L’impossible réforme du capitalisme

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Source : Vincent Gouysse.  Octobre 2014.  Source :  Que Faire ?  http://www.orgcomfr.com/QUE_FAIRE_04.pdf

Les gens qu’on ne voit pas ….. Madame Laurence Boone.  Conseillère. France.

Dans les gouvernements de France il y a ceux qu’on voit et d’autres plus discrets : les conseillers. Ils conseillent avant les élections, après, ils sont nommés à des postes de conseillers.

Leur rôle est fondamental car ils sont les liens directs entre les politiques et les élus (c’est-à-dire les employés). Mme Laurence Boone fait partie de ce cercle très fermé et discret des gens qui «orientent» les politique de l’État. Son cursus est éloquent :

Mme Boone dirige depuis 2011 la recherche économique sur l’Europe de la Bank of America Merrill Lynch (Agence dite de notation, NDLR). Elle avait précédemment occupé le même poste au sein de la banque Barclays, après avoir travaillé six ans au département des affaires économiques de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) et, auparavant, au Centre d’études prospectives et informations internationales (CEPII). Elle siège par ailleurs au conseil d’administration de Kering, la société dirigée par François-Henri Pinault,  enseigne à Sciences Po et collabore au Conseil d’analyse économique (CAE), instance qui conseille le Premier ministre.

Elle estime qu’ « en Europe, les États surendettés qui ont mal géré leurs finances devraient être sanctionnés en faisant faillite« . En tant que conseillère économique et financière, Mme Boone remplace à l’Élysée Emmanuel Macron, issu lui de l’ENA mais aussi passé par le monde de la finance puisqu’il a été banquier d’affaires chez Rothschild.

Comme disait Mr Hollande en janvier 2012 : « Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance« .

S’il fallait croire les gens sur ce qu’ils disent !!!

Bouygues en correctionnelle

Le roi du BTP, Bouygues, est renvoyé en octobre devant le tribunal correctionnel de Cherbourg. Le groupe est poursuivi pour avoir employé illégalement près de 500 ouvriers polonais et roumains, via deux sociétés, sur le chantier du réacteur nucléaire EPR à Flamanville. Les rapports des enquêteurs révèlent l’existence d’un système très organisé de prêt illicite de main-d’oeuvre, contournant toutes les règles sociales. Selon l’expression d’un inspecteur de l’Autorité de sûreté nucléaire : Flamanville est devenu le «laboratoire européen du travail illégal», selon l’expression d’un inspecteur de l’Autorité de sûreté nucléaire. Bouygues avait déjà été condamné le 8 avril dernier à une amende de 75 000 euros pour homicide involontaire, concernant le décès d’un ouvrier survenu le 24 janvier 2011 sur le chantier.

Ce qui n’a pas empêché Mr Hollande de rencontrer Martin Bouygues au retour de son voyage au Nigéria. Au coeur des discussions : la présentation de son projet de rachat de SFR alors que la quasi-totalité des acteurs des télécoms français – à l’exception d’Orange – lorgnerait sur la filiale de Vivendi . Bouygues aurait également discuté avec Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Économie numérique, et Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif.

M. Arnaud Montebourg  se redresse et prépare son avenir politique

« Ce qui [fait] l’importance de toutes les crises, écrit Lénine, c’est qu’elles manifestent ce qui jusque-là était latent, rejettent ce qui est superficiel, secondaire, secouent la poussière de la politique, mettent à nu les ressorts véritables de la lutte de classe telle qu’elle se déroule réellement. »

C’est l’automne, les promenades peuvent reprendre … Dans un de nos articles précédant nous avions fait remarquer que, d’un commune accord, gouvernement et syndicats avaient suspendus leurs discussions pour l’été. Les intermittents étaient alors en grève, les cheminots avaient repris le travail et ceux de la SNCM ne savaient pas à quelle sauce ils allaient être mangés …. La rentrée fut molle, mais là ça y est ! Ça repart. Manif le 16 Octobre car, a déclaré la CGT «Le pouvoir confirme le «cap de l’austérité» dans ses choix économiques». Le parcours est standard : Nation/République à Paris. Mais tous les manifestants ainsi que ceux qui ne participent plus à ces mascarades savent que les revendications avancées sont de pures fantaisies. En vrac, le smic à 1700 euros, augmenter les salaires et pensions des fonctionnaires, stopper les suppressions d’emploi, créer un organisme pour des prêts à taux réduits ….etc ….

