L’industrie française a perdu 36% de ses effectifs

Source :  L’industrie française a perdu 36% de ses effectifs en 30 ans

(L’article qui suit est tout à fait intéressant. Ce simple article dévoile par quelques chiffres les fondements de la crise économique systémique du mode de production capitaliste rendu en phase impérialiste déclinante. En effet, économistes, politiciens, analystes, pseudo-experts étriqués cherchent à comprendre comment il se fait que l’économie mondiale passe d’une crise à une autre, sans comprendre que la base fondamentale de la richesse d’une nation capitaliste, pour utiliser une expression d’Adam Smith, c’est le travail salarié qui produit la plus-value unique source du profit. Si un pays comme la France a perdu 1,913,500 producteurs de plus-value = de profits = en 30 ans, comment s’étonner que la France s’endette souverainement et s’enfonce dans la crise?  Faites exactement le même raisonnement pour chacun des grands pays impérialistes mondiaux sauf  les pays « émergents » qui eux ont augmenté le nombre de leur producteurs de plus-value – jusqu’à présent – tout cela va changer quand eux aussi auront passé le cap de l’impérialisme ascendant et entrepris leur  descente sous l’impérialisme déclinant.  Si l’économie capitaliste française ne s’est pas encore effondrée c’est que les  3,414,000 ouvriers industriels français sont si productifs qu’ils maintiennent le bateau à flot, et aussi pour la raison que via le crédit libéralisé la bourgeoisie française a pris une option sur la plus-value à venir dans dix et dans cent ans.  Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com.)      

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En cause : une hausse de l’externalisation, les progrès techniques qui ont réduit les besoins en main d’oeuvre et la concurrence étrangère.

On est encore loin d’une France sans usine… mais on s’en rapproche. Un document de travail que la Direction générale du Trésor vient de publier montre qu’entre 1980 et 2007 la contribution de l’industrie à la richesse nationale est passée de 24 % à 14 %. «Un recul significatif», souligne l’étude, dans un bel euphémisme. L’Hexagone est ainsi passé d’une économie héritière d’une tradition industrielle à une économie principalement de services tertiaires.

 

Sur cette période, l’industrie a perdu 1 913 500 emplois (tombant à 3 414 000). Soit une baisse de 36 % de ses effectifs de la sphère de la production. «La majorité de ces pertes d’emplois a eu lieu dans l’industrie manufacturière (96 %)», précise l’étude. Et s’il y a eu des périodes où les destructions ont ralenti (au milieu des années 1980 et au milieu des années 1990), cela n’a «pas suffi à inverser la tendance». Les services marchands (la sphère des échanges et de la commercialisation) ont suivi une évolution inverse. Leur poids dans le PIB est passé de 45% à 56% en valeur et l’emploi au sein de ce secteur a augmenté de 53%.

Pourquoi ce déclin de l’industrie et surtout de son emploi ? Première cause, la recherche d’une «plus grande efficacité (profitabilité)» par les entreprises, qui s’est traduite par un recours croissant de l’externalisation (toujours sur le territoire) d’une partie des activités industrielles vers le secteur des services (ce sont ce que les ouvriers appellent le « red tape », les services de vente, gestion, management, informatique, et autre activité périphérique certes nécessaires au bon fonctionnement d’une usine, mais ce ne sont pas des emplois industriels productifs de plus-value. NDLR).

 

Ces transferts d’emplois représentent environ 25 % des pertes d’emplois industriels entre 1980 et 2007 – ils n’en expliqueraient plus que de 1 % à 5 % depuis 2000. Une partie de ces pertes est donc «artificielle», car elle «reflète un simple transfert d’emplois auparavant industriels vers les services, notamment d’intérim, sans véritable changement de leur contenu», souligne Lilas Demmou, l’auteur de l’étude. Néanmoins, l’ampleur des destructions réelles d’emplois reste «substantielle même lorsqu’on neutralise ce phénomène» – de l’ordre de 1,5 million d’emplois entre 1980 et 2007.

 

Deuxième explication : ce que l’étude appelle «la déformation de la structure de la demande qui a accompagné les gains de productivité». En d’autres termes, le progrès technique a réduit les besoins de main-d’œuvre. Et les gains de productivité réalisés dans l’ensemble de l’économie ont entraîné une augmentation du revenu qui se traduit par «une hausse de dépenses des ménages au profit des services et au détriment des biens industriels» (NB. Des gains de productivité n’origine pas d’une abstraction comme « l’ensemble de l’économie », les hausses de productivité sont le fait de la force de travail salarié.  NDLR).

Délocalisations : moins de 20 % des emplois perdus 

Les forts gains de productivité seraient à l’origine de près de 30 % des pertes d’emplois sur la période 1980-2007 et de 65 % depuis 2000, précise l’étude.

Enfin, le recul de l’emploi industriel en France tient à la concurrence étrangère. Celle-ci, «notamment en provenance des pays à bas salaires», se traduit par une baisse de production des entreprises françaises (baisse de parts de marchés, faillites, délocalisations…). Mais son «impact est difficile à quantifier» : l’ouverture internationale expliquerait entre 13 % 45 % des destructions d’emplois, selon les modes de calcul choisis (Les politiciens bourgeois n’avaient-ils pas promis des hausses d’emplois grâce aux traités de libéralisation des marchés? Ce sont les multinationales françaises elle-même qui ont délocalisé leur production et ont importé leur marchandise sur le marché français. NDLR). Une accélération est toutefois incontestable sur la dernière décennie, note l’étude. Sur ce total, les délocalisations n’expliqueraient que 10 % à 20 % des diminutions d’effectifs entre 1995 et 2001.