relatant un «conflit» – ajoutent «Depuis le début des hostilités en mars 2011, quelque 2,67 millions d’individus ont perdu leur emploi ou leur gagne-pain, ce qui prive de ressources financières dignes de ce nom plus de 11 millions de personnes à charge. Le chômage est monté en flèche, passant de 10,3 % en 2011 à 54,3 % au dernier trimestre de 2013.» (1)

     

« Les chiffres sont stupéfiants. L’impact sur une organisation de développement humain comme l’UNRWA est immense et tragique », a déclaré Rabie Nasser, chercheur au Centre syrien de recherche politique, qui calcule que le conflit (sic) a coûté à la Syrie 143,8 milliards $ entre son début en mars 2011 et la fin de l’année 2013. Cette somme équivaut à 276 % du PIB du pays en 2010.

    

«Aujourd’hui, plus de la moitié des enfants d’âge scolaire sont empêchés d’aller à l’école. Dans certaines localités comme Alep (la principale ville du pays, avec près de deux millions d’habitants avant le conflit), ce sont neuf enfants sur dix qui sont ainsi privés d’instruction. À la fin de 2013, 4000 écoles étaient hors service, soit parce qu’elles avaient été détruites ou endommagées, soit parce qu’elles servaient à héberger des personnes déplacées par le conflit.

 

D’autre part, 61 des 91 hôpitaux publics syriens ont été endommagés, et 45 % d’entre eux ont dû fermer leurs portes. Le réseau de santé a souffert aussi bien d’attaques armées que du départ de nombreux professionnels et de pénuries de médicaments ou de matériel.

 

Contraction historique

 

« La contraction de l’économie syrienne est une des pires que le monde ait connues depuis les années 1960 », peut-on lire dans le rapport onusien. La dette syrienne a augmenté considérablement ces dernières années, pour atteindre 126 % du PIB, notamment parce que le régime doit importer du pétrole et des denrées de base. L’Iran est un important créancier. « Désindustrialisation massive, fermetures d’entreprises, fuite des capitaux, pillage et destructions » : selon les auteurs de l’étude, le développement humain en Syrie a « régressé de plus de quatre décennies » depuis le début du conflit. « Le conflit armé […] a infligé des dommages socio-économiques de toutes sortes dans tous les aspects de la vie des gens, de leurs moyens de subsistance et de leur habitat ; peu de ménages syriens ont pu y échapper », écrivent les auteurs du rapport.

 

Et le journaliste du quotidien LE DEVOIR d’y aller d’une nouvelle effrayante visant justement à encourager la poursuite de cette guerre d’agression contre un pays et sa population coupable de ne pas plier aux diktats des puissances  de l’OTAN. Le scribouilleur du journal LE DEVOIR ajoute : «Sur le terrain, jeudi, l’armée syrienne a de nouveau largué des barils d’explosifs sur des quartiers rebelles à Alep, tuant environ 70 civils, dont une quinzaine d’enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme». Ce supposé observatoire est un organe de propagande de l’OTAN justement.

 

Voilà le sort qui attend toute population de n’importe quel pays coincé entre l’alliance impérialiste de l’OTAN et l’alliance impérialiste Russie-CEI-Chine. L’agression armée, la destruction, la guerre et la famine sont les compagnons de route de ce système social décadent. Peu importe qu’un peuple se trouve d’un côté ou d’un autre de ces alliances meurtrières.

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  1. http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/409686/la-syrie-40-ans-en-arriere?utm_source=infolettre-2014-05-30&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

4 pensées sur “LES VICTIMES SYRIENNES DE L’OTAN

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    1 juin 2014 à 9 09 09 06096
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    Que voulez-vous l’exportation de la démocratie à l’américaine à ses inconvénients. En réalité le capitalisme anglo-américain consomme tout mais vraiment tout, même la vie.

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    2 juin 2014 à 9 09 13 06136
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    Je ne pense pas que nous assistions en Syrie à «l’exportation de la démocratie à l’américaine» Pas un instant – Dire cela c’est répété les mensonges médiatiques dont nous abreuve Radio-Can qui subit ces temps-ci d’excellentes coupures et compressions – la bourgeoisie détruit son instrument de propagande – et les autres médias à la solde.
    En Syrie ce sont les deux alliances impérialistes mondiales qui s’affrontent via mercenaires payés-assassins- et l’armée des riches syriens – les travailleurs syriens étant coincés entre les deux clans sur le terrain.

    L’Iran et le Liban et l’Ukraine puis la Biélorussie – devant être les prochains terrains de massacres entre ces deux clans – alliances qui ne se sont pas encore résignées à s’affronter directement – l’arme nucléaire devant être l’argument ultime le jour ou cette 3e guerre mondiale surviendra.

    Rappelez-vous l’Espagne et l’Éthiopie dans les années 1930 puis réfléchissez à 1939…
    Robert

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      2 juin 2014 à 15 03 52 06526
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      La première phrase n’est qu’une boutade contre l’américanisme,la deuxième la renforce à l’absurde car l’américanisme est en fait un nihilisme. Donc t’a pas pigé mais je ne t’en veux point Robert. Personne n’est parfait pas même moi.

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    2 juin 2014 à 11 11 33 06336
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    Bonjour, ‘L’Iran et le Liban et l’Ukraine puis la Biélorussie – devant être les prochains terrains de massacres entre ces deux clans…’ : Récemment les spectacles de Peter Gabriel et Depeche Mode en Ukraine ont été cancellés. Un indice des troubles à y survenir…? Pourtant, ce n’est pas le cas en Russie…

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