L’Europe impose à l’Afrique un traité pire que…

ALAC - GIL djihadisme. la cible africaine (2014 07 26) FR 2

 

L’Europe impose à l’Afrique un traité pire que le Traité Atlantique.

Réseau international

1.08.2014

Et bien sûr, tout cela a été négocié «en douce» avec comme grands gagnants: les industriels! Le pillage à grande échelle va pouvoir commencer, jusqu’à présent, nous n’avions rien vu!!!

Une belle mobilisation monte contre le projet de Traité Transatlantique ou TAFTA auquel j’ai consacré plusieurs billets. L’espoir existe désormais de gagner, c’est-à-dire de faire capoter les négociations ou d’obtenir des refus de signature nationaux ou du Parlement européen (triste illusion que l’auteur colporte sans notre soutien NDLR).

Mais – je bats ma coulpe moi aussi – nous avons oublié en route le sort de l’Afrique, et plus généralement de la zone ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) soumise au même lobbying des multinationales, des États européens au service de leurs «champions nationaux» et de la Commission. Ils pourraient même obtenir dès les prochains jours la signature d’un APE avec l’Afrique de l’Ouest. Ce serait un TAFTA en pire, vu les rapports de domination économiques et politiques issus de l’histoire (Jusqu’ici nous sommes d’accord NDLR).

Ces «accords de partenariat économique» n’ont rien de partenariaux, rien d’équilibré. Il faudrait les rebaptiser «accords de profitabilité étendue» pour les lobbies d’affaires qui oeuvrent à la fois en coulisse et à visage découvert. Ils signeraient la fin des stratégies, que certains pays ont commencé à adopter, parfois en relation avec des ONG, de «préférences» (impliquant des protections douanières efficaces) pour l’agriculture vivrière locale, pour des activités nationales de transformation sur place et non d’exportation brute, pour les énergies renouvelables de proximité issues de productions régionales, la petite industrie, la construction et le bâtiment (Voilà que la fricassé ONG humanitaire-larmoyante vole en éclat après son ronron mystificateur. NDLR). Ils pousseraient inexorablement à privilégier une économie tournée vers l’exportation des produits agricoles «tropicaux» et des richesses naturelles, dont celles du sous-sol, et d’importation de produits agricoles et industriels européens, selon une logique d’échange inégal et dominé qui serait destructrice. On comprend pourquoi les multinationales sont à l’affut (Mais ce n’est pas cela l’objectif du capitalisme? Fini les folies communautaires et «équitables» On parle business ici NDLR).

Je résume dans ce qui suit un document parfois très technique de l’économiste Jacques Berthelot, grand spécialiste de ces questions, qui entre dans le détail des arguments que la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, en tout plus de 300 millions d’habitants) devrait mettre en avant pour refuser la signature rapide de cet accord, qui pourrait intervenir, dans le pire des scénarios, dès la réunion des chefs d’Etat les 11 et 12 juillet. Car les négociateurs de ces États ont déjà donné leur feu vert le 30 juin à Ouagadougou (Qu’attendiez-vous d’autres de ces marionnettes d’opérettes nationalistes de la pseudo néo-décolonisation ? Les ordres sont venus de Paris et les larbins s’empressent de signer pour ne pas perdre leur siège de dignité… les élections de remplacement sont pour bientôt ou alors un coup d’État de factions !!!  NDLR).

Voici ce résumé, où je ne retiens pas tous les arguments de Jacques Berthelot mais seulement ceux qui me semblent les plus importants et les moins techniques pour un lecteur découvrant le sujet.

L’Accord de Cotonou, révisé en 2010, répète à l’infini que son objectif central est de permettre aux pays ACP-Afrique d’éradiquer la pauvreté et la faim et de favoriser leur intégration régionale (mère Théresa et le pape présidaient à l’écriture de ce palimpseste NDLR). En réalité l’imposition à l’Afrique de l’Ouest (AO) – qui regroupe les 15 États de la CEDEAO et la Mauritanie – de ratifier l’APE régional avant le 1er octobre 2014 aurait les effets inverses. Voici plusieurs raisons pour lesquelles cet accord ne doit pas être signé.