Les dirigeants syndicaux, ceux là même qui ont porté Hollande au gouvernement ! (et hier c’était Mitterrand), accusent François de trahison (hier ils disaient la même chose pour Mitterrand !), auraient ils « oublié » que le personnel politique, les Hollande, Valls, Sapin et toute la clique, ne sont que des employés des capitalistes ? (Voir nos articles sur Macron et Boone ci-dessus). Et que c’est eux qui – il y a encore peu de temps — appelaient à VOTER pour ces larbins ? Mais peut être y a-t-il une autre raison. Cela fait des dizaines d’années que des centaines et des milliers de petits bureaucrates on fait leur trous dans le syndicalisme. C’est devenu leur gagne pain. Ceux-là, SURTOUT EN PERIODE DE CRISE, ne vont pas lâcher leur emploi. Ce n’est pas eux qui vont prendre le risque de scier la branche sur laquelle ils sont posés.

Camarades, avez-vous participé à un congrès, ou à un « séminaire » syndical ? Avant même toute discussion sur le fond des luttes, les mots d’ordre, on va vous régler votre note de frais. Parfois on vous rembourse le TGV, d’autre fois l’avion. Les repas sont copieux et de qualité, sans parler des hôtels. Et si vous avez la chance d’avoir grimpé un peu plus haut, sur une branche plus haute, alors vous irez à l’étranger. Vous rencontrerez les « camarades » de FSM (Fédération Syndicale Mondiale) et de la CES Et oui, la CGT en est. Depuis 1999, elle fait partie de la Confédération Européenne des Syndicats. Où elle a rejoint la CFDT, FO, la CFTC, l’UNSA, qui y étaient déjà depuis longtemps. Elle y occupe une place de choix : elle y représente, à la direction, le syndicalisme français dans son ensemble, celui de la CES en tous cas (CGT, CFDT, FO, CFTC et UNSA). Ce qui prouve qu’elle inspire confiance ! La CES se définit comme un partenaire de l’Union européenne. Son objectif n’est pas de constituer un contre-pouvoir face à ceux du patronat, de la finance et des États, mais d’établir un partenariat avec ceux-ci dans la gestion des ressources humaines salariées. « Elle participe à l’élaboration des politiques économiques et sociales au plus haut niveau, en collaboration avec tous les organes de l’Union Européenne : Présidence de l’UE, Conseil de l’UE, Commission européenne et Parlement européen ».

Ainsi les directions syndicales (toutes confondues), composées de ces milliers de petits bureaucrates syndicaux connaissent leur boulot : – de temps à autre faire promener les travailleurs, agiter des drapeaux, tonner des sonos, puis on rentre à la maison jusque aux prochains licenciements. Bouger, manifester, n’est pas la preuve d’une lutte sérieuse contre les capital. – Mais le but final c’est qu’on aille VOTER, bien sagement, pour le bon « camarade », avant-hier Mitterrand, hier Hollande. Le temps passe, les hommes aussi. Ils oublient, mais leur exploitation est permanente. – et en douce, entre amis, on façonne l’Europe de demain, celle des bas salaires et de la précarité. Celle de la misère et ….du pognon. Les bureaucrates syndicaux qui, par facilité, paresse, abandon sont ainsi devenus, peu à peu, des petits bourgeois apeurés de perdre leur boulot. Le syndicat les nourrit, les fait voyager, ils ont du pouvoir et surtout n’ont plus de patrons. Les ouvriers n’ont plus rien à attendre de ces faussaires, mis à part des coups de couteaux dans le dos. Hollande ne fera pas deux mandats, et alors ! On nous demandera de voter Montebourg, ou à droite dans un «front républicain» pour empêcher M le Pen de devenir présidente ? Foutaises, le capital fera élire son cheval et ses conseillers seront les mêmes. Assez de mensonges. Arrêtons de nous faire promener. Apprenons à marcher ensemble, unis. La situation n’est pas une fatalité, c’est de croire que s’en est une qui fait notre malheur.

 

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