L’impossibilité du développement sous le capitalisme

Par Nuevo Curso. Traduction et commentaires:

 

La croissance n’est pas le développement. Et nous ne pouvons pas non plus espérer que le capitalisme ramène un développement « alternatif » ou « humain », ou que la chute de la croissance, les crises d’accumulation, produisent par magie un réveil des travailleurs révolutionnaires.

 

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19.05.2019Impossibilité-English-Italian-Portuguese

 

Nous avons publié à l’ École du marxisme d’émancipation un texte initialement publié dans Alarm en 1972, qui est essentiel pour comprendre la réalité du capitalisme actuel ainsi que le potentiel et les priorités de la tâche des révolutionnaires.

 

Une société ou un type de civilisation est en développement à mesure que se développent et se propagent les facteurs structurels et superstructuraux contenus dans son impulsion initiale, ceux qui ont constitué sa raison d’être, sa nécessité historique, sa justification sociale humaine. Car un type de civilisation – pour ne pas dire une classe sociale – n’a jamais été formé ni élevé au rang de dominante (oppressive NdT), mais en tant que représentation positive, même incomplète, de toutes les classes, même de celles qui ont le pire destin. Le système (civilisationnel) de cette classe dominante doit permettre à chacun une meilleure liberté matérielle, culturelle, épanouissement moral et même un peu de « liberté » (amplitude, confort, bien-être, NdT) par rapport à la situation (civilisation, NdT) antérieure. Ce contenu (cet objectif, NdT) est la seule chose que l’on puisse appeler le développement social.

 

Nous l’avons vu très clairement lors de l’ascension de la société (civilisation, NdT) capitaliste. Plus que toute autre civilisation, depuis l’émergence des classes sociales et de l’État, la culture générale, la liberté politique, les possibilités alimentaires et tout ce qui touche à la production et à la reproduction de la vie humaine ont été améliorés et renforcés, sans parler de la multitude de bonnes conséquences qui en ont résulté. La plus grande domination sur la nature caractéristique de la civilisation capitaliste, demeurant principalement par et pour la bourgeoisie, se répercutant plus ou moins dans les classes pauvres et exploitées.

 

On ne peut pas en dire autant du capitalisme actuel. Sa maîtrise de la nature, de la physique à la chimie, de l’électronique et du numérique, en passant par la génétique et la psychanalyse, ne cesse de croître. Mais en général, il ne se transfert plus grands effets positifs dans la grande masse des classes pauvres (ou en voie de paupérisation-prolétarisation. NdT). On fabrique des métaux qui sont si résistants aujourd’hui qu’ils permettent aux cabines spatiales de traverser les couches denses de l’atmosphère, mais, de la casserole à l’automobile, les produits proposés sur le marché sont de mauvaise qualité, ce qui oblige à les renouveler rapidement; il est connu que l’on peut fabriquer des tissus dont la durée de vie dépasse la durée de vie, mais la combinaison ou les bas vendus par dizaines, voire par centaines de millions, sont conçus pour devenir rapidement des chiffons; il est possible que l’industrie de l’alimentation produise des aliments d’excellente qualité et de grande pureté, mais les aliments sont devenus des sources de maladies et d’embonpoint pour la grande masse de la population, à partir du simple pain, produits frelatés, s’ils ne sont pas toxiques, emballés dans du plastique qui modifie leur composition chimique; Il est possible de sélectionner des espèces animales de boucherie et des écuries de la meilleure qualité mais le steak, le poulet, le porc, contiennent les hormones avec lesquelles les animaux ont été engraissés artificiellement, tandis que le lait est un liquide appauvri des substances les plus indispensables à la nutrition infantile;  l’industrie de la construction peut construire des bâtiments plus résistants qu’une cathédrale, mais la maison ou l’appartement des prolétaires tombent en ruine avant d’être fini de payer.

 

Un complément indissociable de ce qui précède, radio et télévision, (télécommunication numérique et Internet. NdT), des instruments très puissants d’information et de formation culturelle, trompent et brutalisent les auditeurs et téléspectateurs, secondés en cela par la presse quotidienne. Dans les centres d’enseignement technique et universitaire, la jeunesse est canalisée et modelée en fonction des projets capitalistes (de croissance non pas qualitative mais quantitative pour assurer l’accumulation du capital. NdT), alors que la qualité de l’enseignement se dégrade année après année. La psychanalyse elle-même sert dans les usines, les établissements d’orientation, dans la publicité et les corps policiers à des opérations dégoûtantes qui dégradent l’esprit individuel et collectif.

 


 

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Source espagnole :  https://nuevocurso.org/la-imposibilidad-de-desarrollo-capitalista/

 

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

3 pensées sur “L’impossibilité du développement sous le capitalisme

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