1) L’AO ne doit pas réduire ses droits de douane à un niveau inférieur à celui de l’UE. Alors que l’APE exige de réduire les droits de douane de la CEDEAO sur 75% des exportations de l’UE, l’APE n’oblige pas l’UE à éliminer ses subventions internes bénéficiant aux produits exportés (point suivant). En fait, l’AO ne devrait pas accepter de réduire ses droits de douane sur les importations venant de l’UE à des niveaux inférieurs aux droits NPF (de la Nation la Plus Favorisée) de l’UE, en particulier sur les produits alimentaires de base (voir le texte complet pour des précisions) (ET l’auteur, qui va imposer cette modification aux puissants empires européens (?) qui feront valoir qu’ils pourraient bien couper les subventions directes qui servent à payer l’armée, les polichinelles politiques et leurs caciques. NDLR).

2) Les subventions directes ou indirectes de l’UE à ses exportations agricoles en AO restent énormes. Elles ont représenté, en 2013, 2,5 fois une tranche annuelle du 11è FED (fonds européen de développement) alloué à l’AO. Or la Commission européenne a refusé de traiter la question des subventions agricoles dans le texte de l’APE, arguant que cette question relève de la compétence exclusive de l’Organisation Mondiale du Commerce. La CEDEAO ne pourra donc pas poursuivre l’UE pour dumping au niveau des instances de concertation UE-AO de l’APE.  La CEDEAO africaine ne pourra pas davantage la poursuivre à l’OMC puisque la CEDEAO n’est pas membre de l’OMC (voir le point 4). Seuls certains de ses États membres pourraient le faire mais ce sera bien plus difficile politiquement.  (Et voilà comment on construit l’argumentaire des roitelets de service pour qu’ils plaident l’impuissance regardant leurs agriculteurs être exterminés. ET attention bonnes gens du Nord, demain on fera des collectes pour les famines en Érythrée dont le sort sera scellée dans ces traités inégaux.  NDLR).  L’importance de ce dumping de l’UE – très sous-évalué puisqu’il ne prend en compte qu’une part de ses exportations agricoles – est une raison suffisante pour ne pas signer l’APE.

En fait toutes les exportations agricoles de l’UE sont subventionnées par les aides directes des DPU (droits au paiement unique, renommées DPB, droits au paiement de base, en 2015) qui, étant découplées (non liées à un produit particulier), bénéficient à tous les produits, qu’ils soient consommés sur le marché intérieur ou exportés. Qui plus est, les DPB mis en œuvre à partir de janvier 2015 bénéficieront à tous les produits agricoles de l’UE sans exception.

3) Le pourcentage d’ouverture du marché de l’Afrique de l’Ouest aux exportations de l’UE devrait au moins déduire la part de ses PMA (pays moins avancés, ayant une définition internationale). En effet, pour ces pays, des clauses de protection antérieures de l’UE existent qui ne les obligent pas à ouvrir leurs marchés aux exportations de l’UE. Si l’on appliquait ces clauses, l’AO ne devrait ouvrir son marché qu’à 43,5% de ses importations venant de l’UE.

4) En fait, il serait logique et parfaitement négociable de faire reconnaitre l’Afrique de l’Ouest à l’OMC comme un «grand PMA» puisque 12 sur 16 de ses États membres sont des PMA et que la moyenne pondérée des critères des pays de la CEDEAO et de l’AO respecte les critères des Nations Unies pour être classé comme PMA (Et l’auteur, à quoi servirait-il que la CEDEAO soit reconnue à l’OMC – une structure impérialiste totalement dominé par les grandes puissances impérialistes – sinon que d’avaliser la totale soumission des pays de la CEDEAO aux décisions irrévocables de l’OMC et de ces traités inégaux que l’OMC appui totalement. La résistance ce n’est pas de s’engager plus profondément dans la gueule du loup. NDLR).

5) Si l’Afrique de l’Ouest  signait cet APE, alors on peut être certain que les États-Unis, le FMI et la Banque mondiale estimeraient qu’il y a détournement de trafic au bénéfice de l’Union Européenne. Selon le Washington Trade Daily du 3 juin 2014, les Etats-Unis pourraient exiger de «fournir aux sociétés des Etats-Unis les mêmes conditions que celles négociées avec l’Union Européenne » (ET OUI chers lecteurs. Il y a guerre concurrentielle entre les grandes puissances pour dépouiller l’Afrique. Qui emportera le pactole ???  NDLR).

Sources :   http://reseauinternational.net/leurope-impose-a-lafrique-un-traite-pire-que-le-tafta/

COMPLÉMENT DE LECTURE :   Le Manifeste du Parti ouvrier mondial (2014).   http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *